Cette page concerne l’année 1661 du calendrier grégorien. Événements
: Fouquet achète la baronnie de Kaër. : d’Aligre, futur chancelier, vient réclamer 4 millions de livres à l’assemblée du clergé ; plus tard, le clergé accepte au titre de cadeaux pour le mariage du roi. : Molière, désormais, dispose de son propre théâtre au Palais-Royal. : à la sortie du Conseil, Basile Fouquet interpelle son frère. Altercation entre les deux frères dans l’antichambre de Mazarin. : l’Assemblée du clergé décide une nouvelle offensive sur le Formulaire.
: incendie de la petite galerie du Louvre par l’imprudence d’un menuisier, qui travaillait à la préparation d’un ballet. Elle est reconstruite par Le Vau. : Mazarin, malade, se fait transporter à Vincennes où est la cour. : déclaration du roi qui décide d’entreprendre une grande enquête sur les usurpations de noblesse. 19, 22, 26 et : ballet de l’Impatience, dansé par le roi au Louvre. : arrivée d’Henriette d’Angleterre à Paris. : traité de Vincennes. Charles III de Lorraine recouvre ses duchés, mais cède quelques territoires, ainsi qu’un chemin d’une demi-lieue de large assurant la liaison Metz-Phalsbourg. : mariage de Hortense Mancini à Armand-Charles de La Porte, fils du maréchal de La Meilleraye, « à qu’il avait donné beaucoup de bien, pour porter son nom et ses armes, et on l’appelle le duc de Mazarin » de Montpensier, op. cit, ..
ordonnance royale contre le cardinal de Retz et ceux qui ont intelligence et tiennent correspondance avec lui. premier testament de Mazarin, qui restitue tous ses biens au roi. Il reçoit le viatique. : on fait réciter pour Mazarin dans toutes les églises de Paris (un privilège réservé aux personnes de sang royal) les prières des Quarante-Heures.
Claude Joly, curé de Saint-Nicolas-des-Champs est appelé en plein sermon pour assister Mazarin à Vincennes. Mazarin dicte son testament définitif dont le légataire universel est le marquis de La Meilleraye. Le même jour, renonce au legs universel et approuve ce second testament. Deux millions de livres sont consacrés à la fondation du collège des Quatre-Nations pour l’éducation de soixante jeunes nobles des provinces récemment annexées (Alsace, Pignerol, Artois, Roussillon), avec les revenus de l’abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm () et de rentes sur l’Hôtel de ville de Paris. Mazarin lègue également sa bibliothèque au nouvel établissement qui doit être ouverte à tous les gens de lettres deux fois par semaine. Mazarin désigne cinq exécuteurs testamentaires : Lamoignon, Le Tellier, Ondedei, Fouquet, Colbert. Le Vau va édifier ce qui est aujourd’hui l’Institut de France. - : Bossuet prêche le Carême aux Grandes Carmélites à Paris (sur la pénitence, sur la parole de Dieu, sur le danger des rechutes, sur l’ambition, sur la haine de la vérité, sur les souffrances, sur la Passion, sur l’homme, temple de Dieu). : Mazarin reçoit l’extrême onction. : Colbert est nommé intendant des finances. vignette|gauche| : mort de Mazarin, toile de Paul Delaroche : vers deux heures du matin, mort de Jules Mazarin. Choisy raconte que Mazarin aurait dit : « Je vous dois tout, Sire, mais je crois m’acquitter en quelque manière en vous donnant Colbert. » Selon Colbert, Mazarin aurait mis en garde Louis XIV contre Fouquet. tient aussitôt conseil avec Lionne, Le Tellier, Fouquet et Loménie de Brienne, qui rapporte l’événement. Il prend ses dispositions pour assumer directement le pouvoir.
: conseil élargi à sept heures du matin réunissant le chancelier Pierre Séguier, les principaux ministres (Fouquet, Le Tellier, Lionne), et les secrétaires d’État (La Vrillière, Duplessis-Guénégaud, Loménie de Brienne et son fils). annonce à Vincennes qu’il gouvernera par lui-même. Tous les ministres sont congédiés, à l’exception de Lionne (affaires étrangères), Le Tellier (Guerre) et Fouquet (Finances). : Guy de Bar, fidèle de Mazarin, maréchal de camp (), chargé de conduire les princes de Marcoussis au Havre en 1650, lieutenant général le est nommé par le roi gouverneur d’Amiens. : Bossuet prononce le Panégyrique de saint joseph devant Anne d’Autriche ; par lettres patentes du , a décrété jour chômé dans tout le royaume le jour de la fête de Saint Joseph, le . : mariage de Monsieur et d’Henriette d’Angleterre. Mars : création d’une Académie royale de danse, lettres patentes enregistrées au parlement le . : arrêt du Conseil d’État instituant une Commission du commerce, chargée de stimuler l’économie. Elle est présidée par Fouquet, assisté de Colbert, Pierre Clément, Étienne d’Aligre et Denis Marin. : arrêt du Conseil d’État prescrivant à tous les ecclésiastiques la signature du formulaire antijanséniste rédigé en février par l’Assemblée du clergé. : Marguerite-Louise d’Orléans, fille de Monsieur Gaston, épouse Cosme de Médicis, grand-duc de Toscane en 1670 de Montpensier, op. cit, .. - : la cour est à Fontainebleau. À partir de juillet, le roi entame une liaison avec Louise de La Vallière, demoiselle d’honneur de Madame. : mort de César, marquis d’Aumont et gouverneur de Touraine, neveu du maréchal de France Jean d’Aumont, dit le Franc Gaulois (1552-1595). refuse à Gilles Fouquet, dernier frère de Nicolas Fouquet, la survivance du gouvernement de Touraine qu’il confie à François Honorat de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan. : les pensionnaires et les postulantes de Port-Royal sont expulsées. : Aubeville, homme de confiance du roi part pour Rome, porteur d’une lettre demandant au pape de reprendre le procès de Retz. Dans les semaines qui suivent, en dépit de toutes les manifestations d’hostilité que prodigue à Retz, fait intervenir diverses personnalités en sa faveur : la princesse Henriette, l’évêque de Rodez Hardouin de Péréfixe, ancien précepteur du roi, Barthet, homme de confiance de Mazarin. Sans succès. : Louis XIV prend la décision de la disgrâce de Fouquet, mais la garde secrète. : François de Nuchèze, protégé de Fouquet, est fait vice-amiral, « intendant général de la marine, de la navigation et commerce de France » pour le Ponant. : contribution de imposée au Boulonnais malgré la conclusion de la paix, à l’origine de la Révolte des Lustucru. : les vicaires généraux de Retz, de Conte et Hodencq, publient un mandement par lequel ils autorisent la signature obligatoire du Formulaire condamnant Jansénius, en réservant la distinction du droit et du fait. Les jansénistes peuvent ainsi accepter de condamner les cinq propositions incriminées (le droit), tout en prétendant que Jansénius n’en est pas l’auteur (le fait). Du coup, Retz devient suspect de jansénisme, car le gouvernement royal lui attribue l’initiative de ses grands vicaires. Il doit écrire au pape pour se disculper. Le pape autorise le nonce à juger les vicaires par un bref du . Les vicaires obéissent par un second mandement qui révoque le premier. En 1662, l’affaire Créqui à Rome rompt l’action commune du roi et du pape contre le jansénisme. 10 et : lettres de Colbert de Terron à Colbert chargé d’enquêter par son cousin sur les travaux effectués secrètement par Fouquet à Belle-Île. Colbert de Terron a envoyé un navire pour espionner Belle-Île. Le surintendant continue de fortifier cette place, il y tient une garnison de 200 hommes, y possède 400 pièces de canon, des bombes, des mortiers, des armes pour , des navires de guerre. : les religieuses de Port-Royal n’acceptent de signer le formulaire que moyennant une clause explicative. : le projet de mariage entre Charles II d’Angleterre et la princesse de Bragance (Portugal) est arrêté. C’est un envoyé de Fouquet, La Bastide de la Croix qui arrange l’alliance. : première de L’École des maris de Molière à Paris. Succès immédiat. : la reine mère emmène Henriette d’Angleterre quelques jours à Mennecy chez le maréchal de Villeroy, puis à Dampierre, chez la duchesse de Chevreuse. Il s’agit de l’éloigner du roi.
vignette|upright|Louise de La Vallière. Début juillet : le prix du setier de froment de la meilleure qualité vendu à Paris atteint 25 livres. Il n’était que de 15 en . : lettre de Retz à la reine mère Anne d’Autriche. Il remet ses intérêts entre les mains de cette dernière, et parle maintenant de démissionner s'il le faut. Il ne reçoit pas de réponse. Alors s’engagent les négociations décisives avec le pouvoir royal. Au nom de Retz, ses amis Montrésor et Pénacors vont sonder le secrétaire d’État Le Tellier pour savoir à quelles conditions le proscrit pourrait se réconcilier avec le roi. Le Tellier répond en invitant Retz à faire lui-même des propositions. : fête éclatante de Vaux pour la Cour. On y joue L’École des maris de Molière. : le marquis de Créquy, protégé de Fouquet, prête serment pour la charge de capitaine général des galères. Cette nomination permet à Fouquet de prendre le contrôle la flotte de Toulon et de Marseille. Louis XIV l’apprend et s’en montre très irrité. : le ballet des Saisons est dansé à Fontainebleau. Louise de La Vallière y joue un rôle de Nymphe. Elle devient la maîtresse de Louis XIV. : nouveau rapport secret de Colbert de Terron à Colbert ; d’après deux officiers de marine interrogés par un des espions de Terron, Fouquet ambitionne de faire de Belle-Île une tête de pont du commerce colonial avec la Martinique. Colbert de Terron dénonce un prétexte pour détenir des navires de guerreFrançois d'Aubert, op. cit, .. : un arrêt du conseil de la Martinique, convoqué par le gouverneur Vaudroques, interdit à Beaujeu et Decasseaux, hommes de Fouquet de fortifier, d’agrandir leur propriété ni d’embaucher plus six ouvriers par an. Fouquet a acheté en sous-main l'habitation de Trois-Rivières, à Sainte-Luce, et la fait fortifier pour en faire un port qui relie Belle-Île. : Fouquet vend sa charge de procureur à Achille de Harlay. : le privilège de l’ancienne compagnie des îles d’Amérique est révoqué par un arrêt du conseil ;
vignette|Château de Vaux-le-Vicomte. Gravure anonyme du . : Fouquet reçoit le roi et la cour à Vaux-le-Vicomte. La troupe de Molière donne la première représentation de la comédie-ballet Les Fâcheux. Cette fête est celle qui passe pour être à l’origine de la disgrâce de Fouquet. : ouverture des états de Bretagne à Nantes, convoqué par lettre patente en juillet par Louis XIV. Le , ils demandent au commissaires du roi la révocation du privilège exclusif consenti à Gargot (une créature de Fouquet) sur la pêche à la morue à Terre-Neuve. : conseil où Louis XIV propose de supprimer les dépenses du comptant (dépenses secrètes). Fouquet aurait dit : « Je ne suis donc plus rien ? ».
lettre du cardinal de Retz à Le Tellier. Retz suggère la transaction suivante : il restera archevêque en titre, mais se retirera là où on lui ordonnera d'aller, un évêque suffragant administrant le diocèse à sa place. Le Tellier, en réponse, exige une démission pure et simple, préalable à des compensations financières ou autre. Les négociations se poursuivent. À l’automne, Le Tellier lui offre l’abbaye de Saint-Denis en commande (revenu de cent vingt mille livres par an), soixante mille livres sur les revenus passés de l’archevêché, l’amnistie pour ses amis et le rétablissement dans leurs fonctions des ecclésiastiques disgraciés par sa faute. En décembre, Retz, qui n’a plus le sou, cède. De Bruxelles, il convient avec Le Tellier de se retirer dans sa seigneurie de Commercy. Là, il signe sa démission de l’archevêché de Paris. départ de Fontainebleau de Fouquet, accompagné de son épouse et de Lionne. Fouquet souffre de crises répétées de paludisme. Ils s’embarquent à Orléans sur une cabane, suivis par Le Tellier et Colbert, et arrivent à Nantes le . : départ du roi de Fontainebleau pour Nantes. : les reliques de saint Gaudens, martyr tué par les Wisigoths vers 475, reprennent leur place initiale à la collégiale de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). : arrivée du roi à Nantes. Il prépare avec Le Tellier l’arrestation de Fouquet qui doit être envoyé à la prison d’Angers.