Alitalia, ou de son nom complet Alitalia - Società Aerea Italiana, était la compagnie aérienne porte-drapeau de l'Italie. Elle avait été créée le et fut déclarée en faillite le . Elle a été remplacée par la compagnie publique ITA Airways.

Depuis , elle faisait partie de l’alliance Skyteam et était également membre de Skyteam Cargo. Son chiffre d’affaires s’élevait à plus de d’euros. Sa flotte comprenait elle employait environ . En 2015, elle avait transporté plus de de passagers.

En difficulté chronique, elle subit une première tentative de privatisation en 2006, puis est privatisée en 2008 au travers de la structure « Compagnie aérienne italienne », tout en étant fusionnée avec Air One. En 2014, elle est partiellement acquise par la compagnie Etihad à hauteur de . En , à la suite du refus par référendum interne d'un énième plan de restructuration, le gouvernement annonce que dans six mois Alitalia sera soit vendue soit mise en faillite, après trente ans de pertes. La procédure de mise en faillite d'Alitalia débute le .

Histoire Si le nom de la compagnie peut remonter à celui de la Società Area Avio-Linee Italiane (ALI) créée dans les années 1920, sous l’impulsion de Fiat, la société actuelle n’a été créée qu’après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, avec l’appui de (TWA) et de British European Airways (BEA) qui financèrent Aerolinee Italiane Internazionali et Linee Aeree Italiane (LAI), qui finirent par fusionner en .

Sa création Le , la société Alitalia - Aerolinee Internazionali Italiane est créée à Rome avec des capitaux entièrement privés. Elle adopte un logo comportant une flèche ailée. Elle deviendra opérationnelle à partir du avec son premier avion civil, un trimoteur Fiat G.12 , piloté par Virgilio Reinero. Le premier vol partira de Turin à destination de la capitale Rome puis Catane, en Sicile.

Le , le Savoia-Marchetti SM.95 effectua le premier vol international, de Rome à Oslo avec 38 marins norvégiens à bord. En , la compagnie inaugurait sa première liaison intercontinentale avec un Lancastrian, un vol de 36 heures pour relier Milan, Rome, Dakar, Natal, Rio de Janeiro, San Paolo et Buenos Aires.. vignette|Un Convair 340 d'Alitalia À la fin de l'année 1949, la flotte est complètement renouvelée : quatre Douglas DC-4, achetés à la Pan Am. En 1950, les premières hôtesses de l'air font leur apparition. Leur uniforme était dû à la maison de haute couture italienne Sorelle Fontana. Le , la holding d'État dont dépendait la compagnie, l'IRI, impose la fusion entre les compagnies Alitalia et LAI - Linee Aeree Italiane, l'autre compagnie aérienne d'État. C'est ainsi qu'est née Alitalia - Linee Aeree Italiane, la nouvelle compagnie devient alors l'unique compagnie aérienne nationale, la compagnie aérienne porte-drapeau italienne; Sa base est alors située à l'aéroport international de Rome Ciampino..

Son développement vignette|Un Douglas DC-8 à Londres-Heathrow en 1963 L'année 1960 marquera l'affirmation de la compagnie sur la scène internationale avec sa désignation de transporteur officiel des Jeux olympiques d'été de Rome. À cette occasion, la compagnie se dote de ses premiers avions à réaction, des Douglas DC-8 et des Caravelle. Elle s’éloigna de ses investisseurs britanniques dans les années 1960 pour devenir une compagnie entièrement à capitaux italiens à la fin de la décennie. La compagnie dépasse alors le million de passagers transportés dans l'année. Sa base est déplacée de l'aéroport de Rome Ciampino au nouvel aéroport de Rome Fiumicino, ouvert le ..

Le , la compagnie crée une filiale à Naples baptisée ATI - Aero Trasporti Italiani, pour assurer les liaisons nationales. En 1965, la compagnie dépasse les de passagers transportés. De nouveaux avions enrichissent la flotte, les DC-9/30 sur lesquels des repas chauds sont servis. En 1967, Alitalia abandonne son siège historique dans le quartier romain de Parioli, Via Maresciallo Pilsudski, et se transfère dans le gratte-ciel de l'EUR..

En 1969, Alitalia est la première et la seule compagnie aérienne en Europe à disposer d'une flotte composée uniquement d'avions à réaction. Elle adopte également une nouvelle identité visuelle. Jusqu'à présent, les livrées comportaient les couleurs blanc et gris sur le fuselage, avec un bandeau de cinq lignes bleu ciel et deux noires au niveau des hublots. Sur la queue, figure le drapeau italien et le nom ALITALIA en majuscules est inscrite au centre du fuselage, au-dessus de la rangée de hublots. L'ancien logo avec sa flèche ailée est remplacé par la lettre A, prenant la forme de la queue de l'avion avec les couleurs du drapeau italien. Le fuselage est désormais entièrement blanc avec une large bande verte (en jargon cheatline) au niveau des hublotsAlitalia, la vera storia del nuovo logo della compagnia - Giornalettismo, 8 giugno 2015..

Le , le premier , baptisé , est mis en service. Il assure la liaison Rome-New York. En 1973, la compagnie met en service sur les liaisons intercontinentales les trimoteurs McDonnell Douglas DC-10. La même année, Alitalia ouvre des liaisons vers l'Extrême-Orient et dessert Tokyo..

Mais la dérégulation internationale des années 1970 fut assez rude pour la compagnie. Elle rata ses différentes tentatives de diversification dans le tourisme ou au travers de compagnies plus petites comme Aermediterranea, formée en (55 % du capital appartenant à Alitalia et 45 % à ATI) avec sept DC-9-30 provenant de la flotte AlitaliaWorls Airlines Directory, Flight International 2 avril 1983 .

En 1980, Alitalia inaugure sa propre école de vol à Alghero, en Sardaigne. En 1982, Alitalia passe le cap des de passagers transportés. La flotte s'enrichit des nouveaux McDonnell Douglas MD-80 et Airbus A300/B4..

Dans les années 1990, Alitalia transportait plus de de passagers par an, mais les tensions syndicales et le plan d'investissements massifs ont produit des résultats très décevants. vignette|Un McDonnell Douglas MD-11 d'Alitalia En , le siège social d'Alitalia est transféré dans le nouveau « Centro Direzionale » (NCD) de la Magliana, à Rome. La flotte s'enrichit encore avec les nouveaux appareils McDonnell Douglas MD-11 et les Airbus A321 en 1994 pour développer les liaisons moyens courriers. La compagnie dépasse les de passagers transportés..

En 1993, Alitalia transporta 38,7 % des passagers des vols internationaux et fut classée la troisième compagnie aérienne européenne après Lufthansa et Alitalia : Una privatizzazione italiana de Roberto De Blasi, Claudio Gnesutt.. En 1995, Alitalia a transporté un voyageur italien sur deux qui a pris un avion..

Le , sa filiale Avianova fut baptisée Alitalia Team, pour la gestion des liaisons moyens et longs courriers a bas coût disposant de 9 ATR-42, 4 ATR-72, 5 Fokker 70, 1 Boeing 767, 14 Airbus A321 et 7 MD-82 (ces trois derniers types d’avions étant prêtés par la maison mère). Elle inaugure son premier site web. En 1997, Alitalia crée Alitalia Express, pour développer le transport régional.. Alitalia Team S.p.A. a fini par être absorbée avec Alitalia S.p.A. alors qu’Alitalia Express S.p.A. subsiste en tant que société mais sans avoir une importante autonomie d’image.

En 1996, le CEO Domenico Cempella propose un plan de développement ambitieux qui prévoit une association avec la compagnie néerlandaise KLM et l'ouverture du nouveau Hub à Malpensa. L'association avec KLM amène la création de deux co-entreprises, l'une pour le transport des passagers, l'autre pour le fret qui devaient être la première étape avant la fusion des deux compagnies. Mais en 2000, la compagnie hollandaise rompt unilatéralement ses engagements. Alitalia engagera alors une action légale avec un arbitrage international qui condamnera en 2002 la compagnie KLM à verser une indemnité à Alitalia d'un montant de d'euros. KLM sera absorbée par Air France en 2003.

Premières difficultés et entrée dans SkyTeam Après un mariage avorté avec KLM en 2001, Alitalia est entrée dans une spirale descendante, aggravée par la réduction du marché après le , avec pour l’exercice 2003 une marge opérationnelle négative, égale à -9,4 % du chiffre d’affaires. Une des causes qui a provoqué la grave crise qu'a connue la compagnie italienne Alitalia, à partir du milieu des années 1990, est certainement l'ouverture des marchés imposée par l'Europe, notamment l'ouverture à la concurrence des liaisons nationales avec l'apparition de compagnies étrangères à très bas coûts qui ne devaient pas supporter de charges sur les salaires. Les attentats du à New York ont fait chuter de façon immédiate et très importante la fréquentation sur les vols intercontinentaux, une spécialité d'Alitalia ce qui l'a empêchée d'investir pour adapter son offre à la nouvelle demande des passagers..

Cette même année, Alitalia signe un accord de coopération avec Air France et entre dans l'alliance créée un an plus tôt, une des principales alliances entre compagnies aériennes dont les membres étaient alors Air France, Aeroméxico, Delta Air Lines, Korean Air et CSA Czech Airlines. L'accord avec la compagnie nationale française prévoyait une participation croisée à hauteur de 2 % du capital de chacun ce qui permettait aux dirigeants de chacune des compagnies de faire partie du Conseil d'Administration de l'autre. Francesco Mengozzi, alors PDG d'Alitalia, confirmé dans ses fonctions par le , voulait œuvrer pour une fusion avec Air France qui aurait donné à l'IRI 35 % du capital du nouveau groupe mais le gouvernement italien refusa cette dispositionfonte: Repubblica: Il commento di Eugenio Scalfari del 14 settembre 2008.. Cet accord commercial prévoit notamment de développer un système multi hub, basé sur les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle, de Milan Malpensa, de Rome Fiumicino et le développement du partage de code en Europe et dans les vols intercontinentaux. Pour les vols entre l’Italie et la France, les compagnies opèrent en coentreprise. Il y a actuellement 582 vols hebdomadaires dont 30,6 % sont assurés par Alitalia, mais Cimoli a récemment souhaité que ce partage des vols soit mieux équilibré. vignette|La livrée SkyTeam du Boeing 767 d'Alitalia En 2002, Alitalia met en service les nouveaux appareils -200ER en remplacement des anciens . En , le groupe Alitalia comptait dont de vol et une flotte de 157 appareils plus 3 en commande. Le capital était détenu en majorité par l'État italien (62,4 %), d'autres actionnaires comme les salariés disposaient de 3(35,6 %) et Air France (2 %). le groupe Alitalia comprenait la compagnie Alitalia et ses filiales Alitalia Express (100 %), Alitalia Team (100 %), Eurofly (20 %)..

Pour redresser cette société publique en grande difficulté économique depuis 2003, le gouvernement italien a d'abord désigné en Giancarlo Cimoli, précédemment président des (chemins de fer), comme président et administrateur délégué (qui a tenu ce poste jusqu'en ). Plus de licenciements ont été envisagés pour éviter la faillite de la compagnie (chiffre ensuite réduit à seulement après accord avec les syndicats fin ). Massimo Chieli, le directeur des ressources humaines, a détaillé le plan de relance, en précisant que la compagnie aérienne serait divisée en deux sociétés : Alitalia Fly () pour le transport proprement dit, et Alitalia Service () pour les activités au sol. C’est à partir de cette scission que serait pratiquée, entre 2005 et 2006, le dégraissage concernant un quart des effectifs : suppressions d’emplois pour Alitalia Fly, dont et navigants commerciaux (PNC) et chez Alitalia Service. Une bonne partie des activités de cette dernière filiale devrait être externalisée. L’objectif est d’économiser chaque année environ d’euros sur la masse salariale et de rapprocher les coûts d’exploitation d’Alitalia de ceux des compagnies européennes équivalentes.