La rue Saint-André-des-Arts est une rue située dans le quartier de la Monnaie du de ParisPhotos, cartes postales et plan de la rue Saint-André-des-Arts sur le site paris1900.lartnouveau.com..
Situation et accès
Elle est orientée est-ouest, de la place Saint-Michel à la rue Dauphine.
La rue Saint-André-des-Arts est desservie par les lignes de métro 4 et 10 aux stations Odéon et Saint-Michel. Elle est également accessible par les lignes de RER B et C.
Origine du nom Cette voie passait devant l'église Saint-André-des-Arts, à l'origine Saint-André-de-Laas, puis Saint-André-des-Arcs. La rue est nommée ainsi parce qu'on y vendait des arcs et des flèches selon Germain François Poullain de Saint-Foix.
Historique
Son tracé correspond à une partie de l’axe ouest de l'ancienne Lutèce, la ville romaine dont le centre se situait dans l'actuel Quartier latin (Luxembourg, Panthéon)..
Elle conduisait, à l'origine, de la porte de Buci, sur l'enceinte de Philippe Auguste, à la place Saint-André-des-Arts en passant devant l'ancienne église Saint-André-des-Arts.
Elle s'arrêtait au début à proximité de la rue des Grands-Augustins, là où se trouvait vraisemblablement une porte de l'enceinte de Louis VI.
Puis elle s'étendit jusqu'à la rue de la Contrescarpe-Dauphine où se situait la porte dite de Buci dont la destruction est ordonnée par un arrêt du Conseil du roi du .. Dans son prolongement hors les murs, elle s'appelait « rue du Pilori ».
Vers l'an 1000, un oratoire de ce lieu fut transformé en église à l'entrée d'une rue conduisant du Petit-Pont à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés en traversant le clos de Laas qui était un vignoble appartenant à cette abbaye, accensé et loti à partir de 1179. C'est à cette époque que furent percées les rues Saint-Germain (actuelle rue Saint-André-des-Arts), du Serpent (rue Serpente) des Petits-Champs (rue Mignon) et des Sachettes (rue Suger).
La paroisse Saint-André fut créée en 1211 par démembrement de la paroisse Saint-Sulpice dépendant de l'Abbaye-de-Saint-Germain sur une partie du territoire de cette paroisse à l'intérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste construite sur la rive gauche entre 1200 et 1211. Ses paroissiens étaient des marchands d'arcs et elle prit le nom de Saint-André des Arcs..
Vers 1280-1300, elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue Saint-Andri ».
Elle également appelée « rue de Laas » (avec la rue de la Huchette) car située sur le territoire dit clos de LaasFélix et Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris, 1855, , ., appartenant à l’abbaye et également « rue Saint-André de Laas ». L’abbé Hugues en aliéna une grande partie en 1479 ; ce lieu était déjà habité à cette époque.
Une déclaration passée par Fouret, prêtre et principal, Escomel, proviseur, Robert, Gachon, Tessier, Badon, Pajot, Mouton, Laurent, de Saint-Priest, Savoye et Chapuis, boursiers, rappelait que ces maisons étaient exemptes de cens par suite d'amortissement, à l'exception d'une seule donnant sur les deux rues de l'Hirondelle et rue Saint-André-des-Arts, à l'enseigne du Cheval-Noir.
L'autre partie est citée sous le nom de « rue Saint André » dans un manuscrit de 1636.
Un certain Joseph tenait vers 1670 un café au bout des rues du Pont Notre-Dame et Saint-André-des-Arts, qui ne marcha pas. Cette mode va réellement démarrer en 1689, avec Francesco Procopio dei Coltelli qui ouvre son échoppe, le Café ProcopePaulin et Le Chevalier, Tableau de Paris, Paris, 1852, chap. XXXVI, ..
Au , , sœur du compositeur Marc-Antoine Charpentier, habitait dans cette rue. Elle se rendait avec lui aux concerts que donnait toutes les semaines chez lui l'abbé Mathieu, curé de la paroisse et italianisteCatherine Cessac, Marc-Antoine Charpentier, musicien retrouvé, Éditions Mardaga, 2005, , ..
Nicolas Lémery vécut dans un immeuble de cette rue et y est mort, le .
L'ancienne église Saint-André-des-Arts fut vendue le et détruite en 1808 ; elle se trouverait aujourd’hui à l'emplacement la place de ce nomAu sujet de cette église, voir anonyme, « Nomination », Journal de Paris, 28 septembre 1777, , ; « Nominations », Journal de Paris, 18 octobre 1777, , ., à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, également détruite, dont il ne reste que l’église. Une statue de saint André, placée à l’angle de la rue André-Mazet, garde le souvenir de son emplacement. Cette niche vide en 1910 était jadis occupée par une statue de la Vierge.
La rue fut modifiée en 1836 et 1837, pour être achevée en 1853.
Nathalie Lemel, en arrivant à Paris en 1861, travaille chez Magnier, relieur dans cette rue.
Un des hôtels de cette rue fut celui de Saint-Agnan ou de Saint-Aignan. Il est possible que cet honneur fût dû à l'un des deux Beauvilliers, ducs de Saint-Aignan, successivement en faveur près de Louis XIV.
Le , à l’auberge du Louis d'Or, loge l'abbé Antoine Moreau (1625-1702) dit le « père des Pauvres », venu à Paris pour faire donation à sa sœur Anne de ses droits sur la succession de leur père Claude MoreauF. Monnier, mémoire de maîtrise, Université de Tours, éditeur ?, 1984..
Dans cette rue se trouvait également la Grande manufacture de souliers tenue par les frères cordonniers.
Dans cette rue demeura François-Alexandre de la Chenaye-Aubert (1699-1784) lorsqu'il résida à Paris au . Sa maison était située entre l'hôtel de Hollande et la rue des Grands-AugustinsPremière page de son Dictionnaire de la noblesse, Paris, 1772, ..
La rue subit de grandes transformations dans les années 1870.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
De la place Saint-André-des-Arts à la rue Gît-le-Cœur, il ne restait qu'une ou deux maisons des huit de ce pâté de maisons qui appartenait au collège d'Autun, dont on retrouve trace également rue de l’Hirondelle, en 1875. Ce sont les numéros actuels allant du 22 au 28. C'est sur cette place que se trouvait l'église Saint-André-des-Arts, bâtie en 1212 et remaniée profondément en 1660 ; elle fut démolie en 1807.
vignette|Plaque au en hommage au résistant Louis Desnos. Le : n'existe plus. Le peintre et graveur Charles Méryon y habita de 1848 à 1850. : en 1910, il restait encore les vieilles maisons jouxtant l'église Saint-André-des-Arts. : ancien hôtel d'Autun, propriété des évêques d'Autun, où Pierre Bertrand, évêque, fonda le collège d'Autun en 1337 et reçut quinze écoliers. Le , un prêtre du nom de Pierre Poncet assassina dans le collège le curé de Méru et son valet. Il fut arrêté, dégradé et brûlé vif après avoir eu le poing coupé. Devenu propriété de l'État, le collège sera transformé en 1767 en école gratuite de dessin, vendu le et démoli en 1823Paris à travers les âges, depuis Lutèce jusqu'à nos jours, Paris, 1879.. Immeuble avec deux boutiques à gauche de la porte d'entrée du et une à droite. Façade sur cinq étages dont le cinquième avec balcon, ferronneries pour les appuis de fenêtres dont sept en façade. Combles aménagés. Maison du président à mortier Lecoigneux, père de François Le Coigneux de Bachaumont. Charles Baudelaire et ses parents y demeurèrent vers 1828. Louis Ange Pitou y habita aussi. : immeuble avec petite porte d'entrée à gauche de laquelle se trouve une boutique en rez-de-chaussée. Trois étages avec une fenêtre encadrée de chaque côté par l'emplacement de fenêtre en aveugle. Décrochement en façade, sur la gauche vers la place Saint-André-des-Arts ; faisait partie du , l'ensemble formant l'hôtel de La Verrière. La maison en face (les 22-24) appartenaient au collège d'Autun. : ancienne propriété du collège d'Autun. Immeuble avec petite porte d'entrée à deux battants du , une boutique de chaque côté. Quatre fenêtres au premier et au deuxième étage, trois au troisième et combles aménagés. Appui de fenêtres en fer forgé au second sur trois fenêtres. : immeuble avec une petite porte d'entrée. Entresol, la boutique de droite fut autrefois un cabaret, dans la cave, que fréquentèrent Charles Baudelaire et Jeanne Duval. Appuis de fenêtres sur partie saillante en arrondi. Combles aménagés. Fenêtres de l'entresol dans des ouvertures en plein cintre. Faisait partie avec le de l'ancien hôtel de La Verrière, encore debout en 1875, avant de devenir la propriété de Du Fresne, seigneur du Cange, président trésorier de France, dont le fils fut l'historien glossateur Charles du Fresne, sieur du Cange. : ancienne propriété du collège d'Autun. Immeuble avec une petite porte d'entrée moderne, boutiques de chaque côté. Façade sur trois étages avec fenêtres rectangulaires hautes décorées de petits supports à volutes, sous chacune d'elles, avec un petit rebord en saillie, les dessus de fenêtres avec mascaron, coquille et autres ornementations. Belle façade ravalée. Combles aménagés. thumb|upright=0.8|, l'hôtel Duchesne (inscrit aux monuments historiques). : hôtel particulier, dit hôtel Duchesne ou encore maison des Trois Chapelets, . porte, balcon sur rue. Construit avant 1640 pour le compte d'André Duchesne (1584-1640) qui, originaire de la même région que Richelieu, deviendra, grâce à son appui, géographe et historien de Louis XIII. Il est mort écrasé par une charrette en 1640. La façade de cette bâtisse sera modifiée de façon notable en 1748 dans un style Louis XV. Au rez-de-chaussée, trois baies en plein cintre, dont deux ouvrent sur des boutiques, la troisième, au centre donnant sur l'entrée de l'hôtel. Cette façade est ornée par des rangées verticales de pilastres à refends formant un discret relief et donnent un parfait équilibre à l'ensemble. Au premier étage, la fenêtre en plein cintre est ornée d'un mascaron à tête de femme, avec des pendentifs en forme de poires et des feuillages latéraux, ouvrant sur un balcon galbé à monogramme central et une console végétale de style baroque. Les ferronneries du balcon et des fenêtres emploient des décors différents. Au centre du garde-corps du deuxième étage se trouve une palmette ajourée, motif très usité au . Quatre étages, combles mansardés. Cour pavée avec trois entrées d'escaliers. À l'Auberge des Trois-Chapelets, on mangeait pour 20 sols. : ancienne propriété du collège d'Autun. Immeuble du à pans coupés sur la rue Gît-le-Cœur. Boutique au rez-de-chaussée à gauche de la porte d'entrée surmontée d'un petit balcon, appui de fenêtre en ferronnerie. Trois fenêtres en façade sur cinq étages dont le cinquième avec un balcon. Combles aménagés. : un peu plus loin, une maison bourgeoise qui, sous Louis XIV, a appartenu à l'avocat Vitard de Passy. Avant 1789, elle était décorée des panonceaux du notaire Antoine-Marie-Henri Boulard, qui sera connu plus tard comme bibliophile et qui y exerça de 1782 à 1808, avant son fils Henri-Simon Boulard, notaire de 1808 à 1823, mais après son père Henri Boulard, notaire de 1745 à 1782, lui-même ayant racheté cette étude à maître Nicolas Henri SellierArchives de France Minutier central des notaires de Paris, étude N°LXXIII.. Façade en pierre de taille, fenêtres hautes au premier étage, trois fenêtres au second avec appui en fer forgé posé sur une partie en saillie aux bords arrondis. Boutique à gauche de la porte d'entrée. Combles mansardés.