Le Muséum national d'histoire naturelle. (MNHN) est un établissement français d'enseignement supérieur, de recherche et de diffusion de la culture scientifique naturaliste (sciences de la vie, sciences de la Terre, anthropologie et disciplines dérivées), membre de l'alliance Sorbonne Université.
Fondé en 1793, lors de la Révolution française, le Muséum national d'histoire naturelle succède au Jardin royal des plantes médicinales créé en 1626.. Il s'agit ainsi de l'un des plus anciens établissements scientifiques au monde consacrés à l'étude de la nature. L'établissement bénéficie du statut de grand établissement et est placé sous la double tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Transition écologique« Décret no 2001-916 du 3 octobre 2001 relatif au Muséum national d'histoire naturelle », Légifrance., sur Légifrance..
Le MNHN emploie environ , dont quelque 600 chercheurs. Il accueille environ 500 étudiants par an : 300 dans les différents parcours du master « Biodiversité, Écologie et Évolution », et environ 200 au sein de l'école doctorale « Sciences de la nature et de l'Homme : Évolution et Écologie ». Depuis la réforme de 2014, il est dirigé par un président, assisté de directeurs généraux délégués..
Missions Les statuts fondateurs du Muséum, élaborés depuis 1793, établissent ses six principales missions : la gestion et le développement des collections scientifiques comprenant environ de spécimens dont des espèces vivantes sur quatre sites à Paris et dix dans le reste de la France : conservation et aussi inventaire des collections (y compris d'autres établissements que le Muséum, membres du Réseau national des collections naturalistes) ; la valorisation des spécimens par la présentation au public, en exposition permanente ou temporaire : c'est la muséologie ; la diffusion de la culture scientifique dans les spécialités propres à l'établissement, par la publication, les réseaux numériques, la production d'outils pédagogiques ; la recherche ; l'enseignementL'enseignement et la formation sur www.mnhn.fr en master et doctorat ainsi que la formation continue sur les domaines d'expertise et de recherche du Muséum ; l'expertise scientifique, dont le portage de l'Inventaire national du patrimoine naturel.
Ces spécialités concernent les disciplines propres à l'histoire naturelle, à savoir : l'étude de l'organisation et du fonctionnement du monde vivant (systématique, anatomie comparée, biochimie, biophysique, physiologie) ; l'étude du monde animal (zoologie et disciplines dérivées) ; l'étude du monde des champignons (mycètes et myxomycètes, mycologie et disciplines dérivées) ; l'étude du monde végétal (botanique et disciplines dérivées) ; l'étude de la vie unicellulaire, eucaryote, archéenne et bactérienne (microbiologie et disciplines dérivées) ; l'étude de la Terre et du monde minéral (géomorphologie, écologie, minéralogie, pétrologie et disciplines dérivées) ; l'étude de l'évolution de la vie, à travers ses traces minérales ou génétiques (paléontologie, génétique et disciplines dérivées) ; l'étude de l'évolution de la lignée humaine, de son insertion dans l'environnement, de son impact sur les milieux, des rapports entre l'espèce humaine et les milieux, des rapports entre nature et culture (anthropologie et disciplines dérivées telle l'ethnobotanique).
Dans l'expression « histoire naturelle », le terme « histoire » renvoie à son sens étymologique : vient du grec ancien historia, signifiant « enquête », « connaissance acquise par l'enquête », qui lui-même a pour racine le terme , hístōr signifiant « expert » ou « témoin ». On pourrait aujourd'hui traduire cette expression antique par . Ainsi, l' est une enquête approfondie sur la nature, une collection de résultats, mais aussi de doutes acquis à un moment donné, et qui, comme dans toute démarche scientifique, peuvent être remis en question par de nouvelles découvertes, mais n'en témoignent pas moins d'une au sujet des questions naturelles. En un sens plus récemment acquis, le terme dans peut aussi être interprété, à la lumière de l'approche actuelle de cette discipline, comme l'histoire approchée de notre planète (géologie, tectonique, géomorphologie, climatologie), de la vie (paléontologie) et de la lignée humaine (anthropologie). Selon cette vision récente de ce que serait l', le terme renverrait alors à la géodiversité et à la biodiversité actuelles de la Terre. Au , l'« histoire naturelle » est ainsi plus que jamais d'actualité en tant qu'approche systémique pluridisciplinaire, englobant sans les opposer aussi bien l'humanité que la nature, l'environnement que le développement, la préservation que la valorisation. La « culture scientifique naturaliste » est, au Muséum, une part intégrante de la culture.
Établissements du Muséum À la différence de beaucoup de musées d'histoire naturelle, le MNHN n'est pas composé d'un seul site, mais de quatorze, à Paris et en différents lieux de France : la plupart sont multifonctionnels.
Depuis sa fondation en tant que jardin de plantes médicinales, le siège du MNHN est le Jardin des plantes de Paris, à la fois jardin botanique, écologique, zoologique et campus scientifique, qui comprend un ensemble de galeries formant autant de musées thématiques, de laboratoires, de lieux de conservation, de serres, et une bibliothèque spécialisée« Tous les lieux du Muséum » sur le site de l'institution .La similitude entre le site du Muséum national d'histoire naturelle au jardin des plantes de Paris et la Smithsonian Institution à Washington avec, dans les deux cas, des musées et galeries variées qui s'alignent d'Est en Ouest le long d'une perspective à la française, n'est pas un hasard : l'institution de Washington a été fondée grâce à Jacques-Louis Macie, né vers 1765 à Paris. Chimiste, géologue, cristallographe, physicien, mathématicien, économiste et historien, Macie est devenu britannique sous le nom de James Smithson. Ayant manifesté un grand intérêt aux idéaux de l'instruction publique et de la démocratie, Macie-Smithson est enthousiasmé par la création du « Muséum central des arts de la République » (devenu musée du Louvre) et du Muséum national d'histoire naturelle.
Plus âgé et devenu très fortuné, James Smithson souhaite favoriser l'émergence d'une institution similaire aux États-Unis, pays neuf encore dépourvu de grandes institutions de ce type : par son testament de 1826, lui qui ne s'est jamais rendu aux États-Unis et ne semble pas avoir entretenu de correspondance avec des scientifiques américains, lègue la somme alors colossale de livres sterling à une éventuelle institution américaine consacrée à promouvoir la science. Son vœu, retardé par un procès entre le notaire et ses héritiers en ligne indirecte, ne se réalise que vingt ans plus tard lorsqu'un apport complémentaire de l'État américain permet la création de la Smithsonian Institution..
Paris vignette|Siège et principal site du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. vignette|Établissements du Muséum à Paris. vignette|Établissements du Muséum en France. Les sites ouverts au public sont au nombre de trois à Paris (): le Jardin des plantes ( dans le ), formant le siège de l'établissement et comportant : une grande perspective à la française de la place Valhubert à l'est jusqu'à la rue Geoffroy-Saint-Hilaire à l'ouest ; les jardins à l'anglaise et le « grand labyrinthe »Les deux « labyrinthes » du Jardin des plantes n'ont de labyrinthe que le nom puisque le « grand labyrinthe » est en réalité un chemin en spirale menant à son sommet à la gloriette de Buffon et le « petit labyrinthe » est un espace consacré à l'observation d'oiseaux, contenant aussi des ruches. Si le « grand labyrinthe » est entièrement ouvert au public, le « petit labyrinthe », lui, est réservé aux chercheurs, mais en grande partie accessible aux regards des passants qui parcourent les chemins du jardin à l'anglaise. surmonté par la gloriette de Buffon ; les grandes serres du Jardin des plantes ; le jardin alpin ; le jardin écologique ; l'école de botanique ; la ménagerie du Jardin des plantes ; la grande galerie de l'Évolution ; la galerie de Minéralogie et de Géologie ; la galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée ; la bibliothèque centrale du Muséum et les bibliothèques spécialisées ; l'amphithéâtre Verniquet ; l'amphithéâtre Rouelle ; la maison de Buffon, la maison de Cuvier, le pavillon de Chevreul ; le pavillon de la baleine ; l'hôtel de Magny abritant la direction du Muséum ; le musée de l'Homme (qui occupe dans le palais de Chaillot au Trocadéro) ; le parc zoologique de Paris (situé dans le bois de Vincennes sur ).
Ne sont pas ouvertes au public mais sont accessibles aux chercheurs et aux étudiants, les collections, les réserves d'ouvrages, les salles de cours et de travail (ateliers, laboratoires, orangeries, grainothèques, semis ou élevages) des différentes composantes du Muséum, dont le campus Buffon de s jouxtant le Jardin des PlantesLe « campus Buffon » est l'ancien « clos Patouillet » acquis et aménagé par le naturaliste Buffon et jadis appelé « annexe du Jardin des plantes » ou « îlot Buffon-Poliveau » : et . et l'Institut de paléontologie humaine (situé dans le , à du Jardin des plantes), géré paritairement par la Fondation Albert I de Monaco et le Muséum.
Hors de Paris Hors de Paris les sites du Muséum sont au nombre de dix : le campus de Brunoy ; l'arboretum de Versailles-Chèvreloup, à Rocquencourt ; la réserve zoologique de la Haute-Touche, à Obterre ; la station de biologie marine de Concarneau, avec son espace public : le « Marinarium » ; la station de biologie marine de Dinard (Centre de recherche et d'enseignement sur les systèmes côtiers - CRESCO) ; le site de l'abri Pataud, aux Eyzies ; le jardin botanique alpin La Jaÿsinia, à Samoëns ; le site paléontologique de Sansan ; l'Harmas de Jean-Henri Fabre à Sérignan-du-Comtat ; le jardin botanique du Val Rahmeh, à Menton.
Anciennes présentations D'importants budgets sont nécessaires pour faire fonctionner, entretenir, rénover et mettre ces installations aux normes (principalement pour la sécurité et l'accessibilité). Les entrées payantes ne suffisent pas à couvrir ces dépenses et certaines présentations historiquement ouvertes au public n'ont pu être maintenues. Tel est le cas :
à Paris, des présentations suivantes, de nos jours disparues : le cabinet d'Histoire naturelle, ouvert au public de 1745 à 1886 puis démoli en 1935 ; la galerie d'anatomie comparée mise en place en 1802 par Georges Cuvier dans l'ancienne régie des fiacres (à la suite de quoi, tout au long du , ce bâtiment acquit le nom d'usage de « cour de la Baleine » puis, depuis le , « pavillon de la Baleine »). Ces « galeries d'anatomie comparée », parfois nommées aussi « cabinet d'anatomie comparée », furent ouvertes au public de 1806 à 1898Le « bâtiment de la baleine » utilisé par Cuvier avait appartenu à la compagnie des fiacres de Paris et a été acquis par le Muséum en 1795 ; il était ainsi surnommé en raison des baleines autrefois présentées dans sa cour intérieure puis sous sa verrière sud (Thierry Malvésy, , Bulletin des Amis du Muséum national d'histoire naturelle , juin 2010, ISSN 1161-9104, ; et photos DP : (photo n° 202), et ; le squelette provenait d'un rorqual de 14 m échoué en 1847 près de Saint-Vigor (Eure) à l'embouchure de la Seine. ; attenante au « cabinet d'Histoire naturelle » démoli en 1935, la galerie de zoologie fut ouverte au public de 1889 à 1966. L'ancien cabinet d'Histoire naturelle, le long de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, a été remplacé en 1963 par les réserves de la bibliothèque centrale du Muséum. Depuis 1994, ce bâtiment a été réorganisé et abrite l'actuelle « grande galerie de l'Évolution » ;