L', mais également l', l'approvisionnement et la logistique sont au cœur de tout conflit. C'est d'autant plus vrai lors de la guerre israélo-arabe de 1948 qui voit s'affronter des protagonistes, juifs et Arabes palestiniens, qui ne disposent pas des infrastructures et de la reconnaissance de pays disposant d'armées de métier.
Soutien du bloc de l'est Dans le contexte de l'embargo imposé par les pays occidentaux aux belligérants palestiniens, juifs comme arabes, et dans le contexte du manque important de matériel, le non-respect de l'embargo et le soutien logistique tchécoslovaque décidé par Staline ont joué dans la guerre un rôle d'importance différemment appréciée.
Des motivations avancées pour le choix de Staline sont le soutien soviétique au Plan de partage et un intérêt à aider financièrement la Tchécoslovaquie pour diminuer sa frustration à devoir renoncer au plan MarshallVoir par exemple, ce résumé d'un article d'Arnold Krammer : .
L'ampleur et le rôle concret de ce soutien sont controversés. Les chiffres avancés par les historiens varient. Gelber parle de . Les historiens et les commentateurs (pro-)palestiniens y voient un soutien déséquilibré en faveur du Yichouv étant donné que les Arabes palestiniens n'ont pas bénéficié d'un soutien équivalent. Ce à quoi les historiens et commentateurs (pro-)israéliens répondent que cet embargo ne concernait pas les États arabes souverains qui constituaient la plus grande menace pour le Yichouv. Toutefois cet embargo leur est étendu en mai par le Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui leur cause de gros problèmes. En plusieurs circonstances, cet embargo ne sera d'ailleurs pas respecté par les Britanniques Voir la résolution du 17 avril 1948.
Par l'intermédiaire du capitaine syrien Abdel Aziz Kerine, la Syrie achètera en Tchécoslovaquie, auprès du même fabricant que les sionistes des armes pour l'Armée de libération arabe. Ces armes ne parviendront néanmoins pas aux combattants car des agents juifs feront couler le bateau dans le port italien de Bari. Après son renflouage, le bateau partira pour la Syrie en mais sera intercepté par la marine israélienne qui en saisira le contenu.
Dans le camp du Yichouv
David Ben Gourion est conscient de l’importance essentielle de préparer le Yichouv à la guerre qui suivra le départ des Britanniques. Pour s’y préparer plusieurs missions sont mises en place.
Opération Balak 340px|right|thumb|Messerschmidt AVIA S-199 vendu par la Tchécoslovaquie. thumb|Ehoud Avriel.
Dès le lendemain du vote à l'ONU, Ben Gourion confie à Ehoud Avriel la mission d’aller en Europe se procurer des armes pour la Haganah. Ehud Avriel est un agent juif dont l’organisation a contribué durant la Seconde Guerre mondiale à sauver des mains des nazis plusieurs dizaines de milliers de Juifs. Dans un premier temps, l'objectif est de se procurer fusils, de cartouches, mitraillettes et mitrailleuses. Il dispose pour cela d’un budget de à l’Union des banques suisses. En utilisant de faux documents à l’en-tête officiel de l’Éthiopie, tels que ceux qu’il avait utilisés pour organiser l’envoi en Palestine de clandestins, il acquiert des armes en Tchécoslovaquie.
Le , il signe un contrat d'un montant de incluant l'achat de fusils, mitrailleuses légères, 200 mitrailleuses lourdes, cartouches et 25 Messerschmitts. Le journal israélien Haaretz du cite des chiffres encore plus importants en rapportant une exposition tchèque sur cet épisode de l'histoire : il se serait en fait agi de fusils, mitrailleuses, de cartouches, 25 Messerschmitts avec dans la seconde moitié de l'année 1948, 56 Spitfire. Walid Khalidi rapporte que dans le cadre des accords signés entre Ehoud Avriel et le gouvernement tchécoslovaque, fusils, mitrailleuses, 26 canons et de cartouches sont vendus au Yichouv et acheminés en Palestine via l'aéroport de Žatec avant la fin du mandat Walid Khalidi, Before Their Diaspora, Institute for Palestine Studies, Washington DC, 1991, selon la page Issa Fahel, a man to remember.
Avriel acquiert également un Douglas DC-4, au nom de code « Balak-1 » qui permet d'acheminer début avril un premier lot comprenant 140 mitrailleuses MG34 et plusieurs dizaines de milliers de cartouches. Le reste suit et se révéle essentiel dans le cadre de l'opération Nahshon. Après la déclaration d'indépendance, dans leur soutien à la cause sioniste, les Soviétiques mettent l'aérodrome de Zatec (Tchécoslovaquie) et son personnel au service d'Israël. Le , un C-69 Constellation après le deux DC-4 supplémentaires acquis officiellement par Israël Les premiers appareils dont disposent la Heyl'Ha Avir (l'aviation israélienne) sont décrits sur la page web Lockheed C-69 Constellation participent au pont aérien de l'opération Balak Le terme « pont aérien » est repris à , voir Guerre de 1948-1949 sur le site du Monde diplomatique. Le , le même DC-4 transporte un Messerschmitt 109, le premier avion de la future force aérienne israélienne.
Matériel Les armes ne suffisent pas. Ben Gourion confie à Xiel Federman, un jeune homme d'affaires très débrouillard qui a fait fortune dans la région de Haïfa, la mission d’acquérir le reste de l’équipement et du matériel indispensable pour mettre sur pied une armée de hommes. Le , à Anvers, il achète dans les surplus militaires de l’armée américaine : . Un équipement essentiel dans le cadre de l'équipement d'une armée.
Finances Il faut aussi payer ce matériel. Or, vers fin , Eliezer Kaplan, le trésorier de l'Agence juive, revient avec de mauvaises nouvelles des États-Unis dont la communauté juive est le principal bailleur de fonds du mouvement sioniste. Ceux-ci sont lassés des appels incessants du Yichouv. Devant l’importance du problème, David Ben Gourion veut se rendre en personne aux États-Unis. Lors d’une réunion avec les membres de l’Agence juive, c’est finalement Golda Meir qui est choisie pour cette mission. Elle revient avec des résultats qualifiés d’inespérés, à la suite notamment d'un discours qui enflamma la communauté juive de Chicago et résumé par Lapierre et Collins :
Elle indique alors à ses auditeurs que les envahisseurs viendraient avec de l’artillerie et des blindés.
Ce sont que Golda Meir rapporte des États-Unis. De manière générale, sur les de dollars récoltés entre et pour la cause sioniste, plus de sont consacrés à l'armement.
Autres thumb|300px|Un Hotchkiss H-39 vendu par la France (Yad la-Shiryon Museum, Israël) D’autres agents agissent en parallèle. Grâce à des fonds fournis par Rudolph Sonnenbor, Chaim Slavine se procure aux États-Unis du matériel d’occasion qui permettra, une fois les Britanniques partis, de produire cartouches par jour ainsi que des mitrailleuses et certains composants pour obus de mortiers de 88. Ceux-ci sont complètement démontés et les pièces mélangées puis envoyées en Palestine en tant que pièces détachées pour matériel agricole de manière à ne pas éveiller les soupçons des douaniers. Ces machines seront utilisées dans les ateliers clandestins de Joseph Avidar dans le kibboutz de Maagan Michael pour produire plus de de cartouches avant . Ses ateliers fabriqueront également 600 voitures blindées, dont la majeure partie seront détruites lors de la guerre civile, mais qui permettront le ravitaillement de Jérusalem.
Malgré l'embargo, la France livre 10 chars Hotchkiss H-39 dans le courant du mois de juin. Cette décision est entérinée par le Conseil des ministres du .
Les milices d’extrême-droite du Lehi et l’Irgoun se procurent également des armes en contrebande, comme l’illustre l’épisode de l’Altalena.
Dans le camp palestinien Le Haut Comité arabe est nettement moins bien organisé que le Yichouv. Tout au long de la guerre civile, il se procurera petites pièces d'armement, 500 mitrailleuses, 124 bazookas « AT projectors », 23 mortiers, d'artillerie et anti-aériennes de calibres divers et de cartouches mais celles-ci n'arriveront qu'après l'entrée des forces arabes régulières en Palestine et finiront par être confisquées par la Légion arabe. Lapierre et Collins relatent la vente par deux policiers britanniques de leur automitrailleuse pour la somme de .
Dans le camp arabe L'armement de l'Armée de libération arabe est fourni par la Syrie et financé par la Ligue arabe. En , le capitaine Abdel Aziz Kerine signe un contrat avec la Tchécoslovaquie pour l'achat d'armes et de munitions. Le bateau devant transporter les armes est coulé dans le port de Bari. Le navire sera renfloué en mais cette fois à destination des combattants palestiniens mais la marine israélienne intercepte le navire et en saisit la cargaison.
Notes et références
Annexe Bibliographie
Liens externes Analyse de Al-Aram sur le rapport des forces A Matter Of Survival: The Role of The Arms Ships In Israel's Independence War
Catégorie:Guerre israélo-arabe de 1948