Bassou est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie Bassou est à 162 km de Paris. La commune se situe le long de la route nationale 6 (devenue ) et de la rivière Yonne. Au sud se trouve un barrage à écluse suivi en aval du confluent du Serein. Auxerre (préfecture) est à 15 km, Joigny à 12 km.
La gare la plus proche est la gare de Laroche-Migennes, à 5 km. De nombreux trains « directs » pour Paris (1 h 10 ou 1 h 20) marquent les arrêts Joigny et Sens, des omnibus desservent les autres communes sur le trajet. Les arrivées sont principalement Paris-Lyon et Paris-Bercy.
L'autoroute A6 est à 26 km sortie 18 au nord ou à 9 km sortie 19 au sud.
Communes limitrophes
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Aillant », sur la commune de Montholon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Bassou est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Auxerre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (76,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,2 %), zones urbanisées (12,1 %), forêts (11,7 %), zones agricoles hétérogènes (4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Économie
La Maison Billot, qui prépare des escargots à la Bourguignonne, est implantée à Bassou depuis 1796.. Elle fait partie de « Française de Gastronomie » depuis 1995.
L'usine boulangerie-viennoiserie La Fournée Dorée est implantée à l'entrée sud, en partie sur le territoire de la commune au début des années 2000.
Une zone d'activités « parc d'activités de La Sablonnière » est aménagée à proximité de l'entrée sud et un accès est prévu du rond-point avec la route nationale 6 (D606)
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Bassou (IXe siècle) ; Bassaus (864) ; Basau (884) ; Basso (1162) ; Bassoldum (XIIe siècle) ; Bassotum (1222)..
Bassou, issu de bassus, « le bas » dans ce village des bords de l'Yonne, au bord de la voie romaine d'Auxerre à Sens, et sans doute à proximité d'un gué.. La rivière est guéable tout près de là à Gurgy.
Histoire
Préhistoire et époque gallo-romaine Les fouilles pour le giratoire de la N6 Chichery-Villemer-Bassou aux lieux-dits les Gourmandes, la Clef, le Noyer Rond ont permis de confirmer une occupation humaine au néolithique, avant J.-C.
Dès les premiers siècles de notre ère, Bassou est à la croisée d'un axe Nord-Sud de circulation des marchandises et des personnes et d'un axe Est-Ouest. L'axe Nord-Sud Lutèce-Lyon se prolonge vers la Méditerranée et l'Italie et au Nord par Rouen vers les ports normands comme Anvers.
Des plans, des cartes, des documents, des fouilles attestent la présence d'un village ou « vicus », agglomération secondaire, dans les années 120 à 250 après J.-C., situé sur la rive gauche de l'Yonne (Icauna) à proximité immédiate de la voie romaine reliant Sens (Agendicum) à Auxerre (Autissiodorum) et qui traverse le village du nord au sud.
Ce village gallo-romain se nommait Bandritum, de banda = cohorte en italien et Bandaritum = le gué de la cohorte ; le Bassou d'aujourd'hui.
, complété d'un gué vers Bonnard, révélé par des fouilles sub-aquatiques des années 1990.. Bonnard se nommait alors Bonoritum.
Bandritum était à cheval sur le gué de l'Yonne et comprenait Bonnard qui ouvrait la voie vers l'est.
Des vestiges gallo-romains ont été mis au jour en 1978, 1983, 1986 et 1990 puis à l'emplacement actuel du lotissement du faubourg en 2005, par l'INRAP.
Il s'agit d'une voie empierrée qui se révèle d'est en ouest dans l'alignement du gué, des restes d'un atelier et de 8 fours de potier, des activités artisanales sont évoquées par des traces de bâtiments et de leurs fondations.
Carrefour des trois rivières Yonne, Serein, Armançon, Bassou était un lieu stratégique à proximité de limites régionales et des voies nord-sud et accès vers l'est.
Bandritum était un poste frontière entre 2 tribus celtes, une au nord du Serein rattachée à Sens en Champagne, l'autre au sud rattachée à Auxerre en Bourgogne.
L'embouchure du Serein était l'objet d'un culte particulier de la part des Gaulois qui vénéraient les rivières, les sources, les fontaines, les gués et les embouchures de rivières. Un lieu de culte se trouvait dans une clairière à proximité du confluent du Serein avec l'Yonne, juste en face de Bassou. L'église actuelle de Bonnard est aux environs immédiats de l'emplacement d'une chapelle, au lieu-dit « le Bois de Bassou ».
À l'emplacement du gué (quelques mètres en aval de la plage actuelle) les fouilles ont montré une structure des qui devait supporter un pont.
Une importante occupation gallo-romaine s'organise le long de la voie comme le montrent des restes de fondations en pierres, de murs en bois et torchis ou en briques d'adobe. Des morceaux de céramiques de l'époque sont très nombreux.
Dès la période romaine Bonnard-Bassou était un relais avec accueil des voyageurs, approvisionnements en nourriture, fourrage, hébergement, soins, …
Le relais de poste des pourrait avoir été construit sur les ruines du relais romain.
Les vestiges et documents laissent penser à l'existence d'un poste militaire romain, un campement de tentes sur la « Côte du Logis » et d'un marché de frontière, cet ensemble était complété par des bâtiments en pierre à Bonnard derrière l'église actuelle.
Bassou a été occupé par une cohorte romaine qui travaillait à la « chaume aux Renards » à proximité d'une carrière de pierres de calcaire tendre et était logée en dur de l'autre côté de l'Yonne, par le gué, au lieu-dit « Les Galaures » à Bonnard.
L'existence d'un souterrain a été évoquée, il aurait relié la Chaume aux Renards au gué.
Bassou était donc dès les premiers siècles après J.-C. un village avec des commerces et de l'artisanat, lieu de passage et port fluvial. L'ensemble révélé par les fouilles est important : plus de du nord au sud et de « la Basoche » au gué.
Les Romains ont décidé la construction d'une basoche (bâtiment en dur avec travées et piliers, servant de tribunal, transactions communales et perception des impôts en nature), côté Bonnard.
Le nom de Bassou peut aussi venir de « basoche » devenu Basso qui se prononçait Bassou.
Moyen Âge Durant plus de , du passage d'Attila à , l'histoire de Bassou est une suite de tribulations et de calamités avec quelques périodes de répit permettant aux laboureurs de réparer leurs maisons et de cultiver des champs dévastés.
Basso s'est développé à partir du et se nomme alors Bassous ou Bassou.
Au Moyen Âge, Bassou fait partie de la zone frontière entre la Champagne rattachée au royaume de France et la Bourgogne. C'est une place forte de moyenne importance en raison de sa position géographique. Du , une milice d'une centaine d'hommes devait maintenir l'ordre sur les rives de l'Yonne et du Serein ainsi que sur la voie romaine. Cette mission fut annulée en 1225 car les Seigneurs se servaient de cette milice pour commettre des exactions sur le territoire des évêques d'Auxerre.
La voie Dijon-Paris permettait le transport vers le sud de blés, vins, carreaux, tuiles, fers de Lorraine, marchandises des Pays-Bas et de Paris, carisés d'Angleterre, tuiles de Hollande et sayettes de Honddschoote.
Le centre nerveux du village était la place de l'église. À proximité immédiate existait une tour ou un manoir fortifié (dit « le château »), une palissade entourait le village.
Les premiers seigneurs de Bassou sont les « de Pierre-Perthuis » dont Etienne était à la tête d'une milice et reçut en héritage le fief de Bassou, dépendance des barons de Seignelay.
Pierre de Bassou part en croisade en 1254, il accompagne Saint Louis, il meurt en 1255.
En 1238 existe à Bassou une léproserie ou maladrerie, elle était située à l'emplacement du parc de la maison de l'ancien médecin, actuel triangle formé par la rue des Petits Zéphyrs-rue du Port-rue de la Rivière. Le souterrain partant de la Chaume aux Renards passait par cette maison pour rejoindre le gué.
De 1358 à 1364 (durant la guerre de cent ans) des mercenaires anglais, des soudards, pillent et dévastent en France, Bassou ne sera pas épargné.
Au les seigneurs de Bassou étaient propriétaires de la rivière depuis la propriété des évêques d'Auxerre du côté d'Appoigny jusqu'à celle du Comte de Joigny du côté d'Epineau. Les passages sur la rivière donnaient une rente par des péages. De même pour l'accès au port de Bassou et au bac qui a existé près du port.
Renaissance De 1367 à 1460 des édits ordonnent la suppression des péages établis depuis 60 ans sur les rivières puis des ordonnances de 1483, 1501 et 1520 prescrivent aux possesseurs de nouveaux péages d'avoir à entretenir les voies, berges, chemins, ponts quais et chaussées.
À partir de 1477 la route qui traverse le village voit passer les courriers créés par .
généralisera les relais et créera la Poste aux Lettres.
En 1525 une sorte de peste noire sévit et réapparaitra en 1531 et 1544.
Les troupes du roi puis celles de Charles le Téméraire (1472) des fanatiques de la Réforme (1567-1568) des Huguenots, des soldats de la Ligue (1592) et les de l'amiral de Biron qui, en , descendent de Villemer pour passer l'Yonne à Bassou et se rendre au Mont-Saint-Sulpice, ravagent Bassou y compris son cimetière.
Dans l'espoir de se protéger Bassou s'entoure de fossés et de murs au début du ; ces constructions seront vendues en 1754.
La rue des Fossés longeant le cimetière actuel se trouvait le long des murailles qui étaient doublées d'une enceinte de fossés. On se prémunissait d'une invasion par l'ouest. L'est étant assuré par l'Yonne et quelques fortifications sur Bonnard.