Emmanuel Ratier (prononcé ), né le à Avignon et mort le à Orgnac-l'AvenRelevé des fichiers de l'Insee, est un éditeur, essayiste et journaliste français.
Classé à l'extrême droite, il fait ses débuts dans la presse écrite en 1981 avant de focaliser ses essais sur les milieux dirigeants ou influents, s'inscrivant dans la continuité des textes d'Henry Coston. Il publie la lettre confidentielle Faits et Documents ainsi que des ouvrages qualifiés de conspirationnistes par plusieurs analystes et chercheurs.
Biographie Études et premiers engagements Fils d'un architecte, Jacques Ratier, et d'une ingénieur chimiste, Josette Aimé, il reçoit les prénoms d'Emmanuel, Jean, Michel..
Il commence à militer à l'extrême droite alors qu'il est encore lycéen.
Étudiant à l'université de RouenBiographie pastiche Portrait Emmanuel Ratier, REFLEXes, printemps 2002., il commence par diriger le Front de la jeunesse (FJ) de Normandie, l'organisation de jeunesse des Comités faire front (succédant à Ordre nouveau), auquel il adhère en 1973, avant de rejoindre le Parti des forces nouvelles (PFN) lors de sa création à la fin de 1974.
Il anime aussi, à partir de 1976, son organe de presse régional, Balder, de tendance nationaliste révolutionnaire.
Titulaire d'une licence en histoire obtenue à l'université de Rouen, il fréquente ensuite le Centre de formation des journalistes de Paris, dont il sort diplômé en 1979Fiche sur le site de l'annuaire des anciens élèves du CFJ.. Il intègre ensuite l'Institut d'études politiques de Paris. (« Science Po », section Politique, économie et société). de 1980 à 1982. Il y est militant à l'Union des étudiants de droite, qu'il dote d'un organe, Réplique. Membre du GUD, il côtoie notamment Yves Bovero.
Toujours à l'IEP de Paris, il fréquente d’autres personnalités comme Patrice Henry Duchene, titulaire d’un DESS , ancien associé du journal mégretiste Le Français et ancien membre du CSA, Antoine Gabizon, également membre du GUD, Frédéric Sauvegrain, cadre du FN ou encore Jean-Bernard Bobin, haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur. Ces personnes autour d'Emmanuel Ratier se feront remarquer lors de la violente bagarre qui oppose en des militants de l’UED et du GUD à des militants de gauche.
Aux élections législatives de 1981, il est le suppléant du candidat UDF André Danet dans la Seine-Maritime. Il est présenté dans Paris-Normandie comme un .
Emmanuel Ratier, qui dit s'être en lisant Éléments, a par ailleurs appartenu au Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE).
Journalisme Il travaille ensuite pour différents journaux. Après quelques papiers dans Le Figaro Magazine, il entre en 1983 à Valeurs actuelles, puis passe à Magazine hebdo. Entre-temps, il s'infiltre à l'Anti-Defamation League, mais, repéré, il se fait rapidement licencier.
Entré à MinuteMarion Georges, « Le directeur de Minute contesté par l'actionnaire majoritaire du journal », Le Monde, . en 1984, il devient le rédacteur en chef chargé des grandes enquêtes. Représentant syndical FO, il soutient le rachat du titre par Yves Montenay, et est licencié par Patrick Buisson après un conflit interne entre Buisson et Montenay. Il collabore ensuite au Spectacle du monde, à National-Hebdo et au Crapouillot.
Il dirige ensuite Magazine hebdo, où il écrit avec Jean-Claude Valla et sous le pseudonyme de Gabriel Lindon, de 1989 à 1996. Il participe également, autour d'Alain de Benoist et Pascal Eysseric, à la rénovation dÉléments, auquel il ne donne cependant qu'un seul article.
Travaux de documentation politique Après la mort soudaine en 1990 de Yann Moncomble, il prend sa succession à la tête de la maison d'édition Faits et Documents, puis fonde en 1996, avec l'aide de François Brigneau, sa propre revue, un bimensuel de douze pages intitulé Faits et Documents et sous-titré Lettre d'informations confidentielles d'Emmanuel Ratier. Celle-ci devient, selon Dominique Albertini, journaliste à Libération, . Les auteurs du livre-enquête Les Frères invisibles, Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, estiment que Dominique Albertini souligne que la revue, qui accordait une attention particulière aux organisations juives et franc-maçonnes, tout en se caractérisant , .
Il fonde également un réseau lui permettant de réunir des informations, le cercle du Dernier lundi, qui se réunit, comme son nom l'indique, le dernier lundi de chaque mois. Devenu un journaliste réputé dans les milieux d'extrême droite, il privilégie la discrétion à titre personnel et s'emploie, de son vivant, à éviter d'être photographié en public, allant jusqu'à exiger d'être filmé de dos ou dans le noir lors de ses quelques entretiens accordés à des webtélés. Ce n'est qu'après sa mort que des photos de lui sont diffusées dans la presse.
Son Encyclopédie politique française (1992) se place dans la filiation du Dictionnaire de la politique française d'Henry Coston. Ce dernier a déclaré que la méthode de travail d'Emmanuel Ratier était proche de la sienne, et qu'il pouvait être considéré comme son « héritier moralInterrogé par la revue identitaire Jeune Résistance (« Entretien avec Henry Coston », Jeune Résistance, 23, ) pour savoir si, « parmi les journalistes nationaux contemporains », il en considérait un « comme particulièrement proche de [sa] démarche passée et, d'une certaine manière, comme [son] héritier », il déclare : « Ce serait Emmanuel Ratier dans ce cas-là. Il peut être considéré comme mon héritier moral. Nous n’avons pas travaillé ensemble, mais il a repris ma formule qui consiste à publier des petites nouvelles. Il fait d’ailleurs une lettre qui est remarquablement réalisée. » Faits & Documents. Lettre d'informations confidentielles d'Emmanuel Ratier, 116, 1-, . ». Lui-même qualifie Henry Coston de ; ce dernier a par ailleurs été son témoin de mariage. Dans National-Hebdo, François Brigneau salue son Encyclopédie politique française comme l'indispensable complément du Dictionnaire de Coston. La sociologue Nicole Lapierre, auteur en 1995 de Changer de nom, remarque que l'ouvrage , comme le faisait Coston avec les personnalités juives.
Il est également l'auteur de Mystères et secrets du B’naï B’rith (1993), consacré au B'nai B'rith. Guillaume Dasquié et Jean Guisnel indiquent que ce livre est et le considèrent comme une , dont l'arrivée . En 1995, il publie Les Guerriers d'Israël : enquête sur les milices sionistes, autre ouvrage consacré aux lobbys. En 1996, il publie le seul ouvrage consacré au club Le Siècle : Au cœur du pouvoir, enquête sur le club le plus puissant de France : Le Siècle (1996, suivi de deux éditions mises à jour jusqu'en 2015). D'après Michel Eltchaninoff, ce livre vise à . En 2011, il révèle une liste des membres du Siècle.
En 2014, il publie une biographie de Manuel Valls intitulée Le Vrai Visage de Manuel Valls. Celle-ci pointe pendant plusieurs semaines et connaît un succès notoire en particulier à l'extrême droite. Conspiracy Watch estime que ce est , et souligne qu'il . Emmanuel Ratier y affirme notamment que Valls aurait changé d'avis au sujet du conflit israélo-palestinien à cause de sa deuxième épouse, Anne Gravoin, de confession juive, tout en reconnaissant n'avoir . Cette thèse, en vogue au sein de l'extrême droite depuis 2011, est relayée en particulier dans la mouvance constituée par Dieudonné et Alain Soral, ainsi que par l'hebdomadaire Rivarol.
Controverse sur les attentats du 11 septembre 2001 Après les attentats du 11 septembre 2001, Emmanuel Ratier présente une théorie du complot sur le crash du vol American Airlines 77 sur le PentagoneVoir notamment : Faits et Documents 130, Faits & Documents , Faits & Documents . D'après Guillaume Dasquié et Jean Guisnel, ses recherches sur le sujet sont concomitantes de celles de Thierry Meyssan pour L'Effroyable Imposture ; les deux journalistes considèrent également que dans son ouvrage. Ils soulignent que les deux hommes ont collaboré à ce sujet avec Stéphane Jah, . Emmanuel Ratier salue lui-même les travaux du Réseau Voltaire, précisant qu'il a pourtant Les Chrétiens de gauche.. Il ne partage cependant pas toutes les conclusions de Thierry Meyssan... Emmanuel Ratier accorde par ailleurs une interview exclusive à Thierry Meyssan en 2011, parue sur le site du Réseau Voltaire.
Activité d'éditeur et de libraire À la fin de 2005, il devient propriétaire de la librairie Facta dans le arrondissement de Paris. Il s'agit de l'une des dernières librairies d'extrême droite à Paris.
Selon Michel Eltchaninoff, cette librairie vend ..
La librairie Facta est vandalisée à deux reprises, les et .. L’appartement d’Emmanuel Ratier sera quant à lui cambriolé.. Après la mort de Ratier, une partie du stock de sa librairie est rachetée par La Nouvelle Librairie de François Bousquet, tandis qu'une autre partie est vendue à la Librairie Vincent, tenue par Vincent Moysan, proche d'Égalité et Réconciliation.
À la radio En 2006, il entre à Radio Courtoisie pour y animer la première partie du Libre Journal de Claude Giraud. À l'automne 2007, il est l'un des fondateurs du « bulletin de réinformation » de la radio. À partir de , à la suite du licenciement de Martin Peltier, il commence à animer sa propre émission, le Libre journal de la résistance françaiseAinsi nommé en hommage à Serge de Beketch, qui avait pour gimmick, au début de ses émissions, de dire ., un mercredi soir par mois. Sa première édition a pour thème ; Jean-Paul Chayrigues de Olmetta et les journalistes Camille Galic (Rivarol) et Alain Sanders (Présent) y interviennent notamment.
À sa mort, Martin Peltier le remplace à la tête de son Libre journal..
Activité de documentaliste et d'archiviste Emmanuel Ratier a rassemblé et entretenu une documentation sur de nombreuses personnalités, appartenant à l'ensemble du spectre politique. En , des journalistes du Figaro affirment qu'il était une .
Peu avant sa mort, il lance le projet, avec notamment Philippe Asselin, Francis Bergeron, Anne Brassié et Éric Delcroix, d’un , sous l'égide d'une association, Les archives associatives du Vexin. D'après StreetPress, le projet s'apparente plutôt à un fonds documentaire visant à conserver les archives de Ratier.
Après sa mort, sa famille s'engage à poursuivre ce projet. Celui-ci annonce par ailleurs que le nouveau nom de l'association sera « institut Emmanuel-Ratier ». Éric Delcroix en devient le président. L'institut est inauguré en à Niherne et bénéficie d'un partenariat avec Présent.. Il se situe dans un l'ancien dortoir de l'école privée Saint-Michel, dirigée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Marguerite Ratier, fille d'Emmanuel Ratier, prend la présidence de l'association la même année.
Vie privée Marié, Emmanuel Ratier a trois filles.
Parmi ses loisirs, il pratique, à titre d'amateur, l'apiculture et le soufflage du verre.
D'après Marc Laudelout, il est aussi un admirateur de l'œuvre de Louis-Ferdinand Céline, à qui il consacre plusieurs longues émissions sur Radio Courtoisie et une promenade littéraire à Montmartre.
Franc-maçonnerie Selon Jean-Moïse Braitberg, rédacteur en chef du bimestriel Franc-maçonnerie magazine, Emmanuel Ratier aurait été membre d'une loge maçonnique se rattachant à l'obédience de la Grande Loge nationale française, versée dans l'ésotérisme tendance René Guénon, et qui n'existerait plus.. Dans son ouvrage Un État dans l'État. Le contre-pouvoir maçonnique, la journaliste Sophie Coignard dévoile la correspondance de Philippe Guglielmi, alors grand-maître du Grand Orient de France, avec l'un de ses membres ; selon ce premier, Emmanuel Ratier aurait été membre de la loge « La Nef de Saint-Jean » à La Garenne-Colombes, ce qu'il a démenti.
Mort Le , alors qu'il pratique la spéléologie avec sa famille à l'aven d'Orgnac, dans les gorges de l'Ardèche, il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de ..