Henry Bonaventure MonnierOu Henri Monnier, né Henry-Bonaventure Monnier. Ne pas confondre avec Henry Le Monnier (1893-1978), né le à Paris et mort à Paris le , est un caricaturiste, illustrateur, dramaturge et acteur français.

Biographie Après des études au lycée Bonaparte, Henry Monnier entre en au ministère de la Justice pour y occuper un médiocre emploi de gratte-papier qu'il abandonne en , ne pouvant plus supporter les tracasseries de ses supérieurs hiérarchiques.. Parallèlement à cette occupation administrative, il fréquente à partir de 1819 les ateliers d'Anne-Louis Girodet et d’Antoine-Jean Gros. Il publie ses premiers portraits d'acteurs en 1821.

En 1822, il effectue son premier séjour à Londres où les techniques de lithographie en couleurs connaissent un grand développement. Après plusieurs séjours anglais, il revient en France cinq ans plus tard. Ses rencontres avec Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Stendhal, Eugène Sue, Prosper Mérimée, Eugène Scribe, Eugène Delacroix, Louis Boulanger et Honoré de Balzac lui ouvrent les portes de la renommée.

Entre 1827 et 1832, il multiplie les albums de lithographies, croquant les mœurs et physionomies de ses contemporains, de la grisette à l’employé de bureau.

Le , Henry Monnier épouse à Bruxelles Caroline Péguchet, dite Caroline Linsel (née le à Bruxelles, et morte le à Parnes dans l'Oise), actrice du théâtre de la Monnaie. Le couple aura trois enfants : Albert Pierre (1835-1884), Fanny Gilberte et Jenny Albertine (1847-1923).

À partir des années 1850, il se consacre essentiellement à l’écriture et au théâtre. Il publie en 1857 son œuvre la plus célèbre : Mémoires de Monsieur Joseph Prudhomme. Il y est créé le caricatural Monsieur Prudhomme, personnage grassouillet, conformiste, solennel et imbécile, dont Balzac dira qu’il s’impose comme et dont Paul Verlaine s’inspirera, dans les Poèmes saturniens, pour un poème homonyme.

L’Académie française lui décerne le prix Vitet en 1875 et le prix Monbinne en 1879 attribué à sa veuve.

Henry Monnier a servi de modèle à Balzac pour le personnage de Jean-Jacques Bixiou dans son roman Les Employés ou la Femme supérieure (1838), fonctionnaire, caricaturiste, homme de bons mots, qui revient dans de nombreux romans de La Comédie humaine, dont Monnier fut l'un des premiers illustrateurs.

Œuvres

Publications Physiologie du bourgeois, 1841 Scènes de la ville et de la campagne, 1841 Les Bourgeois de Paris, scènes comiques, 1854 Mémoires de Monsieur Joseph Prudhomme, Librairie Nouvelle, 1857 Les Petites Gens, 1857 Scènes parisiennes, 1857 Galerie d’originaux, 1858 Les Bas-fonds de la société, 1862 Paris et la Province, 1866

Illustrations Scènes populaires dessinées à la plume, 1830

Pièces de théâtre Les Mendiants (1829) La Famille improvisée (1831) Un enfant du peuple (1846) La Chasse au succès (1849) Les Compatriotes (1849) avec Gustave Vaez : Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme, pièce créée le , Paris, Théâtre de l'Odéon. avec Jules Joseph Gabriel Gonyn de Lurieu, dit Gabriel (1792-1869) : Le Roman chez la portière (1855) Les Métamorphoses de Chamoiseau (1856) Peintres et bourgeois (1855) Comédies bourgeoises (1858) Les Deux Gougnottes (première édition anonyme en 1864, chez Poulet-Malassis) Cendrillon ou la Pantoufle merveilleuse (1879)

Postérité En 1931, Sacha Guitry crée Monsieur Prudhomme a-t-il vécu ?, une pièce de théâtre s’inspirant librement de la vie d’Henry Monnier. André Franquin, créateur de Gaston Lagaffe, révèle dans le Livre d'Or Franquin (1982) qu'il s'est inspiré de Joseph Prudhomme, création d'Henry Monnier, pour donner vie au personnage du maire de Champignac en 1951. On attribue à tort à Henry Monnier la fameuse phrase : , que l’on attribue également à Alphonse AllaisL’aphorisme « Les villes devraient être construites à la campagne […] » n’est ni d’Alphonse Allais, ni d’Henry Monnier, à qui l’attribue comme étant extrait de sa pièce Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme (1852), sans qu’une double lecture de cette pièce n’ait permis de le vérifier. . La boutade semble déjà du "domaine public" au milieu du siècle. Dans Francœur et Giroflet, Paul Boureulle fait demander au second: «Tu es de l'avis de ce Gascon qui aimait si fort la promenade qu'il regrettait que nos ancêtres n'eussent pas bâti toutes les villes à la campagne ?» (Démocratie pacifique du 24 septembre 1849, page 2). Rue Henry-Monnier dans le .

Notes et références

Annexes Bibliographie . Aristide Marie, L'art et la vie romantique : Henry Monnier (1799-1877), Paris, Librairie Henri Floury, 1931. Cyrille Rollet, Henry Monnier histoire d'un pitre ? quelques copeaux biographiques, mémoire de M2 histoire, sous la direction de Christophe Charle, Université Paris 1, 2008. Cyrille Rollet, Figurez-vous Henry Monnier…, mémoire de M2 histoire de l'art, sous la direction de Ségolène Le Men, Université Paris 10, 2006. Jane Roberts Fine Arts, Paris, Henry Monnier 1799-1877, Une Collection particulière, catalogue d'exposition, deux volumes, novembre-. [Préface, biographie et bibliographie de Cyrille Rollet].

Liens externes

Une maison du Marais, par Henry Monnier (1831) La Manie des albums, par Henry Monnier (1832) Henry Monnier, illustrations dans la base iconographique HeidICON Contribution à l'étude et au catalogue raisonné de l'œuvre d'Henry Monnier, par Cyrille Rollet Cyrille Rollet, Henry Monnier, des vies déguisées (thèse en cours)

Catégorie:Acteur français du XIXe siècle Catégorie:Acteur français de théâtre Catégorie:Dramaturge français du XIXe siècle Catégorie:Auteur français de roman érotique Catégorie:Illustrateur érotique français Catégorie:Personnalité utilisant un pseudonyme Catégorie:Caricaturiste français du XIXe siècle Catégorie:Illustrateur français du XIXe siècle Catégorie:Dessinateur français Catégorie:Dessinateur au Charivari Catégorie:Naissance en juin 1799 Catégorie:Naissance dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en janvier 1877 Catégorie:Décès dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 77 ans