L'Institut du monde arabe (IMA) est un institut culturel français consacré au monde arabe. Il est situé au cœur de Paris, dans le .
L'édifice est conçu par un collectif d'architectes (Jean Nouvel, , Pierre Soria et Architecture-StudioL'Institut du monde arabe, sur le site d'Architecture-studio.) qui tente une synthèse entre culture arabe et culture occidentale.
Bien que la construction de ce bâtiment s'inscrive dans la politique de grands travaux voulus par le président de la République, François Mitterrand, elle est décidée sous le septennat de son prédécesseur, Valéry Giscard d'Estaing, en vue d'améliorer les relations diplomatiques entre la France et les nations arabes. L'IMA est inauguré en par le président Mitterrand.
La bibliothèque de l'Institut du monde arabe est une des plus importantes bibliothèques européennes consacrées à la culture et à la civilisation arabe.
Fondation privée financée majoritairement par l'État français, l'Institut du monde arabe bénéficie aussi du soutien financier de plusieurs pays de la Ligue arabe..
En , il ouvre une antenne à Tourcoing. L'IMA est présidé par la diplomate française Anne-Claire Legendre depuis , et dirigé par le poète irakien Chawki Abdelamir depuis .
Localisation Le bâtiment de l'Institut est situé au cœur de Paris, dans le , sur la . Il s'étire sur environ de long, entre le quai Saint-Bernard au Nord-Est et le campus Pierre-et-Marie-Curie de Sorbonne Université au Sud-Ouest.
Création vignette|Carte représentant les États membres de l'IMA.
L'Institut est soutenu par une fondation créée en commun par la République française et les États suivants, tous membres de la Ligue arabe : l'Algérie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, Djibouti, les Émirats arabes unis, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Mauritanie, Oman, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Yémen (à l'époque la République démocratique populaire du Yémen et la République arabe du Yémen).
L'acte de fondation est signé le au siège du ministère des Affaires étrangères par les ambassadeurs de ces États : Mohamed Sahnoun (ambassadeur d'Algérie) ; (ambassadeur d'Arabie saoudite) ; Salman Al Sabagh (ambassadeur de Bahreïn) ; Ahmed Ibrahim Abdi (ambassadeur de Djibouti) ; Khamis Butty Al Rhumaithy (chargés d'affaires pour l'ambassadeur des Émirats arabes unis) ; Nouri Ismael El Wayes (ambassadeur d'Irak) ; (ambassadeur de Jordanie) ; Issa A. Al Hamad (ambassadeur du Koweït) ; Sami Kronfol (chargés d'affaires pour l'ambassadeur du Liban) ; Youssef Ben Abbes (ambassadeur du Maroc) ; Seck Mame N'Diack (ambassadeur de Mauritanie) ; Hamad Macki (ambassadeur d'Oman) ; Hamad ben Abdelaziz al-Kawari (ambassadeur du Qatar) ; Mohamed Warsame (ambassadeur de Somalie) ; Bachir Bakri (ambassadeur du Soudan) ; Youssef Chakour (ambassadeur de Syrie) ; Hédi Mabrouk (ambassadeur de Tunisie) ; Ahmed Daifellah Alazeib (ambassadeur de la république arabe du Yémen) ; Omar El Hureibi (chargé d'affaires pour l'ambassadeur de la République démocratique populaire du Yémen).
Les statuts sont approuvés par les représentants des États fondateurs le .
Ces États fondateurs sont par la suite rejoints par trois membres de la Ligue arabe qui n'en faisaient pas encore partie : la Libye en , puis l'Égypte et la Palestine en .
Le , la fondation fut également reconnue d'utilité publique par un décret du ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, et du ministre des Affaires étrangères, Jean François-Poncet ; également reproduits dans .Décret du portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, JORF, , , , sur Légifrance..
Cette forme d'établissement est unique, qualifiée de sui generis« Mohamed Benouna sur la vocation de l'IMA », interrogé par Mouloud Mimoun, dans Les Nuits du Ramadan, , , reproduit sur le site de l'INA.Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, ..
La première pierre du bâtiment est posée en .. Il est inauguré le par François Mitterrand.. L'Institut est surnommé à ses débuts le « Beaubourg arabe », en référence au centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, dit centre Beaubourg..
Architecture vignette|Détail des moucharabiehs de la façade sud.|gauche
La façade nord est tournée vers le Paris historique, elle symbolise la relation à la ville ancienne, présente de façon allusive sur la façade.
Dessinée par Jean Nouvel, Gilbert Lézénès, Pierre Soria et Architecture-Studio, la façade sud reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe puisqu'elle est composée de .
Ces derniers sont munis de diaphragmes qui peuvent s'ouvrir et se fermer ; ceci devait initialement se faire en fonction de l'ensoleillement, afin de remplir le rôle de régulateur thermique, mais les cellules photoélectriques chargées de piloter ce dispositif ont montré des défaillances, si bien que l'ouverture et la fermeture se font désormais à chaque changement d'heure.
Le bâtiment reçoit le prix de l'Équerre d'argent en ., ainsi que l'un des prix Aga Khan d'architecture décernés au cours de son ()..
Direction des musées et des expositions vignette|Exemple de pièce appartenant aux collections de l'IMA : une mosaïque du découverte à Althiburos en Tunisie.
Cette direction, créée à l'été de , regroupe les expositions temporaires et le musée permanent de l'IMA. L'objectif de la direction est de faire connaître la culture et la civilisation arabes par le biais de ses réalisations artistiques.
Collections permanentes La muséographie privilégie un dialogue entre des œuvres et des objets appartenant à des domaines rarement mis en regard : Archéologies antique et médiévale ; Art et artisanat ; Ethnographie ; Création contemporaine.
Le parcours sur quatre niveaux du bâtiment, du au , s’articule autour de cinq thématiques : La naissance d'une identité ; Des dieux à Dieu ; Déambuler dans une ville arabe ; Les expressions de la beauté ; Le corps, soi et l'autre.
Le , le musée a reçu la donation de Claude et France Lemand de de contemporains du monde arabe., portée à en , qui avec le fonds existant, constitue la plus importante au monde après celle du musée de Doha..
Expositions temporaires vignette|Le bâtiment de l'IMA orné d'une affiche pour l'exposition Bonaparte et l'Égypte (). Les expositions temporaires présentent au grand public le patrimoine des pays arabes, de la préhistoire à nos jours. Une grande exposition est inaugurée chaque année à l'automne et des expositions thématiques (art contemporain, actualité, photographie…) émaillent l'année culturelle.
Dernières expositions notoires : vignette|Exposition Trésors sauvés de Gaza : d'histoire. Les Mille et Une Nuits () ; Il était une fois l'Orient Express () ; Hajj, le pèlerinage à La Mecque () ; Le Maroc contemporain () ; Desdémone… entre désir et désespoir () ; Osiris () ; Jardins d'Orient, de l'Alhambra au Taj Mahal () ; Aventuriers des Mers, de Sindbad à Marco Polo () ; Chrétiens d'Orient, Deux mille ans d'histoire () ; Al Ula, merveille d'Arabie () ; Divas, d'Oum Kalthoum à Dalida () ; Juifs d'Orient : Une histoire plurimillénaire () ; Habibi, les révolutions de l'amour (). Trésors sauvés de Gaza : d'histoire (). Le mystère Cléopâtre (). Byblos, cité millénaire du Liban ().
Bibliothèque vignette|Bibliothèque Leïla Shahid.
La bibliothèque Leïla Shahid. de l'Institut du monde arabe (BIMA) présente, à travers ses collections encyclopédiques et multilingues, la culture et la civilisation arabe. Elle s'inscrit ainsi dans l'un des objectifs que s'est fixé l'IMA : développer et approfondir en France l'étude, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation et de son effort de développement. Tournée délibérément vers la période contemporaine, la BIMA rassemble également les sources de la culture arabe classique. Elle s'efforce ainsi de satisfaire les besoins des spécialistes comme ceux d'un large public. L'accès est libre et gratuit pour la consultation des documents sur place. Pour bénéficier du prêt à domicile (payant et réservé aux habitants de l'Île de France), il faut avoir une carte de lecteur...
Après trois ans de travaux, la bibliothèque de l'IMA a rouvert ses portes le .. Elle propose assises sur trois salles de lecture reliées par la Tour des Livres dont les parois sont garnies des collections de littérature..
Les points forts des collections de la BIMA sont la littérature arabe contemporaine, l'art, les sciences humaines et sociales. Environ 45 % des collections sont en langue arabe. Le catalogue est en ligne..
La bibliothèque fait partie du réseau Sudoc depuis : les nouvelles acquisitions, les périodiques et une partie du fonds patrimonial sont signalés dans le catalogue Sudoc.. Un partenariat avec la Bibliotheca Alexandrina a permis de constituer une bibliothèque numérique de plus de issus des fonds patrimoniaux de la BIMA..
La BIMA est également partenaire du réseau Eurêkoi, un service de questions-réponses en ligne, et répond aux questions sur le monde arabe et la civilisation islamique.
Médiathèque Jeunesse Il existe également une médiathèque jeunesse destinée au jeune public jusqu'à . Lieu d'animation proposant une heure de conte bi-hebdomadaire, c'est aussi un centre de ressources sur la littérature jeunesse arabe pour les professionnels (enseignants, bibliothécaires, documentalistes et médiateurs du livre) grâce à son fonds de plusieurs milliers de livres pour les enfants en français, en arabe et en bilingue. Elle propose sur son site des bibliographies thématiques pour les scolaires, des coups de cœur d'ouvrages jeunesse et des ressources documentaires..
Prix de la littérature arabe Créé en par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l'Institut du monde arabe., le prix de la littérature arabe distingue la création littéraire arabe. Doté de . ( jusqu'en ), il récompense un roman ou un recueil de nouvelles écrit par une personne originaire et/ou ressortissant de l'un des pays de la Ligue arabe. L'ouvrage doit être écrit en arabe et traduit en français, ou directement écrit en français, et publié à compte d'éditeur.
+ Lauréats du prix de la littérature arabe. Année Auteur ou autrice Pays Titre Publication ISBN 1 Jabbour Douaihy. () Beyrouth, Saint Georges regardait ailleurs Arles, Actes Sud-Sindbad, , Stéphanie Dujols 2 . () Le Caire, La Traversée du K.-O. Paris, Le Seuil, Marianne Babut 3 Mohammed Hasan Alwan. () Beyrouth, Le Castor Paris, Le Seuil, Stéphanie Dujols 4 Inaam Kachachi. () Beyrouth, Dispersés Paris, Gallimard, , 5 . () Beyrouth, Seul le grenadier Arles, Actes Sud-Sindbad, (), Leyla Mansour 6 La ville gagne toujours Paris, Gallimard, , Sarah Gurcel 7 . () Le Caire, La Chambre de l'araignée Arles, Actes Sud-Sindbad, , Gilles Gauthier 8 Abdelaziz Baraka Sakin. () Djouba, Les Jango Paris, Zulma, 9 Jokha Alharthi. () Beyrouth, Les Corps célestes Paris, Stéphane Marsan, Khaled Osman 10 Yamen Manaï. Bel abîme Paris, Elyzad 11 Feurat Alani. Je me souviens de Falloujah Paris, JC Lattès 12 Amira Ghenim. () Le Désastre de la maison des notables Paris, Philippe Rey, et Alger, Barzakh, , Souad Labbize 13 Nasser Abu Srour. () Je suis ma liberté Paris, Gallimard, , Stéphanie Dujols
Services vignette|Spectacle de la compagnie Raghunath Manet à l'IMA. vignette|Une exposition sur le foot à l'IMA. alt=Affiche avec les logos de l'IMA et du CIMA, et l'inscription « Salle d'attente »|vignette|Première session CIMA organisée en France. L'Institut compte aussi : des spectacles ; des activités pour le jeune public ; une librairie-boutique. qui propose aussi de la vente par correspondance ; un auditorium accueillant les spectacles, les conférences et les projections de films ; un centre de langue et de civilisation arabes. qui propose des cours d'arabe littéral et dialectal ; un restaurant gastronomique avec vue sur Paris.
En , l'Institut lance un nouveau festival trimestriel, Arabofolies, ..