La Case de l'oncle Tom () est un roman de l'écrivaine américaine Harriet Beecher Stowe. Publié d'abord sous forme de feuilleton en 1852, il vaut le succès immédiat à son autrice. Le roman eut un profond impact sur l'état d'esprit général vis-à-vis des Afro-Américains et de l'esclavage aux États-Unis ; il est un des facteurs de l’exacerbation des tensions qui menèrent à la guerre de Sécession..
Stowe, née dans le Connecticut et pasteur au , était une abolitionniste convaincue. Elle centre son roman sur le personnage de l'oncle Tom, un esclave noir patient et tolérant autour duquel se déroulent les histoires d'autres personnages, aussi bien esclaves que blancs. Ce roman sentimental dépeint la réalité de l'esclavage tout en affirmant que l'amour chrétien peut surmonter une épreuve aussi destructrice que l'esclavage d'êtres humains.
La Case de l'oncle Tom est le roman le plus vendu du et le second livre le plus vendu de ce même siècle, derrière la Bible. On considère qu'il aida à l'émergence de la cause abolitionniste dans les années 1850. Dans l'année suivant sa parution, exemplaires furent vendus aux États-Unis. L'impact du roman est tel qu'on attribue à Abraham Lincoln ces mots, prononcés lorsqu'il rencontre Harriet Stowe au début de la guerre de Sécession :
Le roman, et encore plus les pièces de théâtre qu'il inspira, contribuèrent également à la création de nombreux stéréotypes concernant les Noirs, dont beaucoup persistent encore aujourd'hui. Pour citer l'exemple de la mammy, servante noire placide et affectueuse, des enfants noirs à moitié habillés aux cheveux en bataille, et de l'oncle Tom, serviteur dévoué et endurant, fidèle à son maître ou sa maîtresse blancs. Plus récemment, les associations négatives avec le roman ont, dans une certaine mesure, éclipsé l'impact historique de La Case de l'oncle Tom en tant que livre antiesclavagiste.
Inspiration et références Harriet Stowe écrit ce roman en réponse à l'adoption en 1850 du second Fugitive Slave Act, qui entend punir ceux qui aident les esclaves fugitifs en diminuant leurs droits ainsi que ceux des esclaves libérés. La majeure partie du livre est écrite à Brunswick dans le Maine où le mari de Harriet, Calvin Ellis Stowe, enseigne au Bowdoin College.
Pour écrire La Case de l'oncle Tom, Stowe s'inspire en partie de l'autobiographie de Josiah Henson, un Noir qui vécut et travailla dans une plantation de tabac de ² appartenant à Isaac Riley et située à North Bethesda dans le Maryland. Henson échappe à l'esclavage en 1830 en s'enfuyant dans la province du Haut-Canada (à présent l'Ontario), où il aida d'autres esclaves à s'échapper et à devenir autonomes, et où il écrivit ses mémoires, - et probablement encore plus de l'autobiographie de Frederick Douglass. Lorsque l'œuvre de Stowe devint célèbre, Henson publia à nouveau ses mémoires sous le titre Les Mémoires de l'oncle Tom, et voyagea aux États-Unis et en Europe.
Le roman de Stowe a donné son nom à la demeure de Henson, devenue Uncle Tom's Cabin Historic Site, près de Dresden, en Ontario, et transformée en musée depuis les années 1940. La véritable cabane dans laquelle Henson vécut lorsqu'il était esclave existe toujours dans le comté de Montgomery, dans le Maryland.
American Slavery As It Is: Testimony of a Thousand Witnesses, un livre coécrit par Theodore Dwight Weld et les sœurs Angelina et Sarah Grimké, est également à l'origine d'une partie du contenu du roman. Stowe affirma également avoir fondé son livre sur des entretiens avec des esclaves fugitifs, rencontrés lorsqu'elle vivait à Cincinnati dans l'Ohio, ville proche du Kentucky qui était alors un état esclavagiste. Le chemin de fer clandestin avait des sympathisants abolitionnistes à Cincinnati. Ce réseau aidait activement les esclaves à s'échapper des États du Sud.
Harriet Stowe mentionne une partie des sources d'inspiration utilisées pour son roman dans A Key to Uncle Tom's Cabin, publié en 1853. C'était sa réponse à ses détracteurs, ceux qui affirmaient que La Case de l'oncle Tom, en tant que récit de l'esclavage, était totalement fausse, ou du moins largement exagérée. Parallèlement, la défense de son roman l'a amenée à formuler une critique de l'esclavage dans le Sud plus virulente que celle présente dans le roman lui-même. Cependant, des études ultérieures ont tenté de démontrer que Stowe ne lut la plupart des œuvres mentionnées qu'après la publication de son livre.
Publication La Case de l'oncle Tom est d'abord publié en feuilleton de 40 épisodes dans le National Era, un journal abolitionniste, à partir du . Au vu de la popularité de l'histoire, l'éditeur John Jewett propose à Harriet Stowe de transformer le feuilleton en roman pour une publication en volume. Bien que Stowe n'était pas du tout certaine que La Case de l'oncle Tom serait lu une fois publié en volume, elle consentit finalement à cette requête. Convaincu que le livre serait aimé par le public, Jewett prend la décision (inhabituelle pour l'époque) de faire graver pour la première édition six illustrations pleine page par Hammatt Billings. Publié en volume le , le roman est bientôt épuisé et d'autres éditions sont imprimées peu après (en particulier une édition de luxe en 1853, comptant 117 illustrations de Hammatt Billings).
Pendant sa première année de publication, exemplaires de La Case de l'oncle Tom sont vendusGeoffrey Wheatcroft, "The Cousins' War: review of Amanda Foreman, 'A World on Fire'", New York Times Book Review, 3 juillet 2011, p. 1. Le livre est traduit dans de nombreuses langues et devient finalement le deuxième livre le plus vendu après la Bible.
La Case de l'oncle Tom se vend également bien en Grande-Bretagne, où la première édition est publiée en et s'écoule à exemplaires. En quelques années, plus de 1,5 million d'exemplaires sont mis en circulation en Grande-Bretagne, la plupart étant des copies illégales (le même phénomène eut lieu aux États-Unis). Certaines des premières éditions contiennent une introduction par le révérend James Sherman, ministre du culte protestant londonien, bien connu pour ses convictions abolitionnistes. Résumé Elisa s'enfuit avec son fils, Tom est vendu sur le Mississippi
Au , dans le Kentucky, État sudiste, M. Shelby, riche planteur, et son épouse, Emily, traitent leurs esclaves avec bonté. Mais le couple craint de perdre la plantation pour cause de dettes et décide alors de vendre deux de ses esclaves : Oncle Tom, un homme d'âge moyen ayant une épouse et des enfants, et Henry, le fils d'Elisa, servante d'Emily. Cette idée répugne à Emily qui avait promis à sa servante que son fils ne serait jamais vendu ; et le fils d'Emily, Georges Shelby, ne souhaite pas voir partir Tom qu'il considère comme un ami et un mentor.
Lorsqu'Elisa surprend M. et Shelby en train de discuter de la vente prochaine de Tom et Henri, elle décide de s'enfuir avec son fils. Le roman précise que la décision d'Elisa vient du fait qu'elle craint de perdre son unique enfant survivant (elle a déjà perdu deux enfants en couches). Elisa part le soir même, laissant un mot d'excuse à sa maîtresse.
Pendant ce temps, Oncle Tom est vendu à Augustin St. Clare et embarque sur un bateau qui s'apprête à descendre le Mississippi. À bord, Tom rencontre une jeune fille blanche nommée Evangeline, qui est la fille de son maître, et se lie d'amitié avec elle. Lorsque Eva tombe à l'eau, Tom la sauve. Pour le remercier, le père d'Eva lui donne des biscuits.
La famille d'Elisa est pourchassée, tandis que Tom vit chez les St. Clare
Au cours de sa fuite, Elisa retrouve son mari Georges Harris, qui s'était échappé de sa plantation auparavant. Ils décident d'essayer de gagner le Canada. Ils sont cependant poursuivis par un chasseur d'esclaves nommé Tom Loker. Loker finit par piéger Elisa et sa famille, ce qui conduit Georges à tirer sur Loker. Ne souhaitant pas que Loker meure, Elisa convainc Georges d'amener le chasseur d'esclaves jusqu'à un village quaker proche pour qu'il y soit soigné.
De retour à La Nouvelle-Orléans, Augustin St. Clare discute de l'esclavage avec sa cousine nordiste Ophelia qui, bien qu'opposée à l'esclavage, a cependant des préjugés contre les Noirs. St. Clare considère que lui n'a pas de préjugés, bien que possédant des esclaves. Dans une tentative pour montrer à Ophelia que ses idées concernant les Noirs sont erronées, il achète Topsy, une jeune esclave noire, et demande à Ophelia de l'éduquer.
Deux ans après que Tom fut arrivé chez les St. Clare, Eva tombe gravement malade. Avant de mourir, elle a une vision du paradis, qu'elle partage avec les personnes qui l'entourent. En conséquence de cette vision et de la mort d'Eva, les autres personnages décident de modifier leur manière de vivre : Ophelia promet de se débarrasser de ses préjugés contre les Noirs, Topsy de s'améliorer et Augustin St. Clare d'affranchir (libérer) l'oncle Tom. Tom est vendu à Simon Legree Augustin St. Clare est poignardé en entrant dans une taverne de La Nouvelle-Orléans et meurt avant de pouvoir tenir sa promesse. Sa femme revient sur la promesse de son mari décédé et vend Tom aux enchères à un propriétaire malveillant nommé Simon Legree. Legree, originaire du nord, emmène Tom dans une région rurale de la Louisiane, où Tom fait la connaissance des autres esclaves de Legree, et en particulier d'Emmeline, que Legree a achetée en même temps que Tom. La haine de Legree pour Tom naît lorsque celui-ci refuse son ordre de fouetter un autre esclave. Legree bat sauvagement Tom, et décide de broyer la foi en Dieu de son nouvel esclave. Cependant, malgré la cruauté de Legree, Tom refuse de cesser de lire sa Bible et de réconforter les autres esclaves. À la plantation, Tom rencontre Cassy, une autre esclave de Legree, qui a été séparée de son fils et de sa fille lorsque ceux-ci ont été vendus ; incapable de supporter la vente d'un autre de ses enfants, elle a tué son troisième.
Tom Loker fait à ce moment sa réapparition dans l'histoire ; à la suite de sa guérison par les quakers, il a profondément changé. George, Elisa et Henry ont obtenu leur liberté après être parvenus au Canada. En Louisiane, l'oncle Tom succombe presque au désespoir alors que sa foi en Dieu est mise à l'épreuve par les rigueurs de la plantation. Il a cependant deux visions, une de Jésus et une d'Eva, qui renouvellent sa détermination à rester un chrétien fidèle, même si sa vie est en jeu. Il encourage Cassy à s'enfuir, ce qu'elle fait en emmenant Emmeline avec elle. Lorsque Tom refuse de révéler à Legree leur destination, ce dernier ordonne à ses employés de tuer Tom. Alors qu'il est mourant, Tom pardonne aux employés de l'avoir battu. Impressionnés par la personnalité de l'homme qu'ils ont tué, les deux hommes deviennent chrétiens. Juste avant la mort de Tom, Georges Shelby, le fils d'Arthur Shelby (le maître original de Tom), apparaît pour acheter la liberté de Tom, mais se rend compte qu'il arrive trop tard. Dernière partie Sur le bateau qui les emmène vers la liberté, Cassy et Emmeline rencontrent la sœur de Georges Harris et l'accompagnent au Canada. Une fois arrivée, Cassy découvre qu'Elisa est sa fille, qui avait été vendue enfant et dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis. Leur famille enfin reconstituée, ils partent pour la France puis finalement pour le Liberia, nation africaine créée pour les anciens esclaves d'Amérique, où ils retrouvent le fils de Cassy, également perdu de vue depuis longtemps. Georges Shelby retourne dans sa plantation du Kentucky et libère tous ses esclaves, en leur disant de se souvenir du sacrifice de Tom et de sa foi dans la véritable signification du christianisme.
Personnages principaux L'oncle Tom