L'économie de l'Algérie traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de l'Algérie. Depuis son indépendance en 1962, l'Algérie a lancé de grands projets économiques pour mettre en place une assise industrielle dense, APS, Algérie Presse Service, le 5 juillet 2012.. Cependant, en dépit des réalisations importantes engagées (routes, autoroutes, universités, hôpitaux, usines, logements, Métro d’Alger et tramways, etc.), l’économie algérienne est passée par divers stades de turbulence.

Dans les années 1980, l'économie algérienne a connu des difficultés importantes. En effet, le contre-choc pétrolier de 1986 a porté un coup dur à une économie quasiment rentière, c'est la période des plans anti-pénurie et de stabilisation. Au début des années 1990, l'Algérie a engagé des réformes structurelles concrétisant ainsi le passage à l'économie de marché.

En 2012, l'économie algérienne demeure très fortement dépendante de la rente des hydrocarbures, qui représentent la principale source de revenus du pays, sans être parvenue à se diversifier et à mettre en place une industrialisation compétitive au niveau international, Frédéric Pons, Valeurs actuelles, 3 mai 2012.

Le rapport 2017 du cabinet de conseil et d’intelligence économique Oxford Business Group (OGB) sur l'Algérie, met l'accent sur les efforts consacrés par le pays pour renforcer et diversifier son économie sur fond de chute des prix du pétrole. Ce rapport évoque la contribution croissante du secteur privé dans le PIB, en particulier du rôle des petites et moyennes entreprises (PME) soutenues par de nouvelles mesures ; ainsi que le secteur des services financiers, qui a connu des évolutions positives telle que l’instauration du paiement en ligne.

Malgré les efforts consentis, le pays est toujours confronté à un certain nombre de problèmes à court terme, y compris la nécessité de diversifier l'économie, renforcer les réformes politiques, économiques et financières, d'améliorer le climat des affaires et de réduire l'inégalité sociale entre les régions, afin d'atteindre une meilleure croissance économique. L'Algérie dispose du triple levier, énergétique, minier et agricole pour contribuer, à terme, à contenir les crises de l'approvisionnement en énergie, en terres rares (minerais utiles à la technologie) et alimentaire.

Publié en 2023, le rapport de la banque mondiale sur l’économie algérienne appelle à accélérer les réformes institutionnelles et micro-économiques et dresse un état positif pour l’économie du pays. La Banque mondiale note que la promulgation en 2022 de la nouvelle loi sur l’investissement et la publication de ses textes d’application, la suppression en 2020 de la règle 51/49 pour les secteurs non-stratégiques et la publication de la nouvelle loi sur les hydrocarbures en 2019 sont des actions positives mais devant s’attaquer à l’écosystème dont la bureaucratie paralysante avec une meilleure visibilité dans la politique socio-économique.

Histoire Une économie planifiée (1962-1978) La période 1962–1971 de l'économie algérienne est marquée principalement par la nationalisation des secteurs clés de l'économie et la création d'entreprises publiques ainsi que la mise en place d'un processus de planification centralisée, la création d'une structure industrielle ainsi que le parachèvement des institutions publiques. L'année 1966 a été marquée par la nationalisation des mines et des compagnies d’assurances étrangères et la signature d’accords de coopération avec la France, tandis que l'année 1971 a été marquée par la nationalisation des hydrocarbures avec l'acquisition par l'État de 51 % des avoirs des sociétés pétrolières françaises présentes en Algérie. En novembre de la même année le gouvernement a lancé la « révolution agraire » et la « gestion socialiste des entreprises » (GSE)..

Crise et restructuration (1979-1987) Au début des années 1980, l'économie algérienne commence à être restructurée, et l'aggravation de la crise économique en Algérie à la suite du choc pétrolier dès 1986. La baisse régulière du prix du brut amorcée à la mi-1985 s'accélère brutalement en 1986. Le niveau des prix atteint son plancher et dévoile brutalement les dysfonctionnements structurels de l'économie algérienne. La chute des prix du pétrole de 40 % réduit à néant les illusions de puissance du potentiel industriel algérien et révèle la dépendance et la fragilité d'un système construit sur la seule performance du secteur des hydrocarburesÉconomie algérienne 1986 - 1998 : Les réseaux aux commandes de l'État, Par Omar Benderra, Extrait de La Méditerranée des réseaux, Marchands, entrepreneurs et migrants entre l'Europe et le Maghreb, sous la direction de Jocelyne Cesari, Maisoneuve et Larose, octobre 2002, Algeria-watch, lu le 31 juillet 2012.

Crise et privatisation (1988-1993) La baisse du prix des hydrocarbures de 1985 à 1987 a eu des conséquences sur le plan social et économique du pays. La crise politique de 1988, les résultats des élections de 1991 et leur annulation plongèrent le pays dans une période très difficile d’insécurité et de désordre économique, l’obtention d’une aide financière du FMI et les mesures qui lui sont associées ont renforcé l’urgence des réformes.

En 1993, les exportations algériennes se constituaient à plus de 98 % d'hydrocarbures, le pays dépendait à 80 % de l'extérieur sur le plan alimentaire et à 90 % pour les médicaments.

Les difficultés de fonctionnement de l'industrie algérienne ont été croissant depuis 1986 marqué par le troisième choc pétrolier qui a violemment privé l'État de plus d'un tiers de ses ressources en devises. Ainsi, ce manque provoquera des conséquences sur le plan social et économique du pays. À l'époque l'État a préféré recourir à l'endettement extérieur pour maintenir le niveau de vie de la population et de la nomenklatura liée aux contrats d'importations, les décideurs algériens n'ont fait qu'aggraver une situation déjà très fragile. Le service de la dette durant la période 1989-1993 a toujours absorbé plus de 70 % des ressources de l'Algérie. En 1993, elle dépasse les 80 %. Par conséquent, le fonctionnement de l'économie et la satisfaction des besoins vitaux de la population ont été de moins en moins bien assurés et la dette a continué de grossir.

Les interdictions sur certains produits d'importation ont entraîné le peu d'industrie du pays à une baisse continue de la production et une détérioration flagrante des outils de production. La situation financière des entreprises publiques (constituant plus de 90 % de la production algérienne) s'est aussi profondément détériorée. Bien qu'en 1990, il y a eu des tentatives de libéralisation économique sous le gouvernement de Mouloud Hamrouche qui sera vite remise en cause par ses successeurs, l'Algérie n'aura ni attiré les investissements étrangers ni réussi à faire revenir les capitaux de l'émigration.

Passage à l'économie de marché (1994-2015) Au début de 1994 le passage d'une économie dirigée à une économie de marché est conforté par la dévaluation du dinar algérien, la libéralisation du commerce extérieur, la liberté des prix, et le rééchelonnement de la dette extérieure. Avec l’ancrage à l’économie de marché, la classe moyenne, majoritairement composée de fonctionnaires avant 1994, s’est trouvée décimée en quelques années[L’Algérie des réformes économiques : un goût d’inachevé], Par Kassim Bouhou, politique étrangère, /2009, Consulté le .

après le passage à l'économie de marché, l'économie algérienne demeure très peu industrielle avec un secteur industriel pesant moins de 5 % du PIB et est principalement constituée de petits services et de commerces (83 % de la superficie économique). Elle est également caractérisée par les sureffectifs dans les entreprises publiques ainsi que dans l'administrationLes six impacts de la baisse du cours du pétrole sur l’Algérie, Abderrahmane Mebtoul; lematindz.net, 18 août 2015.

Les ventes du secteur énergétique représentent encore plus de 95 % de ses recettes extérieures et 60 % du budget de l'État algérien.

Effondrement des prix du pétrole (2015-2019) En 2015, le pays est confronté à une forte chute de ses revenus pétroliers (–43,71 %) aggravant fortement le déficit de la balance commercialeL’Algérie fragilisée par la chute du cours de l’or noir, lemonde.fr, 12 septembre 2015. La balance des paiements atteint le niveau record de - de dollars au premier trimestre 2015. L'Algérie pourrait rencontrer des difficultés d'ici 2017-2018 pour payer les salaires de ses fonctionnaires et maintenir ses importations.

Les pouvoirs publics ont adopté un ensemble de mesures correctives dans le cadre de la loi de finance de 2016. Établi sur l’hypothèse d’un prix moyen du pétrole de 35 dollars le baril, cette loi prévoit une réduction de 9 % des dépenses, principalement des investissements en biens d’équipement, et une augmentation de 4 % des recettes fiscales.

Avec une forte dépendance aux hydrocarbures, l'économie algérienne demeure une économie rentièreL’Algérie otage de ses hydrocarbures : obligation de réformes, urgence d’une reconversion, Mohamed Chabane, Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 81 | 2010, mis en ligne le 15 juin 2011, Consulté le 17 juillet 2012.

L'Algérie connaît une réduction de la balance des paiements avec un déficit de de dollars (mds USD) en 2018, contre 21,76 mds USD en 2017Algérie : le déficit de la Balance des paiements en baisse à 15,82 mds USD en 2018, aps.dz, 4 juin 2019.

Le magazine français Le Point aurait estimé en que l'Algérie était proche de la cessation de paiements, en raison de l'augmentation des dépenses publiques à plus de 70 milliards de dollars (soit une augmentation de 12 %) et de la diminution des réserves de change, qui étaient passées de 200 milliards en 2014 à près de 60 milliards en 2019Adlène Meddi, L'Algérie au bord de la cessation de paiements, lepoint.fr, 18 septembre 2019. Toutefois, cela ne s'est pas produit.

Pandémie de Covid-19 et crise énergétique La pandémie Covid-19 qui a touché l'Algérie au début de 2020 à l'instar des autres pays du monde a eu un impact considérable sur l’économie mondiale, l’Algérie fortement connectée à cette économie notamment à travers la rente des hydrocarbures, subit pleinement cette crise, d’où l’urgence de l’élaboration de stratégies d’adaptation. Ses impacts ont touché presque la majorité des secteurs productifs et ont produit une dégradation des différents marqueurs de l’économie. En effet, les conséquences de la pandémie telles que, les confinements généraux, les strictes mesures sanitaires préventives, la fermeture des frontières, et le ralentissement ou l'annulation d'investissements, et la chute du cours du pétrole ont poussé le gouvernement à se serrer la ceinture. Il a ainsi décidé de baisser de 30 % le budget de fonctionnement de l’État.

Par la suite, en , s’est déclenché le conflit russo-ukrainien qui a bouleversé l’équilibre économique mondial et a provoqué une pénurie d'énergie dans le monde. La flambée des prix du pétrole et du gaz naturel ont fait de l'Algérie l’un des principaux gagnants de la crise énergétique.

En , en pleine crise énergétique, l'UE annonce sa décision de plafonner temporairement les prix du gaz. Une situation qui irrite Mohamed Arkab, le ministre algérien de l’Énergie et des Mines qui déclare que son pays « ne soutient pas l’idée de plafonner les prix ».

En 2022, l'Algérie est le premier producteur de gaz naturel en Afrique et le dans le monde. Au début du mois de , la société nationale Sonatrach avait annoncé vouloir investir 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026 dans l'exploration, la production et le raffinage de pétrole ainsi que la prospection et l'extraction de gaz.