Blida (prononcé ), , en , surnommée « La Ville des Roses », est une commune de la wilaya de Blida, dont elle est le chef-lieu, en Algérie.

Située au contact de l'Atlas blidéen et de la Mitidja, Blida est fondée au pour accueillir des immigrés andalous. Étant la capitale de la région de Mitidja, elle est la cinquième ville du pays pour le nombre d'habitants et son unité urbaine compte en 2008.

Géographie Localisation La commune de Blida est située au centre de la wilaya de Blida. La ville est située à au sud-ouest d'Alger, et à au nord-est de Médéa, sur la bordure Sud de la plaine de la Mitidja à de la mer. L'unité urbaine s'étend en outre de la commune de Blida sur les communes suivantes : Ouled Yaïch, Soumaa, Bouarfa, Beni Mered et Guerouaou.

Relief et hydrologie La ville de Blida est située au pied du versant nord de l'Atlas blidéen et au Sud de la plaine de la Mitidja, à une altitude de . Elle est localisée sur un cône de déjection construit par l’oued Roumman-El Kebir.

Climat L'Atlas tellien protège la ville des vents secs du sud en provenance des Hauts Plateaux. Cette protection permet à la région de bénéficier d'un climat méditerranéen propice à l'agriculture.. La classification de Köppen est de type Csa. La température moyenne est de et la moyenne des précipitations annuelles avoisine les .

Transports La ville est desservie par : l'autoroute Est-Ouest, à au nord de la ville, reliant Oran à l'ouest ;Sétif, Constantine et Annaba à l'est, et la capitale Alger située à ; la route transsaharienne, à l'ouest de la ville, permettant l'accès aux villes du Sud du pays ; la gare ferroviaire avec de multiples navettes sur Alger ; le téléphérique vers Chréa

Localités de la commune thumb|right|La ville de Blida vue du piémont de Chréa Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Blida est constituée à partir des localités suivantesJournal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret , fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes. Wilaya de Blida, page 1490. :

Blida Bouarfa Sidi El Kebir Tafraout Nader Ourou Hannous (partie basse) Taberkachent Timizert Dardara El Kennar Sidi Fergani Aïn Soltane Imma Mghita Cheikh Benaïssa Hamalite Kamariz Agba El Hamra Ben Boulaïd Zabana (anciennement Joinville) Sidi Abdelkader Ben Achour Maramane Beni Sbiha I Kessasma Oued Abarar

Toponymie Le mot Blida vient de l'arabe classique boulayda qui signifie petite ville ou petite contrée, qui est le diminutif de Bilad (pays, contrée)Blida, la ville des roses, en quête de son lustre d'antan, La Tribune du 18/11/2008, il devient en arabe dialectal Blida, ce terme est employé durant la colonisation française. La ville est également surnommée Ourida (petite rose)Mon beau paysBlida (III), Info Soir du 22/03/2006.

Histoire Aucun centre antique n’a précédé la ville. On l’a identifiée avec la ville de Mitidja connue au Moyen Âge et qui était ruinée lors des campagnes des Beni GhaniaYver, G. and Marçais, G., “Bulayda”, Encyclopédie de l’Islam. Première publication en ligne: 2010 .

Période ottomane thumb|Vieille école coranique.

La ville de Blida est fondée au par le marabout: Sidi Ahmed el Kabir avec la participation de musulmans andalous qui s'installent à Ourida (premier nom de Blida) et transforment alors les terres incultivables en vergers grâce aux plantations d'orangers et l'art de l’irrigation. Ils apportent également à la région, l'art de la broderie sur cuirBenjamin Stora, Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954) Collection Repères 2004, p-53 ..

La légende locale attribue à Sid Ahmed Ben Youcef surnommé el Kebir des origines andalouses, mais il est originaire du Sahara occidentalIl était une fois Blida, Sid Ahmed El Kebir, providentiel, El Watan du 08/09/2010.. À la demande de Barberousse qui a fourni les finances nécessaires des caisses de la régence d'Alger, il créa le noyau de la ville de Blida pour accueillir des réfugiés andalous. Selon la tradition orale, il s'écria en contemplant la ville : « On t'appelle El-Blida (petite ville), je t'appelle El-Ourida (« la petite rose ») ».

Sous la domination ottomane, Blida faisait partie du Dar Es-Soltane, et était gouverné par un ḥākim. La ville s'agrandit, elle devient un lieu de repos et de prédilection des souverains turcs d'AlgerMon beau pays: Blida (II), Info Soir du 21/03/2006. Les Ottomans bâtissent des portes monumentales (Bab) à chacune des entrées, Bab el Dzair, Bab el Rahba, Bab el Sebt, Bab el Zaouia, Bab el Kseb, Bab el Kebor et Bab el Kouikha, ces portes n'existent plus de nos jours. Sa population étaient composée des descendants des Andalous, de Maures, de Juifs et de Mozabites.

Ville de plaisir, et de beauté ; la ville était également menacée, car soumise à d'incessants tremblements de terreMarc Côte, « Blida », in Encyclopédie berbère, 10 | Beni Isguen – Bouzeis, En ligne, mis en ligne le 01 mai 2013, consulté le 22 octobre 2013.. En 1817, une épidémie de peste a fait 70 à par jour durant un an. En mars 1825, un tremblement de terre détruit la ville causant un grand nombre de victimes.

Période de la colonisation française vignette|Vue de la ville de Blida au . En 1830 débute la conquête de l'Algérie par la France. Après l’occupation d’Alger, Blida résiste à une première expédition en juillet de la même année. Puis, au mois de novembre, sous les ordres du général Bertrand Clauzel, une nouvelle tentative débouche sur le massacre de huit cents habitants non armés, en représailles à la mort de vingt et un soldats français, tués au combat.

Blida reste encore quelque temps indépendante sous l’administration de ses hakims, jusqu'à son contrôle par les troupes françaises en 1839. Elles bâtissent de grandes casernes militaires, Blida devenant ainsi une ville garnison de l’armée française pendant toute la durée de la colonisation française.

Détruite par le séisme de 1825, Blida est reconstruite par les Français selon un plan d'urbanisation hippodamien moderne (rues à angle droit et maisons basses). Aux portes de la ville, trois villages de colonisation sont créés : Joinville et Montpensier en 1843 et Dalmatie en 1844. En 1848, elle est érigée en municipalité. Le plus grand hôpital psychiatrique d'Algérie et même d'Afrique s'y ouvre en 1933. Sa population est de en 1950. C'était la seconde ville du département d'Alger.

Période de l'Algérie indépendante thumb|Kiosque de la place du , au centre de Blida. Après l'indépendance de l'Algérie , Blida, ancienne sous-préfecture du département d'Alger, devient chef-lieu de wilaya en 1974. Elle devient en quelque sorte la capitale de la Mitidja. Toutefois, en raison de sa proximité avec l’agglomération algéroise, Blida sert d’un doublet à Alger ; elle accueille des fonctions et équipements qui ne trouvent plus place dans la capitale. Elle abrite une université, un centre national de maintenance de la Sonatrach, des zones d’habitat nouvelles destinées à absorber la population attirée par la capitale. L’intense trafic quotidien entre les deux villes traduit ce rôle de doublet.

La ville connut un exode rural important. Elle passe de la ville du pays par la taille en 1954, au en 1977, en 1987 et en 2008.. Cette progression démographique s'est accompagnée par des problèmes de logement, malgré les programmes de grands ensembles réalisés par l'État. La poussée urbaine a provoqué l'intégration dans le tissu urbain des vieux noyaux anciens villages coloniaux et le développement incontrôlé de constructions illicites.

Un attentat-suicide se produit le à Blida, deux hommes se font exploser à proximité d'un commissariat. Les kamikazes sont morts et des blessés sont dénombrés. Immédiatement, les autorités algériennes mettent en place un black-out complet sur l’information de cette affaire...

Démographie Évolutions Population de la ville et de la commune de Blida de 1884 à 1902 Ville seule 1884 1892 1897 1902 Commune 1884 1892 1897 1902 Population 1884Tableau général des communes de l'Algérie au 30 septembre 1884, ; accès en ligne. ; population 1892Tableau général des communes d'Algérie au janvier 1892, ; accès en ligne. ; population 1897Tableau général des communes de l'Algérie au janvier 1897, ; accès en ligne.; population 1902Tableau général des communes de l'Algérie au novembre 1902, ; accès en ligne.

Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de l'unité urbaine de Blida est évaluée à , alors que celle de la commune de Blida est de contre en 1977 :

Pyramide des âges La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante : 49,55 % d’hommes (0 à = 9,53 %, 10 à = 9,45 %, 20 à = 8,83 %, 30 à = 7,47 %, 40 à = 6,29 %, 50 à = 4,08 %, 60 à = 2,25 %, 70 à = 1,40 %, plus de = 0,25 %) ; 50,45 % de femmes (0 à = 9,04 %, 10 à = 9,05 %, 20 à = 9,27 %, 30 à = 7,96 %, 40 à = 6,25 %, 50 à = 3,97 %, 60 à = 2,43 %, 70 à = 1,55 %, plus de = 0,31 %).

Économie Tourisme vignette|L'Atlas blidéen qui domine la ville. La station de ski de Chréa est proche de Blida.

La cité possède un parc d'attraction dans la zone militaire de Blida à la sortie Ouest, lieu de repos familial, où les familles peuvent admirer les montagnes verdoyantes qui surplombent la ville. Ce dernier est à l'abandon depuis fort longtemps.

Administration et politique

Prison et tribunal

La prison militaire de Blida construite à la fin des années 1980 est située à proximité du Tribunal militaire de la 1ère Région militaire de l'armée algérienne..

Enseignement vignette|Université Saad Dahleb. La wilaya de Blida dispose de deux universités, et de plusieurs instituts de formation professionnelle, dont le CHU/ESH Frantz Fanon.. Le , le Centre Universitaire de Blida C.U.B. ouvre ses porteshttp://www.joradp.dz/jo6283/1977/051/FP647.pdf. Au titre de cette rentrée historique, le nombre des étudiants inscrits s’élevait à 526, pour un effectif enseignant de 57 dont . Le C.U.B. devient en l'Université de Blida http://www.joradp.dz/FTP/jo-francais/1989/F1989028.pdf.

Baptisée: l'Université Saâd Dahlab de Blida (USDB), c'est une université nationale à caractère public, elle est située dans le quartier de Ouled Yaïch sur la route de Soumâa. , un autre nouveau pôle de l'université a été construit au niveau de la ville d'El Affroun, disposant de plusieurs facultés et de cités universitaires.

En 2013, l'Université Blida 1 a été scindée en deux campus: 1 et 2http://www.joradp.dz/FTP/jo-francais/2013/F2013023.pdf. L'Université de Blida 1 a hérité de l'ancienne Université de Blida; son site situé sur la route du Soumâa et a gardé le nom de Saâd Dahlab ainsi que la moitié des facultés. L'Université de Blida 2 baptisée Lounici Ali, est située au niveau du site d'El Affroun et a hérité de la moitié des autres facultés de l'ancien campus.

Vie quotidienne Culture thumb|upright|Musiciennes en costume traditionnel Ville d'art et de traditions, Blida accueille la musique arabo-andalouse, et se rattache à la sanâa d'Alger, mais revendique une « autonomie » relative. Un festival de la musique aroubi est organisé dans la ville, ainsi que des journées du hawzi, chaque année.

Blida a préservé plusieurs métiers traditionnels à l'instar de la distillation de l'eau de rose, la broderie sur tissu et le travail du cuivreLes gâteaux traditionnels : Carte de visite de la ville des roses, Algérie Presse Service du 30/07/2011..

La ville est également connue pour la confection des gâteaux algériens. La culture ottomane a marqué de son empreinte la population locale. Parmi, les spécialités héritées des Turcs : Tcharak, Baklawa et Ktaif. Les gâteaux de Blida se distinguent également par leur forme artistique, la ville a connu ces derniers temps , une multiplication des commerces de pâtisserie traditionnelle.

Sports Union sportive de la médina de Blida Association Sportive Mitidja de Blida Football Club Blidéen