thumb|Carabine de chasse Une carabine est une arme à feu avec crosse, à canon court ou long et dont l'intérieur du canon (« âme ») présente des rayures hélicoïdales. Ces rainures ont pour fonction d'imprimer un mouvement de rotation au projectile lors de son passage dans le canon. Ce mouvement de rotation du projectile lui confère une grande stabilité et lui permet ainsi d'atteindre une bonne précision à grande distance.
Histoire Origines Anciennement, le mousquet était une arme à canon lisse projetant des projectiles lourds et sphériques. En raison, à l'époque, des difficultés à produire des projectiles d'une taille très précise et ajustée au diamètre du canon, les projectiles étaient d'un diamètre légèrement inférieur à celui-ci. Ceci avait pour conséquence de faire vibrer le projectile lors de son passage à l'intérieur du canon, rendant le tir extrêmement imprécis.
Les premières armes à feu à canon rayé apparaissent en Europe à la fin du et au début du . Les rayures permettent de donner un mouvement de rotation au projectile et d'améliorer sa stabilité en vol. Les premières armes rayées étaient toutefois plus longues et plus difficiles à charger que les armes à canon lisse.
Des armes à canon rayé sont attestées dès la première moitié du ; le National Park Service indique que les armes rayées étaient déjà suffisamment répandues en 1563 pour faire l'objet de réglementations en Suisse. Elles restent cependant longtemps coûteuses à fabriquer et sont notamment utilisées pour la chasse et le tir civil.
Le mot carabine est attesté en français à la fin du sous la forme charabine, avec le sens de « petite arquebuse à rouet et à âme lisse ». En 1694, le terme désigne une « arme à feu légère à canon rayé ». Le mot est dérivé de carabin, qui désignait un soldat de cavalerie légère.
La première édition du Dictionnaire de l'Académie française, publiée en 1694, définit la carabine comme une petite arquebuze portée à cheval et définit le carabin comme le cavalier qui porte une carabine.
Au Au , les mousquets à canon rainuré deviennent de plus en plus communs. Le développement des armes rayées se poursuit notamment en France au cours de la première moitié du siècle, avec des travaux portant sur l'amélioration du chargement, des projectiles et des rayures.
La même époque a connu une seconde innovation : l'apparition d'armes et de munitions à chargement par la culasse. Le chargement par la culasse se développe effectivement au cours du et se substitue progressivement au chargement par la bouche. Les armes à chargement par la culasse permettent notamment l'utilisation de cartouches et facilitent le rechargement.
Les transformations concernent également les armes destinées à la chasse : le catalogue général officiel de l'Exposition universelle de 1900 indique que, dans les deux premiers tiers du , les armes de tir ont subi d'importantes transformations et que les armes rayées sont alors fabriquées couramment pour la chasse au grand gibier.
Les projectiles ont aussi été modifiés et ont délaissé la forme sphérique pour la forme cylindrique, balistiquement supérieure et similaire aux balles modernes (balle de Minié). La transformation des projectiles au cours du est notamment illustrée par les travaux de Henri-Gustave Delvigne et l'apparition de projectiles cylindro-ogivaux ; la balle Minié constitue l'une des étapes importantes de cette évolution.
Tout au long de ce siècle, la taille et le poids des projectiles ont graduellement diminué.
C'est aussi au cours de ce siècle que la première carabine à répétition voit le jour. Le développement des armes à répétition constitue effectivement une évolution importante de la seconde moitié du : les premiers systèmes à répétition permettent de conserver plusieurs cartouches sur l'arme et de les introduire successivement dans la chambre. Les systèmes à levier et à verrou font partie des mécanismes développés durant cette période.
Au
Les améliorations ont continué à être apportées aux innovations du siècle précédent. Le mécanisme à verrou de type Mauser s'est imposé au début du siècle comme le nouveau standard. Les carabines à verrou issues des conceptions Mauser jouent effectivement un rôle majeur dans l'évolution des carabines de chasse au cours du . Le mécanisme à deux tenons de verrouillage de Mauser a notamment été repris et perfectionné sur plusieurs carabines de chasse, dont la Winchester modèle 70, introduite en 1936.
Après la Seconde Guerre mondiale, les carabines à verrou connaissent notamment une diffusion importante dans le domaine des armes de chasse. La Winchester modèle 70, dérivé de la modèle 54, constitue l'un des modèles emblématiques de cette évolution.
Le voit également le développement et la diffusion des carabines semi-automatiques destinées à la chasse. John Moses Browning met au point plusieurs systèmes semi-automatiques, dont le Remington Model 8, commercialisé à partir de 1906, et ses travaux contribuent au développement ultérieur de carabines de chasse semi-automatiques.
Dans la seconde moitié du siècle, les fabricants continuent à perfectionner les carabines de chasse, notamment en matière de matériaux, d'ergonomie et de systèmes de fonctionnement. La Browning BAR, conçue comme carabine de chasse semi-automatique à emprunt de gaz dans les années 1960, constitue un exemple de cette évolution.
Au Les carabines n’ont cessé d’évoluer depuis le début du .
Pour des raisons pratiques, le bois a de plus en plus tendance à être remplacé par des matériaux synthétiques. Les fabricants proposent aujourd'hui notamment des crosses en matériaux composites et en fibre de carbone, qui permettent de réduire le poids et d'adapter l'ergonomie des carabines aux différents usages de la chasse. La Browning X-Bolt 2, par exemple, est proposée avec des crosses composites et une crosse en carbone, tandis que la Sako 90 existe également avec une crosse en fibre de carbone.
De plus, il est maintenant courant de trouver des carabines où l’acier « noir » est remplacé par de l’acier inoxydable afin d’assurer une meilleure résistance à la rouille. Les fabricants emploient également différents revêtements destinés à protéger les pièces métalliques contre l'usure et la corrosion. Sako propose par exemple, sur certains modèles récents, des pièces en acier inoxydable ainsi que des revêtements Cerakote et DLC.
Pour ce qui est des technologies, l’usage de systèmes antirecul pour les calibres puissants est de plus en plus généralisé. Les carabines modernes peuvent notamment intégrer des dispositifs destinés à réduire les effets du recul et des crosses conçues pour améliorer le confort du tireur. La Sako 90 Quest, par exemple, utilise une crosse en fibre de carbone et un système de construction de crosse destiné à absorber une partie des forces du recul.
Des systèmes de contrôle des vibrations permettent d’accroître sensiblement la précision de tir (par exemple, système BOSS de Browning)Système BOSS depuis site Browning (EN). Les fabricants continuent également à développer des systèmes destinés à améliorer la précision et l'ergonomie des carabines. La Browning X-Bolt 2 utilise notamment un canon flottant et un système de bedding de la liaison entre le canon, la boîte de culasse et la crosse.
Calibres
Les carabines sont disponibles dans une grande variété de calibres. De ce fait, il s'agit d'armes très polyvalentes, chaque usage étant couvert par un ou des calibres appropriés. La Commission internationale permanente (CIP) établit notamment des tables normalisées donnant les dimensions des cartouches et des chambres pour les armes à feu portatives.
Les calibres de carabine sont tout d'abord définis par le diamètre interne du canon soit en fond de rayures, soit en haut de rayures. Pour les armes à canon rayé, les caractéristiques du canon et de la munition sont définies par des dimensions normalisées, notamment le diamètre du projectile, le diamètre du canon au niveau des fonds et des crêtes des rayures ainsi que les dimensions de la chambre. Le 7,62 mm ou Calibre 30 US mesure 7,82 mm en fond et 7,62 mm en haut de rayures.
Les mesures s'expriment soit en pouces ( ; par exemple, le correspond à de pouce), soit en millimètres (exemple, pour le calibre 7 x 64 : le diamètre du projectile en millimètres ; la longueur de la douille seule, toujours en millimètres). La nomenclature des cartouches varie selon les systèmes utilisés ; la CIP recense notamment le 7 × 64, le .308 Winchester et le .30-06 Springfield parmi les cartouches faisant l'objet de spécifications techniques normalisées.
L'énergie du calibre est calculée avec la formule M.V²/2, M étant la masse en kilogramme du projectile multipliée par la vitesse en m/s au carré divisé par deux pour un résultat en joules. Il s'agit plus précisément de l'énergie cinétique du projectile, qui dépend de sa masse et de sa vitesse ; elle s'exprime en joules.
Chaque diamètre est ensuite sous-divisé selon la longueur et la forme de l'étui. Il n'y a pas ici de convention définie et cette information peut être indiquée par un ensemble de chiffres, de lettres ou de mots. Par exemple, les calibres .308, .30-06 et .300 sont tous des calibres avec des projectiles de 308/1000 de pouces de diamètre (1 pouce = 25,4 mm donc pour avoir des mm : 25,4 x 308/1000 = 7,82 mm) mais de formes et longueurs différentes. Les cartouches avec des projectiles de ces calibres, bien que de même diamètre, ne sont pas interchangeables et chaque carabine ne doit strictement utiliser que les munitions pour laquelle elle a été conçue. Néanmoins, les projectiles seuls sont interchangeables lors des opérations de rechargement.
Mécanismes À bascule
Dans une carabine à bascule, le canon ou l'ensemble des canons pivote par rapport à la carcasse autour d'un axe transversal, ce qui permet d'exposer la ou les chambres pour le chargement et le déchargement. La cartouche est insérée à l’arrière du canon qui est ensuite ramené en place.
Il s’agit d’un mécanisme ancien, dont la simplicité mécanique est notamment mise en avant dans les descriptions des armes à bascule.
Ce genre de carabine est employé pour la chasse au très gros gibier (safari). Les carabines à deux canons, ou double express, ont notamment été et sont encore utilisées pour la chasse au gibier dangereux en Afrique. Elles permettent deux tirs rapides sans devoir actionner un mécanisme de répétition entre les deux coups.
Contrairement à ce que suggère l'ancienne formulation, les mécanismes à répétition ne sont toutefois pas inexploitable[s] avec les calibres destinés au très gros gibier : les carabines à verrou sont également largement employées pour la chasse au gibier dangereux. Des calibres tels que le .416 Rigby sont notamment employés pour ce type de chasse.
Ce type de carabine, appelé Kipplauf dans les pays germanophones lorsqu'il n'a qu'un canon, est notamment apprécié pour la chasse en montagne en raison de sa légèreté et de sa facilité de transport. Certains modèles peuvent être démontés pour faciliter leur transport.
Lorsqu'il a deux canons, ce type de carabine est appelé « double express » et est notamment utilisé pour la chasse du gibier à courte distance, en particulier lorsque la possibilité d'un second tir rapide est recherchée. Dans le cas où le premier tir blesse l'animal, il permet de tirer une seconde fois pour effectuer rapidement un second tir.
On trouve des armes de ce type avec des combinaisons allant jusqu'à 4 canons, de même calibre ou non. Les armes combinant plusieurs canons sont notamment désignées par les termes drilling, vierling et Bergstutzen, selon leur nombre, leur disposition et la combinaison de canons utilisée.
Il s'agit souvent d'armes de prix élevé, en particulier pour les doubles et les armes combinées artisanales.
Par contre, il n'est pas un mécanisme courant dans les armes militaires modernes, qui utilisent plus fréquemment des mécanismes à répétition ou semi-automatiques.
À levier