Saint-Julien-du-Sault est une commune française située dans le département de l'Yonne (basse vallée de l'Yonne), en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Saltusiens.

Géographie Localisation La commune se situe à de Paris, 88 de Troyes, 39 d'Auxerre, 26 de Sens, 11 de Joigny et 8 de Villeneuve-sur-Yonne.

Située autrefois en Champagne, la commune a été rattachée du fait de sa proximité avec la rivière Yonne, au département de l'Yonne (avec Sens et Joigny) par le législateur en 1790.

Communes limitrophes

vignette|redresse=1.8|centre|Carte de la commune de Saint-Julien-du-Sault et des proches communes.

Géologie et relief vignette|gauche|Agriculture à la Vallée Dieu. vignette|gauche|Fossiles Micrasters. vignette|Vue générale. La vallée montre une occupation des sols claire et étagée : la forêt occupe les hauteurs, la vigne les coteaux pentus, les cultures leur partie basse et à pente plus douce, le fond de vallée se partageant entre prairies, cultures et plantations arborées (vraisemblablement des peupleraies).

Dans les années 1850, cette organisation agricole et forestière a été bouleversée par le passage du phylloxera. En place des vignes cultivées depuis l'époque romaine et qui ont disparu, a pris place une mosaïque étroite où s’imbriquent cultures, prairies de pentes sèches et vergers. Les surfaces boisées ont peu évolué, même si la présence de friches dans les secteurs de pentes proches de leurs lisières suggère le début d’une déprise agricole.

Dans les années 2000, deux dynamiques d’évolution principales interviennent : la mise en place d’une agriculture intensive dans les parties basses de la vallée, sur un découpage parcellaire sensiblement agrandi pour être adapté à la mécanisation (surtout dans le fond de vallée) et l’abandon par l’agriculture des pentes plus raides, gagnées par les friches et la forêt.

À l'ère secondaire, il y a d’années, à l'époque du Trias, la mer vient recouvrir l'ensemble de l'actuel département de l'Yonne. C'est la période d'apparition des mollusques et échinodermes.

Le promeneur pourra découvrir dans la campagne de Saint-Julien des oursins fossilisés aplatis en forme de cœur appelés micrasters du Sénonien.

Hydrographie

Saint-Julien-du-Sault est traversée par un petit affluent de l'Yonne d'environ : le Ru d'Ocq, qui vient de Saint-Loup-d'Ordon et devient le ruisseau d'Ocques après Verlin, conflue en aval de Saint-Julien-du-Sault en face de Villevallier.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ()..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cudot_sapc », sur la commune de Cudot à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en .

Voies de communication et transports Voies routières La commune se situe à proximité des autoroutes A5 (à environ au nord), A6 (au sud) et A19 (à l'ouest, le croisement de ces deux dernières autoroutes étant à environ par la route). Le village s'est développé à l'ouest de la N6 reliant Sens à Auxerre, à la fourche des départementales 149 (au nord) et 107 (au sud-ouest). vignette|La gare. Transports ferroviaires

La commune est desservie par la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles. La gare de Saint-Julien-du-Sault, située au point kilométrique 134,637Gérard Blier, Nouvelle géographie ferroviaire de la France, Tome 2, planche 78., a été mise en service en 1849 par l'État français. Elle permet de rejoindre les gares de Paris-Lyon et de Laroche - Migennes.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Julien-du-Sault est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Julien-du-SaultUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Saint-Julien-du-Sault comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Julien-du-Sault, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (49,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (39,8 %), forêts (36,7 %), zones urbanisées (6,6 %), zones agricoles hétérogènes (6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,9 %), prairies (3,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine Primitivement , un chemin reliait l'Yonne (et la voie romaine qui longeait sa rive gauche) au Gâtinais (par Verlin), en se tenant à l'écart du rû d'Ocques. Le Pont de Paleau signalait l'approche de cette voie. Des habitats s'égrainaient en chapelet sur plus d'un kilomètre et demi, avec du levant au couchant : la Croix de Villiers, la Fontaine aux Bouviers et le cimetière ; puis l'église Saint-Pierre (paroissiale), sa halle au midi et son marché au blé au couchant (les Bichets) ; et enfin le quartier Notre-Dame. La fortification du lieu , probablement peu après 1360, a amené des arbitrages. Les habitats les plus lointains ont été laissés sans défense. Les murailles ont pris pour centre l'église paroissiale. Par contre, il a été choisi d'appuyer au midi les fortifications sur le rû d'Ocques, qui présente une défense naturelle avec ses abords très humides. Pour cette raison, la Grande Rue s'est trouvée décentrée dans le nouvel ensemble, libérant l'espace à trois rues irriguant les pentes menant à l'eau : rue aux Pourceaux (halle, hôtel-Dieu), la rue du curé (presbytère) et la rue du Puis de la Caille (four banal).

Comme dans tout le Sénonais, l'habitat utilisait le colombage. La pierre était réservée aux logis d'exception, tel le "Pavillon" .

Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de dont 75,9 % étaient des résidences principales, 9,1 % des résidences secondaires et 15 % des logements vacants. La proportion d'habitants propriétaires de leur logement (en tant que résidence principale) était de 68,5 %..

Projets d'aménagements

Toponymie vignette|droite|Vue de l'église Saint-Pierre de Saint-Julien-du-Sault, Classée aux monuments historiques depuis 1840 vignette|La collégiale Saint-Pierre, rénovée en trois tranches, entre 1995 et 2010. vignette|redresse|Saint Julien, porte de la Fontaine.

Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Julianus en 1130 (document de l'Abbaye de Vauluisant) ; Sanctus Julianus de Saltu en 1156 ; Sanctus Julianus de Salice en 1170 ; Sainct Julien du Sault en 1486..

Une légende tardive attribue l'origine du nom de Saint-Julien-du-Sault à saint Julien de Brioude, dont l'évêque Germain d'Auxerre est à l'origine de son culte, vers 380-448, un soldat romain converti au christianisme et martyr en 304 qui, pour échapper à ses poursuivants, saute (saltus, signifiant originellement « saut, bond, bondissement ») avec son cheval du haut de la colline qui surplombe Saint-Julien ; il touche terre et une source jaillit.

En réalité, la forme la plus ancienne montre que le déterminant du-sault se réfère à l'ancien français sault « bois, défilé forestier »., semblable à celui que l'on retrouve dans Beaussault (Seine-Maritime, Belsalt en 1170), le nom commun sault étant issu du gallo-roman , du latin saltus. Albert Dauzat qui ne tient compte que de la latinisation Sanctus Julianus de Salice de 1170, plus tardive et isolée, y voit un saus, mot d'ancien français signifiant « saule », le nom commun saus étant issu du gallo-roman , du latin salicem, accusatif de salix « saule ». Sault et saus sont homophones au , comme en témoigne le nom du saule marsault (latin médiéval marensalicem), sorte de pléonasme.

Histoire De l'Âge du fer à la Gaule romaine

vignette|Grosse roche du Val Dampierre. À l'Aurignacien alors que le grand froid sévit, des hommes venus du nord utilisent les abris sous roche comme la « Grosse Roche » en grès du Val Dampierre exposée au midiSaint-Julien-du-Sault dans l'antiquité Georges Bolnat, bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1933. Elle fut par la suite objet de superstitions.

Plusieurs découvertes archéologiques ainsi que la présence d'un menhir à proximité de Saint-Julien-du-Sault attestent d'une occupation durant la période de l'âge du fer et notamment au MésolithiqueYonne, éditions Bonneton, 1992 il y a avec l'arrivée de populations danubiennes cultivant la terre et élevant des animaux ainsi que l'attestent les fouilles en 1997 au lieu-dit « les Boulins ».ICAUNA, publication d'archéologie du conseil général de l'Yonne, , octobre / novembre / décembre 2000, . d'une ferme composée de deux greniers et de fosses aménagées et d'un autre ensemble d’habitats plus important. Dans une fosse qui servait d'abord de silo puis de dépotoir on a trouvé 400 tessons de céramique dont une trentaine ont pu être rattachées à des pots de forme haute ou à des jattesFabrice Muller, Régis Labeaune, Anne Augereau, Corinne Tesnier-Hermetey, « Une fosse silo du premier âge du fer à Saint-Julien-du-Sault "les Boulins" », Études Villeneuviennes, , 2001.. vignette|Saint-Julien-du-Sault (Yonne) Polissoir