Léopold Fabre, né le à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le à Thézan-lès-Béziers (Hérault), est un joueur international français de rugby à XV et de rugby à XIII évoluant aux postes de pilier ou de talonneur dans les années 1920 et 1930.

Formé au rugby à XV au F.C. Lézignan, il fait ses débuts dans le Championnat de France lors de la saison 1925-1926. L'arrivée de l'entraîneur-joueur Jean Sébédio permet au club de gravir les échelons et d'atteindre, avec ses coéquipiers Maurice Porra et Gaston Amila, la finale de l'édition de 1929 perdue contre l'U.S. Quillan. Il reste fidèle au club malgré les menaces d'exclusion de ce dernier pour brutalité. Finalement, le club est maintenu et reste un club outsider du Championnat. Il connaît en sa première et unique sélection en équipe de France en remportant 31-0 son opposition face à l'Allemagne à Berlin. En , le F.C. Lézignan se trouve exclu du Championnat pour brutalité, L. Fabre décide alors de rejoindre le Stade châteaurenardais et joue quelques rencontres au Stade toulousain du temps de l'Union française de rugby amateur en 1930.

En 1934, il rebondit en prenant part à la première manifestation du rugby à XIII français sur l'invitation de son ex-coéquipier en sélection Jean Galia pour la tournée des « Pionniers ». De retour à Lézignan, il milite pour la création d'un club de rugby à XIII mais cela reste sans suite. Il retourne ainsi au XV au F.C. Lézignan en pour s'y entraîner sans possibilité de jouer en match dans un premier temps en raison de son passé treiziste ; il y accompagne ses deux frères dont le plus jeune, Émile Fabre, est un futur international de rugby à XV et capitaine du Stade toulousain. Il ne peut que se contenter de matchs amicaux pour revêtir de nouveau le maillot du F.C. Lézignan avant de mettre un terme à sa pratique sportive en 1936.

Biographie

Enfance, jeunesse et débuts en rugby à XV à Lézignan

Léopold Fabre naît le à ToulouseActe de naissance de Léopold Roch Fabre, archives de Toulouse, consulté le 28 octobre 2023.. Il n'est pas reconnu à sa naissance. Sa mère, Marie Basilisse Eustelle Cuguillère (née le à GardieActe de mariage de Léopold Fabre et Marie Cuguillère, archives de Toulouse, consulté le 28 octobre 2023.), sans profession, le reconnaît comme fils naturel le et son père, Léopold Fabre (né le à Lézignan-Corbières), rentier, le reconnaît comme fils naturel le . Il se marie le avec Geneviève Suzanne Cazals, en la mairie de Béziers. Il est, dans cette région du Sud-Ouest, très vite imprégné par le ballon ovale et le rugby à XV. Il fréquente le lycée de Foix avant de rejoindre Lézignan-Corbières et son club le F.C. Lézignan.

1925-1931 : carrière de Léopold Fabre au F.C. Lézignan

Début de carrière de Léopold Fabre dans un club ambitieux

alt=Photo-portrait de son entraîneur et coéquipier Jean Sédébio en 1927|redresse=0.75|thumb|Jean Sébédio, son entraineur au F.C. Lézignan, l'emmène en finale du Championnat de France 1929.

Avec le F.C. Lézignan, Léopold Fabre découvre le Championnat de France de rugby à XV lors de la saison 1925-1926 au sein du F.C. Lézignan. Le club dispute la poule d'excellence qui correspond à la première division française. Le club lézignanais est entraîné par l'ancien international et entraîneur-joueur de l'A.S. Carcassonne, Jean Sébédio surnommé « le Sultan », personnage haut en couleur.. Le club est alors frappé d'une interdiction de rencontre à domicile dans son stade du Moulin en raison d'incidents sur les terrains mais reste qualifié pour disputer le Championnat.. Petit à petit, Léopold Fabre parvient à se faire sa place au sein des avants et est remarqué par la presse pour son talent, cependant que des résultats amènent à considérer le club audois comme un outsider du Championnat sous l'impulsion du capitaine J. Sébédio qui continue de jouer malgré son âge... Lors de cette saison 1926-1927, le F.C. Lézignan est tout proche de disputer les demi-finales du Championnat et bataille avec le Stade français d'Adolphe Jauréguy, Jean Duhau et André Verger pour cette qualification parvenant même à les battre le au stade Buffalo., et ce n'est qu'une rencontre supplémentaire nommée match de barrage qui détermine le qualifié en raison de l'égalité de points en phase de poule. À Colombes, le Stade Français parvient à prendre l'avantage sur le F.C. Lézignan de L. Fabre dans cette rencontre décisive 11-5..

alt=Photo-portrait de son coéquipier Maurice Porra en 1927|redresse=0.75|thumb|left|Maurice Porra occupe le poste de talonneur au F.C. Lézignan avec à ses côtés Léopold Fabre au poste de pilier.

La saison 1927-1928 voit l'arrivée d'un nouvel élément en première ligne des avants avec Maurice Porra au talonnage.. Le club en Championnat de France se trouve dans la poule G aux côtés du Racing C.F., du Stade bordelais, l'U.S. Montauban et le C.A. Brive. Le club fait bonne figure mais ne se qualifie pas pour la phase des poules de quatre à la suite de sa défaite dans le match de barrage qualificatif face au Stade bordelais 9-0..

Saison 1928-1929 : Léopold Fabre dispute une finale du Championnat de France

La saison 1928-1929 est plus prometteuse, J. Sébédio n'est plus joueur mais il reste l'entraîneur de cette équipe audoise. Le club surprend et réalise une série de victoires stoppée une première fois par l'U.S. Quillan, dernier finaliste du Championnat de France, puis par l'A.S. Béziers en .. Au fil de la saison, le F.C. Lézignan postule comme un sérieux outsider dans le Championnat de France. Le club bat au cours de la saison certains autres prétendants tels que le S.C. Mazamet, le Stadoceste tarbais, l'U.S. Perpignan, le Racing C.F. ou encore le S.U. Agen. Ses moyens restreints limitent son effectif et il fait l'objet d'une réputation peu flatteuse infligée par les équipes vaincues dénonçant le chauvinisme de son public, la brutalité des joueurs ou la partialité des arbitres lors des rencontres à domicile au stade du Moulin.. L'équipe est en revanche saluée par de nombreux adversaires lorsqu'elle évolue sur terrain adverse où elle est appréciée pour son jeu ouvert, mobile et une assurance en mêlée.. Le F.C. Lézignan domine la poule de cinq puis celle de la poule de trois devant le F.C. Grenoble et Boucau stade pour se qualifier pour les quarts-de-finale du Championnat..

Le F.C. Lézignan affronte en quarts-de-finale le Stade bordelais au stade des Ponts-Jumeaux de Toulouse et revêt à ce stade de la compétition l'habit de grand prétendant au titre en raison de l'excellente préparation de l'équipe pour terminer la saison.. La rencontre tourne à l'avantage de Lézignan qui s'impose 27-5.. En demi-finale du Championnat, le club audois affronte l'A.S. Béziers à Carcassonne, pendant que l'autre demi-finale oppose l'U.S. Quillan au S.U. Agen, permettant au comité du Languedoc d'avoir trois qualifiés en demi-finales.. La demi-finale, disputée sur le terrain de la Pépinière devant près de , est serrée, et ce n'est qu'au terme des prolongations (6-6 à la fin du temps réglementaire) que Lézignan s'impose 9-6 grâce à un ultime essai de Célestin Wisser pour se qualifier pour la première finale de son histoire et affronter l'U.S. Quillan dans une finale 100 % audoise.. La date de la finale fait l'objet d'un débat, les Quillanais souhaitant qu'elle se dispute le et les Lézignanais voulant qu'elle soit repoussée au pour permettre à ses joueurs de récupérer. C'est finalement la première option qui est retenue par la Fédération française.. La finale, disputée à Toulouse, contre l'U.S. Quillan de Jean Galia et Eugène Ribère est émaillée par de nombreuses bagarres hachant le jeu au grand dam des spectateurs.. Au cours de ce match, le F.C. Lézignan mène 8-0 après de jeu avant de s’effondrer en fin de rencontre et laisser les Quillanais gagner 11-8. Quelques semaines plus tard, en mi-, l'exclusion du F.C. Lézignan du Championnat de France pour un an est votée au conseil de la Fédération française de rugby à XV en raison des faits de matchs pointant la brutalité des joueurs du club lors de la finale.. Dans cette période d'incertitude, le club voit le départ de M. Porra qui signe pour le F.C. Lyon. tandis que L. Fabre reste au club..

1929-1930 : Léopold Fabre intègre l'équipe de France

Après des semaines d'hésitations et à la suite d'un remaniement de la constitution du comité de Languedoc, le F.C. Lézignan est de nouveau qualifié en Championnat de France. L. Fabre prend le rôle au talonnage à la suite du départ de M. Porra et le F.C. Lézignan reste une équipe qui compte en Championnat, affrontant même l'U.S. Quillan dans un esprit apaisé loin des bagarres agitant la fin de saison 1928-1929. avec une victoire lézignanaise.. Le F.C. Lézignan est finalement requalifié en Championnat en lui permettant de disputer la division d'excellence (première division de rugby à XV).. Le club audois s'extirpe de la poule de 5 avec le F.C. Lourdes et le S.A.U. Limoges., mais voit son parcours stoppé en poule de 3 pour une qualification en quart-de-finale en étant devancé par la Section paloise.. La saison finie, L. Fabre prend part à des rencontres amicales comme lors d'une confrontation entre le Stade toulousain, avec lequel il est aligné, et le S.O. Béziers..

Son repositionnement au poste de talonneur cette saison est un succès.. Léopold Fabre apprend alors qu'il est convoqué en équipe de France. Il prend à une rencontre en faveur des sinistrés du Midi à Toulouse le . où il y gagne sa place dans l'optique de l'opposition contre l'équipe d'Allemagne. La rencontre est programmée le à Berlin. Il remplace au poste de talonneur son partenaire de club Charles Bigot (qui joue comme pilier au F.C. Lézignan) et se trouve être le seul Lézignanais sélectionné pour ce match.. Il déclare avant la rencontre : Pour se rendre en Allemagne, l'équipe de France est réunie à Paris et voyage par wagon-lit de la capitale à Cologne puis de Cologne à Berlin.. Cette rencontre démontre la supériorité des Français qui s'imposent sur un score de 31-0..

Saison 1930-1931 : Léopold Fabre subit la radiation du F.C. Lézignan

Le F.C. Lézignan et Léopold Fabre réalisent une saison 1930-1931 des plus correctes. Ils s'extirpent de leur poule de cinq en éliminant le Stade hendayais et l'U.S. Montauban, et en accompagnant au tour nommé « poule de trois » l'U.S. Cognac et le C.A. Périgueux.. L. Fabre réalise une saison des plus réussies à son poste de talonneur où il reste l'une des références du Championnat, amenant la presse sportive à questionner les sélectionneurs français sur son absence dans les convocations.. En , le club est éliminé de la poule de trois par l'A.S. Montferrand. La saison a été émaillée de nombreuses controverses au sujet de la brutalité des joueurs lézignanais au cours des rencontres.. Le club finit par être radié par la Fédération française de rugby à XV, ce qui contraint les joueurs à trouver un autre club pour la saison 1931-1932.. Léopold Fabre décide alors de rejoindre le Stade châteaurenardaisCeux qui ont quitté le rugby à Lézignan..., Paris-soir, le 10 novembre 1931. avec son frère AlbertChâteaurenard bat le R.C. Avignon, Le Petit Marseillais, le 14 décembre 1931.. Le club chateaurenardais ne parvient pas à se qualifier pour la division d'excellence..

1934 : fin du chapitre rugby à XV et Pionnier du rugby à XIII en France

Jean Galia convainc Léopold Fabre de prendre part à la tournée des Pionniers pour promouvoir le rugby à XIII

alt=Photo de la première équipe de France ayant pris part à la tournée des Pionniers en 1934|thumb|Les Pionniers, première manifestation française du rugby à XIII.