Le Renault D2 est un char de combat moyen français. Ce modèle est développé à partir du D1 en un peu mieux protégé, d'abord destiné au rôle de principal char de bataille, il est rapidement remplacé dans ce rôle par le B1 bis. Il participa aux combats de mai et juin 1940. Le projet de abandonné suite à l'armistice de 1940 devait lui succéder.

Origine et développement Sur proposition du capitaine Deygas de la direction de l'infanterie (), Renault réalisa une version sur-blindée et élargie du D1. Les trois prototypes, désignés UZ dans la nomenclature Renault, furent testés en 1932 et 1933In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 100 p 30.. Le développement du D2 fut poursuivi au cas où la conférence mondiale pour le désarmement de Genève impose en 1934 une limitation du poids des chars, ce qui empêcherait la poursuite de la production du char B1In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 74 p 47..

100 chars furent commandés et livrés à l'armée de terre française entre 1936 et : cinquante entre le et le pour le premier lot, et à partir de fin mars à début pour une partie du second lot. Parmi les derniers exemplaires au moins partiellement assemblés, certains furent emportés dans la retraite générale des armées françaises vers ce qui deviendra la zone libre après l’armistice. Les tout derniers sont probablement restés à divers stades d’assemblage dans l’usine de la Chaléassière.

En Indochine française au mois de , un prototype de chasseur de chars avec un canon de 90mm et un blindage frontal augmenté à 60mm est présenté au général Georges Catroux, alors gouverneur, devant la menace de plus en plus pressante du Japon car depuis les troupes japonaises sont installées dans l'île d'Hainan. De plus à la suite du coup d'État en Thaïlande et de son rapprochement avec le Japon, l'Indochine française est isolée.

En , un prototype de char lance-flammes est présenté. Cet exemplaire d'étude est vraisemblablement basé sur le châssis 2002. La tourelle est remplacée par une superstructure carrée. Un second prototype est réalisé sur la base du 2003. Tout le système lance-flammes est intégré dans la caisse et le char aurait dû recevoir une tourelle standard. Les informations relatives à ces deux chars sont tirées des travaux de recherche de Stéphane Bonnaud et Pascal Danjou.

Description

Le char D2 est un char D1 amélioré. Par rapport au D1, le type de tourelle différent utilisé augmente quelque peu sa hauteur à 266,6 centimètres ; la caisse mesure 175,5 centimètres de haut. La longueur de la caisse, sans la queue, est de 546 centimètres ; sa largeur est réduite à 222,3 centimètres grâce à l'utilisation de patins plus étroits, larges de 35 centimètres. La suspension est en grande partie identique mais les galets supérieurs, auxquels est ajoutée une roue de tension, sont placés un peu plus haut pour éviter la résonance de la piste, un problème persistant avec le Char D1. La plaque de blindage recouvrant les trois ressorts hélicoïdaux verticaux se compose de six panneaux au lieu de huit ; des goulottes de boue sont ajoutées sous chaque rouleau supérieur. Il y a trois bogies par côté, chacun avec quatre roues, un ressort hélicoïdal et deux amortisseurs. À l'avant et à l'arrière sous le pignon, il y a une roue de tension avec son propre amortisseur ; identiques aux roues proprement dites, elles portent le nombre total de ces roues à quatorze. Un autre changement concerne les ailes avec de grands bacs de rangement qui donnent la fausse impression de faire partie du blindage principal.

Les véhicules de production utilisent beaucoup moins de sections soudées que prévu au départ. Pour réduire le prix, Renault a choisi de mettre en œuvre une nouvelle technique de construction, utilisant de grandes vis plates, servant à la fois de boulons et, appliquées à chaud, de rivets, fixant les principales plaques de blindage entre elles au moyen de fines bandes d'acier de liaison. De cette façon, aucune poutre interne, formant un véritable châssis, n'est nécessaire. Les plaques de blindage ont une épaisseur de 40 mm.

Comme avec le Char D1, l'équipage est de trois personnes, mais l'opérateur radiotélégraphiste est assis à droite du conducteur au lieu du commandant, et l'antenne, du poste ER52, a été déplacée à côté de lui. Cette nouvelle configuration avait été demandée pour créer un compartiment de combat plus spacieux. Deux véhicules de commandement, numéros de série 2016 et 2049, ont une deuxième antenne à gauche pour utiliser leur ensemble longue portée ER51. La puissance du moteur a considérablement augmenté jusqu'à 150 ch en installant un moteur Renault 6 cylindres de 9,5 litres, mais comme le poids est passé à 19,75 (juste en dessous de la limite de vingt tonnes) au lieu des 15,5 tonnes prévues, le gain en la vitesse maximale est limitée à 23 km/h. La transmission est à quatre vitesses. Quatre réservoirs de carburant d'une capacité totale de 352 litres permettent une autonomie d'une centaine de kilomètres. La capacité de gué est de 120 centimètres, une tranchée de 210 centimètres peut être franchie, un obstacle de quatre-vingts centimètres de haut ou une pente de 50 % escaladée. Une mitrailleuse fixe de 7,5 mm est disposée dans le glacis du côté droit, commandée par le chef de char au moyen d’un câble. Elle est interchangeable avec la mitrailleuse coaxiale et peut aussi être utilisée en antiaérien au moyen d’un support sur la tourelle. thumb|left|Tourelle APX1 La première série est équipée d'une tourelle monoplace APX 1 armée d'un canon de SA 34 dit . La seconde série est équipée d'une tourelle APX 1A à la forme légèrement remaniée, armée d'un canon de SA 35. Ce dernier canon était en cours d'installation sur les D2 de première série en In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 83 p 14..

Utilisation opérationnelle vignette|Le char Neerwinden de la section de la du 19 bataillon de chars de combat, près d'Althorn début janvier 1940. Les premiers exemplaires de char D2 arrivent au RCC en . En juillet, le premier bataillon du régiment est entièrement équipé et compte 45 chars répartis dans trois compagnies de quatre sections chacune. Le deuxième bataillon est quant à lui doté du char léger Renault R35 depuis janvierIn Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 79 p 19 à 21.. vignette|Le D2 Yorktown anciennement utilisé par le colonel de Gaulle, photographié en 1940. Sur le cache circulaire du phare au milieu de la caisse on devine les cinq chevrons qui désignait le char du colonelVoir Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 80 p 59.. Le , le colonel de Gaulle prend le commandement du RCC. Son char, le Yorktown (ex Saturne), porte le numéro 2025In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 79 p 29..

À sa dissolution, le , le 507 RCC donne naissance à deux bataillons autonomes : le BCC du commandant Aymé, issu du premier bataillonLe numéro 19 étant le numéro porté par le bataillon jusqu’en 1920 date de la création du RCC., et le BCC formé par le deuxième bataillon.

Le BCC reste provisoirement rattaché au nouveau GBC 507 (groupe de bataillons de chars ) du d'armées, puis est transféré le au GBC 510 et enfin le au GBC 511In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 80 p 54 et 56..

Finalement affecté au GBC 517, le bataillon se sépare le de sa , qui devient la CACC (compagnie autonome de chars de combat). Désignée pour appuyer le CEFS mis sur pied pour intervenir en Norvège, la compagnie perçoit alors 15 nouveaux chars D2In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 80 p 66..

Ainsi, lorsque débutent les hostilités le , le BCC dispose de 44 chars pour seulement 30 équipages et deux compagnies sur trois sont équipés du nouveau canon de SA 35 (canon semi-automatique de modèle 1935).

Les 14 charsLes 14 chars D2 de la CACC sont répartis en quatre sections de trois chars, un char de commandement et un char d'échelon. de la CACC du capitaine Idée ne sont finalement pas envoyés en Norvège. La compagnie est affectée à la toute nouvelle DCr et combat le sous le commandement du colonel Charles De Gaulle à Montcornet, au nord-est de Laon, contre des éléments de la Panzerdivision. Alors qu’elle vient de rejoindre le BCCIn Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 83 p 16 à 21., elle est à nouveau engagée les 19 et contre les IR 119 et 75 (régiments d’infanterie allemandsRespectivement des divisions d'infanterie 25 et 5.), à Crécy-sur-Serre et FestieuxIn Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 84 p 48 à 58.. Réintégrée le au BCC, la compagnie retrouve les chars laissés à sa création et redevient la du bataillon. Au total, lors de ces trois jours de combat dans la région de Laon, la CACC perd 10 chars soit plus des deux tiers de ses effectifs initiauxLes pertes sont respectivement de 3, 2 et 5 chars pour les journées des 17, 19 et 20 mai.

Le , des éléments des et du BCC sont chargées d'appuyer la DIC lors d'une offensive dans la région d'Amiens. Sur les 15 blindés engagées au départ, 12 participeront effectivement à l'attaque. Le bilan est à nouveau très lourd car 8 chars sont perdusIn Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 90 p 82 à 95..

La CACC à quant à elle été formée le à La Bussière dans le Loiret à partir d'une compagnie du BIC (bataillon d'instruction de char). Affectée tout d'abord à la DCr, elle est finalement mutée le à la DCr et rejoint ainsi le BCC. Constituée de personnel sans formation, la compagnie, aux ordres du capitaine Durand puis du capitaine Collot, est dépouillée de ses 10 chars flambant neufsCertains chars ont été sabotés en usine et présentent des culbuteurs entaillés à la scie. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 97 page 12. et récupère le vieux matériel du bataillonLes 10 chars sont affectés à la CACC qui redevient le juin 1940 la du BCC. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel n° 97 page 11..

La CACC est mise à la disposition du bataillon à compter du .

Après la défaite de la France, le gouvernement de Vichy décida au mois d' d'envoyer les 11 derniers chars Renault D2 en état de marche en Indochine devant la menace grandissante du royaume du Siam et du Japon. Les chars D2 participèrent à la guerre franco-thaïlandaise mais ne changea pas le résultat de ce conflit qui fût une défaite de l'Indochine française qui n'aligna qu'à peine 30 chars contre plus de cent côté thaïlandais.

Dans la culture populaire

Jeu vidéo

World of Tanks

Le D2 est jouable et est classé comme un char moyen français de rang III.

War Thunder

Le D2 est jouable et est classé comme un char moyen français de rang I, avec une côte de bataille de 1.3.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des véhicules blindés Renault D1

Liens externes . . . Présentation sommaire du char D2, École des char de combat, 1938, sur BNF Gallica

Bibliographie . . . . . . . . . . .

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