, officiellement la , est de facto la capitale du Japon, ainsi que l'une de ses . Tokyo compte plus de .. Le Grand Tokyo, constitué des préfectures bordant la baie de Tokyo, est l'aire urbaine la plus peuplée au monde avec . en 2025.
Tokyo est située au sud du Japon sur la côte méridionale de Honshū, l'île principale de l'archipel japonais. La ville est le principal centre politique de l'archipel depuis le . Elle accueille la plupart des institutions du pays : la résidence principale de l'empereur du Japon, du Premier ministre, le siège de la Diète (le parlement japonais), du Cabinet, les ministères qui le constituent ainsi que toutes les ambassades étrangères.
À l'origine, Tokyo n’était qu’un petit village de pêcheurs nommé Edo. Fortifié au , Edo devient la base militaire du shogun Tokugawa Ieyasu à la fin du , puis la capitale de son gouvernement féodal. Durant l'époque d'Edo (1603-1868), la ville se développe et devient l'une des plus peuplées au monde à la fin du , avec une population de près d'un million d'habitants. Avec la restauration de l'empereur en 1868, elle est confortée dans son rôle de cœur politique du Japon : le château d'Edo devient la résidence de l'empereur Meiji (Kōkyo) et la ville acquiert son nom actuel par opposition à Kyoto, l'ancienne capitale. Elle est ravagée en 1923 par un séisme de magnitude 7,9 qui fait plus de . Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est détruite pour moitié par des bombardements aériens américains. Les bombes incendiaires embrasent la ville et font plus de . La ville est rapidement reconstruite après la guerre. Dans la seconde moitié du , Tokyo devient une métropole de rang mondial grâce à un fort développement industriel et voit sa population multipliée par dix en cinquante ans.
Principal centre économique et financier du Japon, Tokyo est l'une des principales places financières asiatiques et mondiales. Elle est la première ville mondiale en ce qui concerne les produits urbains bruts.. Le dynamique arrondissement de Shinjuku comporte de nombreux gratte-ciels, dont la mairie de la ville, et plusieurs grands magasins du Japon. Minato-ku accueille les sièges sociaux de multiples entreprises japonaises et étrangères, ainsi qu'une cinquantaine d'ambassades. Chiyoda concentre pour sa part les institutions politiques japonaises. Enfin, Shibuya est réputé être l'un des quartiers les plus animés de la ville, grâce à la présence de grands centres commerciaux comme le 109. Malgré la modernité de son architecture, dont témoigne la tour Tokyo Skytree, bien des sanctuaires shinto et temples bouddhistes ont été reconstruits ou, pour quelques-uns, partiellement préservés après les bombardements, comme le Sensō-ji, le sanctuaire Yasukuni, le Zōjō-ji ou la porte Hōzōmon.
Située au fond de la baie de Tokyo, Tokyo dispose d'un statut administratif particulier, la ville de Tokyo et la préfecture de Tokyo ayant fusionné en 1943. L'agglomération de Tokyo, qui va bien au-delà des limites de la préfecture, s'étend sur une large frange de la baie de Tokyo ainsi que sur la région du Kantō. Elle constitue en outre le pôle principal de la , avec notamment Osaka et Nagoya. La préfecture a organisé les Jeux olympiques d'été de 1964 et de 2021..
En 2021, Tokyo est considérée comme la troisième ville mondiale selon le classement Global Power City Index.. Elle est la quatrième ville mondiale dans le classement du cabinet de conseil Kearney.
Dénomination de Tokyo et de ses habitants vignette|Quartier de Kabukichō, à l'est de Shinjuku. vignette|Shibuya.
En japonais, Tokyo Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API. s'écrit , ce qui signifie littéralement « Capitale de l'est ». Métropole de Tokyo s'écrit .
En français, on ne prononce pas le nom de la ville comme en japonais et on écrit généralement « Tokyo », ce qui correspond à la prononciation française . L'ancienne graphie qui était utilisée en français au début du , est toujours utilisée dans d'autres langues comme l'allemand, le néerlandais et l'espagnol.
Pour la France, l'arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales, pris conjointement par les ministres des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, recommande comme seule graphie . Il en va de même de la commission de toponymie de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et du code de rédaction interinstitutionnel de l'Union européenne.. Les Japonais eux-mêmes utilisent parfois la graphie dans leur retranscription en rōmaji du nom de la ville..
La transcription phonétique en alphabet latin selon la méthode Hepburn donne , le avec macron dénotant un o long. Cette méthode de transcription est utilisée dans les transports japonaisPar exemple dans le métro de Tokyo . et dans la plupart des encyclopédies et dictionnaires francophonesvoir les références de l'article macron. La méthode Kunrei donne et la méthode JSL, . Le gouvernement japonais autorise également l'utilisation de la graphie sur les passeports, reprenant une représentation des voyelles longues familière aux anglophones. Enfin, il faut mentionner la méthode dite Wāpuro rōmaji qui écrit .
Son ancien nom est , « la porte de la rivière, l'estuaire », en référence à la rivière Sumida qui la traverse. Lorsque l'empereur Meiji s'y installe, en 1868, elle est rebaptisée Tōkyō, littéralement « capitale 京 de l'est 東 », par opposition à , l'ancienne capitale.
En français, les habitants de Tokyo sont appelés les « Tokyotes » ou les « Tokyoïtes ».. Les Japonais désignent aussi les gens de Tokyo par l'expression . Le terme d', désignant historiquement les natifs de la ville lorsqu'elle s'appelait encore Edo, est toujours utilisé pour désigner les « Tokyoïtes de souche », dont les ancêtres sont eux-mêmes nés dans l'un des arrondissements de la capitale japonaise sur plusieurs générations, et qui montrent une certaine identité propre, caractérisée par l'utilisation encore de nos jours de certaines expressions et de l'accent nés de l'ancien dialecte local, l'Edokotoba, et symbolisée par Isshin Tasuke (figure de fiction très populaire), le personnage de Tora-san du film Otoko wa tsurai yo, ou encore par le chien Hachikō.
Définitions de Tokyo Le terme de Tokyo peut désigner plusieurs réalités différentes sur les plans géographique, urbain et administratif.
Vingt-trois arrondissements spéciaux vignette|Les 23 arrondissements spéciaux de Tokyo. Les 23 arrondissements spéciaux remplacent l'ancienne ville de Tokyo, dissoute en 1943. Sur le plan administratif, ils forment chacun des municipalités distinctes, comparables à l'autre type de commune urbaine de l'organisation administrative du Japon, les « villes », si ce n’est qu’elles ont un champ de compétence restreint par rapport à ces dernières, à l'instar des arrondissements de Paris. Le gouvernement préfectoral a notamment en charge certains services publics appartenant traditionnellement à l'échelon communal, comme l'approvisionnement en eau, le traitement des eaux usées et les services publics, tandis que les arrondissements n'ont pas de revenus propres, vivant uniquement des transferts financiers concédés par la préfecture. Ils ont toutefois chacun, à l'instar des autres communes japonaises, une assemblée délibérante et un maire élus au suffrage universel direct tous les quatre ans. Ces arrondissements spéciaux réunissent au sur , soit environ .
Centre de Tokyo vignette|Une rue illuminée d’enseignes néons multicolores à Shinjuku. Par centre de Tokyo, on peut entendre les spéciaux. Dans un sens plus restrictif, l'expression peut désigner les dix arrondissements encerclés par la Yamanote, une importante ligne ferroviaire circulaire : Minato, Shinagawa, Shibuya, Shinjuku, Toshima, Kita, Arakawa, Taitō, Chiyoda et Bunkyō (le seul à n'être pas directement desservi par la ligne). Plus étroitement encore, le centre peut faire référence aux trois arrondissements les plus centraux qui constituent le cœur historique de l'ancienne Edo, à savoir Chūō (dont le nom signifie littéralement « centre » en japonais), Minato (le « port » historique, comme son nom l'indique) et Chiyoda, et les quartiers riverains du fleuve Sumida (Nihonbashi, Kanda, Ueno, Asakusa, Honjo, Fukagawa). Le centre de Tokyo se distingue traditionnellement en deux parties : Yamanote et Shitamachi.
Au sud-ouest, « Yamanote ». regroupait à la période d'Edo les demeures de l'aristocratie autour de la résidence des shoguns au château d'Edo et qui correspond aux arrondissements de Shinjuku, Bunkyō, Minato et en partie à ceux de Chiyoda (autour de l'actuel palais impérial, soit le sud de l'arrondissement) et Chūō (« la limite ouest de l'arrondissement ») H. WATANABE, The Architecture of Tokyo : An Architectural History in 571 Individual Presentations, éd. Axel Menges, 2001, 3930698935, , Lonely Planet, ..
Au nord-est, « Shitamachi ». désigne les anciens quartiers populaires et pôle commercial et artisanal du vieux Tokyo, et comprend les quartiers riverains du fleuve Sumida, à savoir ceux de Kanda (nord de Chiyoda), Nihonbashi et Kyōbashi (est de Chūō), Shitaya (actuel quartier d'Ueno) et Asakusa (arrondissement de Taitō), Honjo (ouest de Sumida) et Fukagawa (ouest de Kōtō)Donald Richie, Tokyo: A View of the City, Reaktion Books, Londres, 1999, , . Si la distinction sociale et fonctionnelle historique n'existe plus aujourd'hui, les deux termes sont toujours employés dans un sens géographique, voire identitaire pour les habitants des deux parties, pour différencier le nord du sud du centre-ville.
La plupart des monuments historiques de Tokyo se trouvent dans cette zone, notamment dans le quartier d'Asakusa, particulièrement riche en édifices religieux, tels le temple bouddhiste Sensō-ji(dédié au Bodhisattva Kannon, le plus vieux temple de Tokyo, en 645, et ancien temple tutélaire de la dynastie des shoguns Tokugawa Akira Naitô, Kazuo Hozumi, H. Mack Horton, Edo, the city that became Tokyo, éd. Kodansha international, 2003, , ; il fut en partie détruit par les bombardements américains de 1945, mais reconstruit à l'identique : ses portes, appelées Hōzōmon, sont les seuls monuments de la métropole à être classés comme Trésor national, et les sanctuaires shinto d'Asakusa (datant de 1649, il est dédié aux fondateurs du temple ; c'est l'un des plus fréquentés de la ville, et l'un des rares à avoir entièrement survécu au tremblement de terre de 1923 et aux bombardements américains de 1945) et le Kume no Heinai-dō (dédié à Kume no Heinai, samouraï du , détruit en 1945, mais reconstruit en 1978).
Les autres principaux monuments historiques de Tokyo sont le château d'Edo et actuel Kōkyo (quelques murailles et douves sont des vestiges de la forteresse originelle du ), le Zōjō-ji (temple bouddhiste au bouddha Amida et ancien mausolée principal des shoguns Tokugawa, à Shiba dans l'arrondissement de Minato), la pagode à cinq niveaux du zoo d'Ueno ou encore du Nihonbashi (célèbre pont datant du dans le quartier du même nom et l'arrondissement de Chūō, il marquait le point de départ du Tōkaidō, principale route reliant Edo à Kyoto, et sert toujours aujourd'hui de point 0 au kilométrage des routes japonaises).
Métropole de Tokyo vignette|350px|Carte de la Métropole de Tokyo (hors îles du Pacifique).
La comprend : les 23 arrondissements spéciaux, qui constituent sa moitié est ; d'autres collectivités à l'ouest, à savoir : 26 villes, le district rural de Nishitama qui comprend trois bourgs et un village ; quatre sous-préfectures dans les îles du Pacifique des archipels d'Izu et des îles d’Ogasawara, elles-mêmes subdivisées en deux bourgs et sept villages, non réunis en districts.
Elle ne se superpose pas à l'agglomération de Tokyo : elle comprend des zones rurales, dans les collines de Tama à l'ouest, alors que l'agglomération s'étend largement dans des préfectures voisines. De plus elle exerce sa juridiction sur des territoires assez éparpillés par le biais des îles du Pacifique.