Alessandra Lucrezia Romola – en religion Catherine de Ricci – est une religieuse dominicaine, du Tiers-Ordre, bien que cloîtrée, née à Florence le et morte à Prato le , reconnue sainte par l'Église catholique. Elle est commémorée le selon le Martyrologe romain, et le par les Dominicains.

Vie de famille

Son père, Pier Francesco de Ricci appartient à une famille ancienne et respectée de banquiers et de négociants. Sa mère, une Ricasoli, meurt quand elle est encore petite et elle est élevée par une belle-mère dévouée, Fiammetta da Diacceto. Cette dernière observe bientôt chez la fillette une tendance inhabituelle à la prière qu'elle fait tout son possible pour encourager et développer. Vers l'âge de six ou sept ans, son père la place dans une école dirigée par les religieuses bénédictines de San Pietro de Monticelli, près de leur domicile ; sa tante, Luisa de' Ricci, y étant abbesse. C'est là qu'elle développe une dévotion pour la Passion du Christ qui va l'accompagner toute sa vie.

Après une brève période hors du monastère, elle entre, à l'âge de treize ans, au couvent dominicain de Saint-Vincent de Prato ; une communauté cloîtrée du Tiers-Ordre dominicain fondée en 1503 par neuf dames qui avaient été de ferventes disciples de Jérôme Savonarole, un dominicain finalement condamné pour son fanatisme.

Alessandra y trouve un esprit de ferveur religieuse assez élevé, capable de satisfaire son idéal ; et, après quelques difficultés avec son père, elle devient novice, prend le voile en 1535 des mains de son oncle, Timoteo de' Ricci, confesseur du couvent. Elle choisit le nom de religion de Catherine, en mémoire de sa mère défunte. L'année suivante, elle fait sa profession.

Vie religieuse

Son noviciat et ses premiers temps sont à la fois mystiques et éprouvants. Elle a des visions de la Vierge Marie et de l'Enfant Jésus. Elle entre également en extase au cours de ses activités quotidiennes, ce qui lui fait perdre le sommeil ; paraissant alors distraite durant les prières communautaires et maladroite, laissant tomber assiettes et nourriture, à tel point que la communauté commence à douter de ses compétences, voire de sa santé mentale. Par la suite, son humilité finissant par triompher, les sœurs prennent conscience de la dimension spirituelle de son comportement. Elle est alors affectée à plusieurs postes importants, puis devient sous-prieure et finalement prieure jusqu'à sa mort Mystics and Mothers : Devotion to Mary among Dominican Women through the Centuries, Part I, Donna Maria Moses, P. 216, Mariam Studies (2009)..

Elle se révèle être une administratrice efficace et de plus en plus appréciée. Elle conseille princes, évêques et cardinaux sur divers sujets. Elle entretient une correspondance avec trois hommes qui deviendront par la suite papes : Marcello Cervini degli Spannocchi (Marcel II), Ippolito Aldobrandini (Clément VIII) et Alexandre de Médicis (Léon XI). Les conseils de Catherine sont très recherchés ; elle les dispensent aussi bien de vive voix que par écrit. De manière générale, elle fait preuve d'une grande efficacité dans son travail, sachant parfaitement gérer ses priorités.

Pendant toutes ces années, tandis qu'elle s'acquitte consciencieusement de tous ses devoirs religieux, qu'elle ressent et manifeste un vif intérêt pour toute sa famille – surtout ses frères – et pour ses nombreux amis et ses « enfants spirituels », elle porte une chaîne de fer autour du cou et s'impose des jeûnes extrêmes ainsi que d'autres formes de pénitence et de sacrifice, notamment pour les âmes du purgatoire.

Vie mystique

D'après son hagiographie, elle revit la Passion du Christ qui arrive pour la première fois en février 1542 alors que Catherine n'a pas encore vingt ans. Parfois de façon si profonde qu'elle saignait spontanément, comme sous l'effet de la flagellation, et qu'elle portait les stigmates. Lors de moments de prière intense, tout comme chez sa sainte patronne Catherine de Sienne, un stigmate en forme d'anneau – symbole de son union mystique avec le Christ – apparaissait à son doigt.

L'un des miracles attestés lors de sa canonisation fut son apparition en vision – alors qu'elle se trouvait physiquement à des centaines de km de là (bilocation) – à Philippe Néri, avec qui elle entretenait une correspondance de longue date. Néri, pourtant très réticent à évoquer les événements miraculeux, confirma le fait Saint Catherine of Ricci, The Order of Preaches, Independent..

Épilogue thumb|Relique de Catherine de Ricci. Catherine de Ricci vit à une époque de saints ; parmi ses contemporains on cite Charles Borromée, Philippe Néri et Marie-Madeleine de Pazzi. Elle meurt au Prato le âgée de . Elle est béatifiée en 1732 par le pape Clément XII, puis canonisée par Benoît XIV en 1746, lors d'une cérémonie d'un grand apparat avec décor baroque (structure en bois spectaculaire, stuc, toiles peintes et dorures). Ce furent deux occasions de grandes réjouissances à Prato, où sa mémoire est toujours gardée vivante.

Les religieuses de sa communauté vivent toujours au couvent de Saint-Vincent (appelé maintenant ordinairement Sainte-Catherine) où son corps repose toujours. Elle est fêtée le et le .

Sources

Cet article est en partie une traduction de l'article de la Catholic Encyclopedia (domaine public) : St. Catherine de' Ricci

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

Saint Catharine de Ricci, Virgin, Short Lives of the Dominican Saints, 1901. CatholicSaints.Info Santa Caterina de' Ricci Vergine, Guglielmo Di Agresti, Santi e Beati

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