vignette|Logotype "Sol de Miró", image représentative de la marque Espagne depuis 1983. Le tourisme est un facteur économique important en Espagne. Dès 1962, le pays développe le tourisme de masse grâce à une campagne : « España es diferente ». Après la mort de Franco, l'Espagne devient la deuxième destination touristique au monde après la France. D'après l'organisation mondiale du tourisme, plus de 80 millions de touristes par an se rendent en Espagne. L'activité a généré 200.699 millions d'euros en 2024, soit 12,6% du PIB. Cependant, elle se classe première en termes de séjours hôteliers, avec 299 millions de nuits. Certains grands évènements ont contribué à l'augmentation du tourisme dans les années 90: la célébration du cinq centième anniversaire de la découverte de l'Amérique (1492), les Jeux Olympiques de Barcelone y l'Exposition Universelle de Séville (1992).

Les principales destinations touristiques en Espagne sont la Catalogne, suivie des îles Canaries et des îles Baléares, et des régions d' Alicante et Málaga. Les villes qui attirent le plus de touristes sont Barcelone, Madrid, Valence et Séville. D’autres villes sont très visitées: Saint-Jacques-de-Compostelle, La Corogne, Vigo, Cordoue, Grenade, Cadix, Almería, Salamanque, Léon, Ségovie, Bilbao, Saint-Sébastien, Murcie, Oviedo, Gijón et Tolède.

Différentes formes de tourisme trouvent leur place en Espagne. Certains endroits sont surtout visités pour leurs plages et leur climat chaud et ensoleillé. La capacité touristique dans les zones côtières est importante, en termes d'hôtels, restaurants et locations saisonnières. C'est le cas de la Costa de la Luz et de la côte valencienne, ainsi que des îles Canaries et des Baléares.

Mais certaines régions plus fraîches attirent aussi pour leur beauté, comme les Rías Baixas, la côte cantabrique ou les Picos de Europa au nord de l'Espagne.

L’Espagne présente plus généralement un patrimoine historique et culturel riche. Les randonneurs parcourent le chemin de Saint-Jacques, et de nombreux visiteurs sont attirés par des manifestations festives comme San Fermin à Pampelune. Quant au patrimoine culturel, historique, architectural, il est omniprésent sur tout le territoire espagnol et attire un nombre croissant de touristes, en particulier en Andalousie, Estrémadure, Castille-et-Léon et Castille-La Manche.

Le très riche patrimoine gastronomique contribue lui aussi à l'attrait touristique du pays, avec des plat typiques comme le gazpacho, la paella, le cocido madrileño, la fabada, le jambon ibérique, les fruits de mer et le poisson. L'huile d'olive, dont l'Espagne est le premier producteur mondial, est aussi très appréciée.

Histoire du tourisme en Espagne

XXe siècle Le développement touristique de l'Espagne dans la seconde moitié du XXe siècle a été un facteur clé dans la transformation économique et sociale du pays. Entre les années 1950 et la fin du XXe siècle, l'Espagne est passée d'un pays essentiellement agricole, avec une économie fermée, à l'une des principales puissances touristiques du monde. Cela s'est fait en grande partie sous l'impulsion de l'État, pendant la dictature franquiste et les premières années de la démocratie. Le Ministère de l'Information et du Tourisme, créé en 1951 sous le régime de Franco, fut chargé de sa promotion. La création de l'image touristique de l'Espagne a réussi à mobiliser des touristes, au niveau national et international. Les pôles d'attraction touristiques ont été fixés dans des zones comme la Costa Brava ou la Costa del Sol en Andalousie, mais il y eut aussi une certaine activité touristique dans d'autres régions, comme les Asturies.

Ouverture vers l'extérieur (1957-1966) vignette|Plage de Benidorm vers 1960. L'ouverture du secteur touristique espagnole a lieu dans le cadre de l'expansion économique européenne de l'après-guerre et, pour l'Espagne, la transition de l'autarcie à la libéralisation. La politique touristique est dotée d'un ministère de l'Information et du Tourisme en 1951, et en 1962 sont créés un sous-secrétariat au Tourisme et l'Institut d'Etudes Touristiques, afin de doter l'action publique d'un outil d'information et d'analyse systématique.

Le tournant a été un résultat du Plan de Stabilisation de 1959, qui a ouvert l'économie à l'extérieur et facilité l'essor de ce qu'on a appelé le miracle économique espagnol. Entre 1951 et 1961, le nombre de visiteurs est passé de 1,26 à 7,45 millions, et en 1973 il a atteint 31,6 millions, avec un tourisme de masse basé sur la standardisation du produit et le développement des transports en charters.

Ces années-là ont vu se consolider un cadre juridique et administratif avec la Loi de compétences en matière de tourisme (1963), la Loi de Centres et Zones d'Intérêt Touristique National (1963) et le Statut ordonnateur des entreprises et activités touristiques privées (1965), fixant des règles communes pour le secteur.

Le modèle de croissance s'appuyait sur des formules vendues à l'origine par des tour opérateurs européens, avec un usage intensif des vols charters, ce qui a apporté une régularité de la demande et a permis des économies d'échelle; mais la commercialisation était très soumise à des intermédiaires. L'Administration a tenté d'endiguer le processus par des instruments de planification et par des campagnes de promotion à l'extérieur (comme le slogan "Spain is different", à partir de 1964). La littérature spécialisée souligne aussi des traits structurels de cette période, comme la saisonnalité et la concentration littorale de l'offre, en particulier dans les îles Baléares, la Costa Brava et la Costa del Sol.La faiblesse du capitalisme espagnol, ainsi que le manque de confiance du secteur financier espagnol envers le tourisme, qu'ils considéraient comme un phénomène conjoncturel et dont ils sous-estimaient le potentiel, ont fait que les capitaux qui ont financé la croissance de l'offre hôtelière "soleil et plage" fussent en majorité étrangers, ce qui a amené une dépendance du tourisme envers les opérateurs touristiques étrangers. L'absence du capital financier espagnol dans le développement touristique de l'époque était criante. La seule préoccupation des acteurs économiques était l'obtention du plus gros volume possible de devises pour pouvoir mener à bien la modernisation industrielle de l'Espagne. Les coûts sociaux et environnementaux d'une croissance touristique extrêmement rapide, et le manque de planification ainsi que la quasi-absence de contrôle d'aucune sorte, sont des aspects négatifs qui ont pesé lourdement sur les côtes espagnoles. Le manque de contrôle de cette croissance s'est fait sentir également sur le développement touristique ultérieur, qui a présenté toutes les caractéristiques d'une exploitation de matières premières - dans ce cas le soleil et la plage - propres à une économie dépendante.

Développement (1964 - 1973) vignette|Le port d'Ibiza en 1965. C'est à cette époque que se produit le développement de la législation touristique. On a appelé cela la "planification non planifiée". Comme l'objectif était de stimuler la croissance de l'offre pour attirer plus de touristes et, par conséquent, plus de devises, aucune autre considération n'a été prise en compte au-delà de celles strictement quantitatives de la croissance. Et pour y arriver les obstacles d'urbanisme qui freinaient ou limitaient l'accroissement de l'offre touristique ont été éliminés. La Loi du Sol en vigueur était un obstacle, et Fraga, ministre du Tourisme, a cherché une formule dans la Loi des Centres et Zones d'Intérêt Touristique. Cette norme, qui a permis d'assouplir la réglementation et de stimuler les investissements nationaux ou étrangers dans des biens immobiliers à usage touristique, fut à son tour responsable des nombreux débordements urbanistiques commis dans ces années-là, avec notamment une bétonisation de la côte méditerranéenne.

Dans le domaine économique, cela a mené à une plus grande exploitation du tourisme balnéaire "sol y playa", qui ne fut pas aussi productive qu'elle aurait pu l'être à cause d'une forte dépendance de l'offre hôtelière espagnole des tour opérateurs étrangers. Les Lois des Côtes et Ports de Plaisance ont permis la privatisation du domaine public littoral. À la fin de la période, dans les années 70, apparaissent les premiers symptômes d'une timide réorientation territoriale de la politique touristique en vue de procéder à une certaine planification de l'espace; il s'agit d'une constatation des excès du passé qui commençaient à se faire sentir.

La transition politique (1974 - 1977)

Avec la transition vers la démocratie, une réorientation se produit. Le ministère de l'Information et du Tourisme est dissous (intégré dans le ministère du Commerce) et un Secrétariat d'État au Tourisme est créé. Ce changement administratif va de pair avec une nouvelle conception du tourisme, qui n'est plus instrumentalisé par la politique. Des "Territoires d'usage touristique préférentiel" sont déclarés, un règlement des agences de voyages est établi. Dans le domaine économique, on assiste à une libéralisation des investissements étrangers et à un soutien financier à la modernisation des entreprises, le jeu est dépénalisé et l'investissement étranger dans le jeu est régulé, des concours mixtes sont créés pour l'obtention de subventions et de crédits pour des groupes d'entreprises touristiques.

Face au constat de l'obsolescence et du manque de capitaux de l'infrastructure hôtelière, des Plans de modernisation hôtelière sont créés. Cette situation était liée à la dépendance du tourisme espagnol vis-à-vis des tour opérateurs étrangers. De nombreux lieux de vacances réputés faisaient face à des problèmes de saturation touristique. Malgré les difficultés, à cette période sont jetées les bases de la rénovation touristique espagnole, poursuivie ensuite par les gouvernements successifs et par certaines communautés autonomes dans les années suivantes. Cette nouvelle vision du tourisme donne la priorité aux problèmes du secteur: la nécessité de la rénovation de l'équipement et du renforcement des entreprises à travers l'amélioration de leurs structures organisationnelles et financières.

La construction de l'État des autonomies (1978-1985) Pendant cette période a lieu le transfert de compétences en matière touristique aux communautés autonomes, qui s'organisent en s'adaptant à leurs caractéristiques socio-culturelles, économiques et territoriales, avec l'inconvénient de la perte d'homogénéité de la législation en vigueur jusque là. En même temps une nouvelle administration touristique centrale est organisée, qui aborde la gestion du tourisme comme celle d'un secteur exportateur et, par conséquent, d'appui à son commerce extérieur, tout en éliminant les obstacles bureaucratiques qui avaient fini par corseter le fonctionnement du marché libre dans les différentes activités touristiques. L'Institut de Promotion du Tourisme en Espagne est créé et la législation du littoral commence à récupérer le domaine public. Les Pactes de la Moncloa incluent des mesures de soutien au tourisme.

À cette période apparaissent de nouveaux éléments de politique touristique comme réponse aux changements culturels observés dans le monde occidental et en Espagne. La qualité des infrastructures touristiques commence à prendre le pas sur la quantité, et une nouvelle préoccupation pour le patrimoine environnemental collectif (littoral, montagne ou vieux centres urbains) apparaît, avec une attention accrue portée à une jouissance touristique "ordonnée et judicieuse" de la nature.

L'entrée complète de l'Espagne dans la modernité (1986-actuellement)