Larpent () est une ancienne unité de mesure de surface agraire française ou suisse correspondant à un carré de dix perches de côté, mais qui a varié selon les localités, et l'époque. On trouve en France des valeurs allant de (), et en Suisse jusqu'à 144 ares. Elle est restée en usage en Amérique du Nord où elle désigne également une unité de longueur : au Québec et dans certains États américains, qui jadis appartenaient à la Louisiane française ou à l'empire espagnol.
Le terme a donné arpentage qui est l'action de mesurer la superficie des terres.
Origine du mot Le terme « arpent » est attesté en ancien français avant 1100entrée « arpent » du TLFI.. C'est un des rares mots d'origine gauloise qui se perpétue dans le lexique du français standard.. Il procède du gaulois arepennis, donné comme unité de mesure de superficie agraire par Columelle ou le recueil des Gromatici veteres.. Le terme est composé de are « devant » et penno « tête », et signifiait d'abord « extrémité, bout » puis, dans le cas d'un champ labouré, sa surface. C'est un proche parent du vieil irlandais airchenn (avec maintien du /kʷ/ > /k/ indo-européen, alors qu'il est passé à /p/ en gallo-brittonique), techniquement « côté court d'un champ labouré » et du gallois arbenn « chef » qui en revanche, a suivi une évolution sémantique radicalement différente.
L'arepennis équivaut à l'actus quadratus romain, soit environ 12,5 ou (), (l'actus linéaire romain correspond à la longueur optimale d'un sillon tracé par une araire tirée par une paire de bœufs selon Pline l'Ancien ou Columelle, p. 253.). Cependant le terme « arpent » est utilisé comme traduction de jugerum, unité de base du système agraire romain qui vaut deux actus quadratus, à peu près ().
Arpentage et arpenter sont attestés autour de 1300Entrées « arpenter » et arpentage » du TLFI..
France de l'Ancien Régime L'arpent est l'unité principale de mesure de superficie agraire dans la plupart des régions de France. Il représente toujours l'aire d'un carré de dix perches de côté, soit cent perches carrées. Cependant, la longueur de la perche varie. Ainsi, au la perche dite « des eaux et forêts » vaut du Roi, soit , d'où un arpent des eaux et forêts, ou arpent royal, ou arpent « légal » d'environ ., à peu près un demi-hectare. Mais coexistent un arpent de Paris, construit sur une perche de , soit , et un arpent commun construit sur une perche de , soit . Ces trois arpents sont ceux utilisés très majoritairement, mais pas exclusivement, dans les communes d'Île-de-France.. D'autres arpents encore sont spécifiques à certaines régions. Leur valeur peut aller de . En Suisse l'arpent peut varier de ( à Genève, en 1849).
En Normandie, ou un peu plus largement dans le nord-ouest, l'acre (terme de racine germanique, utilisé également en Angleterre) prend la place de l'arpent. Souvent autour de cinquante ares, l'acre peut varier de trente à cent ares.. Dans le nord de la France ou au Brabant, le bonnier, unité principale du système carolingien et de valeur plus grande que l'arpent, reste en usage jusqu'à la Révolution.. Il vaut autour de 140 ares dans le Nord de la France (entre au Brabant).
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Amérique du Nord En Amérique du Nord, l'arpent est aussi une unité de longueur, valant le côté d'un carré d'un arpent de surface. L'arpent, comme unité de superficie, est alors également nommé « arpent carré ». Le terme reste dans certains usages locaux traditionnels, autant comme unité de superficie que de longueurMesure de la longueur et de la superficie au Québec sur le site officiel Énergie et Ressources naturelles, consulté le 19 juin 2017]..
Nouvelle-France pendant la période coloniale En Nouvelle-France, on préfère comme unité une perche du Roi de . Les étalons de mesure de la Coutume de Paris furent adoptées dès 1634, avec l'arrivée au pays de Jean Bourdon, ingénieur et arpenteur dont les services avaient été retenus par la Compagnie des Cent-Associés. Il écrit en 1635 : Dès lors, il faut compter « cent perches pour arpent à dix-huit pieds [français] pour perche ». Ceci donne un arpent de du Roi carrés. Ce système de mesure prévaut avant même que l'Édit royal de 1664 en fasse une loiBAnQ (Montréal), CN601,P359 - greffe de Jean Saint-Père, ..
Les colons français au se répartissaient les terres par lots (plutôt que «parcelles»), longs et étroits, le long des cours d'eau principaux, du Sud de la Louisiane en particulier. Chaque censitaire (en tenure seigneuriale) disposait ainsi d'une façade sur la rivière ainsi que du terrain nécessaire à la culture et à l'habitation pour plusieurs générations. Un numéro de référence était attribué à chaque lot. Ce système foncier fut repris par les colons espagnols puis par le gouvernement américain, après l'acquisition de la Louisiane. Il est intégré au Système d'arpentage public américain (PLSS).
Un lot typique français mesurait deux à quatre arpents de large, le long de la rivière, et trente à soixante arpents de profondeur, tandis que les divisions espagnoles étaient en général de six à huit arpents de large, et quarante arpents de profondeur.
Amérique du Nord (époque contemporaine) Étalons officiels de l'arpent (carré) : Québec : un arpent vaut carrés français, soit environ carrés anglais, ou ; Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride : un arpent vaut , soit environ Pour la Louisiane voir Derouen v. Poirier, 136 So. 2d 131, note 1 (La. 3d Cir. Ct. App. 1961) (dicta). ; Arkansas et Missouri : un arpent vaut , soit environ ..
Étalon officiel de l'arpent (linéaire) utilisé au Québec : un arpent vaut français soit environ anglais ou .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Anciennes unités de mesure françaises
Bibliographie . Liens externes
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