Étival-Clairefontaine est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Stivaliens.
Géographie Localisation
Étival-Clairefontaine se situe sur les rives de la Meurthe, à ses confluences avec le Rabodeau et la Valdange. Quatre formes montueuses et forestières sont remarquables aux alentours : la côte de Repy proche au nord et qui culmine à la Roche du Coucou (), les Jumeaux derrière Nompatelize au sud et, sur l'autre rive de la Meurthe, le Grand Fays au-dessus de Saint-Blaise et le massif de la Haute-Pierre à Moyenmoutier. La forêt domaniale du Ban d'Étival et la forêt communale s'étendent vers l'ouest, de part et d'autre du ruisseau des Vieux Prés, jusqu'à la Chipotte.
La petite ville prospère, qui tend à former agglomération avec Moyenmoutier, est distante de de Raon-l'Étape, de de Saint-Dié-des-Vosges, de d'Épinal, de de Nancy et de de Strasbourg par le col du Hantz (). On rejoint Rambervillers à par le col de la Chipotte.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meurthe, le ruisseau la Hure, le ruisseau la Valdange, le ruisseau des Vieux Pres, le ruisseau Basse de la Fontaine et le ruisseau le Tapageur...
La Meurthe, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune du Valtin et se jette dans la Moselle à Pompey, après avoir traversé .
La Hure, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Ban-de-Sapt et se jette dans la Meurthe sur la commune, après avoir traversé ..
La Valdange, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de La Bourgonce et se jette dans la Meurthe sur la commune, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier d'Étival-Clairefontaine.
La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ban-de-Sapt », sur la commune de Ban-de-Sapt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site spécial publié par Météo-France en novembre 2022..
Urbanisme Typologie Au , Étival-Clairefontaine est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MoyenmoutierUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Moyenmoutier comprend trois villes-centres (Étival-Clairefontaine, Moyenmoutier et Senones) et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (70,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (70,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (70,1 %), prairies (13,3 %), zones agricoles hétérogènes (8,4 %), zones urbanisées (5,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,5 %), terres arables (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Stivagium (870) ; Stivai (1114) ; Abbas Styvagiensis (1172) ; Abbas Estivagiensis (1180) ; Stivaium () ; Estivai () ; Estivay (1246) ; Astivai (1248) ; Estyvai (1293) ; Estenai pour Estevai (1297) ; Estivais (1304) ; Stivaix (1369) ; Estivaix (1378) ; Stivaig (1395) ; Estivaus, Estyvaus () ; Stifey (1448) ; Semagensis pour Stivagensis (1461) ; Astivay (1485) ; Estival (1572) ; « Le monastère d’Estival, que quelques titres appellent Stivagium, et autres Stivæ vallis » (1633) ; Hétival (1720) ; Étival (1751)..
Issu daestivacum, avec influence de vallis « val», du bas latin aestivagium (* aestivaticum ) « pâturage d'été »; attraction de l'oil estivau..
Etival pourrait être une estive, c'est-à-dire un pré où l'on mène les bêtes en été.
Le latin médiéval Sanctivagium, bientôt altéré en Stivagium donnant plus tard en français Estival, ne remonte pas au-delà de l'époque mérovingienne dans les milieux savants.
La « claire fontaine » est la fontaine Sainte-Richarde, du nom de la femme de l'empereur Charles le Gros, qui reçut l'abbaye de son époux au siècle.
Histoire vignette|L'abbaye d'Étival, E. Ravignat, 1841. Les origines de Sanctivagium, altéré en latin médiéval sous la forme de Stivagium, puis Estival en ancien français, remontent au milieu du . C'est le vœu de Leudinus Bodo, patron du ban d'Estival et connu sous le nom de saint Bodon ou saint Leudin d'ériger et peupler un monastère, dans la vallée à quelque distance d'une île sur la Meurthe nommée Chiarafontana, devenu Clairefontaine. On ne sait s'il y parvintAvant de devenir évêque de Toul, il fonde Bonmoutier pour les femmes vers 650.. Etival est la branche occidentale de la "croix monastique des Vosges", formée par les abbayes de Saint-Dié au sud, Senones à l'Est, Bonmoutier au Nord et Moyenmoutier au centre.
À l'époque carolingienne lors de la préservation d'une partie orientale du grand ban démembré par l'autorité de Charles III le Gros à la suite d'une légendaire révolte fiscale. Après avoir mâté dans le sang toute résistance, l'empereur Charles attribue le cœur de la contrée récalcitrante à son épouse Richarde. C'est grosso modo le ban d'Estival qui traverse les siècles, avec son immunité impériale et sa charte, et l'autorité de plus en plus lointaine des chanoinesses d'Andlau, héritière de sainte Richarde.
Les hommes du ban d'Estival en révolte, après avoir été repris en main par les troupes de Charles le Gros, passent en 880 sous l'autorité de sa femme Richarde. Celle-ci accroît par une charte le territoire du ban restant car le ban primitif s'est déjà scindé en plusieurs entités autonomes. L'impératrice Richarde y installe douze chanoines et un prévôt. Léguant ce vaste domaine à l'abbaye des chanoinesses d'Andlau qu'elle a fondée en 881, elle devient la patronne et bienfaitrice féminine du monastère.
la situation des libres habitants révoltés, vaincus par la violente autorité impériale et soumis à l'esclavage. le rôle légendaire d'avocate, de porte parole qu'endosse Richarde auprès de son mari au profit des habitants déchus. la détresse légendaire de sainte Richarde après sa répudiation humiliante.
Il existe déjà un sanctuaire gallo-romain en un lieu que nous pourrions nommer Vagium ou Vavium, qui aurait laissé une trace toponymique, le Vivier. Il semble que ce soit un sanctuaire périphérique de Chiarafontana, Clairefontaine, alors île secrète sur la Meurthe. Le prénom Kiara en dialecte vosgien ou en français vient du latin clara, signifiant illustre, renommé(e). La divinité celto-germanique de l'île qui préside au cycle naturel de l'eau et aux transports animaux et humains, ne pouvait être dérangée, à l'exception de la période printanière de son culte. Mais sa voix illustre pouvait être perçue à proximité. Le sanctuaire christianisé à l'époque mérovingienne, une hiérophanie mineure, a préservé cette spécificité, qui a été comprise par ses prestigieux visiteurs mérovingiens et carolingiens. Entre 912 et 920, l'abbaye est dévastée par les Hongrois.
Au tiers du , les religieux refusent d'être rattachés à l'ordre des Prémontrés. Ils sont forcés de s'enfuir à Autrey lorsque les prémontrés venu de Flabémont prennent pied sur le ban entre 1146 et 1147. Le corps des bâtiments ont des allures de fortification que renforcent les pièces d'eau qui l'entourent. On peut se faire une idée de cet agencement en parcourant la cour des moines et en découvrant l'ancien logis abbatial. L'abbatiale romane du est restaurée et agrandie par 2 fois : au puis au début du . Cet ensemble est malmené pendant la Révolution de 1789 (plusieurs bâtiments transformés en carrières de pierre) et lors de la Seconde Guerre mondiale (église abbatiale dynamitée, en particulier l'une des tours, qui n'a jamais été reconstruite).
En 1309, Thiébaut II, duc de Lorraine, accorde les droits de haute, moyenne et basse justice dans tout le ban. L'historien Hugo a prétendu que l'abbé d’Étival était évêque in partibus, ce qui lui donne des droits quasi épiscopaux dans son territoire et quelques paroisses de sa dépendance.
En 1569, dans le cadre des guerres de religion, des luthériens pillent en déclenchent un incendie dans l'abbaye. En 1587, une armée de 30 000 protestant dirigée par le duc de Bouillon part de Strasbourg vers l'est de la Lorraine. Les puissants de Lorraine tiennent leurs places fortes, Jean IX de Salm prend notamment Baccarat pour empêcher cette armée de remonter davantage la vallée de la Meurthe, l'abbé Doridant d'Etival revêt cuirasse et arme les hommes de son ban abbatial et tient bonne garde à Raon l'Etape et à Clairefontaine. Il n'y aura pas finalement de combat et la menace sera écartée (le Roi de France et le duc de Guise défont Bouillon).
En 1739, à la mort de l'abbé Charles-Louis Hugo, après d'intenses luttes de pouvoir contre l'évêque de Toul, l'abbaye perd son statut et ses territoires et devient un simple prieuré rattaché à l'évêché de Toul, puis à celui de Saint-Dié (créé en 1777 après que la Lorraine soit devenue française en 1766), jusqu'à la Révolution.
Au , sur les cendres du petit moulin à papier abbatial, naissent et se développent à l'échelle industrielle les papeteries Clairefontaine.