Amália Rodrigues, Son nom est souvent écrit, à tort, en espagnol, « Rodriguez » au lieu de « Rodrigues »., de son nom complet Amália da Piedade Rebordão RodriguesBiographie et autres détails de l'artiste, page visitée le 22 décembre 2009., née le à Lisbonne, décédée à Lisbonne le ., est une chanteuse de fado et actrice portugaise. Sa sœur cadette, Celeste Rodrigues Irmã d'Amalia, Celeste, consulté le , est également une chanteuse de fado Celeste Rodrigues, sœur cadette d'Amalia était aussi chanteuse de fado, page visitée le 26 janvier 2010..

Surnommée la « Reine du fado » (Rainha do Fado), c'est la chanteuse qui a le plus popularisé ce chant dans le monde. Elle a enregistré plus de au cours de sa vie. Elle a aussi été une grande ambassadrice culturelle du Portugal et sa voix lui a valu une réputation internationale.

Elle a eu une carrière d'enregistrement et de représentations de quarante années. Sa notoriété devient internationale durant la période 1950-1970, mais ses liens assez troubles avec le régime du dictateur António de Oliveira Salazar lui valent un retrait de la scène pendant une dizaine d'années après la révolution des Œillets de 1974.

Au cours de sa carrière, elle chante majoritairement dans sa langue maternelle, en portugais, mais aussi en espagnol, en italien, en anglais et en français, d'où le titre de son morceau Aïe Mourir pour toi. Elle a eu l'occasion de se produire dans les plus grandes salles du monde, dont l'Olympia à Paris..

Amália Rodrigues a eu une influence importante non seulement sur le fado, mais aussi sur toute la musique portugaise et la plupart des artistes de son paysDes chanteurs comme Nelly Furtado la citent ainsi parmi leurs références Nelly Furtado, ses influences, page visitée le 17 janvier 2010..

Biographie Famille, enfance et mariages Amália Rodrigues est la cinquième d’une famille de neuf enfantsVicente, Filipe, José, António (morts dans leur enfance), Amália, Celeste (également chanteuse de fado), Aninhas (morte à l'âge de 16 ans), Maria da Glória (morte à la naissance) et Maria Odete.. Elle naît en 1920 dans la freguesia de Pena à Lisbonne. Sa mère et sa grand-mère la disent née le . Mais les documents officielsExtrait de naissance du du Conservatoire du Registre Civil de Lisbonne., indiquent qu’Amália da Piedade Rodrigues est née à cinq heures et zéro minute, le , dans une maison de la Rua Martim Vaz, 86-4º, dans la Freguesia de la Pena, à Lisbonne. Elle aurait donc été déclarée plus d'une semaine après sa naissance. Elle-même affirmait que l'on célébrait son anniversaire le dans la famille, en supposant que c'était le seul moment du mois où il y avait de l'argent pour lui acheter des cadeaux. Fille d'Albertino de Jesus Rodrigues et de Lucinda da Piedade Rebordão Biographie et autres informations de l’artiste, page visitée le 16 janvier 2010., elle est issue d’une famille nombreuse et pauvre, originaire de l’ancienne province de Beira Baixa, près de Castelo Branco. Son père est cordonnier et joue de la trompette au sein de la fanfare de Fundão, où la famille habite. Ses parents « montent » ensuite à la capitale pour y trouver du travail mais quelque temps après, alors qu’elle n’a que , ils retournent à la campagne, faute de travail, et elle reste à Lisbonne avec ses grands-parents maternels.

Amália Rodrigues est une enfant assez timide ; elle commence à chanter pour son grand-père et les voisins. Sa grand-mère, nommée Ana do RosárioDébut de la vie de la jeune fille, page visitée le 16 janvier 2010., qui est analphabète, l’élève d’une manière stricte et elle lui enseigne les rudiments de la religion Éducation par sa grand-mère, consulté le . Elle envoie Amália à l’école primaire (Escola Primária da Tapada da Ajuda) lorsque sa petite-fille atteint l’âge de : c'est là qu'elle chante pour la première fois en public, lors de la fête de l'école La Jeunesse d'Amália Rodrigues, consulté le . À , elle interrompt sa scolarité, comme la plupart des jeunes Portugais pauvres d’alors ; elle trouve du travail dans une entreprise de broderie mais en change rapidement pour un autre, consistant à emballer des gâteaux La biographie d’Amália Rodrigues, consulté le . Alors qu'elle est encore enfant, elle tente de mettre fin à ses jours en buvant une décoction de têtes d'allumettes Ser Amalia, consulté le .

À , elle décide de vivre avec ses parents, qui sont de retour dans la capitale portugaise. Sa vie y est très différente de celle qu’elle menait avec sa grand-mère. Elle doit aider sa mère et supporter un frère aîné plutôt autoritaire. À , elle part, avec sa petite sœur Celeste, vendre des fruits dans la zone du port de Lisbonne ; elle s’y fait remarquer, ce qui lui permet de participer au défilé populaire d’Alcântara en 1936. L’entraîneur du défilé insiste pour qu’Amália s’inscrive à un concours de nouveaux talents appelé Concurso da Primavera (« Concours du Printemps »), au cours duquel est attribué le titre de Rainha do Fado dos Bairros (« Reine du fado des Quartiers »). C'est à cette époque que, à la suite d'une réflexion déplacée de sa mère qui aurait dit : , Amália part puis essaye de se suicider ; sa sœur Aninhas l’en empêche.

Lors de ce concours, Amália rencontre Francisco da Cruz, un guitariste alors âgé de , avec qui elle se marie deux ans plus tard, en 1940. L'union houleuse ne dure pas plus de deux ans. Francisco da Cruz demande le divorce et Amália décide de se donner la mort devant la fenêtre de celui-ci en avalant de la mort aux ratsRelation avec Francisco, page visitée le 16 janvier 2010. ; c’est sa troisième tentative de suicide depuis sa naissance. C’est également durant cette épreuve, Concurso da Primavera, qu’Amália est remarquée par un spectateur qui la recommande à Jorge Soriano, directeur de la Casa do Fado (« Maison du fado »). L’audition est un succès mais, devant l’opposition de sa famille, Amália décline l’invitation. C’est une femme d’assez petite taille, qui ne mesure que Taille d’Amália, consulté le . Elle se marie une seconde fois, en 1961, avec un ingénieur brésilien, César Seabra, dans la ville de Rio de Janeiro. Ils n’ont aucun enfant. Malgré une bonne entente avec Salazar, dans les années 1960, celui-ci fait interdire la vente de son titre Abandono Fado de PenicheTitre de la musique de Peniche, consulté le , considéré comme un hymne aux prisonniers politiques de la forteresse du même nom. Le régime de Salazar fait emprisonner des personnalités politiques et force beaucoup d’artistes à l’exil.

Après la Révolution alt=Image en noir et blanc d'une chanteuse dans une grande robe noire|gauche|vignette|290x290px|Amália Rodrigues en 1969. Quelques jours après l’abolition de la dictature de Salazar et le rétablissement de la démocratie, Amália Rodrigues donne un concert de fado à Lisbonne mais, à plusieurs reprises, elle se voit traitée de fasciste, accusée d’alliance avec Salazar et doit faire face à des accusations de collaboration avec le régime. Même si elle se voit aussi rendre de nombreux hommagesLe Portugal rend hommage à Amália Rodrigues, page visitée le 16 janvier 2010., ces accusations provoquent une éclipse provisoire de sa carrière. Elle est décorée de l’ordre de l'Infant Dom Henrique par le président de la République de l’époque, Mário Soares. Durant cette période, elle traverse des problèmes financiers qui l’obligent à se défaire d’une partie de son patrimoine. En 1989, elle est reçue au Vatican par le pape Jean-Paul II Visite de l'artiste au Vatican, page visitée le 28 janvier 2010..

En 1990, elle est décorée de l’ordre des Arts et des Lettres par la France, distinction reçue des mains du président François MitterrandBiographie de Amalia, consulté le . Au fil des années, elle voit mourir son compositeur Alain Oulman, son poète David Mourão-Ferreira et son mari, César Seabra, avec qui elle était restée mariée trente-six années.

En 2007 est édité, par la maison de disques Valentim de Carvalho, son dernier album, avec des vidéos inédites tournées entre 1965 et 1975 (Segredo). Amália Rodrigues publie aussi en 1997 un livre de poèmes, VersosVersos, recueil de poème de l’artiste, , consulté le 3 janvier 2010.. En , Amália se rend pour la dernière fois à Paris, afin d’être honorée par la Cinémathèque française, pour avoir tourné plusieurs films dans la ville. Elle remercie les Français de l’avoir fait connaître dans le monde, car c’est à partir de la France que ses disques ont commencé à être diffusés.

Amália Rodrigues se voit reprocher par certains d’avoir participé au Triple F de Salazar (fado, Fátima et futebol), tandis que d’autres pensent qu’elle a collaboré économiquement avec le parti communiste portugais quand celui-ci était encore clandestin ; mais elle a aussi aidé financièrement les prisonniers politiques et les exilés. Elle sort un fado, le Fado de Peniche, en rapport avec la grande prison située dans le fort de la ville. À travers ce fado elle transmet un message qui est censuré par Salazar. Amália Rodrigues représente le Portugal dans le monde entier, de Lisbonne à Rio de Janeiro, de New York à Rome, de Tokyo à l’Union soviétique, de Mexico à Londres, de Madrid à Paris, où elle chante plusieurs fois à l’Olympia.

Elle véhicule dans le monde entier la culture du Portugal, la langue portugaise et le fado et représente aujourd’hui un véritable mythe dans son pays. Le , Amália apprend le décès de sa grande amie le peintre Maluda, ce qui l'affecte beaucoup.

Fin de vie et hommages vignette|Tombe d’Amália Rodrigues au Panthéon national de Lisbonne.

Amália Rodrigues meurt le à l’âge de 79 ans, des suites d’une maladie du cœur, quelque temps après son retour de sa maison de vacances dans l’AlentejoSon retour à Lisbonne, depuis l’Alentejo et son décès, page visitée le 26 janvier 2010.. Son décès plonge les Portugais dans une grande tristesse. Le président de la République portugaise de l’époque, Jorge Sampaio, décrète un deuil national de trois jours. À ses funérailles, des centaines de milliers de Lisboètes descendent dans les rues pour lui offrir un ultime hommage. Lors de ses funérailles, elle avait voulu que sa musique Grito soit chantée. Elle est enterrée au cimetière de Prazeres, à Lisbonne Enterrement à Lisbonne, page visitée le 22 janvier 2010.. Quelques heures après le décès de la chanteuse, un journaliste portugais décrit ainsi l'ambiance générale : amalia_rodrigues.mondomix.com, page visitée le 2 janvier 2010.. À la suite de son décès, les partis politiques décident de suspendre le dernier jour de campagne électorale pour les législatives qui se déroulent cette année-là.

La dépouille mortelle de la chanteuse est finalement transférée du cimetière de Prazeres au Panthéon national de Lisbonne le . Lors de la cérémonie, les honneurs militaires lui sont rendus, suivi par l’hymne national portugais interprété par le groupe des Antigos Orfeonistas da Universidade de Coimbra et des fados : Amália et Foi Deus. S'ensuit un discours du président de la République, Jorge Sampaio, lors du transfert du cercueil au sein du Panthéon Amália no Panteão, page visitée le 3 janvier 2010.. Elle est la première femme, parmi les Portugais illustres, à y entrer.

Sa mort est un choc pour l’ensemble des Portugais, pour qui elle reste à jamais l’âme et la déesse du fado. Le , à l’occasion du dixième anniversaire de son décès, une grande exposition rétrospective a été organisée à la Maison de la culture de Belém, près de Lisbonne. La ville de Paris inaugure le , en présence du maire de Lisbonne, la « promenade Amalia-Rodrigues », un jardin situé dans le de Paris, entre le boulevard d'Algérie et l’avenue de la Porte-du-Pré-Saint-Gervais. qui relie le parc de la Butte-du-Chapeau-Rouge à l'église de Marie-Médiatrice-de-Toutes-les-Grâces et au jardin Notre-Dame-de-Fatima.

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