Jacques-Augustin-Catherine Pajou est un peintre français né à Paris le Baptisé le même jour à Saint-Germain-l'Auxerrois (cf. Herluisson, Actes d'état-civil d'artistes français, Orléans, 1873). et mort dans la même ville le .
Biographie Fils du sculpteur Augustin Pajou et d'Angélique Roumier, Jacques Pajou est baptisé le mercredi à la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris. Le , il est un des témoins au mariage de sa sœur Catherine-Flore avec le sculpteur Claude Michel, dit Clodion.
En 1784, il est élève de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il tente à quatre reprises de remporter le prix de Rome de peinture, en vain, bien qu'il soit admis à concourir à chaque fois après les épreuves éliminatoires. Une lettre de Girodet à François Gérard éclaire sur ces échecs : , ce qui sous-entend que Pajou n'aurait pas participé aux épreuves finales sans que les raisons soient connues.
En 1792, l'artiste s'engage pour défendre la patrie dans la Compagnie des Arts de ParisAux côtés du capitaine Jacques Lemercier (sculpteur), du sous-lieutenant Jean-Baptiste Francesqui (sculpteur, connu sous le nom de Franceschi-Delonne), du sous-officier Louis-François Lejeune (peintre), mais aussi du futur économiste Jean-Baptiste Say.. Cette compagnie sera amalgamée dans la bis de volontaires de Paris également appelé bataillon de l'Arsenal. Aux armées, près de Sedan, il correspond avec son ami François Gérard. Ces lettres témoignent de la mentalité d'un conscrit, flambant d'enthousiasme au début, puis las de ces campagnes : Lettre à Gérard, écrite à « Douzy près Sedan, ce 12 novembre, l'an de la République, cf.: .
Démobilisé, il participe à la création de la Commune générale des arts, institution remplaçant l'Académie royale de peinture et de sculpture, il en sera un des secrétaires sous la présidence du peintre Joseph-Marie Vien.
Le , il se marie avec Marie-Marguerite Thibault (1764-1827). Son ami François Gérard est son témoin. Sous l'Empire, il reçoit la commande du portrait du Maréchal Berthier (château de Versailles), et il réalise en 1812 un tableau représentant la Clémence de Napoléon envers Mademoiselle de Saint-Simon, pour cette évocation d'un acte politique envers les royalistes français en Espagne, Pajou reçoit la médaille d'or. Par son inventaire après décès, en 1828, il est mentionné qu'elle pesait 141 grammes et qu'elle fut prisée 439 francs.
En 1811, à l'instigation de François-Guillaume Ménageot qui connaissait la situation précaire du sculpteur David d'Angers, Jacques Pajou écrit une lettre au maire d'AngersUrbain-Lézin Boreau de la Besnardière. en demandant une aide matérielle pour cet Angevin. Ce documentConservé à Angers, Archives municipales, cote 2.R.6. que l'on a longtemps cru signé d'Augustin Pajou est en fait signé . L'aide est accordée et elle est considérée comme essentielle : pour la réussite professionnelle du sculpteur.
En 1814, il peint trois tableaux qui célèbrent le retour des Bourbons : Tête d'étude représentant la Paix avec les attributs de l'Abondance, Composition allégorique sur la régénération opérée en France par le retour du souverain légitime, Le Retour de Louis XVIII, tableau allégorique. Cette dernière œuvre est exposée au Salon de 1814Le Salon étant resté ouvert jusqu'en 1815, il est possible que la vit lors de sa visite avec Dominique Vivant Denon.. En 1823, il démissionne de l'association Les Enfants d'Apollon en raison de son état de santé ; il est en effet .
Il meurt en 1828 et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise.
Son fils Augustin-Désiré Pajou est lui aussi peintre.
Œuvres
La Mort de Géta dans les bras de sa mère par ordre de Caracalla son frère, 1788, Salon de 1791, n° 29, tableau provenant du château de la Frémoire à Vertou (vendu francs en 1992, déposé à la Staatsgalerie de Stuttgart, un dessin préparatoire est conservé à Cambridge, Fitzwilliam Museum, donné par le peintre britannique Sir Frank Brangwyn en 1943). Le Christ guérissant la belle-mère de Pierre, 1789, Paris, chapelle de l'hôpital de la Salpêtrière. Le Départ de Régulus pour Carthage, Salon de 1793, n° 388 bis, Paris, musée du Louvre, don, en 1964, de Mesdames Solvay et Petit-Collot en souvenir de leur mère Thérèse Vaillant. alt=1798. Portrait de Louis-Joseph Jay, huile sur toile. Coll. musée de Grenoble (inv. MG 192)|vignette|Portrait de Louis-Joseph Jay (1798), musée de Grenoble. Portrait de Louis-Joseph Jay, 1798, huile sur toile. musée de Grenoble (inv. MG 192). Louis Jérôme Gohier, 1802 ou 1805 ; et Madame Gohier, 1805, Paris, musée Carnavalet, acquis en 1902. Portrait de Frédéric-César de la Harpe, 1803, Lausanne, musée historique. Portrait de Famille, vers 1802, Paris, musée du Louvre, don des Amis du Louvre en 2014Brève du 27 mars 2004 du site La Tribune de l'art.. Portrait de Pierre-Yves Barré, 1804, ancienne collection du modèle ; en 1905 localisé au Théâtre du VaudevilleCf. Procès-verbaux de la Commission municipale du Vieux Paris, 9 décembre 1905, , d'après cette publication le portrait fut photographié par Michel Manzi ; collection privée Paris. La Mort du Général Desaix, Salon de 1810, huile sur toile, 180 x 250 cm, Boissy-Saint-Léger, château de Grosbois. Portrait de David d'Angers, 1811, huile sur toile, , Francfort-sur-le-Main, Maison de GoetheDavid d'Angers, M. Goethe..
La Clémence de Napoléon envers , Salon de 1812, n° 692, localisation inconnue. La composition est connue par une gravure au trait de Charles Normand publiée par Charles Paul Landon dans les Annales du musée, 1812. Parmi les officiers auprès de Napoléon, on reconnait Roustam Raza et un cavalier polonais. Ce tableau fut commenté par le critique René-Jean Durdent dans la Galerie des peintres français du Salon de 1812, : . Portrait de deux sœurs, 1814, Le peintre Henri Regnault représentera bien plus tard, en 1866, une de ces demoiselles, sa grand-tante Madame Mazois sur son lit de mort (Paris, musée d’Orsay)., filles de l'auteur dramatique Alexandre Duval. Provenance d'Hortense Berthoulat née Sintôt, directrice des Cantines de l'Union des femmes de France, chevalier de la Légion d'honneur, de sa vente du , Paris, hôtel Drouot, n° 21, planche II. Ce tableau retrouvé en Allemagne, après 1945, fut attribué au musée du Louvre par l'Office des biens et intérêts privés. La Consécration de sainte Geneviève, 1818, Salon de 1819, Paris, église Saint-Germain-l'Auxerrois. Portrait de Jules Belin de Launay et de sa sœur aînée, 1819, dessin, . Selon une inscription, les fleurs en médaillons sont de , Dijon, musée Magnin.
Catherine-Flore Pajou Née en 1764Henri Herluison, Actes d'état-civil d'artistes français..., Orléans, H. Herluison, 1873, p. 331 (acte de baptême) et p. 81 (acte de divorce)., la sœur de Jacques Augustin Catherine Pajou se marie en 1781 avec le sculpteur Clodion, plus âgé qu'elle. Cette union n'est pas heureuse et se termine par un divorce. De Montpellier, chez son ami Riban, où il se rend en l'an III, Augustin Pajou écrit à son filsL'orthographe originale de cette lettre est respectée. :
Elle divorce en pluviôse an II. En James David Draper et Guilhem Scherf, Pajou Sculpteur du Roi 1730-1809, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1997, ., elle se remarie avec Louis Pierre Martin dit Saint-Martin (1753-1819)Il est l'auteur des Réflexions en réponse de , touchant l’abbé Suger, ; Les établissemens de St. Louis, Roi de france, suivant le texte original et rendus dans le langage actuel avec des Notes, suivi du Panégyrique de St. Louis, 1784 ; Panégyrique de St Vincent de Paul, inst. de la Congr. de la Mission et des Filles de la Charité...1787. Après divers métiers, il finit sa vie à Liège comme conseiller à la Cour d'appel. « Saint-Martin (Louis-Pierre) », dans M. Pérennès, Biographie universelle, tome XI, Paris, Gauthier frères, 1834, . En ligne. L'Ami de la religion et du roi, tome 21, Paris, Adrien Le Clere, 1819, (). En ligne. Amateur d'art et collectionneur, il légua plusieurs tableaux à la ville., ancien conseiller clerc au Châtelet (de 1781 à 1790), fils de Pierre Henri Martin dit de Saint-Martin (1714-1778), architecte, juré expert des bâtiments à partir de 1743, contrôleur des bâtiments du roi à sa mort« Saint-Martin (Pierre Henri Martin dit de) 1710-1780 », Philippe Béchu, Christian Taillard, Les hôtels de Soubise et de Rohan-Strasbourg : marchés de construction et de décor, Paris, Somogy – Centre historique des Archives nationales, 2004, . Il est mort en 1778 et non en 1780. Annonces, affiches et avis divers, 20 août 1778, p. 1247. Revue numérisée sur gallica., et de Marie Françoise Vassé (morte en 1754, à 33 ans). Par sa mère, Louis Pierre Martin est le neveu du sculpteur Louis Claude Vassé et de l'architecte Claude BacaritHenri Herluison, Actes d'état-civil d'artistes français..., Orléans, H. Herluison, 1873, . En ligne.. Il est portraituré par Philippe-Auguste HennequinŒuvre cataloguée par Jérémie Benoit, de son catalogue..
Flore Pajou divorce une seconde fois en l'an X.
Elle meurt le au 30, rue de l'Odéon à Paris.
Notes et références
Annexes Bibliographie . . . .
Liens externes
Musée Magnin de Dijon. La Tribune de l'art, acquisition du tableau Portrait de famille.
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