vignette|Les frontières actuelles de l'Iran. vignette|Carte basique de l'Iran (2020). vignette|Le roi des rois représenté à Persépolis. vignette|Drapeau de la dynastie séfévide à partir de 1576. vignette|Le trône de marbre du palais du Golestan, ancien siège du gouvernement qajar à Téhéran.
L’histoire de l'Iran (ou Perse) couvre des milliers d'années, depuis les cultures antiques du plateau iranien, comme l'ancienne civilisation de Jiroft dans la province de Kerman et de Shahr-e Sokhteh (« la cité brûlée ») dans la province de Sistan-et-Baloutchistan. Ces cultures sont suivies par le royaume d'Élam, entre les actuelles provinces du Khouzistan et du Fars, par la civilisation de Lorestan et par la floraison de celle de Marlik dans la province du Guilan. Viennent encore les Mannéens, à l'origine installés au sud du lac d'Orumieh, près de l'actuelle ville de Piranshahr dans la province du Kordestan, qui se sont répandus dans l'ensemble des provinces d'Azerbaïdjan, puis les peuples mèdes et perses qui fondent l'empire achéménide. Enfin arrivent les Parthes, les Sassanides et jusqu'à l'actuelle république islamique d'Iran.
Préhistoire
Paléolithique Le territoire actuel de l'Iran a livré des vestiges d'occupation humaine et des vestiges culturels datant du Paléolithique. Des instruments de pierre du Paléolithique inférieur ont été retrouvés dans le Baloutchistan iranien. C'est dans cette région d'Iran qu'a été mise au jour une grande quantité d'outils en pierre qui sont parmi les plus anciens découverts en Iran, ayant un âge estimé à . Près de Tabriz ont aussi été découverts les vestiges d'un campement de chasseurs qui daterait de cette période.
Cependant, peu de vestiges de cette époque ont été retrouvés du fait du faible nombre de prospections et de fouilles archéologiques réalisées dans la région. Dans de nombreuses régions montagneuses de l'Asie centrale, le dépôt d'importantes couches sédimentaires survenu lors des glaciations du Pléistocène supérieur (fin du Paléolithique) a également contribué à faire disparaître de nombreux sites.
Des grottes occupées pendant le Paléolithique moyen (Qaleh Bozi, Mar Tarik), ainsi que des vestiges moustériens ont aussi été découverts.. Des preuves d'une occupation moustérienne ont en effet été retrouvées dans le bassin occidental de la rivière Helmand, et les archéologues espèrent en découvrir d'autres dans cette région qui s'étend jusqu'en Afghanistan. Ces vestiges font partie d'un continuum d'occupation du Moustérien ainsi que des vestiges physiques néandertaloïdes s'étendant depuis la chaîne des Tian Shan à travers l'Asie centrale et le Proche-Orient, le sud de la Russie, l'Europe orientale et occidentale ainsi que le nord de l'Afrique jusqu'à l'Atlantique.
Pendant le Paléolithique supérieur, on constate un développement des arts et l'utilisation de nouvelles méthodes du travail de la pierre dans la grotte de Yafteh du Baradostien, une culture régionale qui précède le Zarzien.
Néolithique
vignette|« Maquette » de bâtiment, découverte à Tepe Sang, conservé au Musée national d'Iran. Au nord-ouest de l'Iran, la transition vers une économie de production de biens commence durant le Mésolithique ( ), puisqu'il existe un site en ayant les caractéristiques dans la région de la mer Caspienne. À Ghar-e Karmarband ont été découverts des vestiges qui prouveraient l'élevage de porcs sauvages. Parallèlement ont été découverts des restes de gazelles perses, de taureaux sauvages et de rennes. Une sépulture de petite fille a aussi été retrouvée, son corps était peint à l'ocre rouge, et elle portait des pendentifs de pierre polie, d'os et de coquillages, ainsi que des cônes d'argile qui pourraient être parmi les premiers essais d'exploitation de ce matériau, ce qui amènerait plus tard à la poterie. Pendant cette période commencent les premières tentatives de domestication des ovins. Ce processus, commencé pendant le Mésolithique, se serait terminé au début du Néolithique.
Au cours du Néolithique débute le processus de sédentarisation, de production stable d'aliments à travers le développement de l'agriculture et de l'élevage, ainsi que la mise en place de routes commerciales (sur de courtes distances) entre des communautés relativement proches. La société et les arts se développent de façon de plus en plus complexe. L'évolution vers une économie néolithique peut être observée en Iran occidental, dans les monts Zagros Farnaz Broushaki et al., Early Neolithic genomes from the eastern Fertile Crescent, Science, 29 juillet 2016, Vol. 353, Issue 6298, . avec notamment le site de Ganj Dareh daté entre et , qui donne les premières preuves de domestication de chèvres à partir de M. Gallego-Llorente et al., The genetics of an early Neolithic pastoralist from the Zagros, Iran, Scientific Reports, volume 6, Article numéro: 31326, 2016., et au nord de l'Irak, par exemple avec le site de Jarmo.
L'entrée dans le Néolithique est datée en Iran entre le et le Turang Tepe et Yarim Tepe fournissent les preuves que la vallée de Gorgan possédait des centres d'agriculture au , ainsi que des habitations faites en brique de deux types différents : certaines avec un foyer en hauteur et des murs recouverts de fumée, d'autres sans espaces pour le feu, plus petites avec un sol péniblement rendu lisse. Des figurines d'argile très stylisées ont été découvertes dans ce dernier type d'habitations, ainsi que des ornements d'os et d'obsidienne« History of Art in Iran », Encyclopædia Iranica (consulté le 1/10/2006).. Ces cultures auraient eu des contacts étroits avec leurs voisines de Yarim Tepe, Jeitun (sud du Turkménistan) et Tepe Sialk II (près de Kashan au centre de l'Iran), situées à l'extérieur de la vallée de Gorgan.
Protohistoire
vignette|Poids en pierre trouvé dans la région de Jiroft. Daté du Conservé au musée de l'Azerbaïdjan, Tabriz. L'Âge du cuivre, caractérisé par l'apparition d'éléments de cuivre et de céramiques peintes en Susiane (Sud-ouest de l'Iran, sur le territoire de l'actuel Khouzistan) et à Sialk (centre de l'Iran), s'étend en Iran tout au long du , comme le montrent des restes archéologiques parmi lesquels on trouve des céramiques ayant des formes animales ou abstraites de grande qualité ; certaines de ces pièces avaient apparemment un usage rituel. Les routes commerciales s'étendent à cette époque et des installations urbaines commencent à surgir, dans un processus régional qui se déroule entre l'Anatolie, la Mésopotamie, le Complexe archéologique bactro-margien et la civilisation de la vallée de l'Indus.
Les archéologues commencent à peine à connaître les origines des civilisations installées sur cette terre comme la civilisation de Jiroft datant d'il y a . Elle est voisine de la civilisation proto-élamite, centrée sur Anshan (Tell-e Malyan), actuellement dans le Fars, dont l'écriture particulière (peut-être attribuable en fait à la civilisation de Jiroft) est attestée à Tepe Yahya dans le FarsP. Damerow et R. K. Englund, The Proto-Elamite Texts from Tepe Yahya, Cambridge, 1989., Tepe Sialk, Tepe Ozbaki (près de Téhéran), et même à Shahr-e Sokhteh dans le Séistan.
Les Sumériens sont aussi opposés au royaume d'Aratta, qui apparaît dans plusieurs légendes mettant en scène les rois d'Uruk, préfigurant les conflits des périodes historiques entre l'Élam et les royaumes mésopotamiens.
Antiquité
vignette|Sceaux découverts à Suse datant du Conservés au Musée national d'Iran.
L'Iran entre dans l'histoire avec le royaume élamite, successeur de la période proto-élamite (dont l'écriture n'est toujours pas comprise), qui atteste d'une très grande longévité, puisque c'est une puissance notable de la fin du millénaire, jusqu'au milieu du millénaire, quand son héritage est repris par l'Empire perse naissant. Le royaume élamite est centré sur les villes d'Anshan (Tell-e Malyan) dans le Fars, en pays proprement élamite, et Suse, qui est à la jonction entre les zones élamite et mésopotamienne, et sert de lien entre les deux. Ses souverains ont laissé des inscriptions dans les langues mésopotamiennes (sumérien et akkadien, écrits cunéiformes), mais ils ont aussi adapté l'écriture cunéiforme à leur langue dès le au moins. L'apogée de ce royaume est le , notamment aux , quand certains de ses rois réussissent à dominer temporairement la Mésopotamie (nominalement ou effectivement).. D'autres royaumes iraniens sont connus par les sources mésopotamiennes, en plus d'Aratta mentionnée plus haut : Awan, Simashki, et Zabshali D. T. Potts, The Archaeology of Elam: Formation and Transformation of an Ancient Iranian State, Cambridge University Press, 2004., liés à l'Élam, Hamazi dans le Zagros occidental et Marhashi, situé plus à l'est.
C'est au cours du (la date précise est encore débattue) qu'arrivent sur le plateau iranien divers peuples, provenant d'Asie centrale. Ces peuples iraniens parlaient une variété de dialectes du vieux-perse, une des langues iraniennes appartenant à la famille des langues indo-européennes, apparentées à l'avestique et au sanskrit védique.
Au milieu du , un groupe de tribus iraniennes identifiées comme les Mèdes, établis au nord et au nord-ouest de l'Iran, se libère du joug assyrien et établit son pouvoir sur la région. À la fin de ce même siècle, les Mèdes, alliés aux Babyloniens, se libèrent définitivement du pouvoir assyrien en prenant Ninive en 612 av. J.-C... C'est à la même période qu'apparaissent les premières sources mentionnant le Perse Cyrus , roi d'Anshan, petit-fils d'Achéménès, fondateur de la dynastie des Achéménides.
C'est donc un autre peuple iranien, les Perses, installé à la fin du dans le territoire du Pars (autour de l'actuelle Shiraz), qui donne naissance au premier vrai empire iranien en 559 av. J.-C., celui des Achéménides.
Empire achéménide (de -680 à -330)
vignette|gauche|Les ruines des palais des Achéménides, Persépolis.
L'empire achéménide (vieux perse: Hakhamanishiya) est le premier grand empire perse. La légende dit que la dynastie fut fondée par Achéménès, auquel succéda son fils Teispès qui prend le titre de Roi d'Anshan après avoir pris la ville aux élamites. Ses deux fils, Cyrus Roi d'Anshan et Ariaramnès, roi du Pars. C'est qui, le premier réunit les deux royaumes et créa alors l'Empire perse. Au sommet de sa puissance, sous le règne de dit le Grand, au , les souverains achéménides de la Perse régnaient sur les territoires actuels de l'Iran, l'Irak, l'Arménie, l'Afghanistan, la Turquie, la Bulgarie, les parties orientales de la Grèce, l'Égypte et la Syrie et la plupart de ce qui est maintenant le Pakistan, la Jordanie, Israël, la Palestine, le Liban, le Caucase, l'Asie centrale, la Libye et le nord de la péninsule arabique Inscription de Darius à Behistun, Old Persian texts (consulté le 2 octobre 2006).. Cet empire fut certainement le plus large empire de l'Antiquité.
vignette|upright=1.75|Empire achéménide lors de son extension maximale, vers
Les Achéménides étaient des despotes éclairés qui purent construire un empire de cette taille en laissant une certaine autonomie aux satrapies toutes reliées entre elles par un immense réseau routier. Les historiens attribuent la première déclaration des droits de l'Homme à , qui l'inscrivit sur le cylindre de Cyrus Amélie Kuhrt « The Cyrus Cylinder and Achaemenid Imperial Policy » in Journal for the Study of the Old Testament , 1983, ..
Cet empire était en guerre contre les Grecs, et c'est à partir du règne de que commença son déclin. L'empire fut finalement conquis par Alexandre le Grand en
Les Séleucides (de -312 à -248)
vignette|upright=1.75|Les Royaumes des Diadoques et l'empire séleucide vers
Au décès d'Alexandre le Grand, le 23 juin , mort sans laisser d'héritier valable, son empire est partagé entre ses quatre plus proches généraux. Ils prennent le titre de diadoques, ce qui signifie les « héritiers ».