alt= Installation du maire de Liffré Loïg Chesnais-Girard à la suite de la première réunion du conseil municipal élu lors des élections de 2014. La doyenne du conseil lui remet son écharpe de maire, symbole de sa fonction.|vignette|297x297px|Installation du maire de Liffré, Loïg Chesnais-Girard, à la suite de la première réunion du conseil municipal élu lors des élections de mars 2014. La doyenne du conseil lui remet son écharpe de maire, symbole de sa fonction.
Le maire est, en France, le membre du conseil municipal de la commune élu pour en organiser les travaux et exécuter les délibérations.
Il a ainsi plusieurs rôles : il est à la fois une autorité décentralisée de la République, au sens qu'il détient des pouvoirs réglementaires dévolus par la loi, ce qui lui permet de gérer les affaires de la commune ; il est également un représentant de l'État sur le territoire de cette même commune.
Dans le premier cas, le maire dispose d'importants pouvoirs et de responsabilités propres sur le territoire de sa municipalité, qu'il exerce via des documents appelés arrêtés. Il est notamment le chef de l'administration de la commune, dont il assure la gestion du personnel. Dans le deuxième cas, le maire est un officier d'état civil et officier de police judiciaire. La combinaison de ces deux fonctions le met à la tête de la police municipale, dont il a la responsabilité des activités.
Le rôle, les fonctions et l'influence politique du maire sur son territoire sont aujourd'hui partagées avec celles des présidents d'intercommunalités (d'EPCI, de syndicats techniques ou de syndicats mixtes), qu'il élit au sein du conseil communautaire. Cela créé un débat sur l'avenir du rôle du maire en France, dont les prérogatives peuvent se trouver désormais limitées par l'émergence et l'affirmation de ces nouveaux acteurs qui conduisent de plus en plus de politiques publiques centrales pour la population (urbanisme via le PLUI, transports urbains, ramassage et traitement des déchets en sont des exemples notoires).
Élection
Historique
Dès le , certaines villes et bourgs sont dotés d'une charte de franchises communale.. Certaines de ces chartes prévoient l’institution d'un maire, qui dirige l'exécutif communal et assume certaines responsabilités, notamment en matière de maintien de l'ordre.
La Révolution française crée un cadre juridique uniforme sur la totalité du territoire, et institue la création de communes, chargées de gérer le territoire des paroisses qui structuraient jusqu'alors le territoire français.
Le , le prévôt des marchands de Paris est assassiné ; ce personnage était élu, mais uniquement parmi des officiers royaux. Le lendemain , il est remplacé, par acclamation, par Jean Sylvain Bailly, président du tiers état et ancien président de l'Assemblée nationale. Le , ce dernier reçoit le roi de France en l’hôtel de ville, ce qui légitime sa prise de pouvoir. Le décret du crée les municipalités, qui se substituent aux structures de gestion des territoires locaux de l'Ancien Régime, telles qu'issues des franchises communales, sur Persée..
Par la loi du relative à la constitution des assemblées primaires et des assemblées administratives et son décret d'application, l'instruction du sur la formation des assemblées représentatives et des corps administratifs, des élections sont organisées. Les « communautés d'habitants » élisent leurs conseillers et l'agent municipal (le maire), au suffrage censitaire masculin : trois journées de travail pour être électeur, dix journées de travail pour être éligible Loi du 22 décembre 1789 relative à la constitution des assemblées primaires et des assemblées administratives ; Instruction du 8 janvier 1790 sur la formation des assemblées représentatives et des corps administratifs..
Les premières élections municipales ont lieu en , le mandat est de deux ans non renouvelable (ou renouvelable après une alternance de deux ans).
Le maire proclame les lois nouvelles directement depuis la chaire de l'église, et avant que la messe ne commence, éventuellement, il peut discuter des évènements et sermonner. Néanmoins, dans certaines municipalités l'église garde sa primauté puisque le maire intervient après la messe et même parfois sur le parvis en dehors de l'église.
En 1791 sont institués les gardes champêtres, qui ont un pouvoir de police administrative.
Les secondes élections municipales ont lieu en . Les troisièmes élections municipales en .
Les quatrièmes élections municipales ont lieu début 1795 mais les agents municipaux sont inféodés aux « présidents des municipalités cantonales », c'est-à-dire que les municipalités deviennent des subdivisions des cantons.
Par la loi du , la célébration religieuse du décadi remplace la messe du dimanche. C'est désormais le maire qui sermonne et surtout célèbre les mariages.
De 1799 à 1848, à l'occasion de la restauration de la monarchie, constitutionnelle, la Constitution du 22 frimaire an () revient sur l'élection du maire, qui est nommé par le préfet pour les communes de moins de . La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux.
Pendant l'interlude des Cent-Jours, le décret du restaure une éphémère élection au suffrage censitaire masculin pour les communes de moins de . Les nominations de maires royalistes reprennent après la bataille de Waterloo.
Par la loi du , les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de , par le préfet pour les plus petites), mais uniquement parmi les conseillers municipaux élus pour six ans.. Les élections ont normalement lieu par moitié des communes tous les 3 ans en novembre, pour une prise de fonction en janvier ou février.
La loi du sur l'administration communale confirme les pouvoirs de police administrative (aujourd'hui appelés pouvoirs de police du maire ou police municipale) Loi du 18 juillet 1837 sur l'administration communale, les gardes champêtres perdurent.
Après la Révolution de 1848, du à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de .
En 1851, la Deuxième République prévoit la nomination des maires par le préfet, pour les communes de moins de et pour cinq ans à partir de 1855. Ces règles s'appliquent aussi pendant le Second Empire.
En 1871, après la chute du Second Empire, la Troisième République instaure l'élection des maires et des maires-adjoints de la plupart des communes par leurs conseils municipaux et en leur sein, à la suite de l'élection des conseillers municipaux au suffrage universel. Cette règle est généralisée à l'ensemble des communes (sauf Paris) par la loi municipale du de la loi du , Léon Morgand, La loi municipale : commentaire de la loi du 5 avril 1884 sur l'organisation et les attributions des conseils municipaux. Organisation, Berger-Levrault, Paris, 1884-1885, , sur Gallica., dont les principes fondamentaux inspirent toujours la législation actuelle.
Toutefois : Paris n'a pas eu de maire de 1871 jusqu'à 1977, car la commune est alors administrée par le préfet de la Seine ; six communes françaises n'élisent pas leur maire, celui-ci étant désigné par le préfet en l'absence de population. Il s'agit de communes dévastées durant la bataille de Verdun en 1916 et jamais reconstruites en raison de la présence trop importante de munitions non explosées et de la pollution des sols. Ce sont Bezonvaux, Beaumont-en-Verdunois, Cumières-le-Mort-Homme, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux et Louvemont-Côte-du-Poivre..
Alors que le début du est marqué par un climat de défiance politique à l'endroit des élus nationaux, le maire reste l'élu préféré des Français, comme l'attestent les enquêtes d'opinion année après année. Mais la dégradation des conditions d'exercice de son mandat se traduit par une crise des vocations municipales et une intensification du rythme des démissions, selon l'Observatoire de la démocratie de proximité créé par l'AMF et le CEVIPOF de Sciences Po (sur 2014-2024, doublement par rapport à 2004-2014).. Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation : difficulté de conciliation entre un mandat chronophage et la vie professionnelle ou personnelle, injonctions contradictoires de l'État qui demande à la municipalité de réduire ses dépenses tout en lui imposant de nouvelles obligations coûteuses et une baisse des dotations, sentiment de déclassement et d'abandon face à une fonction de plus en plus complexe (en lien avec la décentralisation, la territorialisation des politiques publiques et le développement de l'intercommunalité), mutations des attentes citoyennes marquées par un consumérisme individuel, un degré d'exigence accru (culte du « Je paie, j'y ai droit ») et des incivilités (confrontation de l'élu à une montée des menaces et agressions physiques ou verbales), insuffisance des indemnités, lassitude, etc.
Situation en 2021 Le maire est le président du conseil municipal. Il est élu à scrutin secret parmi les conseillers municipaux, au cours de la première réunion du conseil municipal qui doit se tenir entre le vendredi et le dimanche qui suit l'élection complète du conseil...
Si aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue après deux tours de scrutin, l'élection se déroule au troisième tour à la majorité relative. En cas d'égalité de suffrages, le plus âgé est déclaré éluArt. ..
Comme les autres conseillers municipaux, le maire doit être âgé de révolus lors de son élection à ce mandat. Il doit être FrançaisArt. .. Les conseillers municipaux (à l'exception des maires et adjoints) peuvent, eux, être citoyens d'un des pays membres de l'Union européenne.
Incompatibilités et cumuls de mandats Les fonctions de maire sont incompatibles avec celles de président d'un conseil régional, président d'un conseil départemental (conseil général avant les élections départementales de 2015), ainsi que de commissaire européen, membre du directoire de la Banque centrale européenne ou membre du conseil de la politique monétaire de la Banque de FranceArt. ..
Il en est de même de certains postes de la Direction générale des Finances publiques, notamment chargés du recouvrement ou du contrôle des impôtsArt. ., qui ne peuvent être élus ni maire, ni maire-adjoint. Les maires de communes de plus de et les adjoints au maire des communes de plus de ne peuvent en outre pas exercer comme pompier volontaire dans la commune de leur mandatArt. .. Cette mesure a été prise pour éviter de possibles conflits de hiérarchie, les pompiers volontaires étant placés sous l'autorité du directeur départemental du service départemental d'incendie et de secours, lui-même placé, lors d'une intervention, sous l'autorité du maireQuestion écrite de M. Serge Mathieu (Rhône - UMP) publiée dans le JO Sénat du 18/10/2001 - page 3311. Réponse du ministère de l'Intérieur, publiée dans le JO Sénat du 17/01/2002 - page 157. http://www.senat.fr/questions/base/2001/qSEQ011035687.html..
La loi sur le cumul des mandats permet à un maire d'avoir un seul mandat électif personnel (député, sénateur, conseiller régional, conseiller départemental), en plus de sa charge municipale. La fonction de conseiller municipal n'est pas considérée comme un mandat personnel.
Il est courant qu'un membre du gouvernement soit maire. Toutefois, entre 1997 et 2007, les différents Premiers ministres ont exigé des ministres et secrétaires d'État qu'ils renoncent à leurs éventuelles mairies, la plupart d'entre eux devenant alors premiers adjoints.
Adjoint au maire Le conseil municipal élit également en son sein des adjoints au maire, souvent appelés maires-adjoints, après avoir déterminé, par délibération, leur nombre. Comme les maires, ils doivent être de nationalité française, tandis que les agents des administrations financières concernés par l'incompatibilité mentionnée ci-dessus, ainsi que les pompiers volontaires dans les communes de plus de , ne peuvent également être élus maires-adjoints. De plus, Art. ..