Étienne Roda-Gil, né Estèva Roda Gil le à Montauban (Tarn-et-Garonne) et mort le à , est un auteur de chansons et dialoguiste français. Il fut aussi un militant libertaire proche des anarcho-syndicalistes de la CNT.

Biographie Famille et premières années Le jeune Estèva est issu d'une famille de combattants républicains espagnols exilés..

Son père, Antonio Roda Vallès, né à Vinaròs (Espagne), le , peintre en voiture, ouvrier typographe puis « militant libertaire de la CNTMax Lagarrigue, « In memoriam Étienne Roda-Gil », revue Arkheia, Montauban, , 2006. », commissaire général, membre de la colonne Durruti, puis maquisard français, et sa mère, Leonor Gil García, née à Badalone (Catalogne, Espagne) le , sans profession, ont fui le franquisme début 1939. Sa langue maternelle fut le catalan, que parlaient ses deux parents.

Dès son arrivée en France, son père est interné au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) où, dès février 1939, de l’ancienne armée républicaine espagnole sont internés tandis que sa mère l'est dans les camps d'Argelès et de Gurs.

Au moment de la naissance d’Estèva, la famille est domiciliée à Réalville (Tarn-et-Garonne). On peut supposer que le père a été transféré du camp de Septfonds au (Groupement de travailleurs étrangers) à celui de Réalville.

« Vivant avec sa famille dans une grande précarité, le jeune Estèva est atteint par le scorbut et il ne doit qu’à la ténacité de sa mère de pouvoir conserver ses dents grâce à une petite ration de citron qu’elle obtient au prix d’autres privations. »

Après avoir passé l'après-guerre à Montauban, la famille déménage en 1953 à Antony, où elle est confrontée pour la première fois à la xénophobie.

Parolier de chansons Licencié ès lettres et visiteur médical, il fréquente la Fédération ibérique des jeunesses libertaires.

Il vit alors en HLM à Antony avec sa mère, en deuil, et sa compagne Nadine, jeune peintre issue de la grande bourgeoisie française.

Roda-Gil rencontre Julien Clerc en 1967 au café L’Écritoire, dans le Quartier latin de Paris. Ils entament une collaboration fructueuse qui s'interrompt en 1980. Les deux complices collaborent à nouveau en 1992 pour l'album Utile, qui obtient le prix Vincent-Scotto l'année suivante : « À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? », s'interrogent-ils, dans la chanson qui donne son nom à l'opus..

Il écrit en tout plus de 700 chansons.

Se vantant « d'avoir introduit la poésie dans le disco », Roda-Gil a également écrit pour France Gall et Claude François (« Alexandrie Alexandra », « Magnolias for Ever », « Rubis »). Un an après la mort de ce dernier, en 1978, il participe pour Gérard Lenorman à l'album Boulevard de l'océan.

En 1984, il coécrit avec Pascal Danel plusieurs des synopsis de l'émission de variété scénarisée Macadam. Johnny Hallyday, Juliette Gréco, Vanessa Paradis, Barbara, Françoise Hardy, Gilles Dreu, Didier Marouani, René Joly, Christophe, Léonie Lousseau, Mort Shuman, Serge Utgé-Royo (catalan et libertaire lui aussi, il interprète « la Makhnovtchina », dont Roda-Gil a écrit les paroles), Catherine Lara, Richard Cocciante, Patricia Kaas, Pascal Obispo ou Louis Bertignac ont également interprété ses titres.

Famille, amitiés et dernières années Nadine Delahaye devient sa femme et l'amour de sa vie jusqu'à sa mort le Speak to m(E), Ça ira - La révolution de Roger, printemps 2006. Elle est emportée par une leucémie.

Roda-Gil a rédigé un dictionnaire des mots d'une et deux syllabes.

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Il a deux fils, Numa (qui a animé une émission de bande dessinée sur La Cinq en 1991 puis tenu une librairie dédiée à la BD américaine rue Soufflot) et Vladimir (compositeur de musique électronique), qui contestent l’utilisation commerciale de la mémoire de leur père, refusant les hommages et stoppant des projets de livres ou de disques le concernant.

Il a également une fille (Alma) avec sa dernière compagne, Nathalie Perrette, qui travaillait dans la publicité.

Juliette Gréco a dit de lui : « J'ai vite compris qu'il était un être humain, ce qui n'est pas si fréquent ».

Mort vignette|redresse|Tombe d'Étienne Roda-Gil au cimetière du Montparnasse (division 6).

Étienne Roda-Gil meurt le d'un accident vasculaire cérébral, à l'âge de 61 ans, il est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (), cimetières de France et d'ailleurs. auprès de sa femme.

Engagement politique Libertaire, Roda-Gil participe régulièrement aux manifestations de la CNT, notamment à celles organisées, chaque à Paris, pour la journée internationale des travailleurs.

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Prix 1989 : Grand prix de la chanson de la SACEM.

Chansons (principales collaborations) Auteur principal des albums de Julien Clerc de 1968 à 1980 (voir Discographie de Julien Clerc) La Californie, Ce n'est rien, Le Patineur, Si on chantait, Niagara, This Melody, Sertao, Le Cœur volcan... et Utile en 1992 qui marqua ses retrouvailles avec le chanteur après dix années de fâcherie L'ensemble des textes de l'album Cadillac de Johnny Hallyday en 1989 Le Lac Majeur (Mort Shuman) Villégiature (Françoise Hardy) en 1981 L'ensemble des textes de l'album Geronimo (Catherine Lara) en 1980 Joe le taxi, Manolo Manolete, Marilyn et John, Maxou, Coupe coupe, Mosquito (Vanessa Paradis) Magnolias for Ever, Alexandrie, Alexandra et Rubis (Claude François) À la foire de l'Est, La Demoiselle et Va où le vent te mène, Confession d'un malandrin - d'après Sergueï Essénine (Angelo Branduardi) Sincérité (Richard Cocciante) Loukoum Scandale (Starshooter) Album 96 (Bertignac) L'ensemble des textes de l'album de Didier Marouani Balançoire en feu (Malicorne) Wahala Manitou, Le jardin anglais (Léonie Lousseau) Je t'aime et je ne t'aime plus (Patricia Kaas) Caméléon, caméléon, 1971 (France Gall)

Chanson anarchiste Étienne Roda-Gil a aussi contribué à la chanson anarchiste. En particulier par la Makhnovchtchina, sur la musique du chant des partisans russes Les Partisans.. Cette chanson figure dans l’album Pour en finir avec le travail. Elle a également été reprise par les Bérurier noir, puis par Barikad, Serge Utgé-Royo (dans Contrechants… de ma mémoire), René Binamé (qui en a modifié quelque peu les paroles) et par le chanteur espérantiste JoMo.

Citation

Fonctions Administrateur de la SACEM (1996-1999 et 2000-2003).

Publications Julien Clerc (avec Danièle Heymann et Lucien Rioux), Seghers, 1971 La Porte marine, Seuil Mala Pata, Seuil, 1992 Moi, Attila, 1993 Ibertao, Stock, 1995 Paroles libertaires, illustré par Ricardo Mosner, Albin Michel, 1999 Terminé, Verticales, 2000

Adaptation littéraire pour le cinéma Étienne Roda-Gil adapte L'Idiot de Dostoïevski pour le cinéaste Andrzej Żuławski. Le film sort en salles sous le titre L'Amour braque, en 1985.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique. . Arkheia, Max Lagarrigue, In Memoriam Étienne Roda-Gil.

Documentaire Charlotte Silvera, On l'appelait Roda, 2018.

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