Candida Höfer, née le à Eberswalde en Allemagne, est une photographe conceptuelle allemande.
Élève émérite de l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, elle est spécialiste des photographies grand format, dont elle est considérée comme l'une des pionnières, représentant des intérieurs souvent vides qui capturent la psychologie de l'architecture sociale.
Biographie Candida Höfer commence sa formation à l'École des beaux-arts de Cologne avant d'étudier le cinéma avec Ole John, puis de suivre les cours de Bernd et Hilla Becher à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf de 1973 à 1982.
Elle est reconnue comme l'une des grandes élèves de l'École de Düsseldorf, aux côtés de Andreas Gursky, Axel Hütte ou Thomas Ruff. Aujourd'hui, l'artiste vit et travaille à Cologne.
Œuvre
Premiers travaux
Avant de se consacrer principalement aux espaces intérieurs, Candida Höfer pratique le portrait et la photographie de rue. En 1968, elle réalise notamment à Liverpool une série de portraits de poètes ainsi que des vues en noir et blanc de la ville et de ses transformations architecturales.
Au cours des années 1970, elle entreprend une série consacrée aux travailleurs immigrés turcs vivant en Allemagne. Réalisées dans les rues, les commerces, les logements et les lieux de sociabilité, ces photographies s'intéressent à la présence des populations immigrées dans l'espace urbain et aux transformations visibles de la société allemande. Cette série, généralement désignée sous le titre Türken in Deutschland (« Turcs en Allemagne »), est présentée pour la première fois en 1975.
Photographies d'espaces publics
À partir de la fin des années 1970, Candida Höfer commence à photographier en couleur des espaces publics ou semi-publics : bibliothèques, musées, théâtres, opéras, salles de concert, universités, palais, hôtels, banques ou jardins zoologiques. Elle évite généralement les espaces domestiques et privilégie des lieux conçus pour accueillir, instruire, divertir ou organiser des groupes humains.
Ces lieux sont le plus souvent photographiés en dehors de leurs heures d'ouverture et apparaissent dépourvus de visiteurs. L'absence de figures humaines ne supprime toutefois pas toute trace d'usage : le mobilier, les rangées de sièges, les vitrines, les dispositifs de circulation ou les systèmes de classement témoignent de la fonction sociale des bâtiments. Ses photographies attirent ainsi l'attention sur la manière dont l'architecture organise les comportements, distribue les individus dans l'espace et met en scène le savoir, la culture ou le pouvoir.
Höfer construit fréquemment ses images à partir d'un point de vue frontal ou légèrement décentré. La répétition des formes, la profondeur des perspectives, les symétries et la lumière existante rendent perceptibles aussi bien l'organisation générale du lieu que ses détails décoratifs. À la différence de Bernd et Hilla Becher, dont le travail repose largement sur la constitution de typologies, elle ne cherche pas à appliquer un protocole de prise de vue strictement identique à chaque bâtiment. Ses photographies peuvent être envisagées comme des portraits individuels d'espaces, attentifs à leur fonction, à leur histoire et aux transformations successives de leur architecture.
Les œuvres sont généralement désignées par le nom de l'institution ou du bâtiment photographié, suivi de la ville, d'un numéro et de l'année de réalisation. Ce système de titrage descriptif maintient une forme de neutralité tout en inscrivant chaque image dans un lieu et un moment précis.
Séries et commandes institutionnelles
Candida Höfer réalise plusieurs ensembles consacrés à une même institution ou à un même territoire. En 2005, elle photographie les salles du musée du Louvre alors qu'elles sont vides. La série comprend dix-huit photographies de très grand format, montrées au Louvre lors d'une exposition organisée en 2006-2007.
Son travail ne se limite pas aux architectures monumentales. Certaines séries portent sur des lieux plus fonctionnels ou moins prestigieux, tandis que d'autres représentent des réserves, des couloirs, des espaces de stockage ou des parties habituellement soustraites au regard du public. Cette diversité permet de rapprocher des institutions de nature différente et de mettre en évidence les formes par lesquelles elles classent, exposent et conservent les objets.
En parallèle de ses photographies d'architecture, elle réalise également des séries consacrées aux jardins zoologiques. Les animaux y apparaissent dans des décors artificiels construits pour évoquer des environnements naturels. Ces travaux prolongent sa réflexion sur les espaces institutionnels et sur les relations entre présentation, classification et regard.
Reconnaissance internationale
En 2002, Candida Höfer participe à la Documenta 11 de Cassel. L'année suivante, elle représente l'Allemagne à la Biennale de Venise, aux côtés de Martin Kippenberger, dans une exposition conçue par le commissaire Julian Heynen autour de la question de l'espace.
En 2022, l'exposition Bild und Raum. Candida Höfer im Dialog mit der Fotosammlung der Kunstbibliothek, organisée au Museum für Fotografie de Berlin, réunit environ quatre-vingt-dix œuvres réalisées entre 1980 et le début des années 2020. La confrontation de ses photographies avec des œuvres historiques de la collection souligne l'inscription de son travail dans l'histoire de la photographie d'architecture, tout en mettant en évidence son approche particulière des espaces institutionnels. Reconnaissance et distinctions Sa première distinction, le lui est remis en 1987.
L'artiste reçoit aussi l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, en 2015. La même année, elle est également lauréate du Cologne Fine Art Prize en 2015.
Enfin, en 2018, c'est le Sony World Photography Awards qui lui est remis pour honorer l'ensemble de sa carrière et son apport à la photographie contemporaine.
Expositions personnelles (sélection) Offentliche Innenraume 1979-1982, Museum Folkwang, Essen, 1982.
Fotografien, Kunstverein Bremerhaven, Bremerhaven, 1989.
Candida Höfer. Photographie ; Kunstverein Wolfsburg, Wolfsburg, du au .
Candida Höfer. Orte Jahre Photographien 1968-1999, Kunsthalle Nurnberg, Nuremberg, 2000.
Candida Höfer: Photographs, Michigan Avenue Galleries, Chicago, 2005.
Candida Höfer: Baltimore, The Baltimore Museum of Art, Baltimore, du au .
Candida Höfer: Memory, musée de l'Ermitage, Saint-Petersburg, 2015.
Candida Höfer, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin, du au .
Candida Höfer en México, Museo Amparo, Puebla, du au .
Son travail est aussi exposé lors de la Le Biennale de Venise en 2003.
Collections publiques Les photographies de Candida Höfer font partie des collections de plusieurs grandes institutions étrangères parmi lesquelles :
Jewish Museum, New York. Solomon R. Guggenheim Museum, New York. Museum of Modern Art, New York. International Center for Photography, New York. San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco. Tate Modern, Londres.
Quelques œuvres sont aussi présentes dans des musées français tels qu'au :
Musée national d'Art moderne - Centre Georges-Pompidou Centre national des arts plastiques Frac Île-de-France
Publications
Articles
Avec Liesbeth Bik, Jos van der Pol, Luísa Cunha, Penelope Curtis et Jyrki Siukonen, « Library Users: A Virtual Debate Among Artists on How and Why Libraries Matter to Them », Perspective, 2 | 2016, 29-38 [mis en ligne le 30 juin 2017, consulté le 31 janvier 2022. URL : http://journals.openedition.org/perspective/6762 ; DOI : https://doi.org/10.4000/perspective.6762].
Références
Liens externes
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