Une souris verte est une chanson enfantine ou comptine française, attestée au ou dès la fin du . Il existe de nombreuses variantes de cette chanson. Elle pourrait être beaucoup plus ancienne et semble avoir eu une diffusion européenne, car on en connait des versions en anglais et en allemand.
Origine incertaine Cette chanson anonyme, très connue dans toutes les régions de France et dans plusieurs pays francophones (Liban, Tunisie, Haïti, Suisse romande, Belgique et Canada), paraît remonter à la fin du ou au commencement du .
Les origines de cette chanson sont obscures. Les interprétations qui ont été proposées doivent être appréhendées avec une très grande prudence. On a ainsi prétendu que ses paroles absurdes seraient l'allégorie d'une initiation alchimique. Une telle explication est cependant peu probable.
Une autre hypothèse avancée est que la fameuse « souris verte » ferait référence à un soldat vendéen dont la tenue était parfois verte. Traqué par des soldats républicains pendant la guerre de Vendée (l'herbe pouvant faire référence aux embuscades dans le bocage vendéen), il aurait été capturé, exposé puis torturé à mort (l'huile et l'eau feraient référence aux supplices de la mort par ébouillantage et de la noyade), l'escargot pouvant enfin être une comparaison avec une position de recroquevillement à la suite des supplices. Cette hypothèse est elle aussi très sujette à caution. Elle ne s'est répandue dans les médias (et notamment sur Internet) qu'à partir des années 2010. Les sites qui la soutiennent sur Internet se copient tous les uns les autres, sans jamais citer des folkloristes ou des historiens de la chanson française à l'appui de leurs affirmations. En outre, aucun ouvrage spécialisé n'a cité Une souris verte parmi les nombreuses chansons engendrées par la Révolution française, et la chanson semble attestée à une époque antérieure.
Une version non documentée ferait référence à la chasse aux sorcières que l'on menait au bûcher. La souris serait une femme, accusée de sorcellerie et essayant d'échapper à ses bourreaux. On la jugerait alors coupable (je la montre à ces messieurs) et l'enduirait d'huile et d'eau avant de la mener au bûcher.
Mais l'hypothèse la plus convaincante (car elle explique les absurdités du texte moderne) en fait une conséquence de la peste noire, apparue au XIVe siècle. Comme l'atteste la chanson anglaise, restée plus fidèle au sens primitif, la comptine était une mise en garde incitant les enfants à ne pas s'approcher des rongeurs, vecteurs de la maladieD'après un documentaire télévisé sur la peste noire du 14e siècle, diffusé dans les années 2010-2015, mais dont les références n'ont pu être retrouvées (à compléter).. On ne voit pas d'ailleurs pourquoi la souris serait verte, ni comment elle se transformerait en escargot. A titre de conjecture, la version originale pourrait être : "Une souris morte / Qui gisait dans l'horte (jardin)". Les Messieurs sont les médecins. Elle se terminerait par : "La petite (?) est prise / Frottez-la dans l'huile / Frottez-la dans l'eau / Faites-lui un escharbot - tout chaud !" L'escharbot (issu du mot charbon) est un tison ardent dont (selon cette hypothèse) on cautérisait les bubonsGrandsaignes d'Hauterive, Dictionnaire d'ancien français, Larousse, 1947, p 236. Si Escharbot désigne le plus souvent un scarabée, les deux termes Escharboner et Escharboter signifient : remuer (les charbons), tisonner (le feu). ; François Villon utilise le terme dans une de ses ballades, mais avec un sens dérivéŒuvres de François Villon, Paris, Ed. Athéna, 1947, p. 112. Ballade de la grosse Margot : "... et me fait un gros pet / Plus emflambé qu'ung vlumeux [fumeux ?] escharbot". Le vers reste incertain. Il en existe d'autres versions où "emflambé" disparaît, il peut devenir (par exemple) "plus enflé qu'un venimeux scarbot" ; mais, outre le rythme défectueux (9 pieds au lieu de 10), la perte de sens est patente : les scarabées ne sont pas venimeux, et l'on cherche vainement son rapport avec le pet. .
Paroles
Première partie
Variantes
À la place de : Une souris blanche Une poule verte
À la place de – : J’ai une poule rouge Qui vient de Toulouse Une jarre verte Qui roulait dans l’herbeComptine : Une Jarre Verte - YouTube
À la place de – : Je la donne à ce monsieur Ce monsieur ne la veut pas Je la garde pour moi
Entre et : Où l’avez vous prise ?
À la place de : Ça fera un artichaut Elle deviendra un escargot Ça deviendra un escargot Il en sortira un crapaud
À la place de : Tout bouillant, tout chaud
Après : La cuillère à pot Dans la rue Boichot Numéro zéro Dans la rue Carnot Numéro zéro De Monsieur Pierrot
Deuxième partie
Variantes
En remplacement de certains vers ou en rajout : Je la mets dans ma chemise, Elle me fait trois petites bises Je l’envoie dans son école, Elle me dit : j’en ai ras l’bol Je la mets dans son p’tit lit, Elle me dit : j’dois faire pipi Je la mets sur un cheval, Elle me dit : joyeux carnaval Je la mets sur un coussin, Elle me dit qu'elle est très bien Je la mets dans mon p'tit lit, Elle me dit : moi j'reste ici ! Je la mets dans mes grandes poches, Elle me dit : elles sont trop moches Je la mets dans mon jardin, Elle me dit qu'elle s’y sent bien Je la mets là dans ma main, Elle me dit qu'elle est très bien Je la mets dans ma cuisine, Elle me mange toute la farine Je la mets dans mon placard, Elle me mange tout mon lard Je la mets dans mon jupon, Elle me fait trois petits cochons
À la place de : Elle me fait crotte crotte Elle me mange ma carotte
Après le dernier vers : Oh ! La coquine !
En remplacement : Quelle est sa marraine ? C’est une sauterelle Quel est son parrain ? C’est un vieux lapin
Ajouté à la fin quand utilisée comme comptine: Un, deux, trois, C’est toi !
Mélodie
Articles connexes Une souris verte, film de Mathias Ledoux Rat et souris dans la culture
Références
Liens externes .
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