Le , prononcé Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API., est une forme d'autisme sans déficit intellectuel ni (sauf exception) retard de langage. Cette dénomination, dont une variante est celle d'autisme Asperger, demeure en usage dans le langage courant, en dépit d'un changement dans les classifications. Il s'agit d'un syndrome non évolutif, dont les signes pouvaient permettre un diagnostic chez le très jeune enfant dès l'âge de 2 ou , mais qui pouvait aussi être diagnostiqué à tout âge (y compris tardivement).

Le syndrome d'Asperger est défini cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans AspergerLa description de la psychopathie autistique par Hans Asperger n'est traduite en anglais qu'en 1991, par Uta Frith.. Il intègre les classifications nosographiques officielles en 1993 dans le cadre des troubles envahissants du développement (CIM-10) et en 1994 dans celui du DSM. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive des troubles du spectre de l'autisme (TSA)L'item « syndrome d'Asperger » a été abandonné par le DSM-5 en 2013 et dans la CIM-11 en 2018..

Comme tous les troubles du spectre de l'autisme, le syndrome d'Asperger se caractérise par des difficultés significatives dans les interactions sociales, associées à des intérêts spécifiques ou des comportements répétitifs. Il se différencie notamment de l'autisme dit de Kanner par l'absence de déficit intellectuel (ce qui peut signifier, mais pas nécessairement, un surdon) et de retard (ou d'altération) dans l’apparition du langage. Il s'associe souvent à une maladresse physique et à une utilisation atypique de la parole, bien qu'elles ne soient pas toujours retenues pour le diagnostic. Il est parfois également distingué, au sein des autismes sans handicap mental, d'autres formes d'autisme dites à haut niveau de fonctionnement (élément souvent utilisé pour désigner l'autisme avec surdon, qui peut impliquer un ensemble de singularités handicapantes plus important en moyenne dans certains domaines et moins dans d'autres), mais ces critères et cette distinction sont largement critiqués.

Les causes du syndrome d'Asperger sont majoritairement génétiques. Les recherches neurologiques ont révélé des particularités dans le fonctionnement cérébral, à l'origine de troubles sélectifs de l'empathie. Lorsque le diagnostic de syndrome d'Asperger ou à présent de TSA est établi, un accompagnement pluridisciplinaire peut être proposé. L'efficacité de certaines interventions est difficile à estimer, car les données sont limitées. Les thérapies cognitivo-comportementales se concentrent sur les capacités de communication, les routines obsessionnelles et répétées. La plupart des enfants s'adaptent à la vie en société quand ils deviennent adultes ; en revanche, leurs difficultés sociales et de communication persistent. Les personnes Asperger sont vulnérables à de nombreux troubles de l'humeur, particulièrement à l'anxiété et à la dépression. D'après une estimation réalisée en 2013, environ de personnes dans le monde auraient cette forme d'autisme.

Des scientifiques et des personnes Asperger s'interrogent sur le fait que cette forme d’autisme puisse être considérée comme une différence plutôt que comme une pathologie nécessitant un traitement. Les limitations handicapantes sont souvent associées ou dues à des compétences, parfois exceptionnelles, dans les centres d’intérêt surinvestis. Cette dimension a créé une fascination pour le syndrome d'Asperger, qui s'est traduite par de nombreuses représentations dans la culture populaire et des stéréotypes.

La dernière édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, publiée en 2013, élimine le diagnostic du syndrome d'Asperger pour l'intégrer au sein d'un nouveau diagnostic de « troubles du spectre de l'autisme ». Le diagnostic de syndrome d'Asperger n'est plus utilisé par la majorité des médecins, et de moins en moins mentionné dans la littérature scientifique, notamment depuis les révélations sur le passé eugéniste de Hans Asperger.

Identification et classification vignette|Le DSM-5 (dans lequel le syndrome d'Asperger a disparu en tant que trouble à part) avec son prédécesseur, le DSM--TR, version française.|alt=Deux livres empilés, un bleu et un vert.

L'autisme reste difficile à définir. Sa classification fait l'objet de débats multidisciplinaires. Le syndrome d'Asperger (SA) , est généralement reconnu comme faisant partie des troubles du spectre de l'autisme (TSA), un ensemble de troubles neurodéveloppementaux présentant des caractéristiques proches et difficilement dissociables (d'où l'utilisation du terme « spectre de l'autisme »). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) distingue au sein de ce spectre, sous le qualificatif de « trouble envahissant du développement » dans la CIM-10, l'autisme infantile, le syndrome d'Asperger et l'autisme atypique. Ils sont caractérisés par des troubles de la communication et des interactions sociales qui créent une situation de handicap chez l'individu. Ils sont accompagnés de comportements et de centres d'intérêt restreints ou de comportements répétitifs. De nombreux points communs existent entre l'autisme dit « sévère » et le syndrome d'Asperger, qui sont considérés comme situés aux deux extrêmes du spectre de l'autisme.. L'autisme « typique » (autisme infantile, dit « autisme de Kanner ») se distingue du syndrome d'Asperger essentiellement par le retard dans l'apparition du langage. Par ailleurs, il peut y avoir un handicap intellectuel dans l'autisme typique, alors qu'il n'y en a pas dans le syndrome d'Asperger. Parmi les troubles envahissants du développement (TED), l'autisme infantile et le syndrome d'Asperger réunissent les caractéristiques classiques de la triade autistique : difficultés de communication et d'interactions sociales, comportements répétitifs et intérêts restreints..

Plusieurs questions relatives à l'identification et à la classification du syndrome d'Asperger restent en suspens. Il tend à ne plus être considéré comme une entité distincte, ce qui pose la question de son existence même., notamment en raison du doute sur la nécessité de le distinguer de l'autisme à haut niveau de fonctionnement.....

rappelle que la distinction entre le syndrome d'Asperger et l'autisme est récente. Pour elle, chaque personne avec Asperger est unique et l'Asperger pourrait constituer un spectre autistique à lui tout seul. La Classification internationale des maladies (CIM-10) publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1993 s'interroge déjà sur la validité nosologique de ce syndrome.. La du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-) fait figurer le syndrome d'Asperger au sein des « troubles envahissants du développement ».. La dernière édition (DSM-5), publiée en 2013, élimine le diagnostic du syndrome d'Asperger pour l'intégrer au sein d'un nouveau diagnostic de « troubles du spectre de l'autisme », et attribue une échelle de sévérité (sévère, moyen ou modéré).. La CIM-11 reprend cette formulation habituellement traduite « troubles du spectre de l'autisme », comportant l'ensemble des niveaux de fonctionnement intellectuel et de capacité de langage.. Le nouvel item diagnostique correspondant au syndrome d'Asperger est indiqué sous le nom de ...

Malgré l'élimination du diagnostic de ce syndrome, le nom de « syndrome d'Asperger » reste utilisé dans la culture populaire et les médias. L'élimination du syndrome d'Asperger dans les classifications officielles suscite des critiques, et des approbations. Certaines personnes concernées voient dans cette élimination une attaque à leur identité, une communauté forte de personnes se dénommant elles-mêmes « Aspies » s'étant développée au cours des années 2000. D'autres craignent que le diagnostic de TSA échappe aux personnes antérieurement diagnostiquées « Asperger ». En faveur de l'élimination du syndrome d'Asperger, le diagnostic de TSA est vu comme plus inclusif, et en faveur de la neurodiversité, l'élément « Asperger » étant jugé élitiste. Plus récemment, une controverse relative au passé de Hans Asperger et au contexte de création de cette entité diagnostique fournit d'autres arguments en faveur de l'abandon de cette dénomination..

Certains chercheurs comme Simon Baron-Cohen et des personnes Asperger comme Daniel Tammet s'interrogent sur le fait que cette forme d’autisme puisse être considérée comme une différence plutôt que comme un handicap nécessitant un traitement. Il est question de singularité dans la mesure où les limitations handicapantes, sur les plans social et scolaire en particulier, sont souvent associées ou dues à des compétences, parfois exceptionnelles, dans le domaine des centres d’intérêt surinvestis. On y note donc un fort intérêt pour certains domaines (comme la chimie, la pharmacologie, l'informatique, les trains, des domaines linguistiques, littéraires) et un désintérêt pour d'autres. Cette dimension extérieure à l'approche médicale a créé une fascination pour le syndrome d'Asperger qui s'est traduite par de nombreuses représentations dans la culture populaire, en particulier dans les médias américains, et est également susceptible de véhiculer des stéréotypes.

Certaines associations autistes et chercheurs en sciences humaines proposent de considérer le syndrome d’Asperger non comme une maladie mentale ou une pathologie psychiatrique, mais comme une particularité neurologique stable de la personne, comparable à la gaucherie ou à des traits physiques innés.. Selon ce courant, les personnes concernées naissent avec ce profil cognitif et le conservent toute la vie ; elles peuvent développer des stratégies d’adaptation pour naviguer dans un environnement majoritairement neurotypique.. Des études de cohorte soulignent la grande hétérogénéité des compétences sociales et sensorielles : si certaines personnes présentent une hypersensibilité sensorielle, d’autres ne la ressentent pas.. Des travaux récents insistent sur la possibilité d’acquérir des compétences sociales explicites lorsque les règles sont enseignées de manière logique et structurée.. Cette perspective reste toutefois débattue au sein de la communauté scientifique, l’OMS et l’APA classant toujours l’autisme (y compris la forme « Asperger ») parmi les troubles neuro-développementaux...

Différenciation avec l'autisme de Kanner et l'autisme à haut niveau de fonctionnement (AHF) L'autisme de Kanner peut impliquer un handicap mental et une acquisition des compétences verbales sensiblement retardée, altérée voire inexistante dans le cas de l'autisme non verbal, ce qui le distingue du syndrome d'Asperger, même si des mécanismes communs semblent sous-jacents.

Caractéristiques