Aralar était un parti politique socialiste et indépendantiste basque, présent en Navarre comme au sein de la Communauté autonome du Pays basque. Il peut être rattaché à la gauche abertzale, mais est opposé à la violence d'ETA, étant par ailleurs issu d'un courant critique au sein de Herri Batasuna (HB) puis de Euskal Herritarrok (EH). Il vise la création d'un État basque souverain, laïc et républicain au moyen du droit à l'autodétermination. Son dirigeant le plus connu était l'avocat Patxi Zabaleta.
Au moment de sa disparition et depuis 2011, Aralar était membre des coalitions Amaiur et Euskal Herria Bildu. En Navarre, province où le parti était le plus implanté, Aralar était membre depuis 2004 de la coalition Nafarroa Bai.
En Iparralde, Aralar entretenait des liens étroits avec Abertzaleen Batasuna. Le , lors de l'assemblée générale de cette dernière à Ustaritz, fut prise la décision d'officialiser et de renforcer les relations entre les deux partisAbertzaleen Batasunaren Biltzar Nagusia.
Enfin, au niveau européen, Aralar était membre observateur de l'Alliance libre européenneEl partido europeo ALE acepta a Aralar como miembro, Europa Press, 23 mars 2012..
Histoire Origines La création d'Aralar est intimement liée à la figure de l'avocat navarrais et dirigeant de Herri Batasuna (HB) Patxi Zabaleta. Ce dernier, dirigeant de la formation en Navarre, avait déjà critiqué, avant même la création de Euskal Herritarrok (EH), certaines positions de Herri Batasuna. Il était l'un des principaux animateurs d'un courant critique à l'intérieur de l'organisation. Ainsi, il s'était montré en désaccord avec les actions armées de l'ETA et la subordination de la lutte politique à la lutte armée. En 1997, il condamne publique l'assassinat par ETA de Miguel Ángel Blanco, conseiller municipal d'Ermua, membre du Parti populaire. En , après la rupture d'une trêve décidée par ETA, Patxi Zabaleta, avec d'autres militants navarrais condamnant publiquement la violence, fonde Aralar en tant que courant organisé au sein d'Euskal Herritarrok. Le nom du mouvement est inspiré du massif d'Aralar, s'étendant entre la Navarre et le Guipuscoa.
En , Aralar s'inscrit en tant qu'association politique, même si elle renonce finalement à participer aux élections au Parlement basque organisées la même annéeLos críticos de EH deciden finalmente no presentar una lista propia a las elecciones, El País, avril 2001.. De son côté, Euskal Herritarrok perd plus de et la moitié de ses députés, certains de ses militants désignant Aralar comme responsable de cette défaite électoraleOtegi afirma que la estrategia de Aralar se asemeja a la del PNV, El País, 5 mai 2001..
Parallèlement à cela, un processus de refondation de Herri Batasuna a lieu, aboutissant le à la création de BatasunaHB deja paso a Batasuna y mantiene como su objetivo básico la construcción nacional, Diario de Navarra, 24 juin 2001.. Ce processus ne remet pas en cause l'attitude de la gauche abertzale envers ETA (en , Aralar avait présenté une motion du même nom exigeant la fin de la lutte armée d'ETA, motion qui fut refusée), ce qui, associée à des désaccords quant à l'organisation interne la participación institucionalLos críticos de EH achacan el fracaso electoral a su postura ante ETA, El País, 2 juin 2001., la participation institutionnelle et, selon Batasuna, la stratégie indépendantiste, précipite la fondation d'Aralar comme parti politique indépendant. Le , Aralar adopte cette décision au cours d'une assemblée tenue à PampeluneLa corriente crítica Aralar se va de Batasuna y forma un grupo político propio, Diario de Navarra, juillet 2001., refusant ainsi son intégration à Batasuna (raison pour laquelle Zabaleta refuse le terme de "scission"). Cela débouche à la fois sur des critiques importantes venant de Batasuna mais aussi à l'intérieur du syndicat LAB. À l'inverse, les autres forces politiques applaudirent cette initiative.
Aralar célèbre sa création le à Altsasu et son congrès fondateur en . Patxi Zabaleta est alors élu coordinateur général. Se constitue ainsi un parti nationaliste basque se réclamant de la gauche abertzale en même temps qu'il refuse l'exercice de la violence politique et qu'il promeut une action exclusivement publique.
Le , Aralar signe, avec Zutik, Batzarre, Abertzaleen Batasuna (AB) et Eusko Alkartasuna (EA) le document Uniendo fuerzas, tendiendo puentes (« En unissant les forces, en construisant des ponts »)Uniendo fuerzas, tendiendo puentes. Firmantes: Abertzaleen Batasuna, Aralar, Batzarre, Eusko Alkartasuna, Zutik., dans lequel est réaffirmée la volonté de construire un courant souverainiste « non armé » et où est réclamée une nouvelle trêve à ETA. Cela, associée à la célébration commune de l'Aberri Eguna en Iparralde entre AB, Zutik et Aralar, en l'absence de BatasunaBatasuna y su homóloga francesa se dividen en el Aberri Eguna por la violencia etarra, El País, avril 2002., amène l'organisation ETA à les attaquer frontalement, à travers un communiqué où elle leur reproche de socialiser « la fausse division entre la gauche abertzale démocratique et la gauche abertzale violente » et les accuse de tourner le dos à ceux qui « donnent tout » pour le Pays basqueETA critica a los grupos independentistas que le piden un alto el fuego, El País, 4 avril 2002..
En 2003, Aralar participe pour la première fois à des élections, avec les municipales et forales ainsi qu'au Parlement de Navarre.
En , le second congrès d'Aralar a lieu à Donostia et réunit 250 délégués. Patxi Zabaleta est réélu coordinateur général du parti avec 95,3 % des voix. Dans le même, le mouvement de jeunes du parti se crée, elle prend le nom de Iratzarri (Réveille-toi ! en euskera).
En , à Bilbao, Patxi Zabaleta est de nouveau élu coordinateur général lors du troisième congrès d'Aralar. C'est également à ce congrès que les bases idéologiques du parti sont fixées. Par ailleurs, le , lors de son assemblée générale convoquée à Ustaritz, Abertzaleen Batasuna prend la décision de rendre officielles ses relations avec Aralar.
et scission en Araba Lors du quatrième congrès, célébré en à Pampelune, la majeure partie de l'Exécutif est renouvelée ; la fonction de secrétaire d'organisation est créée et est occupée par Rebeka Ubera. De son côté, Patxi Zabaleta conserve sa fonction de coordinateur général mais le soutien dont il bénéficie diminue avec seulement 64 % des votes en sa faveur.
En , une scission a lieu en Alava. Le mouvement Araba Bai se crée et revendique 40 % des militants locaux du parti ainsi que la totalité des élus municipaux. Les raisons de cette scission sont, selon les partants, des problèmes dans l'organisation interne et des différends d'ordre politique. Ainsi, dans la présentation du nouveau mouvement, ils déclarent opter pour "l'union des abertzales de gauche autour d'un programme électoral consensuel". Ils incorporeront ainsi aux listes électorales de BilduAralar registra como marca propia el nombre de su escisión «Araba Bai», Gara, 16 février 2011.Presentación del partido político Araba Bai, Zaraobe Digital, 6 mars 2011..
Le cinquième congrès d'Aralar est organisé le à Derio (Bizkaia). Au cours de celui-ci, une nouvelle motion politique est présenté où la validité du texte fondateur Ehkotopia est réaffirmée, en même temps que l'écosocialisme et les références historiques du socialisme sont désignées comme les références idéologiques du partiV Congreso de Aralar. Ponencia política. Texto aprobado en el V Congreso de Aralar..
Cette orientation est approuvée par 71,75 % des militants d'Arala. Ces derniers entérinent également la proposition de participer aux Élections générales de 2011 en coalition avec l'autre sensibilité de la gauche abertzale (héritière de Batasuna), Eusko Alkartasuna et Alternatiba. Ce point fut précisément le plus discuté au cours du congrèsPatxi Zabaleta reelegido coordinador general de Aralar por quinta vez, EITB, 18 septembre 2011..
Une nouvelle fois, Patxi Zabaleta est élu coordinateur général du parti (avec 84,5 % des voix) et l'Exécutif est rénové.
Départ de Iratzarri et scission en Gipuzkoa Quelques jours avant l'assemblée prévue le et ayant pour objectif de décider si Aralar doit participer à la coalition Amaiur en vue des Élections au Parlement basque, le mouvement de jeunes Iratzarri décide de quitter AralerLa organización juvenil de Aralar Iratzarri, se desvincula del partido, EiTB, 25 février 2012., même si certains de ses militants refusent cette décisionUn grupo de jóvenes niega que Iratzarri se haya desvinculado de Aralar, EiTB, 29 février 2012.. De la même façon, le courant interne Aizkorri Taldea décide également de quitter Aralar, souhaitant la dissolution de ce partiUna corriente de Aralar anuncia que no irá a la asamblea y que deja el partido, Diario Vasco, 2 mars 2012.La alianza con Batasuna dinamita a Aralar en Gipuzkoa, El País, 20 février 2012.Los críticos de Gipuzkoa abogan por disolver Aralar, Deia, ..
Finalement, l'assemblée d'Aralar approuve à 93,5 % l'idée d'entamer des négociations avec la gauche abertzale, Eusko Alkartasuna, Alternatiba et Abertzaleen Batasuna dans le but de participer ensemble aux futures élections autonomiques. Pour autant, certains membres importants d'Aralar, critiques avec cette décision, sont absents de l'assemblée, notamment les parlementaires Aintzane Ezenarro, Mikel Basabe et Oxel Erostarbe ou l'ancien vice-coordinateur général Jon AbrilAralar aprueba negociar con Batasuna, Alternatiba y EA para concurrir en coalición a las elecciones autonómicas, Europa Press, 3 mars 2012..
En , ces trois parlementaires critiques sont exclus d'Aralar pour avoir présenté et voté en faveur d'une "Conférence sur la Paix" interne au Parlement basque écartant la gauche abertzale des discussions même si elle rendait possible la participation d'institutions, dont certaines sont aux mains de cette même gauche abertzale. L'exécutif d'Aralar avait décidé de voter contre cette propositionEuskadi gestionará el final de ETA en una ponencia que divide a Aralar, El País, 30 mars 2012.Aralar sanciona la expulsión de sus tres parlamentarios críticos, El País, 7 mai 2012..
De son côté, un groupe critique du Guipuscoa, opposé à la décision prise lors du cinquième congrès de participer aux élections avec la gauche abertzale, annonce son intention de créer Nahia, un nouveau parti ayant pour but de rallier les élus expulsés d'Aralar, comme les conseillers municipaux de Zegama et Beasain ainsi que les trois parlementairesDisidentes de Aralar crean un partido para cobijar a los cargos expulsados, El País, 7 mai 2012.. Pour autant, ces derniers démissionnent de leurs mandats et refusent d'intégrer Nahia ou toute autre démarche électoraleEzenarro, Erostarbe y Basabe no dejarán los cargos hasta finales del mes de junio, Gara, 10 mai 2010..
congrès En eut lieu le Sixième Congrès, lors duquel Rebeka Ubera fut élue secrétaire générale d'Aralar, avec 85,7 % des votes, tandis que Patxi Zabaleta était désigné président d'honneur, avec l'appui de 89,5 % des voix. Les motions politiques et les modifications statutaires ont également été adoptées à la majorité, notamment celles qui souhaitaient une plus forte unité des forces participant à la coalition Euskal Herria Bildu, et l'unique amendement à la totalité fut refusé. Il avait été proposé par un groupe de militants emmenés par Txentxo Jiménez et considérait que les nouveaux statuts diminuaient la capacité de décision de l'organisation en Navarre.
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