La est une maison japonaise de type traditionnel. Il s'agit plutôt d'un groupe d'une grande diversité d'architectures vernaculaires, construites dans l'un des nombreux styles traditionnels de construction propres à l'architecture japonaise.
Dans le contexte des quatre divisions de la société du système de classe en usage à la période Edo (emprunté à la Chine), les minka étaient les habitations des paysans, des artisans et des marchands (c'est-à-dire les trois classes non samouraïs). Cette connotation n'existe plus dans la langue japonaise moderne, et toute résidence traditionnelle de style japonais d'âge approprié pourrait être appelée minka. On utilise aussi aujourd'hui le terme de .
Les minka se caractérisent par la structure du bâtiment, la structure de la charpente et la forme de leur toit. Les minka se sont développées à travers l'histoire avec des styles distinctifs qui se sont fixés à l'époque d'Edo. vignette|redresse=1.7|Des minka de type gasshō-zukuri dans le village d'Ōgimachi, Shirakawa-gō, préfecture de Gifu, 2008 (patrimoine mondial).
Traits généraux
En 1935, Bruno Taut. évoque cinq millions six cent mille fermes selon les chiffres de 1930. Et il remarque que les fermes, même petites, sont largement présentes dans les villes. À cette époque 80 % des Japonais, paysans, pêcheurs et autres, auraient habité dans des fermes, d'après lui. Par ailleurs il fait du climat (des traits quasi constants du Nord au Sud, l'humidité et le vent, et un bon ensoleillement) l'origine de certaines caractéristiques des fermes japonaises : « le plancher surélevé et posé sur des pilotis, les parois coulissantes qui laissent circuler l'air librement à travers la maison. »
Leur silhouette est avant tout déterminée par le toit. Bruno Taut remarque. l'étonnante similitude avec des types européens d'alors : couverture de paille, de roseau et de jonc, essentiellement, mais sans oublier certains toits de tuile ou de bardeau lestés de pierre. Il note donc aussi leur très grande diversité. Tandis que certains ont des toits à forte pente, jusqu'à 60°, d'autres sont à très faible pente pour la couverture, 40°. Il note aussi que le style rectiligne en certains endroits, est marqué ailleurs par des courbes et des ondulations, « à la mode baroque ». Le feu se consume lentement dans un foyer ouvert (irori) et la fumée s'échappe par le toitLa fumée s'échappe « par une cheminée installée dans le faîte ou par des ouvertures ménagées dans les extrémités triangulaires du faîte », ., brunissant les parties basses, régulièrement astiquées et noircissant les surfaces en hauteur. L'auteur note aussi, avec de nombreuses remarques précises sur l'intérieur, la présence de fourneaux en pierre et chaux, disposés en demi-cercle, ce qui facilite leur alimentation en bois.
Enfin il indique, dans certaines régions parfois la mixité des procédés de couverture, des toits de chaumes, pentus, jouxtant d'autres à faible pente et en tuiles. Ailleurs, le faîtage et les bords de rive associent le chaume et la tuile. Des juxtapositions équivalentes se retrouvent en montagne et sur les côtes : toit de chaumes et toit de bardeaux lesté de pierres, « sans que l'un ne détonne par rapport à l'autre ».
On appelle les plus anciennes minka des sennen-ya, « maisons millénaires ». Toutes datent de la seconde moitié de la période de Muromachi, peut-être du . Les seules minka du qui subsistent sont la maison Yoshimura, de la préfecture d'Osaka, et la maison Imanishi, de la préfecture de Nara. Jusqu'au elles sont sans fondation, les poteaux étant simplement enfoncés dans un trou (style hotate). Les minka qui ont survécu jusqu'à maintenant ont appartenu à des gens du peuple mais d'un statut élevé. Par ailleurs si le terme minka (habitation privée) désigne une habitation populaire, dans le contexte d'études folkloriques ou d'histoire de l'architecture, il désigne une habitation construite dans des matériaux et selon des techniques locales.
Une grande variété de types Le terme minka signifie littéralement « maisons du peuple ». Il s'emploie pour les maisons qui abritaient une grande variété de personnes, des agriculteurs aux chefs de village, aux marchands et aux samouraïs de bas niveau.
Les minka offrent donc un large éventail de types et de tailles, en grande partie en raison des conditions géographiques et climatiques différentes ainsi que du mode de vie des habitants. Ces « maisons du peuple » concernent, traditionnellement, les quatre classes d'habitation japonaises : les fermes , les maisons de ville , les habitations de pêcheurs et habitations de montagne
Contrairement à d'autres formes d'architecture japonaise (comme celles du style , c'est la structure plutôt que le plan qui est de première importance pour le style minka. Néanmoins les charpentiers d'autrefois se contentaient d'un plan au sol pour concevoir l'ensemble d'un bâtiment, dont ceux de type minka.. Le choix de l'emplacement des poteaux va déterminer l 'échelle, le tracé du contour et la division des espaces. On distingue poteaux principaux et secondaires. La position des poteaux principaux détermine la structure de la maison. Les minka sont, en effet, divisées par des poteaux principaux qui constituent le cadre de base et supportent la charge structurelle du bâtiment; les poteaux secondaires sont organisés de manière à correspondre aux dispositions fonctionnelles du plan.. On rencontre ainsi au moins huit types de structures :
« Le U inversé » se compose de deux poteaux verticaux reliés par une poutre horizontale. C'est le type en usage depuis la plus haute antiquité. Ces U inversés peuvent ensuite être reliés par des poutres latérales. La poutre peut être fixée au sommet du poteau soit en s'appuyant sur elle, soit au moyen d'un tenon dans la poutre et d'une mortaise dans le poteau. Cette dernière méthode se trouve souvent dans des minka de l'île de Shikoku, côté mer intérieure de Seto. « L'échelle » cette structure est composée d'un certain nombre d'« échelles » constituées de poteaux et de poutres reliées à des poutres plus grandes, y compris des poutres plus proches du niveau de la fondation. Cette forme de structure serait apparue dans les maisons de ville de la période Edo. Le système permet le placement irrégulier des poteaux et, par conséquent, permet une flexibilité dans le plan. Avec le style « parapluie », quatre poutres rayonnent à partir d'un poteau central. Elles sont placées de façon à se relier à des poteaux secondaires placés au milieu de chaque côté d'un carré imaginaire. Ensuite, les poteaux qui seront placés aux coins ne sont que des accessoires pour l'aménagement des murs. Les minka de ce type se trouvent souvent dans la préfecture de Shiga.. La « croix » : deux poutres à angle droit reposent sur quatre poteaux à leur extrémité. Comme dans le cas précédent les poteaux sont placés sur les côtés du carré imaginaire, sur le plan. Les poteaux d'angles étant secondaires. Ce type est souvent utilisé pour les très petits minka qui n'ont pas de poteaux au centre de l'espace principal. Pour les grands minka, ce système est utilisé seulement dans la partie en terre battue. Le style se retrouve le plus souvent dans les préfectures de Shiga et de Fukui. Les « croix parallèles » : une variante de la précédente. Deux jeux de deux poutres en croix sont placées parallèlement et reposent sur huit poteaux à leurs extrémités. Ce qui couvre une superficie de sur . Ce type se rencontre dans la préfecture de Shizuoka. La structure en « boîte » : quatre poteaux ou plus sont reliées au moyen de linteaux mortaisés, des « accolades en bois » et des poutres pour créer une structure en forme de boîte. La « boîte » a environ six mètres de côté. Ce type a été conçu à l'époque d'Edo et se trouve dans les préfectures de Toyama et Ishikawa.. Le type jungle gym. La « boîte interconnectée » se rencontre à Kyoto et à Osaka. Des linteaux à tenon placés en hauteur et de semblables éléments horizontaux relient les poteaux ensemble. Le type à « poutres montantes » présente une forme qui permet une meilleure utilisation du deuxième étage: conçu pour améliorer la convivialité des chambres mansardées du deuxième étage. Ce type est commun partout dans les entrepôts à deux niveaux, dans tout le pays et est particulièrement courant dans les maisons de ville dans le district de Sanyo (par exemple dans la ville de Kurashiki). Les poteaux latéraux sont reliés aux poutres du second niveau, et les poteaux d'angle sont liés par des poutres placées dessus.. Il en existe de plusieurs types (présentés de manière détaillé, ci-dessous) : les types sasu (également connus sous le nom de gasshō) et les types odachi sont de beaucoup les plus courants.
vignette|Extérieur et intérieur d'un Minka à Tokyo Conception du plan d'étage Il y avait deux méthodes principales pour établir le plan d'étage de la minka. La méthode utilise une taille standard de tatami, tandis que la méthode est basée sur l'espacement des poteaux.
La méthode kyoma fonctionne bien pour les minka sans poteaux centraux, car les tapis et les cloisons coulissantes (fusuma et shōji) peuvent être basés sur une taille standard. Elle était principalement utilisée dans la minka de l'est du Japon. La méthode a ses inconvénients si elle est utilisée avec des poteaux car les variations de largeur des poteaux peuvent rendre difficile la préfabrication des cloisons coulissantes.
La méthode inakama est basée sur la distance entre le centre d'un poteau et le centre du poteau adjacent et elle a été principalement utilisée du côté est du Japon.
Construction La taille, la construction et la décoration d'une minka dépendent de son emplacement, du climat et du statut social de son propriétaire..
Les minka ont été influencées par les techniques de construction locales et ont été construites avec des matériaux abondants sur place. Par exemple, les minka à Shizuoka utilisaient une grande quantité de bambous pour les toits, les avant-toits, les portes et les planchers. Lorsque les roseaux de miscanthus étaient difficiles à obtenir pour les toits de chaume, on utilisait des bardeaux en remplacement ; dans les zones volcaniques, des joncs ou des planches ont été utilisées à la place de l'argile pour les murs.
Le climat a une incidence sur la construction : à Kyoto à la fin des périodes Heian et Muromachi, les toits étaient recouverts de minces bardeaux de bois afin que les propriétaires mettent des pierres dessus pour empêcher les bardeaux de s'envoler dans le vent..
Le statut social du propriétaire du minka était indiqué par la taille et la complexité du bâtiment. Pour le minka au toit de chaume, le nombre de membres en bois croisés ou de faisceaux de roseaux de miscanthus le long de la crête est un bon indicateur de l'importance du statut du propriétaire dans le village.. Pour le type machiya, la présence et la complexité d'un a un statut similaire. L’udatsu a hérité de la fonction de coupe-feu, mais au départ c'était une méthode pour établir l'étendue de la propriété sur les longues terrasses de maisons disposées en rangs..
Au cours de l'évolution de la minka, les maisons de ville machiya ont vu progressivement changer leur mode de construction, passant de matériaux périssables et inflammables à des matériaux plus durables. Les toits de chaume ont été remplacés par des tuiles et les poutres apparentes ont été recouvertes de couches d'enduit d'argile.. De même, les ouvertures des minka se limitaient originellement à de petites fenêtres et une simple porte coulissante, tandis qu'à partir du milieu de la période Edo, sont apparues de plus grandes ouvertures et des paires de portes coulissantes dans des rails à double rainure.
La minka appartenant à des personnes d'un statut social supérieur a commencé à incorporer des éléments du style shoin, en particulier dans les salons. Les types d'éléments incorporés étaient limités par des lois somptuaires pour préserver des distinctions de classe strictes.
Toiture