La rue Jacob est une voie du quartier Saint-Germain-des-Prés dans le de Paris.

Situation et accès thumb|left|La rue Jacob au niveau de la rue de Furstemberg.

Cette voie parallèle à la Seine débute rue de Seine et finit rue des Saints-Pères. Elle est composée en majorité de bâtiments datant des .

Le quartier est desservi par la ligne 4 à la station Saint-Germain-des-Prés.

Origine du nom Le nom de la rue vient du fait que Marguerite de Valois (dite la reine Margot), première épouse du roi Henri IV, qui s’était installée dans le faubourg Saint-Germain en 1605, avait chassé trois ans plus tard les frères de la Charité du couvent voisin de son domicile et les remplaça par des augustins déchaussés. Elle exauçait par ce geste un vœu formé après qu’elle fut « visitée » et « secourue » par Dieu. Dans ce couvent, rebaptisé « monastère de la Sainte-Trinité », Marguerite fit élever un « autel de Jacob » en souvenir du patriarche biblique, également secouru par Dieu si l’on en croit les récits sacrés et l’étymologie de son nom.

Historique Elle est citée sous le nom de « rue de Jacob », pour une partie, et de « rue du Colombier », pour une autre partie, dans un manuscrit de 1636.

Une décision ministérielle du , autorisa l'intégration à la rue Jacob de la « rue du Colombier » située dans le prolongement de cette dernièreJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, .. On procéda à la régularisation du numérotage en vertu d'un arrêté préfectoral du suivant. Une ordonnance royale du a fixé la moindre largeur de cette voie publique à .

Le quadrilatère compris entre les rues de l'Échaudé, Gozlin, Saint-Benoît et Jacob marque les limites l'enclos de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Partie orientale de la rue Jacob, anciennement rue du Colombier thumb|right|La rue du Colombier sur le plan de Mérian (1615).

: l'astrophysicien Hubert Reeves y a vécu jusqu'à sa mortActe de décès n°1956 délivré par la mairie de Paris.. (disparu) : à l'emplacement du jardinet orné d'une fontaine réalisée par le sculpteur Guy Lartigue en 1977 (Sphère) était situé l'hôtel de Cronstadt, hôtel garni perceptible sur une photographie de Charles Marville prise vers 1867 et démoli à partir de 1944Charles Marville, Vues du Vieux Paris, rue Jacob, sur le site vergue.com.. Louise Michel y logea de 1897 à 1904 ; le poète Joseph Delteil dans les années 1920. Emplacement de l'hôpital et noviciat de la Charité de l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu au Xavier Lenormand, Étienne Thieulin, À travers notre ville, l'histoire des rues de Bourg-la-Reine, Orléans, Imprimerie Nouvelle, 1994, .. : une plaque commémore le poète hongrois , réfugié en France pour échapper à la répression de l’insurrection de Budapest de 1956Une autre plaque lui rend hommage, non loin, rue Visconti., père de la chanteuse française Claire Keszei, dite Clarika (née en 1967)Plaque au 2, rue Jacob. Non loin de là, une autre plaque au 2, rue Visconti précise qu’István Keszei y habita. Son urne cinéraire se trouve au columbarium du Cimetière du Père-Lachaise (division 87, case 17993).. Georges Lauret (1904-1996) y est né. : Victor Konsens dit Viko, artiste peintre et lithographe, y vécut. : ancienne maison Guichard, construite au début des années 1640 sur une place « rue du Coulombier » (rue du Colombier) sur les plans de Charles Chamois, architecte des bâtiments du Roi, pour Marie Ferrant ou Ferrand, veuve de Nicolas Guichard, valet de chambre de Monsieur, selon devis et marché du , portant sur un montant de Archives nationales, MC/ET/VI/465, minutes du notaire Étienne Leroy : Devis et marché de maçonnerie, etc., pour la construction d'un corps de logis double et aile en retour sur une place rue du Coulombier appartenant à Marie Ferrant par Charles Chamois, architecte des bâtiments du Roi moyennant 19.800 l, 18 juillet 1642.. Le , l'architecte délivra une quittance à la veuve GuichardArchives nationales, MC/ET/VI/466, minutes du notaire Étienne Leroy : Quittance par Charles Chamois à Marie Ferrand veuve de Nicolas Guichard, avril 1643.. Un essai de reconstitution des plans, coupes et élévations de cette maison a été publié en 1990Marie-Agnès Férault, Charles Chamois, architecte parisien (vers 1620-après 1684), Bulletin monumental, 1990, , , , comprend un « essai de reconstitution des plans (rez-de-chaussée et premier étage), coupes et élévations (sur rue et sur cour) de la maison de Marie Guichard, d’après le devis du 18 juillet 1642 et le plan cadastral de 1830-1832 » à Paris, rue du Colombier, en ligne. 10 : l'ancien cabaret L'Échelle de Jacob, aujourd'hui disparu, se trouvait à cette adresse. : appelé hôtel de Saxe, car il est dit que le maréchal de Saxe y a résidé ; également habité par le poète Victor de Laprade en 1878Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, 1997, , .. Une petite cour intérieure est accessible et le bâtiment présente plusieurs escaliers intéressants.

: Richard Wagner y habita du au ; une plaque lui rend hommage. En 1944, s’ouvre Le Bar Vert. Il est fréquenté par Jacques Prévert, Antonin Artaud, Roger Blin, Roger Vailland, Raymond Queneau, etc. L’ouverture du club de jazz Le Tabou, en 1947, marque son déclin.. : Jean-Louis Baudelocque, obstétricien, y habita et y mourut.

: immeuble de bureaux de style Art déco construit entre 1924Date du permis de construire, répertorié dans Paris 1876-1939: Les Permis de construire. et 1928 en vue de l'établissement du siège de la maison d'édition Gautier-LanguereauPhilippe Burgaud et Jean Michel Margot, « Jules Verne chez Hachette de 1914 à 1950 », en ligne.Pour un projet ultérieur de transformation englobant la maison du , projet non abouti, voir le programme étudié par l'architecte Claude Le Cœur (1906-1999) en 1966, Fonds Le Cœur, Cité de l'architecture et du patrimoine sur le site archiwebture, en ligne.. À son emplacement se trouvait précédemment une maison habitée en 1848 par Prosper Mérimée. En 1860, Pierre-Jules Hetzel (1814-1886), éditeur entre autres de Balzac, de Victor Hugo, de Baudelaire, de Jules Verne, de Gustave Doré et de George Sand, et écrivain de renom sous le nom de plume de P.-J. Stahl, s'installa après son retour d'exil en 1859 dans cette « petite maison étroite » non loin de celle de son ami Alexandre Bixio (voir ). Ce dernier, retiré de la vie politique, s'impliqua dans le projet d'Hetzel de constituer une nouvelle maison d'édition, J. Hetzel & Cie. (pour la première, fondée en 1843, voir 33, rue de Seine). Louis-Jules Hetzel, qui succéda à son père, vendit en 1914 son fonds à HachetteNicolas Petit, « Éditeur exemplaire, modèle de père, héros de roman : figures d’Hetzel », Bibliothèque de l'école des chartes, année 2000, , 1, , en ligne.. : invisible depuis la rue, cet immeuble est en réalité l’ancienne infirmerie de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et conserve de cette époque de remarquables caves voûtées ; son grand jardin est depuis le coupé en deux par un mur délimitant l’actuel musée national Eugène-Delacroix. Il est occupé par les laboratoires fondés en 1846 par Claude et L. Frères, actifs aux , puis occupés par leurs descendants, dont Yvonne des Nouhes de Loucherie, femme du résistant Henry de Nompère de Champagny, mort pour la France le en déportation au camp de Flossenbürg en Allemagne. En , la rédaction de la revue Esprit emménage au rez-de-chaussée de l’immeuble.. Puis les Éditions du Seuil s’y installent durant une vingtaine d’années. L'actrice et chanteuse britannique Jane Birkin y habita pendant les années 1990 et 2000.

atelier, en 1820, de Thales Fielding (1793-1837) qu'il occupait à partir de 1823 ensemble avec Eugène Delacroix, auquel il le laissa quand il retourna en Angleterre en 1824Cf. Eugène Delacroix, Portrait de Thales Fielding, vers 1824, sur le site du Musée national Eugène Delacroix musee-delacroix.fr.. Dans la cour s'élève un temple unique en son genre : le temple de l'Amitié. Ce petit édifice classique bâti sous le Premier Empire est classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, mais n'est pas visitable. Dans un pavillon dont on dit qu'il aurait été construit par Maurice de Saxe pour sa maîtresse, l'actrice Adrienne Lecouvreur, s'installe en 1909, Natalie Clifford Barney. Cette femme de lettres américaine fut une des dernières salonnières parisiennes. Pendant plus de soixante ans, le 20 de la rue Jacob a revivifié un monde littéraire et artistique féminin, à travers les nombreuses conquêtes amoureuses de son hôtesse, telles la poétesse Renée Vivien, la courtisane Liane de Pougy, la mécène Élisabeth de Clermont-Tonnerre, la peintre Romaine Brooks, la romancière Colette, mais aussi des intellectuels qui ont compté des deux côtés de l'Atlantique, tels Salomon Reinach ou Gertrude Stein, homosexuels ou non mais favorables à la libération des mœurs et des arts. Par son indépendance d'esprit, sa liberté de mœurs, sa séduction, son goût pour les choses de l'esprit, sa fortune personnelle, elle a su donner dans le Paris de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres un retentissement international à la cause féministe. Cette maison sera, pendant près de soixante ans, le cadre de ses célèbres « vendredis », un des derniers salons littéraires influents fréquenté par de nombreuses personnalités.. Maurice Merleau-Ponty y vécut, locataire de François Nourissier et de sa mère.

: la présence de l'archéologue allemand Theodor Panofka (1800-1858) « rue Colombier 25 » en 1828 est attestée par un Prospectus de la Société hyperborée romaine 1829, portant des corrections au crayon et daté Neapel 28 Aug 28, trouvé dans ses papiers après son décèsRené Sternke, Böttiger und der archäologische Diskurs…, Oldenbourg Verlag, 2008, .. Ayant, en 1826, accompagné le duc de Blacas, ambassadeur de France en Italie, lors d'un voyage de Rome à Paris, il resta au service de ce dernier, à Paris et en Italie, en tant que conseiller et archéologue particulier et fut chargé de préparer l'édition de l'importante collection d'objets grecs, étrusques et romains, connue sous le nom de « musée BlacasCf. René Sternke, . ». : emplacement loti à la fin du , rue des Colombiers, où s'élève l'ancien hôtel Lefèvre d'Ormesson construit en 1710, ultérieurement transformé en hôtel meublé, puis en appartementsRoland Gloaguen, Charles Marville. Vues du Vieux Paris. Rue Jacob, c. 1867, sur le site vergue.com.. Le duc Decazes mourut le , à l'âge de 80 ansRegistre des décès, Archives de Paris, en ligne. dans cette maison qui fut aussi habitée par Jacques Alexandre Bixio (1808-1865)Nicolas Petit, « Éditeur exemplaire, modèle de père, héros de roman : figures d’Hetzel », Bibliothèque de l'école des chartes, année 2000, , , , note 34, en ligne., fondateur du Journal d'agriculture pratique (1837) et ancien dirigeant de La Maison rustique du Daniel Lejeune, La Maison rustique, SNHF, en ligne..

: l'hôtel particulier, avec son célèbre if, abattu début 2020, dans la cour donnant sur la rue, a hébergé de 1945 à 2010 les Éditions du Seuil« 27, rue Jacob », par Michel Winock sur son blog du 9 mars 2010 pour le magazine L'Histoire. avant d'accueillir les Éditions des Arènes, L'Iconoclaste et Rollin Publications (XXI, 6 mois). centré|vignette|27, siège historique des Éditions du Seuil. : maison habitée par Colette lors de ses premières années littéraires (de 1893 à 1896). Elle réside . Une plaque lui rend hommage..