right|thumb|Entrée du service d'urgences de la Clinique Saint-Jean à Bruxelles. right|thumb|Accueil et le traitement des urgences à Édimbourg, en Écosse.
L'Accueil et traitement des urgences (ATU) est la fonction des centres hospitaliers dans le domaine de la prise en charge continue des personnes blessées, malades ou victimes de phénomènes exceptionnels et difficilement prévisibles. Les phénomènes exceptionnels en question peuvent désigner des incidents liés à des événements comme la canicule d'août 2003 en France, ou d'attaques chimiques, bactériologiques, etcSosin DM. (2003) http://syndromicmass.nonprofitsoapbox.com/storage/2003_BIOSECURITY-Syndromic_Investment-Sosin.pdf Syndromic surveillance: the case for skillful investment]. Biosecur Bioterror ;1:247—53 (http://online.liebertpub.com/doi/pdf/10.1089/153871303771861441 résumé]). Le service d'urgence se charge du Roy, P. M., and Y. Lannehoa. "Le triage aux urgences." Réanimation 11.7 (2002): 480-485. et de la prise en charge immédiate des patients, puis après un certain temps, si cela est nécessaire passe le relais aux structures médicochirurgicales adaptées et/ou au médecin de ville.
Des ATU sont opérés aussi bien par des centres hospitaliers publics que privés, sous le contrôle d'un médecin urgentiste, qui a charge de veiller à ce que les patients soient traités au mieux. Ils sont répartis avec un maillage du territoire plus ou moins fin selon la densité de population et le développement de la médecine dans le pays concerné.
Missions Il concerne l'accueil des malades et de blessés se présentant spontanément ou amenés par des ambulances ou véhicules de prompt-secours des sapeurs-pompiers (voir l'article aide médicale urgente). Le rôle d'une structure d'urgences est accueillir sans sélection vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tous les jours de l'année, toute personne se présentant en situation d'urgence, y compris psychiatrique, et la prendre en charge, notamment en cas de détresse et d'urgence vitalesEn France, la mission des services d'Urgences de France est précisée par l'article R. 712-65 du Code de la santé publique issu du décret du 9 mai 1995..
Les services d'accueil et de traitement des urgences peuvent porter différents noms, comme pavillon des urgences (PU), service d'urgences et de soins intensifs (SUSI), service d'accueil des urgences (SAU), polyclinique…
De par la quantité de cas d'urgence qu'ils traitent et de par la quantité et la qualité des informations qu'ils génèrent et parce que ces données sont de plus en plus potentiellement disponibles en temps réel grâce à l’informatisation, le médecin urgentiste est depuis longtemps aux premières loges pour détecter l'émergence de certains phénomènes épidémiologiques graves (épidémies), des intoxications collectives ou l'atteinte de certaines seuils de crises sanitaires…) et pour contribuer à lancer certaines alertes médicales. Avec le développement de l'informatique médicale, et des dossiers médicaux électroniques personnels (À titre d'exemple ), les services des urgences sont peu à peu amenés à contribuer de manière approfondie et toujours plus réactive au suivi de la santé publiqueClaessens, Y. E., Kierzek, G., Josseran, L., André, S., Bernas, F., et Pourriat, J. L. (2008). http://www.srlf.org/rc/org/srlf/htm/Article/2011/20110808-095335-717/src/htm_fullText/fr/0801-Reanimation-Vol17-N8-p807_815.pdf Services d’urgence : observatoires de santé publique]. Réanimation, 17(8), 807-815 (résumé). ainsi qu'à une surveillance syndromiqueJosseran L., Nicolau J. et Caillère N. (2006) Une surveillance syndromique basée sur les services d'urgences et la mortalité brute : deux exemples. Eurosurveillance, 11(10-12), 225-229. intégréeVilain, P., et Filleul, L. (2013). La surveillance syndromique à la Réunion: un système de surveillance intégré.[Syndromic surveillance in Reunion Island: integrated surveillance system]. Bulletin de Veille Sanitaire, 21, 9-12., y compris pour des groupes exposés comme les militaires en situation de terrainMeynard, J. B., Texier, G., Sbai Idrissi, K., Ollivier, L., Michel, R., Gaudry, M., ... et BOUTIN, J. P. (2004). Surveillance épidémiologique en temps réel pour les armées. Médecine et armées, 32(4), 360-365 (résumé).. En France, les médecins urgentistes renseignent ainsi le , qui est un dit Fournet, N., Caillère, N., Fouillet, A., Caserio-Schönemann, C., et Josseran, L. (2011). Le système français de Surveillance sanitaire des urgences et des décès (SurSaUD®). Saint‑Maurice : Institut de veille sanitaire.. Les réadmissions précoces sont par exemple un signal épidémiologique importantSedghi, N., Nagel, S., Batt, M. O., Heintzelmann, C., Bayle, E., Gayol, P., et Kopferschmitt, J. (2007). Évaluation des réadmissions précoces et imprévues passant par le service d'accueil des urgences médicales. Journal Européen des Urgences, 20(1), 145-146.. L'utilisation des données collectées par les services d'urgence pour la veille épidémiologique, écoépidémiologique et syndromique est née en Amérique du Nord, avec selon Claessens (2008) .
Avec le travail des internes, l'accueil et le traitement de ces patients est aussi un lieu et un moment important de la formation médicale et des infirmiers. Ainsi, en France une réforme du second cycle des études médicales a rendu obligatoire un stage dans un service d'urgences, de réanimation ou de soins intensifsRoy P-M (2002) "Planification du stage des étudiants hospitaliers dans un Service d'Accueil et Traitement des Urgences." Journal européen des urgences 15.4 (2002): 196-203 (résumé). (qui passe par des ).
Fonctionnement administratif Le service comporte habituellement une partie administrative pour la prise en charge financière par l'assurance maladie, une partie consultation pour l'examen, les soins urgents et l'orientation vers d'autres services de l'hôpital, et une partie mobile (appelé SMUR en France, structure mobile d'urgence et de réanimation) pour les interventions au sein de l'établissement ou en dehors de l'établissement (véhicules et ambulances d'interventions). À compter du , cette disposition est remplacée par le forfait patient urgences (FPU).
Par pays États-Unis La plupart des accueils d'urgence aux États-Unis sont souvent très pris. Un sondage effectué à New York en montre que l'aggravation des blessures existantes ou même les décès sont causés par une trop longue attente dans les accueils d'urgence . Un sondage effectué en 2005 estime une moyenne d'attente de 2 heures dans l'Iowa et de 5 heures en Arizona . En 2009, accueils ont été dénombrés .
Aux États-Unis, les urgences sont prises en charge par des centres de traumatologie (trauma centers), qui désigne des centres hospitaliers accueillant les urgences. Il en existe quatre types : les centres de traumatologie de niveau (Level trauma center) : ce sont les centres les mieux équipés, permettant de prendre en charge la totalité des traumatismes, y compris les aspects prévention et réhabilitation ; ce sont en général des centres hospitaliers universitaires (university teaching hospitals) et ils agissent en matière de recherche en traumatologie ; les centres de traumatologie de niveau (Level trauma center) : ils doivent également être capables de traiter tous les traumatismes, mais sans la dimension recherche et enseignement ; les centres de traumatologie de niveau (Level trauma center) : ils doivent pouvoir traiter les urgences chirurgicales courantes ainsi que la plupart des blessures, et notamment en ce qui concerne les soins orthopédiques ; les centres de traumatologie de niveau (Level trauma center) : ils doivent pouvoir faire l'examen préliminaire de patients et l'évaluation de leurs blessures ; ils ne traitent que les urgences ne nécessitant pas de soins lourds.
France L'activité de médecine d'urgence est règlementée et soumise à autorisationArticle R. 6122-25 du Code de la santé publique.. L'autorisation est délivrée par l'agence régionale de santé (ARS) sur la base du Schéma régional d'organisation des soins, pour une durée limitée. Elle peut s'exercer selon quatre modalités qui ne sont pas exclusives : La régulation des appels adressés au service d'aide médicale urgente (SAMU) La prise en charge des patients par la structure mobile d'urgence et de réanimation, appelée SMUR La prise en charge des patients accueillis dans la structure des urgences La prise en charge des patients accueillis dans la structure des urgences pédiatriques. Les conditions règlementaires sont fixées par les articles R. 6123 et suivants du Code de la santé publique..
Dans un grand nombre de structures, l'accueil initial est fait par un infirmier d'accueil et d'orientation (IAO), l'examen est fait par un médecin urgentiste ou un étudiant interne, qui établit le diagnostic et effectue les soins, ou bien demande un transfert vers un autre service. Ce transfert peut être géré par un médecin d'accueil et d'orientation (MAO). Dans le cas où la personne arrive par un vecteur sanitaire (ambulance, SMUR, véhicule de prompt-secours des sapeurs-pompiers), le SAMU s'est chargé de prévenir le service des urgences et de lui transmettre les informations en sa possession (du moins en théorie).
Quelques chiffres , selon l'enquête nationale menée auprès des patients venus dans les 736 points d’accueils des urgences de la France métropolitaine et des DOM, le . Urgences : la moitié des patients restent moins de deux heures, hormis ceux maintenus en observation, publié le 4 août 2014, PDF, 8 pages, document disponible sur le portail Open data Etalab..
Comme dans tous les pays d’Europe et d'Amérique du Nord, depuis la fin des années 1990, la tendance est à une augmentation d’activité pour toutes les structures d’urgence : Ainsi en France, en 2003 consultaient Circulaire du 16 avril 2003 relative à la prise en charge des urgences. ; et cette même année 2003 selon les chiffres de la Direction de la recherche, de l’évaluation, des études et des statistiques (DREES) : Carrasco V, Dominique Baubeau D. (2003) Les usagers des urgences. Premiers résultats d’une enquête nationale. DREES, , janvier 2003.Carrasco V, Dominique Baubeau D (2003). Motifs et trajectoires de recours aux urgences hospitalières. Études et résultats, DREES, , janvier 2003.. Une autre tendance, notamment liée à l'augmentation de l'espérance de vie est à la « seniorisation » de ces servicesGerbeaux, P., (2000) "Impact de la «seniorisation» sur les prescriptions d'examens de biologie dans un service d'accueil et des urgences." Annales francaises d'anesthesie et de reanimation. Vol. 19. No. 1. Elsevier Masson (résumé)..
Services et pôles spécialisés Un établissement (public ou privé) ne peut accueillir un service spécialisé d'accueil et de traitement des urgences une structure que s'il peut déjà traiter les affections probables en hospitalisation classique : unités de réanimation, médecine générale ou médecine interne, médecine à orientation cardio-vasculaire, médecine pédiatrique, anesthésie-réanimation, chirurgie orthopédique et chirurgie viscérale, y compris gynécologique. L'établissement hospitalier doit nécessairement être doté de deux salles d'opération (et d'une salle de réveil) avec du personnel de garde permettant d'opérer tous les jours et à toute heure ; de services pouvant pratiquer des examens tous les jours à toute heure : imagerie médicale (radiologie, échographie, scanner, angiographie...), laboratoires d'hématologie, de biochimie et de toxicologie, notamment.