Frédéric François-Marsal, né le à Paris (Seine) et mort le à Gisors (Eure)Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance ; avec mention marginale du décès. Autres mentions : mariage en 1903 à Saïgon avec Louise Joséphine Marie Duroch. , est un homme d'affaires et un homme politique français de la droite républicaine, dont la carrière politique a culminé avec son bref passage à la présidence du Conseil en 1924.

Biographie Il nait Frédéric François le à Paris , de Julien Émile François, mécanicien, et de Marie Marsal, sans profession. Par décret présidentiel du , il est autorisé à s'appeler légalement « François-Marsal ». Il se marie en 1903 à Saïgon avec Louise Joséphine Marie Duroch.

Militaire, puis banquier Après des études au lycée Louis-le-Grand, puis à l'école militaire de Saint-Cyr de 1894 à 1896 (sorti de la promotion d'Infanterie), il commence une carrière d'officier de chasseurs à pied en Indochine, où il est attaché au cabinet de Paul Doumer, gouverneur de l'Indochine (1900-1904).

Il quitte ensuite l'armée, avec le grade de capitaine, pour rejoindre le privé : il est successivement fondé de pouvoir, directeur (1911Le Temps, 12 janvier 1911), puis en 1914Le Figaro, 7 janvier 1914. directeur général de la Banque privée industrielle, commerciale et coloniale (Lyon-Marseille), à Lyon (1906) puis à Paris (1912), où se trouve la direction générale de la banqueBanque régionale fondée en 1898 par des industriels et négociants lyonnais tels Ulysse Pyla, Louis Pradel ( futur président de la banque, et parrain dans l'ordre de la Légion d'honneur de François-Marsal en 1912 ), Auguste Lumière, au capital de 4 puis de de francs à l'origine, réorganisée en 1909, avec l'entrée d'hommes de la Banque de Paris et des Pays-Bas à son conseil, son capital atteint de francs en 1912 et ses agences passent de 40 à 98: Historique de la Banque privée, Les Assemblées générales, 4 juillet 1912: Assemblée générale extraordinaire de la Banque privée. Il devient membre de la Société de géographie (1906)La Géographie, 1910, de la Société d'économie politique (1909)Annuaire, 1910,Bulletin de la Société d'économie politique, 1914, de la Société d'économie sociale (1909)La Réforme sociale, 1910, La Réforme sociale, 1918, de la Société de statistique de ParisJournal de la société, janvier 1915, de la Société des amis des missions, de la Société des gens de lettres. Il est également membre de cercles mondains, tel le cercle de l'Union artistique (1912)Le Gaulois, 29 février 1912

Il est mobilisé de au en tant que commandant d'un bataillon de chasseurs à pied. Appelé au Quartier Général des Armées, il est chargé par le général Joffre de l'étude des questions économiques relatives à la guerre : il publie de nombreuses études et rapports dont plusieurs ont décidé les Alliés à adopter des mesures concertées. Il est affecté en 1917 au groupe d'armées de l'Est (Vosges). Spécialiste des questions financières, il est attaché au cabinet de Georges Clemenceau, président du Conseil : il est chargé des questions économiques (1917-1918) puis expert financier près la délégation française à la conférence de la paix (1919) pour la négociation des traités de paix. Sa croix de chevalier de la Légion d'honneur, obtenue en , est militarisée, puis il est promu officier en 1918. Il obtient aussi la croix de guerre.

Il entre en au conseil d'administration d'une puissante banque d'affaires, la Banque de l'Union parisienne (BUP), et rapidement à son comité de direction, qui rassemble les administrateurs les plus influentsHubert Bonin, op. cit., p. 93.. Il devient administrateur de différentes sociétés liées à cette banque, comme la Société maritime des pétroles et la société pour l'exploitation des pétrolesEric Bussière, La France et les affaires pétrolières au lendemain de la Première Guerre Mondiale : la politique des groupes financiers à travers celle de la banque de l'Union Parisienne, dans Histoire, économie et société, 1982, vo. 1, n° 2 . Après son accession au ministère des finances, il revient au conseil de la BUP de à .

Homme politique et homme d'affaires Il entre en politique au lendemain de la « Grande Guerre », devient membre de la Fédération républicaine, collabore au quotidien L'Écho de Paris sous le pseudonyme de Custos - il y publie notamment des articles sur les aspects financiers du traité de Versailles (il exige de l'Allemagne ) et sur les questions fiscales et économiquesCf. sa biographie sur le site du Sénat, L'Echo de Paris, 21 janvier 1920, L'Action française, 25 mars 1919, L'Ouest-Eclair, 22 janvier 1920, "Le nouveau ministère et le journalisme", L'Europe nouvelle, 7 février 1920 -, et accède à la vice-présidence d'une association politico-économique liée à la Fédération républicaine, l'Union du commerce et de l'industrie pour la défense sociale. Il remplace même brièvement son président, Louis Dubois, lorsque ce dernier est ministre du Commerce, à la fin de l'année 1919Le XIXe siècle, 11 décembre 1919.

Du fait de sa réputation de technicien, Alexandre Millerand le nomme ensuite ministre des Finances en 1920, alors qu'il n'est pas membre du Parlement, ce qui est une nouveauté. Il est ainsi ministre des Finances dans les cabinets Alexandre Millerand ( - ), de Georges Leygues ( - ), et de Raymond Poincaré ( - ).

Il porte notamment la loi du qui voit, selon Thomas Piketty, : celle-ci qui institue un nouveau barème (défini « en taux marginal ») applicable dès l’imposition des revenus de 1919, et qui sert de socle aux barèmes appliqués jusqu’en 1936. L’économiste relève que cette loi , alors que lors des débats précédant la Première Guerre mondiale.. Il souligne que Frédéric François-Marsal était .

Sa politique financière s'incarne notamment dans la lutte contre l'inflation, le remboursement des avances de la Banque de France à l'État (lois des et ), l'établissement des impôts nécessaires à l'équilibre du budget ordinaire (loi du ), la péréquation des retraites (loi du ), mais aussi par des emprunts perpétuels et à très long terme pour la reconstitution des régions dévastées (5 % amortissable en 1920, 6 % perpétuel 1920, des obligations à long terme du Crédit National), le remboursement et la consolidation des dettes commerciales extérieures, notamment de l'emprunt anglo-français de 1915, sans oublier la conclusion d'un accord avec le gouvernement britannique par la convention de Hythe le , sur le règlement parallèle des dettes de guerre interalliées et des paiements de l'Allemagne.

Sur les conseils notamment de Millerand et du ministre de l'Intérieur, il se porte candidat au Sénat et est élu en sénateur du Cantal grâce à ses fonctions de ministre et à l'appui de journaux locauxJournal officiel de la République française. Débats parlementaires; discours du sénateur Duplantier retraçant la candidature de François-Marsal.

Président du Conseil Le , à l'occasion du conflit entre son ami Alexandre Millerand, président de la République, et la nouvelle majorité du cartel des gauches, qui exige le départ de ce dernier, il accepte d'être désigné président du Conseil des ministres et ministre des finances et forme un éphémère gouvernement qui ne demeure en fonction que jusqu'au . À ce titre, il assure du 11 au l'intérim du président Alexandre Millerand après sa démission. Il combat ensuite la politique extérieure et financière du cartel des gauches et des radicaux, dans ses interventions au Sénat, dans la presse et dans des réunions politiques et des conférencesLe Temps, 23 mars 1925, Le Gaulois, 23 janvier 1926, Ibid., 15 mars 1926, Ibid., 29 mars 1926, Jean-Étienne Dubois, Leçon d’histoire pour une droite dans l’opposition ? Les mobilisations de droite contre le Cartel des gauches dans la France des années Vingt, op. cit.. Membre du comité directeur de la Fédération républicaine et vice-président de ce parti, membre du comité directeur de la Ligue républicaine nationale en 1924-1925, il préside un groupement politique régional, la Fédération républicaine et sociale du plateau central, qui tente de fédérer des élus de droite et de centre-droit de plusieurs départements. Fondée en 1925, elle est animée par Jacques BardouxCollectif, Histoire des droites en France (Tome 2) - Cultures, Gallimard, Jean-Étienne Dubois, Leçon d’histoire pour une droite dans l’opposition ? Les mobilisations de droite contre le Cartel des gauches dans la France des années Vingt, Thèse de doctorat, Université Blaise Pascal, 2013 , Le Temps, 26 octobre 1925,Journal des débats, 17 septembre 1928, Ibid., décembre 1930. Il est élu au premier tour conseiller général du canton de Chaudes-Aigues en contre un sortant radical-socialiste Le Temps, 30 septembre 1928, Ibid., 16 octobre 1928.

Autres activités Dans le même temps, il siège au conseil d'administration de nombreuses entreprisesLes Documents politiques, diplomatiques et financiers, mars 1929, bancaires (BUP, Banque d'Alsace et de Lorraine, Banque générale du Nord), immobilières, métallurgiques (Forges d'Alais, Electro-Câble, Tréfileries et laminoirs du Havre), coloniales, etc. Il intègre le prestigieux conseil de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez en 1927Journal des débats, 16 juin 1927 et préside les conseils de plusieurs firmes: Electro-CâbleEntreprise fondée en 1913, dont le capital est passé de 2,2 millions de francs à en 1926: Journal des finances, 4 août 1929, Société d'équipement des voies ferrées et des grands réseaux électriquesIssue d'une fusion en 1926 de deux sociétés nées avant la guerre, et dont le capital social a été porté de 7,6 millions après la fusion à 30 millions de francs en 1929, puis en 1931: Journal des finances, 8 mai 1931, Société commerciale de l'Ouest africain, qu'il administre depuis 1921Bulletin mensuel de l'Agence économique de l'Afrique occidentale française, mai 1921, Compagnie des vignobles de la Méditerranée (vignes en Algérie)Les Annales coloniales, août 1929. Il accède à la présidence d'un puissant lobby colonial en 1927, l'Union coloniale française. L'année suivante, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en , au fauteuil de Charles Jonnart31 voix au premier tour contre 11 pour Peyerimhoff: Le Gaulois, 20 mai 1928, Journal des débats, 27 mai 1928, Ibid., 17 juin 1930, "L'épée d'honneur de M. François-Marsal".

Il connaît un premier échec en quand il n'est pas réélu sénateur, battu par un radicalJournal des débats, 22 octobre 1929, p. 1, 3.

Responsabilités annexes

Ce père de famille nombreuse (6 enfants) a été à partir de 1923 président du Groupe sénatorial de protection des familles nombreuses et l'un des quatre vice-présidents de l'Alliance Nationale pour l'accroissement de la population françaiseLa Lanterne, 12 mars 1925, Revue de l'Alliance nationale, juillet 1923, p. 210-211, Ibid., janvier 1923, p. 32-34, Ibid., juin 1931. Le groupe sénatorial a été constitué en 1917 et reconstitué à partir de décembre 1922, sous les auspices de l'Alliance nationale.. Il a été aussi membre du Conseil supérieur de la natalité. Il a été également vice-président de la Société de secours mutuels la Saint-Cyrienne et il a présidé l'Union des anciens élèves des Écoles supérieures de Commerce et l'Institut d'aides scientifiques et économiquesLe Figaro, 25 mai 1928.

Chute, condamnations judiciaires et ruine