Jean-Baptiste Dommanget, né le à Possesse et mort le à Paris, est un général de brigade du Premier Empire.
Biographie Guerres révolutionnaires Il est clerc de notaire lorsque la Révolution française éclate. Il s'enrôle comme soldat le , dans le de cavalerie, fait la campagne de 1792, en Champagne, et celle de 1793 à l'armée de Sambre-et-Meuse. Brigadier-fourrier le de cette dernière année, il devient adjoint aux adjudants-généraux le an II, et est promu au grade de lieutenant de cavalerie le 14 messidor suivant.
En quittant l'armée de Sambre-et-Meuse, Dommanget doit être placé en qualité d'adjoint auprès de l'adjudant-général Cottin, mais cet officier supérieur, affaibli par l'âge, n'est plus en état de faire la guerre, aussi le jeune lieutenant cherche-t-il un emploi qui lui offre quelques chances de danger et de gloire. Le général Durand, qui commande une brigade de la division Garnier à l'armée d'Italie, et qui connait la bravoure et la capacité de Dommanget, s'empresse de l'appeler auprès de lui en qualité d'aide-de-camp, mais il ne remplit ces fonctions que pendant deux mois. Le général Durand est tué dans sa tente par l'écroulement d'un mur frappé par la foudre. Dommanget en réchappe de justesse. Ensuite, il sert pendant quelque temps à l'état-major de la division Garnier.
Confirmé dans son grade de lieutenant le 4 pluviôse an III, et attaché en cette qualité le 11 vendémiaire an IV, au de chasseurs à cheval, il est employé comme adjoint auprès de l'adjudant-général Dalons le 20 floréal suivant. De 1793 à l'an VI, il fait avec distinction les guerres d'Italie.
Nommé capitaine-adjoint en vendémiaire an V, il passe avec son grade à la suite du de dragons le 4 prairial, et y devient capitaine titulaire le 13 thermidor de la même année. Il sert en l'an VII contre les insurgés de la Belgique.
Nommé chef d'escadron au même régiment le 13 pluviôse an VIII, le premier Consul le désigne pour faire partie de l'armée de réserve avec 500 dragons, lors du passage du Saint-Bernard. À son arrivée à Milan, il va rejoindre à Lodi la division Duhesme, dont il forme depuis l'avant-garde. Cette division s'étant approchée de Crémone, Dommanget rencontre à peu de distance de la ville un bataillon autrichien établi sur la route, et qui veut opposer quelque résistance. Chargé vigoureusement par les braves dragons du , il est culbuté, sabré et fait prisonnier.
La légion de Bussy, qui est en réserve, attend la charge des Français et la soutient assez bien, mais, enfin rompue et sabrée, le commandant Dommanget la mène battant pendant plus d'une lieue au-delà de Crémone, sur la route de Mantoue. Pour cette affaire, le reçoit quatre sabres d'honneur. Le lendemain de la prise de Crémone, le général Duhesme rejoint le gros de l'armée avec sa division, et laisse le commandant Dommanget dans la place, afin d'observer, d'éclairer les routes de Mantoue et de Brescia, et de couvrir le blocus de Pizzighitone. À la fin de la campagne, le de dragons rentre en France, et au mois de floréal an IX, il fait partie de l'armée de la Gironde. Cette armée auxiliaire des Espagnols est portée sur les frontières du Portugal depuis Ciudad-Rodrigo jusqu'à Alcántara sur le Tage.
Au mois de nivôse an X, le régiment rentre en France et va tenir garnison à Joigny, où il reste jusqu'à la réunion du camp de Compiègne, au mois de vendémiaire an XII.
Guerres napoléoniennes Major du de dragons le 6 brumaire, et membre de la Légion d'honneur le 4 germinal suivant, Dommanget ne veut point rester au dépôt lorsque les troupes de l'armée des côtes de l'Océan se portent sur le Rhin. Il demande au ministre de la guerre d'aller commander les escadrons de guerre de dragons montés, puisque le colonel est aux dragons à pied de la division Baraguay-d'Hilliers. Le ministre fait quelques difficultés, mais Dommanget lui offrit alors de déposer ses épaulettes de major et de reprendre celles de chef d'escadron pour aller rejoindre l'armée. « Retournez à votre dépôt à Chantilly, lui répond le ministre, vous y recevrez mes ordres. »
Vingt-quatre heures après, il est en route. Il ne peut atteindre la Grande Armée qu'au-delà de Munich le 8 brumaire an XIV. Le de dragons appartenait à la division Beaumont. Le jour de son arrivée au corps, il fait tête de colonne de la division, rencontre à quelque distance de Munich un bataillon de l'arrière-garde ennemie, posté sur la lisière d'un bois, pour arrêter le mouvement de la division française. Le major Dommanget le charge aussitôt ; en moins de dix minutes, il l'enfonce et lui fait mettre bas les armes. Au-delà du bois se trouve un régiment de hussards autrichiens, il le culbute et le mène battant jusque dans les rues de Bied. Sa belle conduite dans cette journée et à l'affaire de Lambach, qui a lieu le lendemain, est citée dans les bulletins de l'armée.
À la bataille d'Austerlitz le de dragons charge sur l'artillerie russe, qui est fortement défendue, et en se repliant, il se jette sur un corps d'infanterie ennemie, le sabre, lui fait poser les armes, et prend le général russe Andrault, que le major fait conduire à l'Empereur. Pendant tout le reste de cette campagne et la suivante, il donne de nouvelles preuves de son courage, et le , il obtient le grade de colonel et le commandement du de dragons. Le suivant, il charge avec une grande résolution, près du village de Wickmansdorff, les dragons de la Reine de Prusse, qui avant de partir pour Iéna, sont venus, par fanfaronnade, aiguiser leurs sabres sous les croisées de l'ambassadeur français. Il les rompt, passe le défilé pêle-mêle avec eux, et quoiqu'il n'a sous ses ordres que trois cents chevaux, il oblige ce régiment, fort de 550 hommes à déposer les armes. Au moment où le de dragons ramène les prisonniers, parmi lesquels se trouve le général major de Zastro, le prince Murat arrive avec la division Beaumont. Le régiment est accueilli par les cris de Vive le ! et le prince félicite le colonel sur la prise qu'il vient de faire.
Après avoir assisté aux combats de Prenzlau, de Lubeck, de Hoff cet officier supérieur se trouve à la bataille d'Eylau, où il a un cheval tué sous lui. Il combat à Friedland avec sa valeur habituelle, et, démonté, foulé aux pieds des chevaux, criblé de coups de sabre sur la tête, il a infailliblement péri, si ses dragons ne fussent venus le retirer des mains des hussards ennemis. Il reçoit à cette occasion en , la croix d'officier de la Légion d'honneur des mains de l'Empereur, qui accorde vingt-huit décorations à son régiment.
Campagne d'Espagne Créé baron de l'Empire le , avec dotation, il fait les campagnes de 1808 à 1811 en Espagne et en Portugal, et se signale surtout au combat d'Alba de Tormès le . Le , pendant la retraite du général portugais Silveira, l'avant-garde du général Claparède, commandée par le colonel Dommanget, charge l'arrière-garde portugaise près de Mondin, la culbute et la rejette au-delà de la Coura. À la bataille de Fuentes de Oñoro, il a un cheval blessé sous lui, et le général Montbrun, commandant la division de dragons, le propose pour le grade de général de brigade, que l'Empereur lui accorde par décret impérial du .
Rentré en France à la fin du mois de novembre suivant, et appelé le au commandement de la de cavalerie légère du de la réserve de cavalerie, composée des et de chevau-légers bavarois et du régiment de chevau-légers du prince Albert de Saxe.
Sixième Coalition Il fait la campagne de Russie. Il a une affaire d'avant-garde assez brillante au-delà de Minsk, et une autre à Babinowisk, entre Orscha et Wilepsk. Le , sous Smolensk, il sabre et culbute un corps de cavalerie régulière russe. Le 27, l'ennemi ayant été forcé d'abandonner Wiasma, il attaque son arrière-garde, qui se sauve dans les bois. Le , à la Moskowa, il charge avec une rare intrépidité une masse énorme de cavalerie russe en avant de la grande redoute. Dans la mêlée, où il fait des prodiges de valeur. Il est atteint d'un coup de sabre sur la tête et d'un autre coup qui lui ouvre la joue droite dans une largeur d'environ trois pouces, et lui abat presque entièrement la lèvre supérieure. Cette blessure, très grave, est magistralement opérée et appareillée par Larrey et il suit la Grande Armée jusqu'à Moscou, d'où il se retire avec elle. Ses services pendant cette campagne sont récompensés par la croix de commandeur de la Légion d'honneur, le .
À peine rétabli de ses blessures, l'Empereur lui confie le commandement d'une brigade de cavalerie légère, composée de régiments de marche. Au-delà de l'Elbe, l'Empereur passe en revue cette brigade, et donne au général Dommanget la décoration de chevalier de la Couronne de fer le : « Vous étiez de la vieille armée d'Italie, lui dit-il, cette croix vous est bien due. »
Après la bataille de Wurschen, Dommanget envoie ses escadrons de marche rejoindre les régiments auxquels ils appartiennent, et va prendre le commandement de la (, et chasseurs) de la division Roussel-d'Husbal, du de réserve de cavalerie.
Le , le roi de Saxe lui adresse la croix de commandeur de l'Ordre militaire de Saint-Henri de Saxe, avec une lettre autographe, par laquelle ce monarque le remercie des soins qu'il a pris de son régiment de chevau-légers du prince Albert pendant la campagne de Russie.
Le , le roi de Bavière le nomme commandeur de l'Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière. Le 26, le général Roussel-d'Husbal ayant été grièvement blessé à la tête, le général Dommanget prend le commandement de la division. Le , vers Zerbst entre Dessau et Potsdam, il rencontre quelque infanterie qui est culbutée, et ensuite les équipages de l'armée suédoise, qui ont passé l'Elbe à Dessau. Les troupes qui gardent ces équipages sont sabrées et mises en fuite, et les bagages, caissons, voitures, etc., sont immédiatement détruits. Le général Dommanget est à l'extrême gauche de l'armée, lorsque le , au combat près de Leipzig, il dégage le de chasseurs à cheval, un bataillon de vélites toscans et 3 pièces de canons qui observent et défendent un passage de rivière à trois lieues à gauche et en avant, mais qui débordés par des forces beaucoup trop considérables, vont tomber au pouvoir de l'ennemi. Le 30, il prend une part très-active à la bataille de Hanau, et exécute plusieurs charges, couronnées d'un plein succès.
Pendant la retraite, se portant tantôt à gauche, tantôt à droite pour protéger les flancs de l'armée, il repousse constamment les tentatives de l'ennemi, et après avoir repassé le Rhin à Mayence, il est placé à Andernach pour observer et garder la rive gauche avec sa brigade.
Le général Dommanget soutient sa brillante réputation pendant la campagne de France. Le , au combat de la Chaussée, il soutient les efforts, de l'ennemi, et donne le temps au corps d'armée d'opérer sa retraite. Le 14, à la bataille de Vauchamps, il détruit complètement un carré russe, qui s'est formé au bord de la route, près du bois d'Éloges. Le et le s'y couvrent de gloire. Après cette affaire, la voix publique lui décerne le grade de général de division, mais il se voit préférer, sur la désignation du général commandant le corps de cavalerie, un ancien aide-de-camp de Bernadotte, qui ne possède pas les mêmes titres que lui. Ce passe-droit fait un mauvais effet dans sa brigade, qui a su apprécier depuis longtemps les droits de son général à un avancement bien mérité. Dirigé sur différents points par des marches rapides le général Dommanget trouve l'occasion de se distinguer encore, notamment aux combats de Vandœuvre, de Bar-sur-Aube, de Villenave, etc.
Le , au matin, l'Empereur quitte Troyes pour revenir sur Paris, Le général Dommanget reçoit l'ordre de former l'avant-garde de l'escorte de l'Empereur, et il l'accompagne jusqu'à Sens.
Cent-Jours