Le parc Marineland, aussi couramment appelé Marineland d’Antibes (1970-2025), est un ancien parc à thèmes français situé sur la Côte d'Azur, à Antibes (Alpes-Maritimes). Fondé en 1970 par Roland de La Poype, il devient la propriété de la multinationale espagnole Parques Reunidos.

Abritant environ sur 26 hectares, il se composait d'un parc zoologique marin comprenant notamment un delphinarium et plusieurs aquariums, d'un parc aquatique (Aquasplash), d'un parc de jeux pour enfants (Kid's Island), d'un minigolf (Aventure Golf) et d'un hôtel trois étoiles SoBlue Hotel (ex Marineland Hotel). Le delphinarium était l'un des deux existant en France et l'un des deux à présenter des orques en Europe.

Il était membre permanent de l'Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) et avait participé à plusieurs programmes européens pour les espèces menacées (EEP).

Avec annuels, c'était l'un des sites touristiques les plus visités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Son parc zoologique est quant à lui l'un des cinq les plus visités de France et le plus fréquenté des zoos privésEn 2014, il est le zoologique français le plus fréquenté (derrière les zoos de Lyon et de Paris, mais devant les zoos de Lille et de Beauval), et le zoo privé le plus fréquenté de France..

C'était un acteur économique important qui employait plus de permanents, dont . En 2023, son chiffre d'affaires était de d'euros alors qu'il affichait une perte de d'euros.

Depuis la sortie du film documentaire Blackfish en 2013, Marineland était de plus en plus critiqué par les opposants à la captivité des cétacés, qui estiment que les delphinariums ne permettent pas d'assurer des conditions de vie satisfaisant les besoins propres à ces espèces. En raison d'une baisse de fréquentation depuis plusieurs années et de la loi du interdisant les spectacles de cétacés en France à l'horizon 2026, le parc annonce sa fermeture définitive pour le .

De 1970 à 2025, Marineland, plus grand parc marin d'Europe souvent comparé au Seaworld en Floride, est emblématique de l'évolution des zoos et aquariums, et en particulier de la place des cétacés dans les parcs, jusqu'à leur interdiction en France dans les années 2020. Dans un contexte de mondialisation de l'économie des parcs à thème, Marineland, durement impacté par les inondations de 2015, devient une cible privilégiée des luttes anti-captivité.

Historique Fondé en 1970 par le comte Roland de la Poype, industriel de la plasturgie , le petit parc local Marineland d'origine se développe peu à peu en annexant deux parcs périphériques et en créant dans les années 1990 le parc aquatique Aquasplash. En 1996, il connaît un essor fulgurant avec l'ouverture du « Tunnel des Requins ». Sa notoriété dépasse alors largement les frontières régionales, et sa fréquentation fait un bond de 30 à 40%.

L'investissement dans une des plus grandes piscines au monde au début des années 2000 avec le « Bassin des orques » signe le début des difficultés et entraîne le départ de Mike Riddell, directeur historique, puis la reprise par le groupe Parques Reunidos. Celui-ci nomme alors Bernard Giampaolo comme nouveau directeur général pour un renouveau stratégique inscrit dans un management de multinationale et dans "l'industrialisation du process événementiel".

Premières fondations (1970-1980) En 1970, le comte Roland de La Poype, un industriel de la plasturgie (la Méhari, le flacon de shampooing DOP), ancien pilote de chasse de la Seconde Guerre mondiale et passionné du monde marin, crée le Marineland d'Antibes sur la Côte d'Azur pour « faire connaître la vie des grands animaux marins ».

vignette|gauche|Premier logo du Marineland. En 2000, son fondateur affirme : « J’ai créé Marineland pour mieux faire connaître les animaux marins et mieux les défendre face aux massacres dont ils étaient victimes ». Il souhaitait « ouvrir grand les portes d'un univers animalier fascinant, proposer une véritable leçon de sciences naturelles et faire en sorte que tous, petits et grands repartent en ayant appris quelque chose ».

Le parc ouvre sur deux hectares, avec 12 salariés, dont Mike Riddell, qui fait partie des trois soigneurs animaliers.

Dès sa création, le Marineland présente un couple d'orques, Calypso et Clovis. Mais celles-ci meurent peu de temps après leur arrivée au Marineland, en et en .1 Un nouveau couple est constitué, avec Kim (1976) puis Betty (1978).

1980-2005 : des bassins au parc à thème, sous la direction de Mike Riddell En 1980, le soigneur Mike Riddell prend la direction. , et en

Entre 1985 et 1989, le parc se diversifie et ouvre différents parcs à thèmes, Aquasplash, la Jungle des Papillons et Adventure Golf, ainsi qu'un Musée de la Marine présentant la plus grande collection privée d'Europe. En 1990 ouvre la Petite Ferme Provençale.

1990 correspond aussi à la première naissance de dauphins. Le naît Shouka, première naissance viable chez les orques.

En 1996 est créé Sharks, un aquarium des requins et raies de de litres, traversé par un tunnel de de long. Cet aquarium, étape importante dans le développement du parc, permettra la reproduction des requins gris () en captivité.

vignette|Le tunnel de l'Aquarium des requins et raies, construit en 1996.|283x283px1990 marque également la création d'un service pédagogique . En 1998, Marineland crée le Centre de Recherche pour les Cétacés (CRC), qui a pour vocation d’étudier et de protéger les mammifères marins de Méditerranée.

Le début des années 2000 est une nouvelle étape importante dans le développement des bassins, avec la construction du nouveau bassin des orques en 2000, de litres d'eau de mer répartis en cinq lieux de vie . Cette année-là voit aussi le début du travail dans l'eau des soigneurs avec les orques, pendant le dressage et les spectacles, grâce à l'arrivée d’une soigneuse du Sea World Orlando, où cette forme de travail est expérimentée depuis quelques années.

Le marque la naissance de l'orque femelle Wikie, née de Sharkane et . Les épaulards sont alors sept : , Freya, Sharkane, Valentin, Inouk, Shouka et Wikie.

En 2005 est construit le bassin Lagon, qui permet aux visiteurs d'interagir avec les dauphins.

2006-2014 : l'intégration à la multinationale Parques Reunidos et l'industrialisation du tourisme

Difficile fin de l'ère Riddell L'investissement au début des années 2000 dans la construction du « bassin des orques », une des plus grandes piscines au monde, signe le début des difficultés, notamment financières. Le nouveau directeur général Bernard Giampaolo, nommé en 2006 pour sortir de ces difficultés, l'explique alors : « Cet équipement n'a pas été perçu par le public comme une nouveauté, la progression n'a donc pas été à la hauteur des investissements. ».

En , le directeur général, Mike Riddell, en conflit avec les actionnaires, pour l'essentiel des membres de la famille du propriétaire et fondateur Roland de La Poype, est licencié. Il est alors remplacé par Michel Dompnier. Les actionnaires décident alors de vendre le parc et sont approchés par la Compagnie des Alpes. Mais en février, la cour d'appel d'Aix-en-Provence ordonne la démolition d'une partie des extensions du parc, dont le tunnel de lAquarium des requins, pour non-conformité, à la suite du recours d'un voisin. Cela concerne la démolition de de bâtiments. La Compagnie des Alpes se détourne du projet. Le 3ème parc d'attraction français est dans l'incertitude, avec ses 280 salariés. Sa valeur estimée à 70 millions d'euros est à revoir.

Fin février, Michel Dompnier est remplacé par Jean-François de Chambrun, 70 ans, un ami de Roland de la Poype. Trois groupes, la société anglaise Star Parks et les firmes espagnoles Parques Reunidos et Aspro se manifestent pour la reprise de l'entreprise de désormais 220 salariés. Déjà gestionnaire de 20 parcs dont 5 marins, c'est finalement Parques Reunidos qui l'emporte, pour, selon la presse, un montant de 40 millions d'euros, loin des 70 millions d'euros évoqués en début d'année. C'est qu'à l'arrêt de la cour s'est ajoutée l'évaluation des pertes du parc pour 2005 à 3,5 millions d'euroset des malfaçons sur le grand bassin aux orques.

Juillet 2006, Le rachat par Parques Reunidos Parques Reunidos achète Marineland en et nomme Bernard Giampaolo directeur général, avec la mission "d'impulser au parc un mode de management de multinationale et de redorer son blason". C'est donc une nouvelle équipe dirigeante qui est composée : Bernard Giampaolo a travaillé au Club Med et chez Pierre et Vacances, l'anglais Jon Kershaw, un ancien soigneur du parc, devient directeur animalier, et Christophe Carasena, qui a travaillé à Disneyland Paris,directeur de la restauration

Le groupe injecte 17 millions d'euros dans la remise aux normes du parc, la régularisation des dossiers, la mise en sécurité des animaux et du personnel, la refonte complète de la dispense pédagogique ... et l'apport de nouveautés comme les rapaces, les otaries de Steller et l'acquisitions de nouvelles attractions pour les parcs périphériques.

Sur le plan stratégique, Marineland cherche à élargir sa clientèle et à "industrialiser le process événementiel". Fin 2007, le parc lance des soirées dîner-spectacles pour développer des soirées privées en misant sur le secteur "corporate" afin de "générer du trafic en dehors des heures d'ouvertures". Parallèlement, l'entreprise initie en la création du tour-opérator Travel Parks, avec grand succès : "sa vocation est de proposer des séjours incluant la visite de Marineland avec des nuitées d'hôtel", avec l'objectif "d'augmenter le temps de visite pur estimé (...) à 6h pour le pousser à 8h, voire plus en l'étalant sur 2 jours." C'est dans ce cadre que de nouveaux investissements sont faits pour Aquasplash, et pour créer l'espace Antartica.vignette|284x284px|Les bassins des orques construits en 2000.

vignette|Ancien logo du parc.

En 2009, Antarctica est agrandi pour accueillir des manchots subantarctiques : les manchots royaux et les gorfous sauteurs. La même année, un espace vétérinaire à demeure s'installe au parc, facilitant aussi les travaux de recherche..

En 2010, Marineland accueille une nouvelle espèce : un couple d'ours polaires dans un nouvel espace dédié, notamment avec des grottes de glace, dans le cadre d'une participation au programme européen de reproduction (EEP) et coordonné par l'EAZA.. Cette même année, l'espèce menacée des tortues caouannes donne naissance pour la première fois au parc.

En 2011, le parc crée l'Association Marineland pour orienter les activités vers la conservation des espèces animales et la sensibilisation du public à l'environnement marin.

En 2014, le Marineland d'Antibes lance un investissement de d'euros pour créer une offre d'hébergement et de restauration. Cette année-là, le parc zoologique marin s'étend sur . Le projet doit s'accompagner de la création d'un restaurant de 450 places. Le Marineland resort, hôtel 3 étoiles de , ouvre à l'été 2015. Renommé Marineland Hotel en 2017, il s'appelle SoBlue Hotel après la fermeture définitive du zoo aquatique Marineland en 2025. 2014-2016 : la captivité des cétacés contestée

Marineland, une cible emblématique d'un mouvement global de contestation de la captivité des cétacés

Le dimanche , une manifestation de quelques 300 personnes se tient toute la journée pour sensibiliser les visiteurs aux conditions de captivité des animaux. Ce rassemblement, dont Ghislaine Lecoq est une des initiatrices, s'inscrit dans une campagne médiatique mondiale, notamment avec la diffusion trois mois auparavant du film documentaire Blackfish à la télévision française. En 2010, l'attaque mortelle d'une dresseuse par une orque au Seaworld avait déjà été largement médiatisée. Dans les mois suivant la diffusion de Blackfish, le titre Seaworld perd 30% de sa valeur en bourse. A partir de là, les manifestations devant le Marineland vont se multiplier.