Thorigny-sur-Oreuse est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

La commune résulte de l'association de trois anciennes communes :

Thorigny, le bourg principal qui a donné son nom à l'ensemble, Fleurigny, et son hameau Vallières, Saint-Martin-sur-Oreuse, et ses hameaux Barrault, La Borde et Launay.

Géographie Localisation

Communes limitrophes

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 83 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, ..

Thorigny a perdu son hameau de La Postolle en 1789 mais continue à partager avec lui les anciens usages concédés par les seigneurs de Thorigny.

Hydrographie La commune est à la source de la rivière Oreuse (). un affluent de l'Yonne donc de la Seine.

La source de l'Oreuse est constituée par deux éléments : "les fontaines", sous le portail de l'église de Thorigny, et la fontaine Bouchard, à l'intérieur du bourg de Thorigny, qui alimente le rû de Pignevolle qui rejoint l'Oreuse au sein du parc du château.

Sur le territoire des trois communes fusionnées, il a existé de nombreux étangs : celui du château de Thorigny (comblé au pour mettre en place le parc du château) ; celui du château de Fleurigny ; celui de la commanderie de Launay.

Le réseau d'eau (et les biefs associés) a permis le fonctionnement d'un nombre exceptionnellement élevé de moulins à eau sur les trois communes.

Actuellement, les prélèvements d'eau massifs effectués au profit exclusif de Paris dénaturent le profil hydrologique de la vallée en voie d'assèchement.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ()..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Sens », sur la commune de Sens à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Voies de communication et transports À la fin du , Thorigny tire bénéfice de sa présence sur le chemin médiéval nouveau reliant Pont-sur-Yonne à Villeneuve-l'Archevêque et empruntant la vallée de l'Oreuse. Par contre Fleurigny s'assure une certaine importance en raison de sa situation de carrefour avec un autre chemin médiéval allant de Sens à Nogent-sur-Seine et Trainel. Au , le fort développement urbain de Thorigny provoque le désaxement de la voie de Nogent par Thorigny et un affaiblissement du rôle de Fleurigny. Au , le passage de la route nationale d'Orléans à Sedan (n° 51) consacrera le triomphe de Thorigny par rapport à Fleurigny.

Le chemin de Champagne, parfaitement rectiligne, mène dès le du hameau des Bruyères à Mauny, Saint-Maurice et Villeneuve-aux-Riches-Hommes. Urbanisme Typologie Au , Thorigny-sur-Oreuse est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (66,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (59,3 %), forêts (30,8 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), zones urbanisées (2,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

La commune est constituée de l'association de plusieurs communes en 1972. : Thorigny, Fleurigny et Saint-Martin-sur-Oreuse.

Le nom de la localité est attesté sous les formes Thoringia (IXe siècle) ; Toreneius (avant 1150) ; Toriniacum ; Torniacum (1160) ; Thoriniacum (1202) ; Thorigny (1357) ; Torigny (1642).. En 1849 en France à l'ouverture des bureaux distributeurs, l'administration des Postes a demandé d'adjoindre « sur-Oreuse » pour éviter des confusions avec d'autres Thorigny existant en France..

Thorigny est issu de torra (la hauteur).

L'Oreuse, qui prend sa source sur le territoire de la commune, est une rivière française du département de l'Yonne dans la région Bourgogne-Franche-Comté, et un sous-affluent de la Seine par l'Yonne.

La commune de Saint-Martin-sur-Oreuse porta provisoirement, au cours de la Révolution française, le nom de Franc-Oreuse.

La commune de La Postolle a profité de la révolution pour se détacher de Thorigny dont son statut d'annexe paroissiale la faisait dépendre jusque-là.

Histoire L'histoire de la commune est décrite à travers l'histoire des communes associées ThorignyHistoire de Thorigny. Contact, revue de la paroisse de Thorigny-sur-Oreuse, 1982-1985, FleurignyHistoire de Fleurigny. Contact, revue de la paroisse de Thorigny, 1985-1988 et Saint-Martin-sur-OreuseHistoire de Saint-Martin-sur-Oreuse, Contact, revue de la paroisse de Thorigny-sur-Oreuse, 1988-1993.

Histoire de Thorigny

Antiquité et Haut Moyen Âge Le finage connaît une occupation ancienne marquée par des sépultures pré-romaines. Des restes romains figurent en quelques points de l'agglomérationHenri Bouvier, Histoire de Thorigny-sur-Oreuse, Bulletin de la Société de sciences historiques et naturelles de l'Yonne, année 1886, ..

L'église paroissiale est située au-dessus des sources (principales) de l'Oreuse. La dédicace de cette église est attribuée à saint Pierre et saint Paul, ce qui peut renvoyer au l'autel primitif, époque de l'alliance intime entre Rome et Pépin le Bref.

Moyen Âge Au , Thorigny est strictement sur le tracé de la frontière séparant le domaine royal sénonais et le domaine comtal champenois.

Deux lignages, l'un français (qui prend le nom de son fief) et l'autre champenois (Gastebled) maîtrisent le finage.

Un acte de 1155 d'un membre de la famille de Thorigny est signé in ecclesia nova de Sens. Il est le premier témoignage de l'existence du chantier de la première cathédrale gothique de France. En 1202, Garnier Gastebled, évêque de Troyes, et futur aumônier de l'armée des Croisés s'emparant de Byzance, donne sa part de Thorigny au chapitre de la Cathédrale Saint-Étienne de Sens, qu'il avait quitté pour monter sur le trône épiscopal. Les autres Gastebled se fixent alors dans leur plessis près de Trainel. Les chanoines possèdent de ce fait les deux tiers des maisons de Thorigny jusqu'en 1720, les seigneurs ne conservant que la partie occidentale de l'habitat, en fait autour de l'église et aux abords de l'étang où se fixe le château.

Au , la famille des chevaliers de Thorigny appartient à la vassalité royale. Elle dispose d'un foncier jusqu'à Sens : Montard (Soucy), Noslons, Saint-Clément. Sans doute des alliances matrimoniales lui procurent une extension vers Molinons et Villers-sur-Terre. Un membre devient chanoine de Nevers. À Thorigny, le lignage possède le dominium. Les chevaliers de Villuis héritent de cette ascendance des bois qui forment le fief de Vermont.

Au , Jean de Villecendrier, membre d'une famille d'écuyers de Provins, possède la seigneurie de Thorigny. Dans la seconde moitié du , lors de la guerre de Cent Ans, sa descendance vit dans un hôtel de rue de la Parcheminerie à Sens (aujourd'hui rue Thénard). Une descendante, Jeanne de Sergines, vend en 1445 la seigneurie à Guillaume Jouvenel des Ursins (chancelier du royaume) qui devait procéder à un remploi du douaire de son épouse.

En 1492, Jean Jouvenel des Ursins revend la seigneurie de Thorigny au garde des sceaux de sa terre de Trainel : Jean Simon de Belleville, époux de Perrette de Villers, possesseur de bois importants près de Luzarches. Les armoiries appendues à la clé de voûte de l'église de Thorigny mentionnent les armes de la famille de Villiers-de-l'Isle-Adam. Philippe de Villiers-de-l'Isle-Adam débute sa prestigieuse carrière au même moment en tant que commandeur de Launay, à de là.

Renaissance Après la disparition des frères Jehan et Juvenal de Belleville, la seigneurie entre aux mains de leurs neveux : les de Neufviz. Ces nobles originaires du Sézannais, sont venus dans le Nogentais occuper la seigneurie de Gumery (aujourd'hui dans l'Aube).

En 1537, Thorigny est autorisé à se portifier (trois portes, de Granges, de Champjourne et de Sens). De nombreuses familles du cru se hissent socialement : les Laisné, les Périer. Les Richer les surpasseront toutes. Thorigny est une vraie ville, dotée d'une bourgeoisie active. Elle provoque un écart de la route de Sens à Reims, par Nogent et Sézanne, passant traditionnellement par Fleurigny. Les filles de Neufviz nouent des alliances avec l'aristocratie des environs : les de Fleury, de Villers, de Bérulle (1540, dont procède le cardinal), de La Marche, des Réaulx, de Melun, de Geps. En fait, l'alliance avant 1563 de Jacques de Neufviz, chef de famille, avec Anne Tambonneau est plus politique que bourgeoise. Les Tambonneau, originaires de Nemours et de Montargis, sont des présidents de la Chambre des Comptes liés au chancelier Michel de l'Hospital, et refusent la Ligue. Le parti pris par Jacques de Neufviz, chevalier de l'Ordre du Roi, est aussi ambigu que la politique de Catherine de Médicis. Le frère de sa tante Marie de Crèvecœur est parti se réfugier à Genève ; ses voisins Raguier, seigneurs de Villeneuve-aux-Riches-Hommes et ancêtres de Sully, sont à la tête des combattants protestants de l'arrière-pays champenois.

Le massacre de 1595 suivi de la disparition d'un tiers des paroissiens, et l'incendie de plus de cent maisons en 1617, ne permettent pas le rétablissement de la ville de Thorigny. Les de Neufviz ruinés ne sont plus soutenus par leurs cousins de Bérulle et Tambonneau.

Ère Lambert vignette|redresse|Portrait de Lambert de Vermont par Nicolas de Largillierre. Après des tentatives de cavalerie financière, la seigneurie tombe en 1642 aux mains d'un très actif haut fonctionnaire parisien : Jean-Baptiste LambertÉtienne Meunier, La famille Lambert, de Paris, Bulletin de la Société généalogique de l'Yonne, , 1981 et du même : La famille Lambert de Thorigny, et Thorigny, Société archéologique de Sens, tome 6, 2008..