Lorsque les premiers colons anglais arrivent à Jamestown (Virginie) en 1607, le continent américain connait une faible densité de population depuis plusieurs millénaires. Il est peuplé par les Amérindiens. Le territoire américain est ensuite colonisé à partir du par différentes puissances européennes (Espagne, Royaume-Uni, France (Nouvelle-France)). Désireux de s'affranchir de la métropole britannique et de gouverner par eux-mêmes, les colons des Treize colonies proclament leur indépendance en 1776. À la suite d'une guerre d'indépendance victorieuse, ils créent une nouvelle nation qu'ils nomment États-Unis d'Amérique, regroupant alors le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut, Rhode Island, New York, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie.. Par la suite, le territoire des États-Unis s'agrandit en incorporant de nouveaux États. (par exemple avec l'achat de la Louisiane, la guerre américano-mexicaine, l'achat de l'Alaska) et cela jusqu'au .
Bien qu'ayant traversé une guerre civile au début des années 1860, la jeune république se développe rapidement grâce à l'afflux d'immigrés européens au . À l'issue de la Première Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la plus grande puissance économique mondiale, devançant les grands pays d'Europe. Ils n'ont plus quitté ce rang par la suite, prenant la tête du après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la défaite subie à la fin de la longue guerre du Viêt Nam en 1975 remet en cause les certitudes américaines, même si la désagrégation du bloc soviétique au début des années 1990 favorise le maintien de leur prédominance internationale et leur statut de superpuissance.
Des origines à la fin de la guerre de Sept Ans Période précolombienne
Le débat sur l'origine et la date de l'arrivée des Amérindiens en Amérique du Nord n'est pas clos. La théorie la plus communément admise est celle de l'immigration depuis l'Asie de tribus de chasseurs venus en Amérique du Nord il y a - par le détroit de Béring Jennifer Raff, Genomes Reveal Humanity’s Journey into the Americas, Scientific American, mai 2021. Pendant la dernière ère glaciaire, il y a près de , le niveau de la mer était très bas, asséchant partiellement le détroit qui constituait alors une plaine d'environ de largeur, et créant un gigantesque pont de glace, permettant ainsi le passage entre les continents asiatique et nord-américain. Les principaux sujets de débats portent surtout sur la date de l'arrivée des peuples asiatiques. Si les découvertes archéologiques estiment leur arrivée a -, certains scientifiques pensent qu'elle pourrait remonter à plus de .
Après le recul des glaciers ( avant notre ère) vers le pôle Nord, les ancêtres des Amérindiens seraient revenus dans le Nord repeupler une bonne partie du territoire nord-américain. Ils auraient peuplé tout le continent en longeant la côte du Pacifique jusqu'à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud, où les Incas et les Aztèques, par exemple, ont créé de grands empires. D'autres groupes de chasseurs seraient remontés vers le nord jusqu'aux Grands Lacs et au-delà, se déployant jusqu'à l'océan Atlantique.
Certains scientifiques pensent que d'autres peuples auraient pu arriver sur les côtes nord, il y a avant notre ère, lors de la déglaciation des régions du nord. D'autres spécialistes croient que les premiers habitants auraient traversé l'océan Pacifique par bateau pour arriver d'abord en Amérique du SudHistoire sociolinguistique des États-Unis, Les premiers habitants : les autochtones, https://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/usa_6-1histoire.htm.
Avant l'arrivée des Européens, plusieurs civilisations se sont développées sur le territoire actuel des États-Unis : les Mound Builders ont aménagé les premiers tertres vers 3400 Andrew O’Hehir, « La huitième merveille du monde : les grandes pyramides du Mississippi » dans Courrier international, , 3-09-2009, .. La cité de Cahokia, près de Saint-Louis, comptait au quelque Estimation de Charles C. Mann, Marina Boraso (trad.), 1491. Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, Albin Michel, 2007, , . à Havard Gilles, Vidal Cécile, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, . et 120 tumulusCharles C. Mann, Marina Boraso (trad.), 1491. Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, Albin Michel, 2007, , ..
Malgré les difficultés à établir des statistiques, la plupart des historiens s'accordent pour estimer la population autochtone des actuels États-Unis entre 1,5 million, . et 8 millions de personnes en 1492Quelques chiffres sur les Amérindiens.
Au , les terres situées à l'est des montagnes Rocheuses sont peuplées par des tribus amérindiennes : Cheyennes, Crows, Sioux, Hurons, Iroquois, Cherokees et Creeks qui chassent du bison mais aussi pratiquent la culture, la cueillette, l'élevage et la pêche. Les Iroquois vivent dans la vallée du Saint-Laurent, dans le secteur des lacs Érié et Ontario, dans la vallée du fleuve Hudson et dans la partie ouest des Appalaches. Ils comptent six grandes tribus. Des tribus d'éleveurs et d'agriculteurs, Apaches, Comanches ou Pueblos, habitent les RocheusesLa période coloniale aux États-Unis, MEMO.
Origine des Amérindiens Parmi les hypothèses expliquant l'arrivée des Amérindiens, la plus connue laisserait entendre que des tribus de Mongolie et de Sibérie, par petites bandes de chasseurs, auraient émigré depuis l'Asie par le détroit de Béring, profitant d'une baisse du niveau de la mer. Selon cette théorie, ces chasseurs auraient alors peuplé l'Amérique tout entière et seraient les ancêtres de tous les peuples autochtones du continent.. La découverte en 1996 dans l'État de Washington d'un homme d'origine « caucasienne » (l'Homme de Kennewick) et daté de 9 000 ans, a cependant rendu plus probable la théorie de colonisation de l'Amérique du Nord par plusieurs vagues migratoires successives au cours de plusieurs millénaires.. À l'instar de l'Homme de Kennewick, les restes d'un homme - en partie momifié - également de type caucasien ont été retrouvés sur le site de la grotte des Esprits, au Nevada, daté entre - et - .
À la suite de cette découverte, la question de l'origine des Amérindiens a longtemps alimenté le débat entre les archéologues. En effet, la morphologie faciale des plus anciens squelettes trouvés sur le continent, datant de ans, ne ressemble pas à celle des actuels Amérindiens. À la suite de la théorie de l'archéologue américain Dennis Stanford, qui pointait la possibilité qu'une migration humaine soit venue d'Europe bien avant le début de l'époque coloniale, certains scientifiques ont enquêté afin de savoir s'il était possible que les Amérindiens aient un lien de parenté avec les anciens Européens (Solutréens). Ainsi, une équipe internationale, dirigée par le généticien Eske Willerslev, du Muséum d'histoire naturelle du Danemark, a révélé, après des recherches sur le squelette d'un enfant mort il y a ans en Sibérie, une similitude génétique entre le fossile sibérien et certains Amérindiens. Eske Willerslev a estimé à l'époque que « 14 % à 38 % des ancêtres des Amérindiens peuvent avoir pour origine génétique cette population sibérienne du paléolithique », qui avait elle-même des racines européennes..
Cependant, une étude encore plus récente, entreprise sur le plus vieux squelette humain du continent américain, découvert en 2007, a mis fin au débat sur les origines des Amérindiens.. Les nombreuses études effectuées ont révélé que son origine génétique est bien asiatique, et non européenne.. ; résultat confirmé par une autre découverte, celle du squelette d'un enfant ayant vécu il y a . Le séquençage génomique du fossile révèle également une parenté avec les Amérindiens dont les ancêtres s'avèrent effectivement être des Sibériens ; mais des Sibériens originaires d'Asie et non d'Europe, comme il l'a été cru dans un premier temps.. Ces résultats relancent la théorie selon laquelle les Amérindiens ont une origine unique, et que les chasseurs venus d'Asie sur le continent Nord-Américain par le détroit de Béring il y a près de seraient bien les ancêtres de tous les Amérindiens.
L'histoire de la colonisation du Nouveau Monde ne s'est pas effectuée d'un seul coup, comme il a été longtemps suggéré, mais a probablement été le fruit de plusieurs migrations successives.
Découvertes et exploration
L'exploration du territoire des futurs États-Unis commence peu de temps après la découverte et exploration de l'Amérique par Christophe Colomb. Elle est d'abord le fait des Espagnols : Ponce de León qui découvre les côtes de Floride en 1513, Pánfilo de Narváez pour la partie septentrionale du golfe du Mexique (de la Floride jusqu'au Texas) en 1528Annick Foucrier, États-Unis-Histoire, Encyclopædia Universalis, DVD, 2007. Cependant, le territoire exploré intéresse peu les Espagnols car on n'y trouve pas d'or. Le premier poste permanent est fondé en Floride en 1565. À l'Ouest, les missions de jésuites qui tentent d'évangéliser les Indiens et les encomiendas colonisent le Nouveau-Mexique (la région supérieure du Rio Bravo a été appelée dès 1561)., l'Arizona et la Californie à partir de la fin du . Francisco Vásquez de Coronado est particulièrement connu pour l'expédition qu'il conduit de 1540 à 1542 vers les supposées cités d'or (Cibola et Quivira) de la région de la rivière Gila, affluent du Colorado.
Au Nord-Est, Jean Cabot, un Italien, atteint le Labrador en 1497 pour le compte du roi d'Angleterre Henri VIII, mais cette expédition reste sans lendemain. Verrazano explore pour François les côtes du Nouveau Monde de la Caroline du Nord jusqu'à la Nouvelle-Écosse (1524). Au , la présence d'abondants bancs de poissons attire les Européens dans ces régions orientales : les Français au nord, les Hollandais et les Suédois autour de l'embouchure de l'Hudson. Ils nouent des contacts avec les Hurons et les Penobscots au nord, les Algonquins au centre, Delawares au sud. En 1609, Henry Hudson fonde à l'extrémité de la presqu'île de Manhattan, La Nouvelle-Amsterdam, pour le compte des Hollandais. Peter Minuit achète l'île pour aux Algonquins en 1624.. Une colonie hollandaise s'y implante. Les premiers établissements suédois dans le Delaware datent de 1638. Dans tous ces établissements, le commerce de la fourrure avec les Indiens est très florissant. Au Nord du Saint-Laurent, les Français s'installent au Québec.
Au , des explorateurs étendent les possessions françaises vers la région des Grands Lacs et vers le Mississippi. Louis Jolliet et Jacques Marquette explorent le fleuve jusqu'à son confluent avec l'Arkansas en 1673. Cavelier de La Salle atteint le golfe du Mexique en 1682. La domination française s'étend alors sur toute la région du Mississippi, baptisée « Louisiane » en l'honneur de Louis XIV. En 1717, la France accorde le monopole du commerce local à la Compagnie d'Occident du financier écossais John Law.
Naissance des colonies britanniques
Le littoral américain qui va de la baie de Fundy au Nord à l'embouchure de la Savannah au Sud, littoral le long duquel se sont installés les Treize Colonies britanniques d'Amérique, est plutôt inhospitalier et ne comporte que très peu de richesses naturelles. Ceci explique pourquoi les Espagnols et les Français, partis avant les Anglais dans la course à la colonisation du continent américain, ont négligé cette partie du Nouveau Monde. C'est sous le règne d'Élisabeth que commence l'aventure coloniale anglaise en Amérique du Nord. Dans la lutte contre l'Espagne, l'Amérique du Nord, reconnue par Humphrey Gilbert, représente une position stratégique. Les missions de colonisation sont confiées à Walter Raleigh en 1585 et en 1587. Des colons anglais débarquent dans l'île de Roanoke. Ils disparaissent mystérieusement, sans doute sous les coups des Indiens.