vignette|Itinéraire de randonnée pédestre en montagne, à proximité du glacier du Tour.
La randonnée pédestre est une activité physique dérivée de la marche à pied qui s'effectue dans la nature, seul ou en groupe, en suivant un itinéraire, balisé ou non. C'est à la fois un sport et un loisir de découverte et de contemplation.
Définition et déclinaisons La randonnée pédestre est une promenade sportive qui s'effectue à pied, généralement sur des sentiers dans la nature, en plaine comme en montagne.
Sa durée est extrêmement variable : de la randonnée de quelques heures, à la grande randonnée de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Ce n'est pas une activité de compétition, contrairement au trail ou la course d'orientation par exemple. Le degré de préparation et le matériel nécessaire varient fortement en fonction du milieu, de la difficulté de l'itinéraire et de la durée.
Elle se décline en diverses pratiques : la randonnée « à la journée », terme pour désigner une sortie de quelques heures sur des sentiers généralement balisés, avec un sac à dos contenant un fond de sacLe fond de sac, www.reussirmarandonnee.fr, équipement de base permettant de faire face à un imprévu (changement soudain de météo, immobilisation sur le terrain), la nourriture, l'eau, éventuellement carte, etc. La sortie peut être complétée d'une nuit sur le terrain dans des infrastructures (refuges) ou en « autonomie » ; cette activité peut revêtir plusieurs formes : la randonnée nordique sur terrain nordique ou sur terrain alpin, la randonnée alpine enneigée, la randonnée de proximité sur circuit enneigé balisé, aménagé, sécurisé, etc. Selon l'activité, il s'avère nécessaire d'adapter l'encadrementExtraits de la règlementation des activités de marche et de randonnée, mémento fédéral de la fédération française de randonnée, juin 2020 ; la randonnée en autonomie, lorsque le randonneur doit porter tout ce dont il a besoin, notamment pour se nourrir et pour bivouaquer ; le « trekking », terme anglo-saxon désignant la randonnée itinérante qui s'adresse généralement à des randonneurs expérimentés et pouvant traverser des zones difficiles d'accès ou physiquement exigeantes (montagne, désert, etc.) et se déroulant sur plusieurs jours ;
vignette|Trekking à Salta (Argentine).
la « marche afghane » est une technique de marche utilisée lors de randonnées. Elle consiste à synchroniser sa respiration sur ses pas ; la respiration s'effectue par le nez. Divers rythmes sont proposés en fonction des objectifs des marcheurs et des différents types de terrain ; la marche d'endurance : plus dynamique que la randonnée pédestre traditionnelle, elle s'effectue sur de longues distances, à allure régulée. Elle peut durer une journée ou davantage ; la « marche nordique » est une forme de randonnée pédestre de courte durée et qui utilise des bâtons de marche spécifiques permettant une marche rapide. La gestuelle, particulière, permet en outre de tonifier le haut du corps (épaules, bras, dos) ; le « ». (randonnée rapide) se distingue de la randonnée contemplative par un rythme de marche plus soutenu alternant parfois avec des pas de course. Elle se pratique sur des sentiers balisés ou non avec le même équipement que la randonnée classique, avec un sac léger pour la demi-journée, voire journée. Certaines enseignes commencent à commercialiser du matériel spécifique à cette discipline (chaussures). Le fast hiking, qui se situe entre la randonnée contemplative et le trail, peut donner lieu à des compétitions ; la « marche ultra-légère » qui est un courant de la randonnée pédestre qui vise à réduire le poids du sac ; le « fastpacking » (randonnée rapide avec sac léger) qui est une discipline relativement confidentielle, version extrême de la randonnée qui privilégie vitesse, légèreté et autonomie avec matériel de bivouac sur de longues distances ; le « thru-hiking » (randonnée longue distance ou intégrale), activité qui se déroule sur de très longues distances (4000, 5000 km voire davantage) sur des durées pouvant dépasser les six mois. Elle est pratiquée notamment aux États-Unis mais aussi en France où les adeptes, par exemple, traversent l'Hexagone par les sentiers de grande randonnée (GR) et poursuivent leur périple en Corse sur le GR 20.
D'autres types de randonnée font appel à d'autres équipements ou modes de locomotion : randonnée glaciaire, randonnée asine, randonnée équestre, à vélo, à ski, en raquette à neige, en patin à roulettes, randonnée aquatique ou subaquatique, etc.
La randonnée pédestre se différencie de l'alpinisme, de la spéléologie, de l'escalade, des via ferrata et du canyonisme, activités qui se pratiquent sur des terrains nécessitant des techniques de progression et un matériel spécifiques.
Dans une démarche d'autonomie totale avec utilisation des seules ressources naturelles, certains pratiquants associent à cette discipline les techniques du bushcraft.
Il existe une catégorie particulière de randonnée, que l'on appelle randonnée hors-piste ou bushwhacking, dans laquelle il n'y a pas de sentiers, ni parcours balisés officiels. Ce type d'activité nécessite des outils et des connaissances en orientation, ainsi que des capacités à naviguer en terrains souvent inhospitaliers, tels que de la forêt dense, broussailles et marécages.
Étymologie vignette|Groupe de randonneurs dans le Vexin français, à proximité d'Aincourt.
Le terme randonnée (randonee) est d’abord attesté vers 1135 au sens d’ « assaut, course impétueuse » (Couronnement Louis, éd. Y.-G. Lepage, réd. AB, 1076)Site du CNRTL : étymologie de randonnée (lire en ligne sur CNRTL). Dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française en 1694, il se réfère à la . Ensuite en 1762, au sens de . Dans la cinquième édition de 1798, il veut dire « course, promenade longue et ininterrompue » : .. Le Littré (1872-1877) donne comme explication : , randon désignant .. Il est devenu usuel à la fin du et il s'est spécialisé en sport au pour une marche en pleine nature sur des sentiers, notamment balisésarticle Randonnée du Robert, Dictionnaire historique de la langue française, tome 3, Le Robert, 2012, ..
Il s'agit du participe passé féminin substantivé du verbe randonner (anciennement aussi randoner), attesté au au sens de « courir rapidement, impétueusement ». Un sens transitif « poursuivre avec impétuosité » a survécu dans les parlers de Normandie et de Picardie avec la nuance de « courir après (qqn) en faisant du bruit » et « battre ».
Le verbe randonner est un dérivé à l'aide de la désinence -er, des locutions adverbiales de (grant) randon, a (grant) randon « avec rapidité, impétuosité » (1160-74, Wace, Roman de Rou, III, 4037), « à toute vitesse, avec force », formées avec le substantif randon « violence, jet impétueux et violent » (d'où l'anglais random > randomiser).
Randon est lui-même un dérivé en -on du radical rand- qui a également donné, avec la désinence verbale -ir, le verbe randir « courir avec rapidité, impétuosité » (av. 1188, Partonopeus de Blois, 8084 ds T.-L.) et « courir, galoper ». L'étymologie généralement admise est celle d’un étymon vieux bas francique, le substantif *rant / *rand « course »Albert Dauzat, Henri Mitterand, Jean Dubois, Nouveau dictionnaire étymologique Larousse, éditions Larousse 1980, p. 630b., déverbal apparenté aux verbes néerlandais rennen (passé rende), allemand rennen (passé rannte) et anglais run (passé ran).
Histoire Pionniers Dès 1778, Thomas West, un prêtre anglais, produit un guide pour promouvoir la marche dans le Lake District..
Un des pères de la randonnée et de l'alpinisme est Horace-Bénédict de Saussure (1740 – 1799) qui en plus d'atteindre le sommet du mont Blanc a également parcouru de nombreuses montagnes : le Jura, les Vosges, le Forez, le Vivarais.
Émergence d'une activité organisée vignette|Cabanes de secours sur un sentier en Nouvelle-Zélande. C'est au que la randonnée, au sens où nous la connaissons, apparaît. Elle se différencie de la marche, pratiquée depuis la nuit des temps comme moyen de locomotion, par son aspect récréatif. Le rapport au paysage et à la nature change pendant la période romantique, la marche étant initialement associée à la pauvreté et au vagabondage.
L'Allemand Karl Baedeker (1801–1859) édite des guides dans lesquels il décrit ses parcours pédestres. En France, en 1837, est publié le premier guide de randonnée dans la forêt de Fontainebleau : Quatre promenades en forêt de Fontainebleau. En 1842, Claude François Denecourt (1788–1875) trace son premier sentier dans cette même forêt. Les « sentiers Denecourt » existent toujours. Ainsi Denecourt écrit en 1839 pour définir ses vues :
En 1872, apparaît en Alsace le Club vosgien, qui balisera les sentiers dans le massif vosgien.
Essor au Les GR et le TMB L'intérêt croissant pour la randonnée entraîne la création et l'entretien de grands sentiers, comme le sentier des Appalaches ou le réseau de sentiers de grande randonnée (GR), apparu en France en 1947 puis exporté en Belgique dès 1959.
Les premiers clubs de randonnée font leur apparition, dont l'objectif est de promouvoir les activités culturelles et physiques.
Dès 1951, est réalisé le GR Tour du Mont Blanc et l’année suivante, les sentiers GR sillonnent près de 1000 km, tandis que Jean Loiseau (1896-1982) édite « Itinéraires de Corse », un recueil de parcours de montagne recouvrant une bonne part de l’actuel GR20Histoire du GR20 et hommage à Jean Loiseau et porte le projet d'entretenir et de baliser les sentiers en France.
En France, la randonnée pédestre est l'activité physique la plus pratiquée avec 27 millions d'adeptes recensés ayant pratiqué la randonnée ou la marche loisir au cours des douze derniers mois en 2021Avec 27 millions de pratiquants, la randonnée est le sport le plus pratiqué en France, www.ffrandonnée.fr, 17 mars 2022.
Nouvelles thématiques de la randonnée pédestre au Au , la randonnée pédestre s'intéresse à de nouvelles thématiques, telles que la gastronomie ou l'histoire, ainsi que la transhumance — qui a inspiré divers circuits de randonnée en Sardaigne —, ou encore, des parcours alternant traversée de sites panoramiques et passage sur les plages, et concernant plus généralement la randonnée dans les îles de Méditerranée.
Caractéristiques Niveaux de difficulté La difficulté d'une randonnée réside dans sa longueur (ou développé), son dénivelé, son altitude, la complexité du cheminement (qui sera plus ou moins facile à suivre) et dans la difficulté du terrain qu'elle parcourt.
Divers systèmes de cotation existent pour indiquer la difficulté du terrain, tel que celui développé par le Club alpin suisse :
T1 - Randonnée Sentier bien tracé. Terrain plat ou en faible pente, pas de risques de chute.
Exigences : Aucune, convient aussi pour baskets. L'orientation ne pose pas de problème, en général possible même sans carte.
T2 - Randonnée en montagne Sentier avec tracé ininterrompu. Terrain parfois raide, risques de chute non exclus.
Exigences : Avoir le pied assez sûr. Chaussures de trekking recommandées. Capacités élémentaires d'orientation.
T3 - Randonnée en montagne exigeante Sentier pas forcément visible partout. Les passages exposés peuvent être équipés de cordes ou de chaînes. Éventuellement, appui des mains nécessaire pour l'équilibre. Quelques passages exposés avec risques de chute, pierriers, pentes mêlées de rochers sans trace. Il faut avoir le pied très sûr, de bonnes chaussures de trekking et des capacités d'orientation dans la moyenne. Expérience élémentaire de la montagne souhaitable.
T4 - Randonnée alpine