Gara (« Nous sommes » en basque) est un journal basque espagnol bilingue publié par Euskal Komunikabideen Hedapenarako Elkartea (EKHE). Basé à Saint-Sébastien (Donostia), au Pays basque espagnol, il est également désigné sous le nom d'Euskal Herriko Egunkaria, qui signifie « le journal du Pays basque ». Bien qu'il paraisse dans les deux langues, son contenu est majoritairement rédigé en espagnol. Sa rédaction principale est installée dans le quartier d'Igara, à Saint-Sébastien, tandis que des bureaux sont également implantés à Pampelune, Vitoria-Gasteiz, Bilbao et Urrugne.

Le quotidien est généralement présenté comme l'un des principaux médias indépendantistes basques et comme l'un des rares quotidiens du Pays basque à conserver une ligne éditoriale indépendante des grands groupes de communication espagnols.

Le quotidien Gara comptait environ lecteurs quotidiens en 2021. Fondé le , six mois après la fermeture d’Egin par décision du juge Baltasar Garzón dans le cadre d'une enquête de l’Audiencia Nacional, il est généralement considéré comme le successeur de ce dernier, dont il a repris une partie de la rédaction et du lectorat.

Ligne éditoriale Dès la parution de son premier numéro, Gara s'est donné pour objectif de contribuer au dépassement du conflit basque, dans le respect des principes démocratiques et de la réalité nationale basque. Selon le journal lui-même, cette orientation constitue la principale caractéristique de sa ligne éditoriale depuis sa création.

Gara se situe généralement dans la mouvance de la gauche abertzale et est décrit comme un quotidien de gauche et indépendantiste basque. Sa ligne éditoriale revendique une présence des différents courants du mouvement abertzale ainsi que des acteurs sociaux et syndicaux du Pays basque.

Comme le journal l'a affirmé dès sa fondation, « cette initiative journalistique est étroitement liée au contexte global dans lequel vit ce pays » et « ne peut être dissociée de l'événement survenu six mois avant sa naissance ». Cet événement est la fermeture du quotidien Egin et de la station Egin Irratia, le 15 juillet 1998, sur ordre du juge Baltasar Garzón de l’Audiencia Nacional espagnole. Cette décision priva une large partie de la société basque d'un média correspondant à ses sensibilités. Selon les promoteurs de Gara, la création du quotidien répond également à la volonté de combler le vide médiatique laissé par la disparition dEgin et d'offrir à nouveau une tribune à une partie de la société basque qui ne se reconnaissait plus dans les autres médias.

Fondation Gara fut créé après une campagne de souscription populaire destinée à financer le lancement du quotidien. Selon ses promoteurs, cette campagne réunit près de 10 000 souscripteurs et donna au projet un caractère collectif. Cette campagne est présentée par les fondateurs comme l'expression d'un large soutien populaire au projet et comme un élément fondateur de l'indépendance du quotidien vis-à-vis des grands groupes de presse. Le journal fut lancé en janvier 1999 avec un capital annoncé d'un milliard de pesetas. Sa première équipe rédactionnelle comptait 65 professionnels et était dirigée par Mertxe Aizpurua, première directrice du quotidien.

Le 9 janvier 1999, Gara publia un « numéro 0 » présentant son projet, ses objectifs et les raisons de la création du nouveau journal. Ce numéro exposait également les grands principes de sa ligne éditoriale et de son traitement de l'information. Seuls 198 jours s'écoulèrent entre le lancement du projet et la parution du premier numéro.

Bien que la majeure partie du journal soit rédigée en espagnol, Gara a accordé dès sa création une place importante à la langue basque, en publiant une proportion significative de contenus en basque. Le quotidien s'est également prononcé en faveur de la normalisation et de la promotion de cette langue. Par ailleurs, depuis la disparition du journal Le Journal du Pays basque, il publie également, à l'occasion, des articles rédigés en français.

Direction thumb|300px|L'immeuble du journal Gara à Saint-Sébastien, dans le quartier d'Ibaeta. De sa fondation en 1999 jusqu'en janvier 2004, la direction de Gara fut assurée par Mertxe Aizpurua. En janvier 2004, celle-ci quitta ses fonctions de directrice et fut remplacée par Josu Juaristi, qui occupait auparavant le poste de rédacteur en chef du quotidien. Le 30 janvier 2011, Josu Juaristi céda à son tour la direction du journal à Iñaki Soto, alors responsable de la rubrique Opinion de Gara.

Le quotidien Gara a été régulièrement associé par les autorités espagnoles à l'ancien journal Egin, fermé en 1998 par décision judiciaire, ce qui a donné lieu à des procédures et à des controverses politiques autour de sa création et de son fonctionnement. Le journal a également été sollicité à plusieurs reprises pour recevoir des communications attribuées à l'organisation ETA. Le , au lendemain des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, un interlocuteur affirmant parler au nom d'ETA contacta Gara afin de nier toute responsabilité de l'organisation dans ces attentats. Cette déclaration fut largement relayée par les médias, Gara ayant déjà été utilisé comme canal de diffusion de communiqués attribués à ETA.

L'affaire la plus grave à laquelle Gara a été confronté concerne cependant la décision de la Sécurité sociale espagnole de le tenir pour responsable des dettes fiscales présumées de l'ancien journal Egin. Afin d'éviter la saisie de ses biens pendant la durée de la procédure judiciaire, le journal s'est déclaré en suspension de paiements.

L'un des principaux conflits auxquels Gara fut confronté après sa création concerna une dette attribuée à l'ancien quotidien Egin. En 2003, la Tesorería General de la Seguridad Social réclama à Baigorri Argitaletxe, la société éditrice de Gara, le paiement d'une dette d'environ 5,1 millions d'euros contractée par Orain S.A., l'entreprise éditrice d’Egin. Cette réclamation reposait sur la reconnaissance d'une succession d'entreprises entre les deux journaux, une interprétation contestée par les responsables de Gara.

Afin de faire face à cette procédure et d'éviter une situation financière incompatible avec la poursuite de son activité, la société éditrice de Gara demanda une suspension de paiements devant le tribunal de Vitoria. Dans un article publié en 2019, The Globe Post considère que cette affaire constitue une atteinte à la liberté de la presse en Espagne. Selon cette analyse, les poursuites engagées contre Gara relèveraient d'une « persécution politique » des médias liés à la gauche abertzale et auraient mis en péril la survie économique du quotidien.

Diffusion Ce quotidien d'information générale est distribué dans l'ensemble du Pays basque. Selon les données de l'institut CIES (2016), Gara comptait environ 73 000 lecteurs quotidiens dans la Communauté autonome du Pays basque et 18 000 en Navarre. Son édition numérique a également enregistré environ 132 000 visiteurs en un mois dans ces deux territoires.

Contenu vignette|Festival de musique en soutien à Gara, à Saint-Sébastien, en 2019.

Dans son édition imprimée, les rubriques apparaissent, après la une, dans l'ordre suivant : actualité du jour, opinion, Pays basque, international, économie, sport, avis de décès, culture, cinéma et audiovisuel.

L'édition numérique comporte un nombre plus restreint de rubriques : actualité du jour, économie, Pays basque, opinion, sport, culture et international.

La même référence au slogan « Free Them All » et au nombre de prisonniers apparaît également dans certains contenus numériques de Gara et de Naiz.

L'édition numérique de Gara, intégrée à la plateforme Naiz, propose également des liens vers plusieurs autres médias et publications appartenant au même ensemble éditorial, notamment Bilbotarra, Iruindarra, 7K, Gaur8, Mediabask, Kazeta, Info7 et 11 Telebista.

Structure La société éditrice de Gara est Baigorri Argitaletxea S.A., créée en 1999 pour assurer notamment l'édition du quotidien. Elle fait partie de l'ensemble médiatique lié à Euskal Komunikabideen Hedapenerako Elkartea S.A. (EKHE), qui promeut la plateforme Naiz et détient des participations dans plusieurs sociétés de communication.

Cet ensemble comprend également plusieurs autres médias, parmi lesquels les publications imprimées Gaur8, Zazpika et Mediabask, les médias numériques comme Kazeta, ainsi que des médias audiovisuels tels que Naiz Irratia et 11 Telebista (Hamaika Telebista).

En 2018, la rédaction de Gara regroupait plusieurs journalistes et responsables éditoriaux couvrant les principaux domaines d'information du quotidien, notamment la politique, la société, l'économie, les affaires internationales, la culture et le sport. Parmi les journalistes associés à la rédaction figuraient notamment Iñaki Iriondo, Ramon Sola, Mertxe Aizpurua et Dabi Lazkanoiturburu. Des journalistes comme Asier Aiestaran ou Txisko Fernandez étaient également associés à la couverture de secteurs spécifiques du journal. La couverture de l'actualité du Pays basque était assurée par Iraia Oiarzabal, les informations internationales par Ainara Lertxundi, l'économie par Txisko Fernandez, le site Naiz.eus par Amaia Ugarte, les sports par Asier Aiestaran et la culture par Xole Aramendi. Enfin, la planification éditoriale et le suivi de l'édition étaient confiés à Mikel Jauregi et Alazne Basañez.

Modèle économique En 2018, l'édition imprimée de Gara était vendue au prix de 1,50 € du lundi au vendredi. Le samedi, le quotidien accompagné de l'hebdomadaire Gaur8 coûtait 1,80 €, tandis que l'édition du dimanche, comprenant Gara et le supplément 7K, était proposée au prix de 2,50 €.

Concernant les contenus en ligne, tous ne sont pas accessibles gratuitement. Certains articles sont réservés aux abonnés et sont signalés par une icône en forme de cadenas à côté de leur titre. Le portail Naiz utilise un système de freemium : une partie des contenus est librement accessible, tandis que les articles premium sont réservés aux abonnés. Plusieurs formules d'abonnement sont proposées afin d'accéder à l'ensemble des contenus.

Références

Voir également Articles connexes Egunkaria et son successeur Berria sont les seuls journaux entièrement en langue basque.

Liens externes

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