La basilique Notre-Dame-d'Afrique est l'une des basiliques mineures de l'Église catholique. Elle est située dans la commune de Bologhine, à l'ouest d'Alger, sur un promontoire dominant la mer de d'altitude.
Elle a été construite par l'architecte Jean-Eugène Fromageau dans le style romano-byzantin, et consacrée le .
L'extérieur est caractérisé par un haut dôme, fixé sur un tambour cylindrique. Cette basilique possède son abside au sud-ouest, plutôt qu'à l'est comme d'habitude.
Situation La basilique est construite sur un promontoire dominant la mer de , au nord d'Alger. Elle est accessible par un téléphérique qui porte son nom depuis Bologhine (ex-Saint-Eugène), où se trouve le cimetière de Saint-Eugène. Elle est considérée comme
La basilique est surnommée ou par les habitants du voisinagePlusieurs romans portent le titre de Madame l’Afrique : Monique Enckell, Le Seuil, Paris, 2011 ; Eugène Ébodé, Apic éditions, Ben Aknoun, 2011.. Pour le journaliste Lyes Menacer, elle constitue un . En témoignent l'inscription célèbre dans le chœur : , ainsi qu'une autre phrase, écrite en français, arabe et kabyle :
Histoire
La chapelle et le pèlerinage Une statuette en bronze de la Vierge Marie, copie d'une œuvre originale créée par Edme Bouchardon en 1750, fut offerte en à Antoine-Adolphe Dupuch, premier évêque d'Alger. Elle fut placée au monastère de la Trappe de Staouëli à Bouchaoui..
À la suite de la définition du dogme de l'Immaculée Conception par le pape le Bulle ., son successeur, Louis-Antoine-Augustin Pavy, décide d'édifier une grande église de pèlerinage à Notre-Dame. Il déplace la statue dans une chapelle, inaugurée le .. La fête de Notre-Dame-d'Afrique se tient le Raphaël Deillon, « Notre-Dame d’Afrique », lu le sur le site de la Société des missions africaines..
La construction Louis-Antoine-Augustin Pavy, d’origine lyonnaise, entendait édifier . Le , il engage la construction de l’église. Elle est confiée à Jean-Eugène Fromageau, architecte en chef des édifices diocésains de l'AlgérieBulletin officiel de l'Algérie et des colonies, Paris, , février 1859.. Elle fut achevée en 1872. Louis-Antoine-Augustin Pavy, décédé en 1866, est inhumé dans le chœur.
L'édifice fut consacré le par Charles Lavigerie, archevêque d’Alger. Il y transféra la statue de Marie le . L'église accueille le un « concile provincial d’Afrique », rassemblant les évêques et abbés d’Algérie, première réunion de ce type pour les temps modernes..
Tous deux fondés sur l'impulsion du cardinal Lavigerie, les Missionnaires d'Afrique (1868) ou , et les Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ou (1869), se voient confier la garde du sanctuaire.
Le pape accorde à l'église le titre de basilique ; elle est consacrée le .
La restauration thumb|right|Intérieur de la Cathédrale avant 1970 L'église est fortement touchée par les séismes de , qui font par ailleurs , notamment dans la ville de Boumerdès. Des travaux de restauration sont engagés en 2007 sous l'impulsion de Bernard Lefebvre, recteur de la basilique. L'inauguration a lieu le . Les travaux ont fait l'objet d'un financement partagé entre l'Union européenne et l'État français à hauteur de 1 million d'euros, de collectivités locales françaises (la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le département des Bouches-du-Rhône et la ville de Marseille) à hauteur de chacune et la wilaya d'Alger à hauteur de ..
Le classement en bien culturel La basilique est classée sur la liste des biens culturels algériens comme monument historique depuis le ..
Le pape , premier souverain pontife de l'histoire à se rendre en Algérie, la visite le , lors de la première étape de sa tournée africaine. Il se recueille dans la chapelle dédiée aux 19 martyrs d'Algérie.
Architecture et décoration Architecture vignette|droite|L'église en 1916. Comme la cathédrale du Sacré-Cœur d'Oran, la basilique est de style romano-byzantin. Le plan est dû à Jean-Eugène Fromageau. Il offre la particularité d'être orienté avec le chœur au sud-ouest (au lieu de l'est habituellement).
Il est intéressant de noter à l’extérieur la présence d'une frise de faïence bleue en partie haute qui démontre une influence de l'architecture vernaculaire sur le projet.
Deux chapelles, ornées de reliquaires, entourent le maître-autel. La première, consacrée à saint Augustin abrite notamment six ex-votos de Charles de Foucauld. Celle dédiée à la mère de saint Augustin, sainte Monique, rend hommage aux dix-neuf religieuses et prêtres tués dans les années 1990 en Algérie (reconnus martyrs d'Algérie en 2018).
Décoration
Le mobilier intérieur a été initialement dessiné par l'abbé Joseph Pougnet., celui-ci développait un style très comparable au reste de la basilique à savoir un romano-byzantin assez éclectique. Malheureusement a été en partie détruit et déplacé dans les années 70 (autel majeur, chancel, chaire), n'en subsiste que les stalles, une partie de l'autel et certains objets comme les chandeliers.
La décoration de la basilique comprend au centre du dôme, sous la statue de la Vierge, une céramique due à Mohamed Boumehdi (1924-2006), un artiste algérien musulman.
La statue de Notre-Dame d'Afrique, en bronze, a été réalisée en 1838 par le célèbre bronzier et orfèvre parisien Louis-Isidore Choiselat dit Choiselat-Gallien (1784-1853). C'est une copie de la Vierge de Bouchardon aussi appelée « Vierge fidèle » que le bronzier avait déjà réalisé pour Saint Sulpice en 1832 et comme ex-voto pour la conversion de Talleyrand en 1838. Elle est d'abord offerte par Hyacinthe-Louis de Quélen aux religieuses du Sacré-Cœur de la rue de Varenne. En 1840, les sœurs l'offrirent à l'abbé Antoine-Adolphe Dupuch devenu en 1838 le premier évêque d'Alger. En Algérie, la statue est d'abord installée dans une chapelle provisoire. En 1873, elle est intronisée en tant que Notre-Dame d'Afrique dans la basilique nouvellement consacrée.
Il est à noter que le modèle de cette statue de Bouchardon est aussi connue sous le nom de « Vierge au Sourire » en raison d'un épisode de la vie de Sainte Thérèse de Lisieux.
La statue de Notre Dame d'Afrique est couronnée d'or avec une parure de velours bleu brodée en fils d'argent recouverts d'or, réalisée par , maître brodeur de Tlemcen.
Une grande fresque, au fond du chœur représente Marie en gloire, vénérée par le cardinal Lavigerie, entourée de personnages évoquant le passé chrétien de l’Afrique du Nord : les saints Cyprien de Carthage et Augustin d'Hippone, les saintes Perpétue et Félicité, Charles Lavigerie, les martyrs de l'Ouganda (1886), le père Siméon Lourdel (1853-1890), Charles de Foucauld et le cardinal Duval..
Une phrase, extraite d’une prière, est inscrite en français, en arabe et en berbère sur le mur de l'abside derrière l'autel :
L'orgue L'instrument actuellement installé dans la basilique a été réalisé en tant que grand orgue de concert par la manufacture Cavaillé-Coll et signé par Charles Mutin, facteur français, pour la résidence de et Albert Weddell, qui résidaient villa Georges à Alger, au 47, rue du Télemly (actuellement rue Krim-Belkacem). C’est un orgue de 26 jeux et plus de tuyaux. Il a été inauguré le par le musicien Camille Saint-Saëns, ami et voisin des propriétaires. L’orgue fut donné en 1930 par et installé dans la basilique. Il a été restauré entre 2000 et 2002..
Galerie
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie Louis-Antoine-Augustin Pavy, Appel de Monseigneur l'évêque d'Alger en faveur de la chapelle de Notre-Dame d’Afrique, Bastide, Alger, 1862. Louis-Antoine-Augustin Pavy, évêque d'Alger, Évêché d'Alger : chapelle de Notre-Dame d'Afrique : but et situation de l'œuvre, M. Olive, 1863. R.P. Michel, Notice sur le pèlerinage de Notre-Dame d’Afrique à Alger, 1885 ; revue, corrigée et augmentée avec une préface de Monseigneur Leynaud, archevêque d’Alger, Papeterie – Imprimerie E. Gaudet, Alger, 1924 ; , 1939. Augustin-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger, La Basilique de Notre-Dame d'Afrique : histoire du pèlerinage, L. Crescenzo, Alger, 1948. P. Laily, La Basilique Notre-Dame d’Afrique, Lyon, 1989. Jean-Claude Ceillier, Histoire des missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), Karthala, Paris, 2008. P. Bernard Lefèbvre, recteur de Notre-Dame d’Afrique, Notice historique sur la basilique et le pèlerinage de Notre-Dame d'Afrique, Alger, s.d. François-Xavier Redon, Notice sur la vie et les œuvres de l’Abbé Pougnet architecte religieux, Aubanel frères, Avignon, 1901
Articles connexes Société des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique Basilique Saint-Augustin d'Annaba
Liens externes
Site officiel de l'Église catholique d'Algérie. Site officiel de Notre-Dame d'Afrique.
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