Le lac du Bourget est un lac alpin situé en France à l'ouest du département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis 2025, le lac est reconnu comme réserve de biosphère par l'UNESCO.
Lac post-glaciaire du massif du Jura (sur sa berge Ouest) et des pré-Alpes (Alpes) sur sa berge Est, le lac du Bourget a été formé à l'issue de la dernière glaciation de Würm, il y a environ , par le retrait du grand glacier alpin du quaternaire. Contrairement à une idée reçue, encore largement répandue, il n'est pas le plus grand lac naturel de France. Mais il est le plus grand lac naturel d'origine glaciaire et le plus profond entièrement situé en France, le Léman étant franco-suisse (environ 60/40 en superficie en faveur de la Suisse).
Son nom actuel, lié à la commune qui borde sa partie méridionale, n'a été utilisé qu'à compter du . Artistiquement, le lac est particulièrement lié à la présence du poète Alphonse de Lamartine qui y écrivit des poèmes, dont Le Lac dédié à la femme qu'il aime, Julie Charles, lors de son séjour en .
Sur le plan touristique, le lac compte de nombreuses plages aménagées sur ses rives, des bases de loisirs, de nombreux sites touristiques, le plus célèbre étant l'abbaye royale d'Hautecombe où reposent de nombreux souverains de la maison de Savoie. La ville riveraine la plus importante par sa population est Aix-les-Bains, une des plus célèbres villes thermales françaises, comptant un peu plus de et qui accueille un festival pop-rock, Musilac, à proximité des rives du lac.
Géographie Origine et géologie
vignette|Lac du Bourget à Terre-Nue. vignette|220x220px|Les eaux calmes du lac du Bourget et le massif des Bauges.
Le lac du Bourget occupe la partie centrale d'une dépression qui s'allonge du sud vers le nord, depuis la cluse de Chambéry jusqu'à la Chautagne traversée par le canal de Savières, voie navigable qui rejoint ensuite le Rhône..
Pour les géologues, la formation du lac s'est effectuée en plusieurs temps. Il y a , il y eut tout d'abord un premier « grand lac » de nature différente et dénommé « Bourget-Grésivaudan ». Celui-ci s'est formé à la suite de la troisième glaciation du quaternaire, appelée glaciation de Riss. Ce lac recouvrait la majeure partie du sillon alpin entre Seyssel au nord et Saint-Marcellin au sud-ouest, ainsi que la combe de Savoie jusqu'à Albertville à l'est, et la vallée du Rhône jusqu'à Yenne, à l'ouest. Il recouvrait une surface de (contre 44,5 actuellement), avait une longueur de (contre ) et une cote de (contre ).
Il y a , ce grand lac finit par diminuer en dimension et en volume et se réduit au niveau de ce qui sera le futur lac du Bourget, mais à une cote encore supérieure, estimée à .
Puis, lors de la glaciation de Würm, les glaciers de l'Arve et de l'Isère s'affrontèrent et creusèrent la dépression du val du Bourget, sur une longueur de , entre Seyssel, Yenne et Challes-les-Eaux. Cette dépression fut occupée par un nouveau lac à la suite de la fonte des glaciers, vers Site HAL, page sur "les paléo-lacs des vallées alpines du Gresivaudan, du Bourget et d'Annecy" de Guy Monjuvent & Gérard Nicoud.
Situation Le lac du Bourget se situe dans le quart sud-est de la France, à l'ouest du département de la Savoie, à une douzaine de kilomètres au nord de Chambéry, préfecture de ce département., et à 80 km à l'est de Lyon à vol d'oiseau.
Caractéristiques sans_cadre|center|upright=3.4|Panorama Plage du Bourget lors de l'abaissement du lac en 2017
D’une superficie de (), le lac s’étire tout en longueur dans un axe nord-sud sur , et avec une largeur comprise entre . Sa profondeur moyenne est de , et sa profondeur maximale de Franck Bourdier, , dans Les Études rhodaniennes, volume 15 n°1-3, 1939, pages 101à 118 ; page 115.. Le lac du Bourget est à ce titre considéré comme le plus grand lac naturel d'origine glaciaire de France, mais pas le plus grand lac naturel toutes origines confondues, qui est le lac d'Hourtin-Carcans en Gironde, d'une superficie de (). Ce dernier est par contre beaucoup moins profond (maximum ) et son volume est donc très inférieur.
D’une altitude moyenne de , il est bordé par les derniers contreforts du Jura méridional : à l’ouest avec le mont Landard (), le mont de la Charvaz () et le mont du Chat () avec sa dent () ; à l’est avec la montagne de Cessens (), le mont Laval () et le mont de Corsuet () du massif de la Chambotte, ainsi que la colline de Tresserve. Au-delà de ses reliefs s'étend à l'est le massif alpin des Bauges, notamment le mont Revard ().
Son bassin versant de est occupé par la ville thermale d’Aix-les-Bains., qui le borde sur sa rive est, et plus au sud, par la ville de Chambéry, capitale historique du duché puis du royaume de Savoie, aujourd'hui préfecture du département de la Savoie, située à une quinzaine de kilomètres de la rive sud du lac.
Climat vignette|Le lac du Bourget après un orage.
Le lac du Bourget est sous l'influence du climat montagnard en raison de la présence proche de la chaîne de l'Épine (Jura) et du massif des Bauges (Alpes) mais les effets y sont quelque peu atténués.
Selon la classification de Köppen, cette atténuation et la faible altitude du lac font que le climat est proche du climat de façade orientale (Köppen : Cfa). En effet pour être classé dans un tel climat, le mois le plus froid de l'année doit avoir une température moyenne comprise entre et (janvier avec ) et le mois le plus chaud doit avoir une température moyenne supérieure ou égale à (ici en juillet, la température moyenne est de )..
Ainsi le lac du Bourget est à la limite de ce climat rare en France, surtout présent dans les basses vallées des Alpes du Nord et dans la ville de Lyon.. Ce climat est un indicateur de continentalité mais avec une pluviométrie annuelle moyenne très élevée, il n'y a pas de saison sèche et les étés sont pluvieux voire très pluvieux sous les orages.
Les hivers sont froids, très humides avec un temps rarement dégagé et de fortes précipitations sous forme de pluie ou de neige et les étés sont chauds, lourds et orageux..
La neige est peu présente, surtout sur les abords du lac, les eaux du lac du Bourget se refroidissant moins vite que la terre. La température moyenne de l'eau est d'environ en janvier et de en juillet à la surface.
Données climatiques Les relevés suivants ont été effectués à l'aéroport de Chambéry - Savoie-Mont-Blanc à d'altitude et à du bord du lac du Bourget :
Relevés de températures annuels Le tableau, ci-dessous, présente l'évolution des températures entre 1990 et 2015 avec un intervalle régulier de cinq ans, enregistrée le site météorologique de la ville d'Aix-les-Bains, commune riveraine du lac. L'année 2017 est également indiquée à titre de comparaison avec ces cinq années de référence. +Températures / années.L’intensité de la couleur du fond des cellules varie tous les . Elle s'assombrit en s'éloignant de . Elle est bleue pour les températures négatives et rouge pour les températures positives.1990199520002005201020152017Maximale extrême (°C)33,633,834,235,237,438,835,8Maximale moyenne (°C)16,91617,116,31617,817,7Moyenne moyenne (°C)10,811,11211,21112,412,3Minimale moyenne (°C)6,56,96,86,16,27,17,0Minimale extrême (°C) -8,3 -8 -9,7 -12 -11,4 -5,5 -7,7
Hydrologie Données générales vignette|Schéma indiquant les apports en eaux et pertes faisant varier le niveau d'un lac. vignette|Embouchure de la rivière Leysse dans le lac du Bourget (sud du lac). vignette|Entrée du canal de Savières sur le lac du Bourget (nord du lac). vignette|Embouchure de la rivière Sierroz dans le lac du Bourget abaissé (en 2017). D'un volume de de mètres cubes d'eau, soit l'équivalent de l'ensemble de la consommation annuelle domestique de la France, le lac servait, jusqu’à la construction d'un barrage en 1982, de déversoir naturel pour les crues du Rhône, qui serpente par-delà les marais de Chautagne, situés au nord. Cette vanne naturelle, désormais maîtrisée, existe toujours et le niveau du lac varie (d'un mètre environ) selon la saison. Le lac est principalement alimenté au sud par les eaux de la Leysse, et, à l'est, par celles du Tillet et du Sierroz. Les eaux de la Leysse mettent de sept à dix ans pour traverser le lac et arriver jusqu’au Rhône. Lors des périodes de crue du Rhône, le cours du canal de Savières, exutoire du lac, peut s'inverser, et des eaux du Rhône viennent alors remplir en partie le lac. Ces eaux denses en sédiments (eaux de crue) et plus froides ne se mélangent pas à celle du lac, et coulent sur son fond, y déposant des argiles témoins de cette invasion. D'une façon plus générale, le lac du Bourget présente une assez forte stratification de ses eaux, et son régime est celui d'un lac méromictique.
Avec plusieurs milliers d'habitants auxquels s'ajoutent des dizaines de milliers de touristes, la qualité de l'eau s'était progressivement dégradée pour aboutir dans les années 1950 à 1970 à un phénomène majeur d'eutrophisationÉcole nationale des ponts et chaussées par l'équipe spécialisée LACS du CEREVE, car le lac à l'époque était le déversoir naturel de toutes les canalisations d'égouts, avec en particulier, celles des villes de Chambéry et d'Aix-les-Bains. Les nombreux engins à moteur de l'époque étaient aussi très polluants, crachant leurs fumées dans l'air, qui se dissolvaient en partie dans les eaux pluviales en relâchant de l'huile qui étaient entrainées par les eaux pluviales dans le lac. Ils faisaient également beaucoup de bruit et généraient une nuisance sonore dommageable aux nombreux oiseaux et aux petits mammifères. Une action de dépollution fut engagée à partir du milieu des années 1970, afin de réduire l'eutrophisation du lac, l'objectif étant d'arriver aux mêmes résultats que pour le lac d'Annecy.
Des stations d'épuration furent agrandies : celle d'Aix-les-Bains en 1976 puis en 1999, celle de Chambéry en 1977 et 2001.. Les rivières comme le Tillet ou le Sierroz ont ainsi été assainies, améliorant au passage la qualité des eaux du lac et la régénération des espèces aquatiques.
Le problème restant est alors celui des eaux épurées rejetées. Leurs traitements chimique leur donne alors une propreté suffisante pour un rejet dans un cours d'eau, mais pas pour une stagnation de sept à dix ans dans le lac. La solution adoptée fut le creusement d'une galerie de passant sous la chaîne de l'Épine, d'une section de cinq mètres carrés et de dix mètres de dénivelé total, rejetant environ dans le Rhône à La Balme..
Le tunnel est mis en service en . Les communes riveraines de l'exutoire (Brégnier-Cordon, La Balme, Champagneux) et les associations de pêcheurs dénoncent une eutrophisation croissante du Rhône en ce lieu, eutrophisation que le CISALB (Comité intersyndical pour l'assainissement du Lac du Bourget) ne conteste pas mais qu'il attribue à d'autres causes que les rejets dus au tunnel car des traces en sont visibles aussi bien en Amont qu'en Aval de l'exutoire.. L'eau épurée est considérée comme traitée à 90 %, ce qui, sur un bassin de , représente une pollution subsistante correspondant à ; le CISALB, lui, considère un taux de traitement de 96 % (en 2012), ce qui correspond à de pollution subsistante.. René Padernoz, conseiller général d'Yenne, dénonce en 2012 des concentrations excessives en Nickel, Phosphore, et métaux lourds ; la mise en place d'un nouvel étage de filtration de la station d'épuration de Chambéry est censée avoir fait disparaître ce genre de pollution depuis ..
En conséquence de cette enquête publique, un arrêté préfectoral est publié le , autorisant la poursuite des rejets dans le Rhône, sous réserve de prélèvements pour analyses à réaliser mensuellement, durant deux années minimum, dans le Rhône, par le CISALB..
Canal de Savières