La rue Notre-Dame-des-Champs est une rue du de Paris, qui commence rue de Vaugirard (face à la rue du Regard) et se termine avenue de l'Observatoire.
Situation et accès Longue d'un peu plus d'un kilomètre, cette voie traverse le , d'ouest en est, de la rue de Rennes à l'avenue de l'Observatoire. Son tracé conserve la sinuosité du chemin agricole qu'elle était.
La rue est desservie, au nord, par la ligne de métro 12 à la station Notre-Dame-des-Champs.
Origine du nom Cette rue tire son nom de l'ancienne chapelle Notre-Dame-des-Champs, devenue en 1604 le couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques.
Historique thumb|left|Plaque de la rue Notre-Dame-des-Champs se trouvant en carrière. thumb|left|La rue Notre-Dame-des-Champs vers le carrefour avec la rue Vavin au début du .
La rue qui menait à la chapelle Notre-Dame-des-Champs (Beata Maria a Campis), depuis la rue de Vaugirard, était appelée le « chemin herbu », et longeait à peu près les jardins dits « du petit Luxembourg » et du couvent des Chartreux de Paris (aujourd'hui jardin du Luxembourg). On y accédait par la rue du Faubourg Saint-Jacques. Cette chapelle se trouvait presque en face du Val-de-Grâce, à l'emplacement des de l'actuelle rue Pierre-Nicole, dans le . Cet édifice religieux, appelé alors « Notre-Dame-des-Vignes » remontant probablement à l'époque mérovingienne, fut confié au à des moines de l'abbaye de Marmoutier pour le desservir. Robert le Pieux fit reconstruire l'église et les moines s'y établirent définitivement en 1084, où ils fondèrent un prieuré, à la suite du don qui leur fut fait par Adam Paganus et Guy LombardJean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, , .. Le monastère fut reconstruit au et subsista jusqu'au début du Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. arr., 1910, .. Le cartulaire de ce prieuré a disparuCartulaire du prieuré Notre-Dame des Champs, dépendant de l'abbaye de Marmoutier (sine loc. (), non coté, original), in cartulR, Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes, Paul Bertrand (dir.), Orléans, Institut de recherche et d'histoire des textes, 2006 (Ædilis, Publications scientifiques, 3)..
En 1604, il fut confié à la première communauté de carmélites fondée en France, sous le nom de « Carmel de l'Incarnation ». Cette communauté y demeura jusqu'à la Révolution française, époque où les bâtiments furent démolisCette communauté, réinstallée à Paris au , existe toujours et vit dans un couvent portant le même nom, à Clamart Source..
Quand mademoiselle de La Vallière entra en 1675 Saint-Simon, Mémoires, Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1864, tome 5, . chez ces religieuses pour s'y appeler « sœur Louise », la rue prit ou reprit le nom de l'ancien prieuré, après n'avoir été pendant deux siècles qu'un chemin dit « Herbu », puis « rue du BarcCharles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875. Notice écrite en 1862. ». Jaillot, historien et géographe du , émet l'hypothèse que la voie porta ce nom parce qu'elle était reliée par un tronçon dès alors disparu à la rue du Bac, qui porta également un temps le nom de « rue du BarcJean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, , 1775, du chapitre « Quartier du Luxembourg ». Lire en ligne. ».
Cette rue passant au milieu des champs et des vignes situés au nord du Montparnasse figure sur le plan de Nicolas de Fer (1705) ; seuls sont lotis et construits les premiers numéros de la rue, c'est-à-dire du côté de la rue de Vaugirard (actuellement entre la rue de Rennes et la rue de Fleurus).
À l'entrée de la rue en effet, les Filles de la Mort s'établirent les premières, avec une chapelle sous l'invocation de sainte Thècle. À cette congrégation succéda la Communauté de mademoiselle Cossard, dite des « Filles du Saint-Esprit ». La fondatrice de cette institution avait prévu qu'en cas de suppression l'Hôpital-Général devint propriétaire de ses bâtiments, ce qui advint en 1707. Les frères des écoles chrétiennes y installèrent leur noviciat, la « maison de l'Enfant-Jésus », qui subsista jusqu'à la Révolution. Des bâtiments, plus rien ne reste depuis le percement de la rue de Rennes.
Sous la Révolution, la rue portait le nom de « rue de la Montagne des Champs », afin de faire disparaître la mention religieuse tout en conservant la référence.
Au cours du furent édifiés plusieurs hôtels particuliers, proches de la ville mais situés en bordure de campagne. Plusieurs d'entre eux ont disparu : hôtel Traversaire (42-46) détruit en 1850, hôtel Fleury (48 à 58), détruit en 1847. Quelques-uns ont été conservés : hôtel Pons (16-20), hôtel de Montmorency-Laval (17)Cet hôtel est déjà sur le plan de Turgot de 1739, et appartient aujourd'hui à une communauté religieuse, Congrégation des Sœurs du Bon Secours de Paris., hôtel de Mailly (20 bis)Plan de Paris par Maire, 1808., hôtel Dulau (22)Cet hôtel a probablement été édifié en partie vers 1750, et appartient aujourd'hui au collège Stanislas..
Lors de la création d'une nouvelle paroisse, du fait de l'extension démographique du quartier, une chapelle située rue de Rennes prit le nom de « Notre-Dame-des-Champs ». Elle fut démolie après la construction d'une église du même nom, rue du Montparnasse, en 1867.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|redresse|5. 5 : enseigne ancienne de boulangerie. 16 : maison diocésaine Saint-Louis du Diocèse aux armées françaises. 17 : atelier Cognacq-Jay, lieu d’accueil pour les personnes malades du cancerL'atelier Cognacq-Jay.. D’un point de vue architectural, on peut remarquer la porte de style Louis-Philippe en plein cintre et les appuis de fenêtre en fer forgé au second étageProtections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, à 219.. Lieu de résidence du couple de collectionneurs américains Louise et Atherton Curtis (1903-1943). vignette|redresse|17.
18 : congrégation des Sœurs du Bon Secours de Paris. 19 : ancien petit séminaire, établissement d'enseignement secondaire catholique (jusqu'en 1914), t. 2, .. emplacement d'une maison où réside Sainte-Beuve en 1830Hortense Allart, Nouvelles Lettres à Sainte-Beuve, 1832-1864, Librairie Droz, 1965 . ; : collège StanislasJacqueline Remy, « École alsacienne : quand les réunions parents-profs deviennent le scandale le plus chic de Paris », vanityfair.fr, 4 mai 2026.. 27 (anciennement 11) : Victor Hugo y vécut d' à . Maison détruite en 1904 par le percement du boulevard RaspailLucien Lambeau, « La maison de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs », , , .Andrée Jacob, Vie et histoire du VI arrondissement, Éditions Hervas, 1986.. thumb|redresse|27 : ancienne maison de Victor Hugo avant sa destruction, en 1905. 28 : le sculpteur Francis La Monaca y emménage en 1911 ; l'immeuble a été remplacé par l'ISEP.. vignette|redresse| : les ateliers de sculpteurs en 1878 (dessin de Jules-Adolphe Chauvet). vignette|redresse|Ernest Hemingway devant le 113, rue Notre-Dame-des-Champs en 1924. 34 : atelier d'Auguste Renoir de 1871 Gerhard Finckh, Auguste Renoir und die Landschaft des Impressionismus, Von der Heydt-Museum, 2007, . à 1873Ambroise Vollard, Auguste Renoir, Éditions G. Crès et Cie, 1920, .. 35 : Institut de formation de l'enseignement catholique (ISFEC). 53 : en 1867, cette adresse est la demeure du peintre François Henri Alexandre LafondSociété des artistes français, Salon de 1865, Paris, 1865. (1815-1901), qu'il quitte l'année suivante pour l'école des beaux-arts de Limoges, où il est nommé professeur, puis directeur l'année suivante. Il y reviendra en quittant Limoges de 1874 à sa mort en 1901. En 1870, Paul Cézanne séjourne dans la maison qui est alors à cette adresseLes adresses de Cézanne à Paris, La Société Paul Cezanne [sic].. Depuis 1977, on y trouve le centre culturel LucernaireLe Lucernaire.. 56 : le peintre Paul Baudry y avait un atelier mais il est mort dans un petit hôtel situé au de la même rueRevue des grands procès contemporains, volume 6, .. (et 17, rue Vavin) : ensemble de bâtiments appartenant au groupe scolaire Notre-Dame de Sion Paris - Sainte-Marie. Les bâtiments sur rue datent de 1973. Le complexe comprend : au : école Sainte-Marie et collège-lycée Notre-Dame de Sion ; l'établissement communique par une grande cour avec l'internat et le foyer Notre-Dame de Sion et l'auditorium Notre-Dame de Sion, dont l'accès principal commun se situe à l'extrémité de avenue Vavin, au , qui se termine en impasse.À cette adresse est fondée en 1853 la maison mère de la congrégation de Notre-Dame de Sion. Les bâtiments du groupe scolaire sont reconstruits dans les années 1970. En 1976, il passe sous tutelle diocésaine. Il devient mixte au cours des années 1990... au : l'ancienne maison-mère« Historique collège lycée Notre-Dame de Sion », Groupe scolaire Notre-Dame de Sion, Paris. de la congrégation de Notre-Dame de Sion, où Sœur Emmanuelle est entrée en 1931 et a découvert sa vocation (l'Allée Sœur-Emmanuelle se situe à proximité, sur le boulevard Raspail). 70 et 70 bis : Jean-Léon Gérôme y demeure en 1861Ernest Fillonneau, Annuaire des Beaux-Arts. Première année 1861-1862, 1862. ; Gustave Brion, peintre ; Louis Frédéric Schützenberger, peintreSociété des artistes français, Explication des ouvrages de peinture, sculpture…, , 1863. ; Paul Baudry y meurt en 1886 ; Ezra Pound, en 1921 J. J. Wilhelm, Ezra Pound in London and Paris, 1908-1925, , 2010. ; Claude Cahun et Suzanne Malherbe, de 1923 à 1937 (l'allée Claude-Cahun-Marcel-Moore se situe près de la rue Notre-Dame-des-Champs) ; 70 bis : Georges A. L. Boisselier, peintreBulletin de la Société archéologique du Finistère, 1940..
72 : atelier du peintre Bertrand Mogniat-Duclos John Saville, The Socialist Register, , 1974.. 73 : à cette adresse se trouve de 1898 à 1943 le cours ou atelier CanardPascal et France Payen-Appenzeller, Promenons-nous dans Paris. Île de la Cité, rive gauche, Éditions Princesse, 1980., école d’art privée préparant au concours d’entrée aux Arts-déco. Il est dirigé par le professeur de dessin Paul Canard (1867-1946), qui est également, pendant la Première Guerre mondiale, le directeur de publication d’une revue nommée La Gazette des Arts déco, dont le siège se trouve également au 73 de la rue« Le rôle de l’art français », Le Gaulois, 2 novembre 1917, sur RetroNews.. Le cours Canard a parmi ses élèves le réalisateur Claude Autant-LaraClaude Autant-Lara, La Rage dans le cœur, H. Veyrier, 1984., à la fin des années 1910, le peintre Rex Barrat, en 1930, et le comédien Jacques FabbriJacques Fabbri, Être saltimbanque, Robert Laffont, 1978., en 1945. le marchand d'art Wilhelm Uhde y ouvre une galerieBrigitte Léal, Dictionnaire du cubisme, 2018. entre 1908 et 1910. Il y expose, entre autres, Henri Rousseau, Marie Laurencin, Sonia Delaunay, Georges Braque, André Derain, Raoul Dufy, Jean Metzinger, Pablo Picasso, Jules Pascin Udhe, Index of historic collectors and dealers of cubism, Metropolitan Museum of Art, New York. ; Maurice Le Liepvre (1848-1897), peintre ; John Singer Sargent (1856-1925), peintre « John Singer Sargent and Madame X in Paris », American Girls Art Club in Paris… and Beyond, 6 mai 2012.David McCullough, Le Voyage à Paris : les Américains à l’école de la France, 2014. ; Jean-Paul Laurens (1838-1921), peintre et sculpteurAlmanach national : annuaire officiel de la République française, 1891, sur Gallica. ; atelier du peintre Othon Friesz, de 1914 à 1949Une plaque apposée sur la façade lui rend hommage. ; André Salmon, écrivainJacqueline Gojard, « Biographie d’André Salmon », André Salmon poète de l’art vivant, Actes du colloque organisé par le laboratoire Babel, les 2-3-4 avril 2009 à Toulon et Sanary.. Au fond du passage séparant le et le se trouve un hôtel particulier qui sert de résidence à plusieurs peintres au . Le peintre Emmanuel Mané-Katz (1894-1962) en est le propriétaire en son temps.