Andrew Scheer, né le à Ottawa, est un homme politique canado-américain. Député fédéral de Regina—Qu'Appelle depuis les élections fédérales de 2004, il est président de la Chambre des communes de 2011 à 2015.

Il est élu chef du Parti conservateur du Canada et donc chef de l'opposition officielle en 2017. Quelques mois après les élections fédérales de 2019, perdues par sa formation, il annonce sa démission de la tête du Parti conservateur. Le , Erin O'Toole lui succède officiellement.

Biographie Origines et formation Outre la nationalité canadienne, Andrew Scheer est aussi citoyen des États-Unis de par sa lignée paternelleAndrew Scheer a la double nationalité canadienne et américaine, Radio-Canada, 3 octobre 2019., mais il dit avoir entrepris des démarches à l'automne 2019 pour renoncer à celle-ciConservatives confirm Scheer holds dual Canada-U.S. citizenship, Global News, 3 octobre 2019..

Il naît et grandit à Ottawa, en Ontario. Il est le fils de Mary Gerarda Therese (Enright), infirmière, et de James Scheer, bibliothécaire et correcteur d'épreuves, diacre de l'archidiocèse catholique d'Ottawa. Il a deux sœurs. Une partie de sa famille vient de Roumanie. Scheer a fait ses études secondaires à l'Immaculata High School, puis a étudié l'histoire à l'Université d'Ottawa. En 1999, au cours de ses études universitaires, Andrew Scheer a travaillé au département de la correspondance pour le Bureau du chef de l'opposition sous Preston ManningAlthia Raj, Andrew Scheer, 'Consensus Candidate', Hopes The Nice Guy Finishes First In Tory Leadership. Andrew Scheer a également travaillé au comité consultatif des jeunes de la conseillère municipale d'Ottawa Karin Howard.

Scheer a été commissaire scolaire du Conseil scolaire catholique d'Ottawa-Carleton lors des élections municipales d'Ottawa en 2000, mais a perdu contre Kathy Ablett.

Il déménage à Regina après avoir rencontré sa future épouse Jill Ryan à l'université et termine son baccalauréat en histoire et science politique à l'Université de Regina. Au lieu de retourner à Ottawa, Andrew Scheer aurait travaillé chez Shenher Insurance et au bureau de circonscription d'un député de l'Alliance canadienne, Larry Spencer, à Regina-Lumsden-Lake Centre. Toutefois, selon un reportage du Globe and Mail, aucune preuve de permis de courtier d'assurances en Saskatchewan au nom d'Andrew Scheer n'a pu être trouvée datant d'avant son élection à la Chambre des communes en 2004.

Député Lors de l'élection de 2004, Scheer est élu dans Regina—Qu'Appelle sous la bannière du Parti conservateur du Canada, remportant la victoire sur le député néo-démocrate de longue date, , par 861 votes. Il est réélu lors de l'élection de 2006, défaisant de nouveau Nystrom, cette fois par une marge plus confortable de .

En , Stephen Harper en fait un des trois vice-présidents de la Chambre des communes : il est alors le plus jeune député à servir dans ce rôle dans l'histoire du Commonwealth.

Président de la Chambre des communes Le , élu à la présidence de la Chambre des communes du Canada, il devient, à , le plus jeune président de l'histoire de la ChambreMeagan Fitzpatrick, MPs elect youngest Speaker, CBC News, 3-06-2011..

Au cours de son mandat, plusieurs députés de l'opposition ont questionné son impartialité en raison de son refus de donner suite à des demandes d'information sur l'affaire des appels téléphoniques automatisésHansard, Le jeudi 8 mars 2012 payés par la campagne conservatrice pour l'élection de 2011Paul McLeod, Speaker frustrating some MPs, Herald News, 20-06-2012Hélène Buzzetti, Appels frauduleux - «Pierre Poutine» au cœur de l'enquête , Le Devoir, 29-02-2012. et effectués par une société dont il avait été lui-même clientLaura Peyton, House Speaker used firm linked to Cotler calls, CBC, 14-12-2011..

Chef du Parti conservateur du Canada

Le , il annonce sa candidature à la direction du Parti conservateur, avec pour slogan « Vrai conservateur, véritable leader. » Après treize tours de scrutin, Scheer obtient la majorité absolue face à Maxime Bernier, député fédéral de la circonscription de Beauce. Il remporte le scrutin avec 50,95 % des voix, et ce après avoir occupé la deuxième position derrière son rival québécois aux précédents tours.

Il est parfois comparé à l'ancien premier ministre Stephen Harper et décrit comme un « Harper's boy » ou un « Harper avec un sourire ». Il a lui-même repris la comparaison.

Lors du congrès conservateur d', une fuite de documents révèle que le regroupement des producteurs de lait du Canada (Dairy Farmers of Canada) avait collaboré avec son bureau pour bloquer une motion visant à modifier la position du parti sur la gestion de l'offre en matière de produits laitiers.

Le , le Parti conservateur arrive en tête du scrutin en nombre de voix, avec 34,4 % du vote populaire, mais obtient seulement 121 sièges, alors que le Parti libéral recueille 33 % du vote populaire et 157 sièges. Le vote conservateur est particulièrement fort en Alberta et en Saskatchewan, les deux grandes provinces pétrolières, où il atteint 70 %. Les analystes estiment que le chef Andrew Scheer a trop misé sur sa base et n'a pas cherché à l'élargir, en s'aliénant les citoyens préoccupés par les questions environnementales Adam Radwanski, «The vote was Scheer’s to win, but he failed to expand support beyond the Conservative base», The Globe and Mail, 22-10-2019..

Le , Andrew Scheer annonce qu'il démissionnera de sa fonction de chef du Parti conservateur à compter de l'élection d'un successeur. Le , Erin O'Toole est élu chef.

Lors des élections du , le Parti libéral du Canada sous la direction de Mark Carney est reconduit au pouvoir dans un gouvernement minoritaire. Scheer est réélu mais Pierre Poilievre, le chef du parti, perd son siège et les conservateurs doivent trouver un député pour assumer le poste de chef de l'opposition officielle. Le , le caucus conservateur choisit Andrew Scheer pour occuper la fonction. Il prend les fonctions le lendemain.

Prises de position Scheer est considéré comme assez éloigné des positions relativement progressistes des Red Tories. Il est plus fondamentalement conservateur que Stephen Harper mais est toutefois resté proche de ce dernier et le consulte avant toute décision importante. Il mentionne volontiers l'ancien premier ministre canadien John Diefenbaker comme une figure de référenceRoy MacGregor, Andrew who? In search of Scheer's still-elusive Conservative identity, The Globe and Mail, 6-10-2017.. Il partage aussi des points communs avec Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta depuis 2019, et Brad Wall, qui a été premier ministre de la Saskatchewan. Scheer a qualifié les sénateurs américains Ted Cruz et Marco Rubio de « voix conservatrices fortes » lors de la conférence 2016 du Manning Centre. Jusqu'en 2017, il a accordé plusieurs entrevues à la plateforme d'extrême droite The Rebel, dirigée par Ezra Levant.

Après avoir évité la question de l'avortement durant la campagne électorale de 2019, il finit par revendiquer, une journée après le débat des chefs sur les ondes de TVA, qu’il est pro-vie.

Économie Scheer exprime son soutien aux marchés libres, déclarant qu'il croit en « un marché libre où les entreprises profitent en ayant le meilleur produit ou service ». Il promet d'équilibrer le budget deux ans après son arrivée au pouvoir, d'éliminer la TPS sur les factures de chauffage et de baisser l'impôt sur les sociétés Andy Blatchford, Five things to know about Andrew Scheer's policy positions, Toronto Sun, 30 mai 2017..

Il a été un ardent défenseur de la suppression de la Commission canadienne du blé. Il a proposé une politique qui obligerait les stations-services à apposer sur leurs pompes un collant avec le drapeau canadien indiquant « Essence éthiquement produite au Canada » (Canadian-sourced, ethically produced oil).

Pendant la course à la direction de son parti, Andrew Scheer promet, s'il venait à prendre le pouvoir, de nommer un ministre québécois à la tête de l'agence de Développement économique Canada pour les régions du Québec. Alors que son opposant Maxime Bernier défendait une politique de la demande en matière agricole, il a pris la défense du système de gestion de l'offre pour les produits laitiers, ce qui explique sa bonne performance au Québec.. Les initiés du parti croient que, en fait, il ne soutient pas cette position par conviction personnelle.

En , Scheer présente un projet de loi d'initiative parlementaire, le deuxième de sa carrière. Le projet de loi C-394, loi modifiant la loi de l'impôt sur le revenu (crédit d'impôt pour les parents), créerait un nouveau crédit d'impôt destiné à compenser les impôts fédéraux dus sur les prestations de maternité et les congés parentaux. Selon un calcul du DPB, ce crédit d'impôt coûterait de dollars ou plus aux contribuables pour la première année.

Environnement En , Scheer s'est prononcé contre la ratification de l'accord de Paris sur le climatAlexandre Shields, Le Canada ratifie l'Accord de Paris, Le Devoir, 5-10-2016. Il s'est opposé pendant longtemps à toute politique précise en ce domaineManon Cornellier, Déni conservateur des changements climatiques, Le Devoir, 4-01-2019. et a fait campagne contre la taxe carbone mise en place par le gouvernement de Justin TrudeauRadio-Canada, Taxe carbone : les conservateurs en avance dans la guerre du message, 1-04-2019.

En , il dévoile un plan vert assez vagueMélanie Marquis, Andrew Scheer dévoile son plan vert, La Presse, 19 juin 2019., comportant notamment des crédits d'impôt et qui obligerait les grands pollueurs à investir dans des technologies vertes des sommes proportionnelles à leurs émissions excédentaires de gaz à effet de serre CTV News, Scheer acknowledges feds would put price on carbon under his plan to cap big emitters, 23 juin 2019.. Selon un éditorial très critique du Globe and Mail, ce plan augmenterait le coût de la vie des Canadiens, mais de façon indirecte, contrairement à la taxe carbone, et engendrerait des coûts supplémentaires en raison de nouvelles structures administratives de vérification A climate-change plan that hides the cost of fighting climate change, The Globe and Mail, 20 juin 2019.. Le plan, qu'un chroniqueur du même journal a qualifié de (triste plaisanterie), ne contient aucun engagement réel d'atteindre les objectifs de l'accord de Paris et repose sur les effets potentiels de technologies qui n'ont pas encore été inventées, tout en présumant à tort que le Canada pourrait exporter ces technologies et en obtenir les crédits dérivés par leur mise en œuvre dans des pays étrangers Gary Mason, The Conservative climate plan is a sad joke, The Globe and Mail, 25 juin 2019..

En , Scheer annonce qu'il abrogera les nouvelles normes nationales de propreté des carburants proposées le par le gouvernement libéral, affirmant que celles-ci constituent une « taxe secrète » sur le prix de l'essence Alex Ballingall, «Andrew Scheer wants to scrap Ottawa’s proposed clean fuel standards», Toronto Star, 8 juillet 2019..

Questions sociétales Considéré comme un partisan du mouvement pro-vie, Scheer a constamment voté, quand il était député, de 2006 à 2011, pour une restriction du droit à l'avortement jusqu'à son élection à la tête du partiCampaign Life Coalition. En , il a critiqué l'attribution de l'ordre du Canada au médecin controversé Henry Morgentaler, qui avait milité en faveur de la légalisation de l'avortementCTV news, Henry Morgentaler named to Order of Canada, 1-07-2008.. Il s'est aussi opposé à la légalisation du mariage homosexuelAlec Castonguay, Le prochain Premier ministre?, L'Actualité, juillet 2019. Il s'est rendu au Vatican en , à l'âge de 23 ans, pour assister à la canonisation du fondateur de l'Opus Dei; en 2010, il a organisé une rencontre de parlementaires avec l'abbé Fred Dolan, vicaire principal de l'Opus Dei au Canada.