L'église Saint-Jean-Baptiste de Ceilhes est une église fortifiée datant des située sur la commune de Ceilhes-et-Rocozels dans le département français de l'Hérault et la région Occitanie.
Typologie
L'église est classée comme église fortifiée.
Construction La construction des différentes parties constituantes (ouvrage fortifié, maison) ont été réalisées à quatre époques différentes : première moitié du ; C'est de cette époque que date le narthex qui est l'entrée de l'église, la pièce intermédiaire avant d'accéder à la nef. à la limite entre le et le ;
au premier quart du ; Le chœur, les chapelles latérales et le portail nord datent de cette époque.
au dernier quart du ; Cette époque a vu la fortification du chœur.
Architecture
L’église Saint Jean-Baptiste mesure de long pour dans sa plus grande largeur.
Elle est bien orientée selon la tradition liturgique.
Son plan est la juxtaposition bout à bout, dans le même axe, de deux parties principales très distinctes, qui correspondent aux 2 phases principales de construction : la première nef, située du côté de l’entrée, et plus étroite, date du ; la seconde, plus large, ainsi que le chœur datent du .
Le gros-œuvre a été réalisé en grès, en pierre de taille, avec un enduit partiel. Les matériaux de couverture sont les tuiles creuses et l'ardoise. L'église se présente sur un plan allongé, sous la forme d'un vaisseau. Comme couvrement, on trouve une voûte en berceau et une voûte d’ogives. Les types de couverture (type) sont des toits à longs pans et des toits en pavillon. Le décor est composé de sculptures et de peintures. On rencontre un escalier en demi-hors-œuvre et un escalier en vis sans jour, qui a été muré car la chaire auquel il menait menaçait de tomber. Cette chaire a donc été démontée, puis déplacée de l'autre côté, de manière à la rendre plus accessible. La chaire démontée et aujourd’hui située à l’entrée du chœur à gauche.
Histoire La plus ancienne mention connue de l'église Saint-Jean-Baptiste de Ceilhes remonte à 1135. Elle figure dans une bulle du pape Innocent II qui énumère les possessions de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre de Joncels.
À Ceilhes, il s'agissait d'un prieuré régulier (Ceilhes est mentionné en 1101 et comme prieuré en 1323), c'est-à-dire sans religieux ; la paroisse était confiée à un moine de Joncels. On mentionne par ailleurs une paroisse Notre-Dame de Ceilhes qui s'étendait jusqu'au fortifications de Rocozels au nord-ouest (1147).
Les origines de l'église sont toutefois sans doute plus anciennes ; en effet, l'évangélisation de la région s'est faite précocement, comme en témoignent le monastère de Joncels du et l'église primitive Saint-Martin des Ubertes, à au nord-ouest de Ceilhes, église-mère de la région remontant probablement à l'époque wisigothique.
Au , elle fut comprise dans l'archiprêtré de Lunas, dit de Boussagues, alors qu'au milieu du , on voit se succéder à Ceilhes des prieurs et des chapelains qui habitaient parfois très loin de la paroisse et pour lesquels l'église de Ceilhes n'était qu'un bénéfice assurant ses revenus personnels.
Des peintures murales antérieures à la Révolution ont été recouvertes vers 1950.
C'est aujourd'hui l'église paroissiale.
Intérieur La visite s’effectue du fond de l’église en remontant vers le chœur.
On entre dans l’église par un petit portail roman en arc plein cintre. Les marches d’escalier nous permettent de descendre dans la nef du , la plus petite. Remarquez les très beaux chapiteaux romans.
Au , l’église a été agrandie vers l’est avec une nef plus large et le chœur. Elle est de style dépouillé, sans transept ni pilier. Le chœur, orienté, est à chevet plat. Sa voûte repose sur une croisée d’ogive. Au centre, la clé représenterait le visage d’une femme. Les arcs retombent ensuite sur des culs de lampe ornés de figures humaines et de motifs végétaux (sans doute une survivance du roman). À droite du chœur se trouve la sacristie, ancienne chapelle Sainte-Catherine fondée au bénéfice des seigneurs de Rocozels (ce fut leur lieu de sépulture). Les deux chapelles latérales, postérieures, sont enclavées dans les contreforts extérieurs ; la chapelle sud est dédiée à saint Joseph (ancienne chapelle Saint-Blaise) ; celle au nord à la Vierge (ancienne chapelle du Rosaire).
Décoration
les vitraux du chœur : les plus remarquables sont les deux vitraux de la baie axiale ; ils représentent à droite le Christ et à gauche saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse. Ces vitraux dateraient du . Ceux des baies latérales sont plus récents : ils représentent au nord saint Pierre (à droite) et saint Paul (à gauche). Au sud sont représentés à droite saint Fulcran (évêque de Lodève de 946 à 1006) et à gauche saint Joseph.
Les peintures murales : murs et voûtes du sanctuaire étaient à l’origine peints ; les décors représentaient des architectures à l’antique. La voûte était peinte d’un bleu clair avec nuages blancs et angelots, et piquetée d’étoiles métalliques. Sur l’arc triomphal étaient peint cinq personnages en buste. Toutes ces peintures qui dataient certainement du et formaient avec les vitraux un ensemble homogène ont disparu au
Le maître-autel, ainsi que les nombreuses statuesCharles Bonami, 'L’église paroissiale St Jean-Baptiste de Ceilhes', 1978..
Extérieur
Nous ressortons de l’église par la porte des Morts ; elle menait en effet jusqu’au au cimetière, situé sous l’actuelle place de l'église.
Remarquons que l’édifice est massif et assez austère. Il est dépourvu d’éléments de décors. Au , l’église de Ceilhes a en effet été comprise dans le système de défense du village : la façade sud est cantonnée d’épais contreforts (les 'encoules') et dépourvue d’ouvertures ; le chevet est support à un ouvrage défensif : des mâchicoulis sur arc de type assommoir.
L’église de Ceilhes correspond tout à fait au style d’église méridionale du conçue comme une forteresse.
Au sommet, le clocher du et surélevé au , est percé de baies géminées à arcs plein cintre. De nos jours, les quatre cloches (dont deux datent de l’an 2000), guident encore Ceilhois et Ceilhoises dans leurs activités quotidiennes.
Inscription au patrimoine de France
L'église est propriété de la commune.
À la suite d'une étude de type inventaire topographique, elle a été inscrite aux Monuments Historiques le , et se trouve donc protégéeLe dossier est consultable au service régional de l'inventaire Languedoc-Roussillon. N° notice : IA00029303.
Galerie d'images
Notes et références
Ceilhes, Eglise Saint-Jean-Baptiste Ceilhes Catégorie:Monument historique inscrit en 1986 Ceilhes, Eglise Saint-Jean-Baptiste