vignette|redresse|Affiche de propagande japonaise à l'occasion de la signature du pacte tripartite, présentant des effigies d'Adolf Hitler, Fumimaro Konoe et Benito Mussolini. vignette|redresse|L'ordre nouveau. Caricature de l'axe Rome-Berlin-Tokyo par Arthur Szyk, New York, 1941.

L’Axe, l’axe Rome-Berlin-Tokyo, également désigné par les expressions forces de l'Axe et puissances de l'Axe (en allemand , en italien , en japonais , en hongrois , en roumain et en bulgare ()), regroupe les nations en guerre en 1939-1945 contre les Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale. L'Axe Rome-Berlin est proclamé le et transformé le en pacte tripartite regroupant l'Allemagne nazie, le Japon et l'Italie fasciste, qui forment ainsi une alliance militaire. Par la suite, d'autres pays rejoignent l'alliance.

Contrairement aux opérations militaires alliées, celles de l'Axe n'impliquent pas d'opérations majeures communes aux trois principaux pays le composant : l'Allemagne et l'Italie interviennent très peu sur les théâtres d'Océanie et d'Asie du Sud-Est du conflit mondial tandis que le Japon n'intervient pas militairement sur les théâtres européen et moyen-oriental. À son apogée, l'Axe contrôle de vastes territoires en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. La Seconde Guerre mondiale se termine par la défaite totale des membres restants et par la dissolution de l'organisation.

Chronologie

vignette|Drapeau militaire du Troisième Reich allemand et drapeau du royaume d'Italie. Il semble que le terme d'Axe fut utilisé pour la première fois par le Premier ministre fasciste hongrois Gyula Gömbös qui soutenait l'idée d'une alliance entre l'Allemagne, l'Italie et la Hongrie et servit d'intermédiaire pour apaiser les tensions entre les deux pays en vue de former une telle association.. La mort subite de Gömbös en 1936 et l'arrivée de son successeur non fasciste Kálmán Darányi mit fin à l'implication initiale de la Hongrie mais le rapprochement de l'Allemagne et de l'Italie était de plus en plus clair. : l'Allemagne reconnaît la conquête de l'Éthiopie par l'Italie. : Ciano à Berlin. . : proclamation de l'Axe à Milan par Benito Mussolini. : le pacte anti-Komintern est signé par l'Allemagne nazie et l'empire du Japon. : le royaume d'Italie adhère au pacte anti-Komintern. : Hitler à Rome. : Benito Mussolini attaque l'Albanie. : l'alliance entre Berlin et Rome est renforcée par un traité militaire : le pacte d'Acier. : le pacte tripartite est signé par l'Allemagne, l'Italie et le Japon qui forment à présent l'Axe Rome-Berlin-Tokyo. : le royaume de Hongrie, la République slovaque, le royaume de Bulgarie et le royaume de Roumanie rejoignent l'Axe. : l'Italie quitte l'Axe et lui déclare la guerre. : la Roumanie quitte l'Axe et lui déclare la guerre. : la Bulgarie quitte l'Axe et lui déclare la guerre. : la prise de Bratislava par les Soviétiques, en mettant un terme à l'existence de la république slovaque, réduit l'Axe au Troisième Reich, au Japon, à la « république de Salò » de Mussolini et au gouvernement hongrois de Ferenc Szálasi. : la défaite allemande marque la fin réelle de l'Axe ; le Japon résiste encore presque quatre mois.

Histoire

Nations participantes Puissances dominantes Allemagne nazie

vignette|redresse|Drapeau du Troisième allemand.

L'Allemagne nazie fut de manière non officielle le leader de l'alliance qu'elle avait permis de créer avec le Pacte tripartite. L'Allemagne était menée par Adolf Hitler et par son Parti national-socialiste des travailleurs allemands, également appelé Parti nazi.

Les citoyens allemands ressentirent comme une humiliation le traité de Versailles qui, mettant fin à la Première Guerre mondiale, amputait l'Allemagne de larges parties de son territoire. La pression des réparations, provoquant une hyperinflation au début des années 1920, et l'occupation de la Ruhr fragilisèrent la république de Weimar. Bien que l'Allemagne commençât à se relever à partir du milieu des années 1920, la Grande Dépression entraîna un effondrement de l'économie et la montée de forces politiques promouvant des solutions radicales aux problèmes du pays. Les nazis menés par Adolf Hitler propagèrent la légende du coup de poignard dans le dos selon laquelle l'Allemagne avait été trahie par les Juifs et les communistes et promirent de ramener l'Allemagne au rang des grandes puissances en rassemblant les populations allemandes d'Europe au sein d'une Grande Allemagne.

Avec la remilitarisation de la Rhénanie en 1936, l'Allemagne viola les clauses du traité de Versailles et commença à réarmer. Elle annexa ensuite l'Autriche en 1938, la région des Sudètes (Tchécoslovaquie, 1938) avant d'établir un protectorat sur la Bohême-Moravie (Tchécoslovaquie, 1939). L'invasion de la Pologne en fut l'élément déclencheur de la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, l'Allemagne envahit l'Europe du Nord, de l'Ouest et du Sud. En , elle se lança à la conquête de l'Union soviétique. Elle subit de terribles revers à Stalingrad et à Koursk sur le front russe et à El-Alamein en Afrique. Les débarquements en Normandie et en Italie créèrent une guerre sur trois fronts qui provoqua l'effondrement des armées allemandes et du Troisième au printemps 1945.

Italie fasciste

vignette|redresse|Drapeau du royaume d'Italie et de l'Empire italien.

Le royaume d'Italie était dirigé par le dictateur fasciste Benito Mussolini au nom du roi .

Au cours de la Première Guerre mondiale, l'Italie était entrée en guerre contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie en 1915 en espérant obtenir les territoires qu'elle convoitait. À la fin de la guerre, les gains étaient inférieurs à ce qui lui avait été promis lors du pacte de Londres en 1915. Les nationalistes et l'opinion publique virent cela comme une injustice et un affront envers les italiens tués. Ce ressentiment associé aux dissensions internes et aux problèmes économiques permit aux fascistes menés par Benito Mussolini de prendre le pouvoir en 1922.

À la fin du , après l'unification italienne, un mouvement nationaliste se développa autour de l'idée dItalia Irredenta qui devait permettre d'incorporer les régions italophones comme la Dalmatie sous domination étrangère au sein de l'Italie. Le régime fasciste avait également l'intention de créer un « nouvel Empire romain » dans lequel l'Italie dominerait la Méditerranée. En 1935-1936, elle envahit l'Éthiopie. La Société des Nations protesta mais, même si aucune action ne fut prise à son encontre, l'Italie se retrouva isolée sur la scène internationale. En 1937, elle quitta la Société des Nations et rejoignit le pacte anti-Komintern signé par le Japon et l'Allemagne l'année précédente. En mars-, l'Italie annexa l'Albanie et, le , elle signa le Pacte d'Acier avec l'Allemagne.

L'Italie n'entra dans la guerre que le et elle signa le pacte tripartite en septembre avec le Japon et l'Allemagne. L'armée italienne n'était cependant pas prête pour une guerre de cette envergure et ses opérations en Grèce et en Afrique du Nord se transformèrent rapidement en débâcle. Elle n'évita un désastre militaire complet que grâce à l'intervention allemande dans les Balkans et en Libye. Malgré des succès initiaux, les Allemands et les Italiens furent chassés d'Afrique en 1943 et la même année, les Alliés prirent pied en Sicile et dans le sud de la péninsule italienne. La population, épuisée, perdit confiance en Mussolini.

Le , le roi Victor-Emmanuel III démit Mussolini de ses fonctions et entama des négociations secrètes avec les Alliés. L'armistice fut signé le et l'Italie rejoignit le camp des Alliés en tant que cobelligérant. L'Allemagne désarma l'armée italienne, prit le contrôle du reste nord de la péninsule et y installa un gouvernement fantoche, la République sociale italienne gouvernée par Mussolini qui exista jusqu'en .

Japon shōwa

vignette|redresse|Drapeau de l'Empire du Japon.

Le Japon était la principale puissance de l'Axe en Asie et dans le Pacifique. L'empire du Japon était une monarchie constitutionnelle dont le souverain, l'empereur Shōwa, jouissait d'un statut quasi divin.

À la suite de tensions internes et du ralentissement économique des , les militaires japonais prirent le contrôle du gouvernement. Depuis la Restauration de Meiji dans les , le Japon s'était lancé dans une série de conquêtes militaires en Asie en vue de s'approprier les ressources qui lui manquaient. Il annexa la Corée en 1910 puis la Mandchourie en 1931. Cette politique expansionniste lui valut l'hostilité des membres de la Société des Nations qu'il quitta en 1933. Il se rapprocha alors de l'Allemagne et de l'Italie qui menaient une politique d'expansion similaire. Le Japon signa le pacte anti-Komintern en 1936 pour se prémunir d'une attaque soviétique.

En 1937, le Japon se lança dans une guerre contre la Chine. Malgré des succès initiaux, l'Armée impériale japonaise s'avéra incapable de contrôler un territoire aussi vaste et instable que la Chine et l'invasion s'arrêta. À la suite du revers de Halhin Gol face aux Soviétiques en 1939, le Japon décida de mettre en place une politique expansionniste vers le sud, et ce, en se mêlant aux conflits européens. En effet, la Grande-Bretagne, la France et les Pays-Bas avaient de grandes colonies dans le Sud. C’est pourquoi le Japon s'intéressa à former un pacte avec l’Allemagne et l’Italie (KE ). Ce pacte pouvait supposer pour le Japon d'entrer dans un conflit avec l'Europe mais aussi avec les États-Unis. Conscients du danger, les dirigeants japonais restèrent sur leur décision et continuèrent d'avancer vers le sud. Cette décision leur vaudra un arrêt de la distribution du pétrole de la part des États-Unis.

Une alliance avec l’Allemagne ne fut pas une solution évidente ; refusée en premier lieu, puis abordée avec ambiguïté (du au ), elle fut enfin acceptée sous certaines conditions. Le encore, ils avaient encore envisagé l’alternative de signer un pacte avec la Grande-Bretagne et les États-Unis. Pourtant, la décision finale semblait évidente : l’affrontement avec les États-Unis était très probable, le Japon décida d’opter pour l’expansion du sud et l’alliance avec l’Allemagne (KE ). L’Allemagne de son côté espérait, en signant ce pacte, dissuader les États-Unis d’entrer en guerre (KE ).

Du point de vue des Japonais, l’hésitation se faisait étonnamment sentir, la situation politique et économique du Japon risquait sa perte en cas de défaite de l’Allemagne. En effet, intervenir contre les États-Unis était tout autant avantageux que dangereux (KE ) mais étant donné la relation actuelle avec les États-Unis, ils prirent la décision de former un pacte avec l’Allemagne plutôt qu’avec les États-Unis.

Après la chute de la France en 1940, le Japon s'empara de l'Indochine française. Cependant, les États-Unis décidèrent d'organiser un embargo sur le pétrole à destination du Japon pour le pousser à cesser sa politique expansionniste.

À partir de , le Japon mena une offensive fulgurante et s'empara des Philippines, de la Malaisie, de l'Indonésie, de la Birmanie et de nombreux archipels dans le Pacifique. Son expansion fut stoppée en 1942 lors des batailles de Midway et de Guadalcanal. La puissance industrielle des États-Unis fit que le Japon fut progressivement repoussé jusque sur ses îles principales. La guerre du Pacifique dura jusqu'en lorsque le Japon capitula à la suite des bombardements atomiques et de la déclaration de guerre de l'Union soviétique.

États satellites

Hongrie horthyste

80px|vignette|Royaume de Hongrie. La Hongrie était gouvernée par le régent Miklós Horthy. La Hongrie fut le premier pays à adhérer au pacte tripartite en à la suite de ses membres fondateurs, l'Allemagne, l'Italie et le Japon.