L'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF), fondée le par Eugène Paz, est l'organisme qui gère la gymnastique masculine en France jusqu'au , date à laquelle la Fédération française de gymnastique (FFG) lui succède.
La gymnastique, qui s'est développée en France dans la bourgeoisie urbaine sous la Restauration et le Second Empire, devient un véritable enjeu national aux débuts de la République. Un tenancier de salle de gymnastique, journaliste et professeur au lycée Condorcet, est à l'origine de l'Union des sociétés de gymnastique de France en 1873. Celle-ci bénéficie rapidement de l'expérience des gymnastes alsaciens exilés à Paris et l'un d'eux, Jean-Jacques Ziegler, est à l'origine de la première fête fédérale en 1878. Cette fête devient ensuite l'enjeu principal de l'Union qui élit chaque année son nouveau comité directeur pour mener à bien cette opération.
À partir de 1897, on assiste à une stabilisation de l'organe directeurCelle-ci est confortée quatre ans plus tard par la loi de 1901 sur les associations. qui est présidé pendant 34 ans par Charles Cazalet. Patriote social convaincu, celui-ci lui donne rapidement une dimension nouvelle en s'appuyant sur le succès de la fête fédérale de 1900, organisée dans le cadre de l'Exposition universelle. Sans renoncer aux valeurs républicaines et patriotiques, il entraîne progressivement l'Union sur la voie de la compétition sportive et de l'excellence internationale en s'appuyant sur la formation des cadres. À son départ en 1931, l' se retrouve quelque peu déstabilisée. En 1940, le gouvernement de Vichy l'oblige à prendre le titre de fédération et à intégrer la fédération féminine qui s'est développée en parallèle depuis la précédente guerre. L'actuelle résulte de l'application de ces deux mesures.
La gymnastique avant 1870 thumb|alt=tableau de Albert Anker : la leçon de gymnastique|La leçon de gymnastique en Suisse d'après Albert Anker. Même lorsqu'elle partage avec elles des activités, comme les tournois de chevalerie, la gymnastique diffère par son histoire et sa philosophie des pratiques hédonistes et folkloriques qui préludent au sport moderne. Comme le montrent, entre autres, certains hiéroglyphes et l'histoire des jeux olympiques antiques, c'est dans la préparation du combattant et les rites religieux qu'il faut rechercher sa lointaine origine. Au , la réflexion sur les besoins de l'industrialisation naissante lui attribue une nouvelle fonction sociale : préparer les futurs travailleurs manuels à leur rude existence. C'est John Locke. (1632-1704) qui pose les fondements de cette pédagogie « fonctionnelle ». et des « écoles de travail ». dont l'idée sera reprise par Johann Heinrich Pestalozzi. (1746-1827) et les théoriciens allemands de l. Rapidement, les problèmes de santé de la population ouvrière conduisent à attribuer à la gymnastique une fonction supplémentaire de prophylaxie. Pehr Henrik Ling. (1776-1839) est le plus représentatif de cette dernière tendance qui mène également à la kinésithérapie moderne. Dès la fin du , la gymnastique se développe en Europe en trois lieux distincts : la Suède avec Pehr Henrik Ling, les pays germaniques avec Johann Christoph Friedrich GutsMuths. (1759-1839), et notamment le « Père des gymnastes » Friedrich Ludwig Jahn. (1772-1852) et la Suisse avec Pestalozzi mais aussi plus tard l'empire austro-hongrois avec Miroslav Tyrs (1832-1884) et le mouvement sokol.. Il ne s'agit encore le plus souvent que d'une activité physique généralisée à visée militaire ou hygiéniste. La première fédération européenne semble être la Société fédérale suisse créée en 1832. Elle est suivie de l'Allemagne en 1860, des Pays-Bas en 1861, de la Belgique en 1862 et de la Pologne en 1867..
thumb|alt=Vue intérieure d'un ancien gymnase|Un gymnase sous le Second Empire.
En France, elle apparaît au début de la Restauration avec Francisco Amoros.. Elle connaît alors un développement militaire mais aussi civil dans les gymnases privés et scolaires des établissements d'enseignement. Le gymnase devient alors le lieu de rencontre de l'intelligentsia urbaine. et de débats sociopolitiques. Un gymnase normal militaire est créé en 1852 et, en 1867, le ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy, mandate une mission d'étude sur la gymnastique en Belgique et dans les pays germanophones placée sous la présidence du docteur Hillairet.. Publié le le rapport Hillairet, outre ses conclusions, recense les enseignants de gymnastique en France. Le véritable constat de carence qu'il dresse explique le décret de Victor Duruy qui institue le un « certificat d'aptitude à l'enseignement de la gymnastique » (CAEG)Ce diplôme, que la République rend bientôt obligatoire pour enseigner la gymnastique dans les lycées et collèges, est l'ancêtre de l'actuel Certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS).. Côté associatif, l’Alsace est sous le Second Empire un véritable laboratoire dont les expériences sont largement exploitées par la gymnastique associative de la Troisième République. Dès le Jean-Jacques Ziegler organise à Guebwiller la première fête de gymnastique en France et fonde le l'''Association des gymnastes alsaciens., véritable fédération régionale de gymnastique. Il organise une seconde fête à Colmar en 1867 puis à Strasbourg en 1869. C'est encore lui qui est la cheville ouvrière de la première fête fédérale à Paris en 1878 au Pré Catelan. Cependant, la première société de gymnastique française semble bien être apparue à Lyon en 1842.. Celle de Guebwiller ne date que de 1860 et elle est suivie en 1865 par celle d'Épinal, en 1867 par deux sociétés de Reims puis en 1868 par la Gauloise de Paris. En 1870, 25 sociétés de gymnastique sont recensées sur l'ensemble du territoire..
Historique de l'Union La fête fédérale, pilier de la République (1873-1897) Le désastre de 1870 achève d'inscrire la gymnastique parmi les priorités nationales, mobilisant au-delà de la seule sphère politique : dès 1872, l'École normale militaire de gymnastique de Joinville devient École de gymnastique et d'escrime en s'ouvrant à toute la Nation et en particulier aux instituteurs qui doivent y faire un stage de trois mois à l'occasion de leur service militaire. Eugène Paz, un professeur de l'école normale d'AuteuilÉgalement journaliste et gérant d'un gymnase parisien., qui participe activement à ce mouvement fonde l' le .. Le journal Le moniteur de gymnastique qu'il a créé en 1868 devient alors Le Gymnaste, titre que la revue fédérale de la Fédération française de gymnastique porte encore à ce jour, et la devise « Patrie, courage, moralité » est adoptée par la nouvelle union qui marque par là son engagement dans le relèvement national après la défaite face à la Prusse et le drame de la Commune de Paris. Deux ans plus tard l' regroupe déjà 250 associations. Mais les pouvoirs publics sont encore réticents face aux initiatives associatives qui lui rappellent la Commune. Paz, écartelé entre la nécessité de les rassurer et l'activisme des réfugiés alsaciens revanchards qui lui reprochent sa modération, doit céder la place. et la présidence change ensuite tous les ans à chaque Fête fédérale à organiser.
thumb|upright=0.8|alt=Portrait de Félix Faure, président de la République|Félix Faure : de la gymnastique à la présidence de la République. En 1878 le nouveau président Jean-Jacques Ziegler, mentor de Joseph Sansbœuf, organise les 16 et une grande Fête de la régénération nationale présidée par Jules Simon.. À partir de cette date la Fête fédérale se déroule chaque année et l'élection du président fédéral change tous les ans jusqu'à 1897 au gré de son organisation.. Parmi les plus illustres d'entre eux figurent Félix Faure en 1880 et Joseph Sansbœuf., fondateur avec Paul Déroulède, Armand Goupil et Henri Martin de la Ligue des patriotes.. Sansbœuf est alors le seul à faire deux mandats consécutifs en 1888 et 1889. En réunissant devant le président de la République Sadi Carnot plus de issus de 830 sociétés étrangères et françaises en 1889 à la fête fédérale de Paris au polygone de Vincennes. celui-ci scelle enfin l’alliance entre les gymnastes de l’ et l’État français. À partir de cette date les présidents successifs de la République honorent souvent la fête fédérale de leur présence effective. et les sociétés de gymnastique sont ..
L'emprise de la gymnastique s'accentue encore à la fin de la décennie avec la création des bataillons scolaires par Aristide Rey.. Lors de son congrès de 1881 la Ligue de l’enseignement de Jean Macé soutient la démarche et Paul Bert, ministre de l'Instruction publique, instaure l'obligation de la gymnastique et des exercices militaires à l’école primaire par la loi du . Enfin, le , la cause de la gymnastique reçoit le soutien de la Ligue des patriotes dès sa fondation. L'initiative est officialisée en 1883 par la nomination d'un inspecteur général attitré, Pierre Joseph Jeanningros. L' a déjà acquis alors une dimension européenne et, avec les fédérations belge et néerlandaise, elle participe le sous la présidence du à la fondation du Bureau des fédérations européennes de gymnastique qui devient en 1922 la Fédération internationale de gymnastique (FIG). À partir de 1891, lors de la disparition des bataillons scolaires, beaucoup se muent alors en associations qui renforcent les effectifs de l'Louis Parant (secrétaire général de l'Union patriotique de l'Ain.) Les Bataillons scolaires et leur transformation en sections de gymnastique impr. du Courrier de l'Ain, 1891 48 pages.
Le tournant du siècle
thumb|alt=Vue aérienne d'époque du nouveau vélodrome de Vincennes|Lors des Jeux olympiques de 1900, la fête fédérale de l' inaugure le nouveau vélodrome de Vincennes. Jusqu'à l'aube du , l' est surtout un organisme de réflexion dont le comité directeur s'enorgueillit de compter en son sein des sommités scientifiques, politiques, littéraires et médiatiques du moment. Et si l' s'investit totalement dans l'organisation de sa grande fête fédérale annuelle destinée à mobiliser les énergies au service de la nation. et bientôt relayée par des initiatives locales en province, elle reste pour le moins réservée à l'égard de la compétition sportive, comme d'ailleurs le bureau européen présidé par le Belge Cupérus. qui s'oppose à toute participation des gymnastes belges au tournoi de gymnastique des Jeux olympiques d'Athènes en 1896., année où Charles Cazalet accède à la présidence de l'. Cette position est confirmée par la participation d'un seul Français aux mêmes Jeux. Lors des suivants à Paris la gymnastique est avec le cyclisme le sport le plus populaire en France et au centre de l'éducation sportive de la Troisième République. Il revient donc à l'Véritable selon Jules Ferry. d'inaugurer le tout nouveau vélodrome de Vincennes les 3 et par sa fête fédérale. avec venus de toute la France. Dans la foulée, au concours international organisé les 29 et dans le cadre de l'exposition universelle et remporté par Gustave Sandras., les gymnastes français qui représentent la majorité des participants obtiennent les 17 premières places. Le le concours de lAssociation des sociétés de gymnastique de la Seine clôture les festivités gymniques. thumb|upright=0.8|alt=Portrait de Charles Cazalet|Le président Cazalet (1897-1931).