La forêt de Chantilly est un massif forestier de situé sur le territoire de seize communes des départements de l'Oise et du Val-d'Oise, à au nord de Paris.

La forêt a été constituée progressivement par les acquisitions des seigneurs de Chantilly depuis le Moyen Âge jusqu'au dans le but principal d'en faire une réserve de chasse. Propriété de l'Institut de France depuis 1897, elle appartient au domaine de Chantilly ; elle est protégée au titre des sites classés. Relevant du régime forestier, elle est gérée par l'Office national des forêts (ONF) et la Direction Forestière du Château Dans le cadre d'une convention qui les lie. Les peuplements forestiers sont principalement constitués de chênes à 48 %, pour 2/3 du chêne pédonculé et 1/3 de chène sessile, de pins sylvestres à 12 % et de hêtres à 9 %.

À la fois espace naturel et historique, plusieurs de ses sites appartiennent au réseau Natura 2000 afin de protéger leurs habitats naturels rares et menacés et ses populations d'oiseaux. Par ailleurs, son territoire abrite six monuments historiques. Elle reste encore un terrain de chasse et notamment de grande vénerie, mais aussi d'entraînement pour chevaux de courses. Septième forêt la plus visitée de l'agglomération parisienne, elle forme avec la forêt d'Halatte et la forêt d'Ermenonville, le massif des Trois Forêts.

Géographie

Localisation La forêt de Chantilly est située au nord du bassin parisien, la Table, un des points centraux de la forêt, étant située à de ParisDistance approximative à vol d'oiseau entre le point zéro des routes de France devant la cathédrale Notre-Dame de Paris et le carrefour de la Table, d'après qui donne . Elle appartient à la région forestière Valois et Vieille France, telle que définie par l'Inventaire forestier national, ainsi qu'à la sylvoécorégion (SER) du « Bassin parisien tertiaire ».

Elle s'étend du plateau de Creil au nord, jusqu'à la vallée de l'Ysieux au sud, et de la vallée de l'Oise à l'ouest jusqu'à la forêt d'Ermenonville à l'est, dont elle est séparée par l'autoroute du Nord. En réalité, le massif est composé de plusieurs forêts : la partie centrale de la forêt de Chantilly () est limitée au sud par les étangs de Commelles et au nord par la vallée de la Nonette ; la forêt de Pontarmé () constitue toute la partie orientale du massif, en bordure de la forêt d'Ermenonville. Distinguée pour des raisons historiques, elle se confond avec la partie centrale ; la forêt de Coye (), au sud des étangs de Commelles, déborde sur le département du Val-d'Oise ; le bois de Bonnet () constitue l'extrémité sud-ouest du massif et est situé presque entièrement dans le département du Val-d'Oise ; les bois de la Coharde, de la Basse-Pommeraie et du Lieutenant () sont situés sur la rive droite de la Nonette au nord de la ville de Chantilly et sont isolés les uns des autres par des parcelles agricoles appartenant aussi à l'Institut de France.

La forêt de Chantilly, qui contient précisément et en 2006, s'étend sur treize communes du département de l'Oise, soit , et trois communes du Val-d'Oise sur 4-5 :

Communes de l'Oise Apremont () Avilly-Saint-Léonard () Chantilly () La Chapelle-en-Serval () Coye-la-Forêt () Fontaine-Chaalis () Lamorlaye () Orry-la-Ville () Pontarmé () Saint-Maximin () Senlis () Thiers-sur-Thève () Vineuil-Saint-Firmin ()Communes du Val-d'Oise Asnières-sur-Oise () Chaumontel () Luzarches ()

Par ailleurs, de nombreux bois font partie du massif de la forêt de Chantilly, sans pour autant appartenir à l'espace du domaine de Chantilly et sans être gérés nécessairement par l'ONF. Un certain nombre d'entre eux a d'ailleurs appartenu aux seigneurs de Chantilly à une époque ou à une autre et ils constituent toujours le prolongement direct de la forêt actuelle. Parmi les principaux figurent la forêt de la Haute-Pommeraie () et la forêt communale de Creil () au nord du massifCes bois, qui ont appartenu aux seigneurs de Chantilly jusqu'à la deuxième moitié du , sont parfois considérés comme appartenant au massif de la forêt d'Halatte : cf. , le bois du Guey autour de l'abbaye de Royaumont, la forêt du Lys () et la forêt communale de Gouvieux () à l'ouest et enfin le bois du Gouy à Luzarches et le bois de la Croix de l'Oignon à Orry-la-Ville au sud du massif.

Topographie et géologie La topographie de la forêt est relativement plate, avec des altitudes moyennes comprises entre 60 et . La seule hauteur isolée dans la partie septentrionale est la butte aux Gens d'Armes qui atteint . Les parties sud du massif de la forêt, dans la forêt de Coye, sont plus accidentées et plus hautes, atteignant un maximum de au lieu-dit de la mare Landry, commune d'Orry-la-Ville, au contact de la plaine de France. À l'inverse, les rivières sont légèrement encaissées d'une vingtaine de mètres. L'altitude minimale est de à proximité de l'abbaye de Royaumont au sud-ouestCarte IGN Top25, 2412OT, Forêts de Chantilly, d'Halatte et d'Ermenonville, 2006.

Géologiquement, la forêt occupe un vaste plateau calcaire du Lutétien recouvert de sables limoneux sur des couches plus ou moins épaisses qui lui donnent à certains endroits un aspect dunaire. En effet, le sable, à la suite de dépôts éoliens, a pu s'accumuler sur certaines hauteurs, telles que la butte aux Gens d'Armes. Seule la zone du bois de Bonnet, à l'extrémité sud-ouest du massif, présente un profil légèrement différent avec un substrat de craie recouverte partiellement de sable à silex. Les fonds de vallées sont occupés par des alluvions récentes, épaisses de 12 à dans la vallée de la Nonette et de au viaduc de Commelles, recouverts par des marais, ou des étangs lorsqu'ils ont été drainés.

Hydrographie

Le territoire de la forêt occupe le bassin versant de l'Oise dont deux affluents en constituent les principaux cours d'eau. Ces cours d'eau ont connu d'importants aménagements qui leur ont fait perdre leurs caractéristiques naturelles : modification du lit pour des plans d'eau de parcs et jardins, canalisation pour des chutes d'eau de moulins, retenues d'eau pour la création de viviers.

La Thève, longue au total de , traverse la moitié sud du massif. Sa vallée est occupée par plusieurs étangs aux abords de la forêt. Les étangs de Commelles sont les plus célèbres mais on trouve aussi les étangs de Saint-André à l'est-nord-est de Thiers-sur-Thève, ou encore le Grand Vivier, proche de l'abbaye de Royaumont. Ces étangs artificiels ont été créés pour en faire des viviers à poissons et servent toujours pour la pêche. Le cours de la Thève se partage en deux après Lamorlaye entre la Vieille Thève au nord et la Nouvelle Thève au sud qui longe la limite nord du bois de Bonnet. Cette Nouvelle Thève est elle aussi canalisée dans le parc du château de Baillon, sur le territoire d'Asnières-sur-Oise.

La Nonette, longue au total de , traverse la partie septentrionale du massif et sa vallée constitue une séparation nette entre la partie centrale et les bois situés sur la rive droite. Elle a la particularité d'être entièrement canalisée sur le territoire de la commune de Chantilly. En effet, l'aménagement des jardins du château par André Le Nôtre a nécessité la transformation profonde du cours d'eau à partir de 1663.

En limite sud du massif, le ru de la Flache, qui descend de la vallée d'Hérivaux, rejoint pour sa part la rivière de l'Ysieux, autre affluent de l'Oise. Celle-ci longe le sud du bois de Bonnet.

Climat La forêt de Chantilly connaît un climat océanique doux et humide.

La pluviométrie moyenne reste assez faible pour la région mais la forêt est surtout sensible en été et aux périodes de grande sécheresse, comme lors des années 1976 ou 1990. Cependant, au printemps, les périodes de trop fortes pluies peuvent occasionner une importante mortalité dans les peuplements des plants arboricoles. Les gelées de printemps, fréquentes dans le Valois, peuvent, elles aussi, être préjudiciables aux jeunes plants. Des coups de vent violents jusqu'à peuvent avoir lieu, même dans cette forêt éloignée des côtes de la Manche ou de l'Atlantique, comme ce fut le cas lors des tempêtes de fin décembre 1999 en Europe et en 2004, ce qui entraîna des dégâts dans les peuplements supérieurs à de haut.

Voies de communications

Chemin de fer

Le massif est traversé par la voie ferrée Paris - Creil - Lille depuis 1859. La ligne de chemin de fer emprunte pour cela le viaduc de Commelles, actuellement à trois voies (mais édifié pour quatre). En aval des étangs, il est élevé de 1980 à 1984 en remplacement d'un ancien viaduc qui avait été construit par l'ingénieur Pinel entre 1856 et 1859. L'ancien viaduc, inadapté à la circulation ferroviaire actuelle avec ses deux voies, a finalement été détruit le et . La forêt est ainsi desservie par trois gares : la gare de La Borne Blanche, sur la commune d'Orry-la-Ville, uniquement desservie par les trains de la ligne D du RER, la gare d'Orry-la-Ville - Coye, un des terminus de la branche D1 de cette ligne D du RER, desservie également par les trains du réseau TER Picardie et enfin la gare de Chantilly - Gouvieux desservie par les trains de la ligne D du RER, branche D3, et ceux du réseau TER Picardie.

Routes

L'autoroute A1 longe la forêt sur sa limite est, entre Thiers-sur-Thève et Senlis, marquant la frontière avec la forêt d'Ermenonville. Elle coupe ainsi tout passage de faune entre les deux forêts, si ce n'est par un passage grande faune (PGF) situé au nord de la butte aux Gens d'Armes, appelé « pont des biches ». Celui-ci permet normalement la traversée de l'autoroute mais serait, selon certaines associations de défense de la nature, très peu utilisé.

Très peu de routes autorisées au trafic routier traversent entièrement la forêt : la D1016, ancienne route nationale 16 entre Chaumontel et Lamorlaye, la D1017, ancienne route nationale 17, entre La Chapelle-en-Serval et Senlis et la D924A entre La Chapelle-en-Serval et Chantilly. Cette dernière est d'ailleurs limitée à en raison de la traversée fréquente de grands animaux. On a dénombré en effet douze collisions avec un cerf et cinquante-six collisions avec un sanglier dans la forêt en 2003-2004. Il existe ensuite quelques petites routes d'accès aux étangs de Commelles. Les autres routes de la région ne font que longer les limites du massif.

Certaines routes traversant la forêt ont ainsi été fermées à la circulation routière, telles que la route de Toudouze, en , entre l'hippodrome et les étangs de Commelles. La route Toudouze a été fermée à la circulation pour laisser la place aux piétons, cyclistes et cavaliers .

Histoire Préhistoire

À l'époque du Néolithique, vers , une forêt dense est en place, où, selon les analyses polliniques, dominent les chênes, les tilleuls et les ormes. C'est à partir de cette période que commence l'installation de populations d'agriculteurs résidents permanents et donc sans doute les débuts de défrichages. De cette époque, subsistent, à proximité de Coye-la-Forêt, les restes d'un petit monument mégalithique.

De la période gallo-romaine, le paysage actuel garde la trace de l'ancienne voie allant de Soissons à Paris en passant par Senlis. Cette voie, appelée improprement chaussée Brunehaut, venant de Senlis, traverse la forêt au nord des étangs de Commelles puis tourne vers Coye pour gagner Luzarches. Une autre voie romaine, allant de Paris à Senlis, passait probablement à travers la forêt en suivant le tracé de l'actuelle D1017. Une grande quantité de villae gallo-romaines sont présentes un peu partout sur le territoire de l'actuel massif : une soixantaine de structures archéologiques a en effet été recensée. Le passage de ces voies romaines en zones habituellement dégagées, la présence de ces exploitations agricoles, mais aussi les analyses polliniques font penser qu'au de notre ère, la forêt primaire a presque totalement disparu. Elle a sans doute laissé la place à des champs, des haies bocagères et quelques bois de petites tailles.