Viktor Lvovitch Kortchnoï (en ) Chess Notes, C.N. 5591. Корчной (chesshistory.com), en mai 2008, donne 19 transcriptions différentes dans les alphabets latins du nom de Kortchnoï. est un joueur d’échecs soviétique puis suisse né le Edwar Winter, Chess Note 7046 : Korchnoi’s date of birth. À la suite d'une erreur dans une encyclopédie soviétique, de nombreux ouvrages des années 1970, dont l'autobiographie de 1977 Chess is my Life, donnent la date erronée du 23 juillet 1931 comme date de naissance. à Leningrad, et mort le à Wohlen.. Il obtint l'asile politique de la Suisse en 1978, puis la nationalité suisse en 1992. Après sa défection de l'Union soviétique en 1976, Kortchnoï disputa deux matchs de championnat du monde d'échecs et perdit à chaque fois contre le numéro un soviétique Anatoli Karpov, de vingt ans son cadet.

Grand maître international en 1956, Kortchnoï fut pendant plus de trente ansDe 1956 à 1990, à l'exception des années 1983 et 1988, Kortchnoï était classé dans les dix premiers d'après le site chessmetrics.com. un des dix meilleurs joueurs du monde. Réputé pour sa ténacité, pour son jeu alliant défense et contre-attaque et sa constante volonté de vaincre, il fut candidat au championnat du monde en un nombre record de dix occasions : en 1962, puis, sans interruption, de 1968 à 1991Kortchnoï participa également aux championnats du monde FIDE de 1997, 1999 et 2001.. Quatre fois finaliste du cycle des candidatsEn 1968, Kortchnoï fut battu par Boris Spassky et, en 1974, battu par Karpov — ses adversaires devinrent tous deux champions du monde l'année qui suivit., il remporta la finale contre Boris Spassky en 1977-1978 et face à Robert Hübner en 1980-1981.

Bien qu’il n'ait jamais été champion du monde, Kortchnoï possède un des plus grands palmarès de l'histoire du jeu avec plus de 220 premières places seul ou ex æquo en tournoi adulte, victoires en match, médailles d'or en compétition par équipes (sans compter ses victoires dans les compétitions junior ou senior) à son actif..

Quadruple champion d’URSS (en 1960, 1962, 1964-1965 et 1970) et quintuple champion de Suisse (en 1982, 1984, 1985, 2009 et 2011), Kortchnoï termina premier du championnat des Pays-Bas en 1977 et reçut l’Oscar du meilleur joueur de l’année 1978 devant Karpov. Il a remporté quatre fois le tournoi de Wijk aan Zee (en 1968, 1971, 1984 et 1987Il y a une erreur dans certains sites : à Wijk aan Zee en 1987, le résultat de la partie Kortchnoï-Flear fut 1-0.), deux fois le tournoi de Hastings (en 1955-1956 et 1971-1972), trois fois le tournoi de Sarajevo (en 1969, 1984 et 1999), deux fois le mémorial Capablanca (en 1963 et 1969) et, à deux reprises, le tournoi de Palma (en 1968 et 1972) et le Festival de Bienne (en 1979 et en 2001, à septante ans).

Quintuple champion d’Europe par équipes avec l’URSS (dont deux fois meilleure performance individuelle) et six fois membre de l’équipe d’URSS qui remporta les Olympiades d'échecs (en 1960 et de 1966 à 1974), Kortchnoï remporta la médaille d'or individuelle au premier échiquier de l'équipe de Suisse lors de l'olympiade d'échecs de 1978 et des championnats du monde par équipe de 1985 et 1989 ainsi que trois médailles d'or et trois médailles de bronze individuelles lors des olympiades disputées avec l'équipe d'URSS.

D’une longévité sans équivalent dans le circuit professionnel, Kortchnoï a affronté tous les champions du monde depuis Botvinnik (en 1952) jusqu’à Carlsen (en 2004). Il est le seul joueur à avoir battu neuf champions du monde « classiques » (tous les champions de Botvinnik jusqu'à Kasparov, plus Carlsen). Il a un score égal face à Botvinnik et Fischer et a un score positif face aux champions du monde Tal, Petrossian et Spassky qu'il a battus lors des matchs des candidats.

Kortchnoï devint champion du monde senior (plus de soixante ans) en . En , à 75 ans, il comptait encore parmi les cent meilleurs joueurs du mondeKortchnoï était en janvier 2007 avec 2630 points Elo.. En (au tournoi open de Grächen) et en (au tournoi open de Loèche-les-Bains), il fut consacré champion de Suisse.Kortchnoï sacré à 80 ans, Europe Échecs, septembre 2011, ., devenant, à 78 et 80 ans, un des plus vieux joueurs d'échecs à remporter un titre national Leonard Barden, Victor Korchnoi outshines Anatoly Karpov despite age gap, The Guardian, 31 juillet 2009..

Biographie et carrière Années de formation D’origines ukrainienne du côté de sa mère et polonaise du côté de son père, Kortchnoï naquit à Léningrad le . Il connut une enfance très difficile Viktor Kortschnoi, Mein Leben für das Schach, .. Ses parents se séparèrent très tôt. Sa mère, Zelda Gerchevna Azbel (1910-?), pianiste, fille de l'écrivain yiddish Hersh Azbel et d'une femme d'origine ukrainienne-polonaise, était une femme excentrique, dont le souci principal était de pouvoir nourrir son fils, ce qu’elle ne réussissait pas par manque d’argent. Elle laissa Viktor à son époux, Lev Merkourïevitch Kortchnoï (1910-1941), un ingénieur en réfrigération d’origine catholique polonaise, membre du parti, professeur de langue et de littérature russe et qui s’était remarié.

De septembre 1941 à janvier 1944, Kortchnoï survécut au terrible siège de Léningrad. En 1941, son père, qui pensait que Léningrad était près du front, décida que Viktor devrait être évacué dans l'Oural ou en Asie centrale comme les autres écoliers de Léningrad, mais sa mère, qui craignait les bombardements des trains, vint le chercher dans le camp où il se trouvait et Kortchnoï retourna à Léningrad. Son père fut envoyé au front et tué en Viktor Kortschnoi, Mein Leben für das Schach, ., puis, quand son oncle disparut, Viktor resta chez sa grand-mère paternelle, une aristocrate polonaise ruinée et malade. Lorsqu'elle mourut en Viktor Kortchnoï, Chess is my Life, éd. Olms, 2005, ., Kortchnoï et un voisin enveloppèrent le cadavre dans un drap et allèrent l’enterrer, en secret, dans la tombe familiale au cimetière, ce qui lui permit de toucher deux rations. Sa belle-mère le prit définitivement avec elle. Au cours de l'été 1942, Viktor fut envoyé à l’hôpital : il souffrait de dystrophie. Kortchnoï hérita de cette période un tempérament de lutteur qui ne renonce jamais dans l'adversité ainsi que la persévérance face aux épreuves et après les défaites.

À l’âge de six Viktor Kortschnoi, Mein Leben für das Schach, . ou sept R.G. Wade, Soviet Chess, . ans, il avait appris à jouer aux échecs avec son père, et, en 1943, lorsque l’étau du siège de Leningrad se desserra, il participa à son premier tournoi junior. À l’automne 1944, il s’inscrivit au club d’échecs (ainsi qu’aux clubs de musique et de récitationIl rêvait de devenir acteur, mais n’avait pas une prononciation correcte ( Chess is my life, ).) des Pionniers de Leningrad. Il fut entraîné par Abram Model (un ancien entraîneur de Mikhaïl Botvinnik), et, à la fin de la guerre, Vladimir ZakVladimir Zak, avec lequel Kortchnoï signa une monographie sur le Gambit du roi dans les années 1970, ainsi que Kortchnoï le rapporte dans Mein Leben für das Schach, page 20. Ce fut lui qui « découvrit » Boris Spassky en 1946.. Kortchnoï progressa rapidement. En 1945, il atteignit le niveau d'un joueur de première catégorie. En 1946, il remporta le championnat de Leningrad junior (à sa deuxième tentative) et se qualifia pour le championnat d’URSS junior, remporté par Tigran Petrossian, où il termina -Après cinq rondes, il faisait partie de la tête du tournoi, mais il perdit ensuite une partie et se démobilisa.. En 1947, il remporta le championnat d’URSS juniorD’après ce que Kortchnoï lui-même rapporte, il gagna parce qu’on aurait forcé deux de ses rivaux à perdre contre lui. MLfdS, et 22., et il récidiva l’année suivante en terminant premier ex æquo avec Iivo Neï« Presque sans aide », précise Kortchnoï.. En 1949, il marqua 5,5 points sur 6, au premier échiquier de la très forte équipe junior de Leningrad, au championnat national junior par équipes, ce qui lui valut le titre de candidat maître.

Parallèlement à sa passion pour les échecs, Kortchnoï étudia pendant six ans à l’université de Leningrad pour devenir historien et décrocha un diplôme en histoire en 1954.

Grand maître international (1956)

En 1950, Kortchnoï termina deuxième du championnat de Leningrad (+8 −3 =2) et battit le vainqueur Mark Taïmanov. Lorsque le grand maître Aleksandr Tolouch lui proposa de l’entraîner et de faire de lui un maître en deux ans, Kortchnoï répondit : , ce qu’il fit, mais il regretta plus tard sa décision lorsqu'il vit que Boris Spassky, le jeune prodige de Leningrad, faisait des progrès plus rapides avec TolouchEn 1952, Tolouch avait fait ses offres à Boris Spassky qui remporta le tournoi de Bucarest en 1953 — à seize ans, devint maître international en 1954, se qualifia pour le tournoi des candidats de 1956 et termina - du championnat d’URSS en 1956. Spassky, avec un autre entraîneur, devint champion du monde en 1969.. En 1950, Kortchnoï disputa sa première demi-finaleEn 1949, Kortchnoï avait terminé - du quart-de-finale à Lvov avec 7,5/15, quart de finale 1949. Il fut repêché pour la demi-finale grâce à sa deuxième place au championnat de Léningrad. du championnat d’URSSDemi-finale du championnat d'URSS 1950, remportée par Youri Averbakh., à Toula. Il commença le tournoi par un point sur neuf (+0, −7, =2), mais réussit néanmoins à finir - avec (+4 −7 =4). En 1951, il termina - de la finale du mémorial TchigorineLa finale du mémorial Tchigorine fut remportée par Vassily Smyslov ; plusieurs milliers de joueurs prirent part aux phases préliminaires. et réalisa à cette occasion une première norme de maître soviétique. Peu après, en mai-, à Leningrad, il termina - de la demi-finaleDemi-finale remportée par Smyslov ; en novembre-décembre 1950, Kortchnoï avait fini du quart-de-finale à Leningrad avec 8,5 /14. du championnat d’URSS 1951 (+6 −4 =8). Grâce à ce résultat, il succéda à Petrossian comme plus jeune maître soviétique (à 20 ans) Andrew Soltis : Soviet Chess. mais manqua la qualification pour la finale du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal.

De 1952 à 1959, Kortchnoï participa à huit demi-finales du championnat d’URSS et réussit à chaque fois à se qualifier pour la finaleEn 1957 et en 1959, Kortchnoï termina seul premier de sa demi-finale avec 1,5 points d'avance sur le deuxième. Il finit - de sa demi-finale en 1952, - en 1953, - en 1954, - en 1955, - en 1956, - en 1958. mais ses résultats en finale furent irréguliers, alternant réussites et désastres. En 1952, à Minsk, Kortchnoï disputait sa troisième demi-finaleDemi-finale remportée par Isaac Lipnitski, - du championnat d'URSS en 1950 ; en novembre 1951, Kortchnoï avait fini - du quart de finale à Leningrad, avec 9 points sur 15. ; il finit - (devant Averbakh, Flohr et Kholmov). Puis, en novembre-décembre, lors de sa première finale du championnat d’URSS, à Moscou, il devança Keres, Smyslov (qu’il battit) et Bronstein au classement et termina sixième avec un score de 11 points sur 19 (+8 −5 =6). Le championnat fut remporté cette année par Botvinnik devant Taimanov et Geller. Cette série de succès échiquéens attira l’attention de la direction du comité des sports de l’URSS qui enrôla Kortchnoï dans l’équipe des athlètes d’État. Il perçut à partir de 1954 Chess is my life, . un salaire dépendant de ses résultats qui lui permit de se consacrer entièrement aux échecs. En , Kortchnoï finit -, ex æquo avec Taimanov, du championnat d’URSS à KievDans la dernière ronde, il affronta le leader Youri Averbakh (qui termina invaincu avec le score de 14/19) et eut une finale gagnante, qui se termina par la nulle. (+10 −3 =6). Grâce à ce succès, il fut autorisé à participer à son premier tournoi international à Bucarest et le remporta devant Rachid Nejmetdinov. La FIDE lui accorda le titre de maître international à l’automne 1954, mais,