Louis Henri Félix de Cazenave, né le à Saint-Georges-d'Aurac (Haute-Loire) et mort le à BrioudeTF1.fr, « L'avant-dernier poilu est décédé » « La France perd son avant-dernier poilu » sur Wikinews, le 21 janvier 2008., est du à sa mort le plus ancien et l'un des deux derniers poilus français encore vivants.

Avec le décès d'Aimé Avignon le , il devient également le doyen des hommes français. Par ailleurs, Louis de Cazenave est aussi le onzième homme le plus âgé du monde et le quatrième en Europe. Il est également le huitième homme français à franchir le cap des 110 ans.

Louis de Cazenave appartient à la famille de Cazenave de Libersac, maintenue noble en 1669 par arrêt du Conseil d’État et confirmée noble en 1697. Ses ancêtres votent à Libourne en 1789 dans les rangs de la noblesse.

Son service durant la Première Guerre mondiale (1916-1918)

En 1916, il quitte à 19 ans son village natal où sa mère est receveuse des postes. Le jeune soldat est affecté au d'infanterie coloniale, puis au de tirailleurs sénégalaisaumaroc.com, 11 novembre 2006., période qu'il décrit par :

En , il est envoyé au chemin des Dames. Il y participe à la terrible offensive lancée par le général Nivelle, qui remplace le maréchal Joffre à la tête de l'État-major français depuis décembre 1916. Les moyens militaires français se montrent rapidement insuffisants face à une armée allemande bien préparée et embusquée dans les côtes de la vallée de l'Aisne.

Louis de Cazenave témoigne :

Il a le souvenir de veiller dans les tranchées nuit et jour et il n'a pas oublié la chanson de Craonne. Durant l'année 1917, il raconte :

Puis il est muté dans l'artillerie en : Titulaire d'une citation, il est décoré de la Croix de guerre en 1918. Le canonnier de Cazenave est démobilisé en . Il reçoit la carte du Combattant en 1930Archives départementales de la Haute-Loire, 1 R 1044, bureau de recrutement du Puy, classe 1917, fiche matricule ..

Après la guerre À la fin de la guerre, il revient dans la Haute-Loire et entre aux chemins de fer en 1919. Il épouse en 1920 Marie, receveuse des postes, qui met au monde trois fils auxquels il ne parlera jamais de ce qu'il a vécu dans les tranchées. Il s'installe en 1927 à Brioude avec sa famille. Pacifiste convaincu, Louis de Cazenave participe aux grèves de 1936 et s'abonne à La Patrie humaine, un journal libertaire. Fin 1941, il est arrêté par la police de Vichy et emprisonné quelques semaines"L'un des deux derniers poilus de la Grande Guerre est mort", Le Figaro, 20 janvier 2008. Selon son fils, et fut mis en retraite d'office. Il est donc retraité de à .

Un des derniers rescapés de la Grande Guerre

Depuis 1945, Louis de Cazenave menait une « vie calme » dans la petite ville auvergnate. En 1973, il perdit sa femme Marie. Il vécut ensuite avec son fils cadet et ses aides ménagères dans une petite maison construite dans les années 1920 et dotée d'un petit jardin. Peu de temps avant que les médias ne s'intéressent à lui, il jardinait mais sa santé déclinant il dut y renoncer.

Durant ses dernières années, le vieil homme, à moitié sourd et se déplaçant à l'aide d'un déambulateur, dut affronter les fréquentes visites des journalistes venus questionner un des derniers poilus de la Grande Guerre. Son fils, Louis, âgé alors de , déclarait : En effet, depuis la mort de Maurice Floquet en , Louis de Cazenave était devenu le doyen des vétérans de la Première Guerre mondiale et le dernier survivant du Chemin des Dames. Pourtant il souhaitait « rester dans l'ombre » et « être tranquille ».

Pendant longtemps, il a d'ailleurs refusé la Légion d'honneur qu'il devait finalement recevoir en , à la demande des anciens combattants. Au témoignage de son fils :

Lorsqu'on lui demandait de s'exprimer sur son passé de militaire il répondait avec une certaine vivacité :

En , il est l'un des deux derniers poilus encore en vie, avec Lazare Ponticelli. Comme ce dernier, il décline des obsèques nationalesLe Monde, 9 novembre 2007 « Les derniers poilus refusent des obsèques nationales ». En 2005, le Haut conseil de la mémoire combattante, présidé par le président de la République (alors Jacques Chirac), avait en effet décidé que des obsèques de portée nationale seraient organisées pour le dernier combattant de 1914-1918 et que celui-ci serait enterré au Panthéon. À ce propos, Louis de Cazenave répondit sans hésitation :

Voir aussi Bibliographie Jean-Luc Chabaud, « Être enterré avec les siens » dans La Montagne, . . .

Articles connexes Derniers poilus Maurice Floquet Lazare Ponticelli Monuments aux morts pacifistes

Notes et références

Catégorie:Poilu Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Naissance dans la Haute-Loire Catégorie:Naissance en octobre 1897 Catégorie:Décès en janvier 2008 Catégorie:Décès à Brioude Catégorie:Décès à 110 ans Catégorie:Centenaire français Catégorie:Titulaire de la médaille commémorative interalliée (1914-1918) Catégorie:Personnalité française du XXIe siècle Catégorie:Vie sur trois siècles